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25 leçons à apprendre de Jacques (Bible)

THÉOLOGIE CHRÉTIENNE

Le livre de Jacques dans le Nouveau Testament est une véritable mine d’or ou manuel pratique pour tout Chrétien qui aimerait être plus mature dans sa foi, malgré le fait que cela soit un petit livre avec seulement 5 chapitres et 108 versets. Cette lettre ou épître de Jacques ressemble aux précieux conseils pratiques qu’on peut retrouver dans les Proverbes (31 chapitres) du Roi Salomon dans l’Ancien Testament. Certaines phrases sont de véritables aphorismes. Jacques a aussi de nombreux points communs avec le célèbre et très important Serment sur la Montagne de Jésus Christ dans l’évangile de Mathieu. Jacques était le livre préféré du grand théologien et philosophe danois Søren Kierkegaard. Dans cet article nous vous présentons de nombreuses leçons à retenir de ce livre tout simplement magnifique.

Qui était Jacques ? Dans la Bible il y a plusieurs Jacques différents, on estime que celui qui a écrit ce livre est l’un des frères (on parle aussi parfois de demi-frère) de Jésus. Ce Jacques s’est converti au christianisme seulement après la résurrection du Messie. Jacques est l’une des personnes choisies à qui le Christ est apparu après la résurrection (1 Cor. 15.7)1.
Quand Jacques a-t-il été écrit ? La lettre de Jacques aurait probablement été écrite entre les années 43 et 50 après J.-C., soit avant le Conseil de Jérusalem.
A qui est destiné cette lettre (livre) ? Jacques, qui était justement le principal leader de l’église de Jérusalem lors du Conseil (Actes 15.13), s’adresse dans ces quelques chapitres probablement en premier lieu à des juifs chrétiens en souffrance de la diaspora et non pas à des non juifs ou païens (gentils) comme Paul dans ses nombreuses lettres (ex. Romains, Galates, etc.).

CHAPITRE 1

Introduction. Serviteur de Dieu (1.1). Jacques se définit comme un véritable serviteur de Dieu, même un esclave (le mot grec ancien utilisé est δοῦλος – doulos, qu’on peut aussi traduire par esclave), comme on peut le lire au verset 1 : “De la part de Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ, aux douze tribus dispersées : salut !”. On constate aussi comme mentionné ci-dessus que Jacques d’adresse principalement à la diaspora juive.

1. Persévérez dans les difficultés (1.2-4). En cas de difficultés dans votre vie, persévérez dans la foi pour devenir plus mature (Jacques, Chapitre 1 aux versets 2 à 4 et 12 mais aussi au chapitre 5 : 10-11). Il faut répondre aux difficultés dans la joie. Autrement dit, les souffrances peuvent être une bonne chose. La joie est donnée à ceux qui croient en Dieu et cela peu importe les circonstances. Lire ou relire le livre de Job dans l’Ancien Testament aide à comprendre, en tout cas en partie, la souffrance pour une personne croyante. Les difficultés ou souffrances ont un effet pédagogique et seront présents à un moment ou à un autre dans la vie de tout chrétien.

2. Dieu peut nous donner de la sagesse (1.5-6). Si vous manquez de sagesse, demandez à Dieu avec conviction, et Il vous la donnera. Cela signifie que Dieu transmet ou donne la sagesse. Quand nous sommes en difficulté, nous avons besoin de discernement et de sagesse. La sagesse est l’utilisation correcte de la connaissance2. Il est intéressant de noter que le mot philosophie signifie en grec ancien, amour (philo) de la sagesse (sophie). Mais ici, il faut comprendre le mot plutôt comme une sagesse divine ou biblique et pas forcément du monde (philosophie). Jacques relève aussi que lorsqu’on demande de la sagesse à Dieu, on ne doit pas douter, on ne doit pas avoir notre âme ou esprit divisé (du grec diacrimonai).

3. Les dangers du matérialisme (1.9-11). Attention à la richesse ou biens matériaux qui vous éloignent du Royaume de Dieu. Soyez humbles, car la richesse rend orgueilleux. Dans Jacques 2.5-6 on apprend aussi qu’on doit traiter les pauvres comme s’ils étaient riches. Jacques se réfère au Sermon sur la Montagne de Jésus affirmant que les pauvres dans ce monde sont riches dans la foi.
Le début du chapitre 5 est aussi critique surtout envers les richesses mal acquises, par exemple en exploitant les employés ou lors de corruption (lire ci-dessous les points 20 et 21 à ce sujet). Le but ici est surtout de comprendre que la dépendance à l’argent (et pas forcément le fait de posséder de l’argent), presque comme une addiction, nous éloigne de Dieu et de son Royaume.

4. Tentation : récompense (1.12) et Dieu ne tente pas (1.13-15).
1.12
Au verset 1.12 on peut lire : “Heureux l’homme qui tient bon face à la tentation car, après avoir fait ses preuves, il recevra la couronne de la vie que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment”, selon la traduction Segond 21. Cela signifie que lorsqu’on est tenté ou soumis à des épreuves, on doit regarder vers la récompense. C’est à ce moment que Dieu nous approuve. Le célèbre pasteur presbytérien brésilien Hernandes Dias Lopes 3 raconte dans un livre qu’il a écrit sur Jacques une belle histoire pour mieux comprendre ou illustrer l’intérêt des épreuves pour nous amener à plus de maturité : le processus utilisé autrefois pour faire pousser les arbres qui deviendraient les grands mâts des navires militaires et marchands était le suivant : les grands constructeurs navals sélectionnaient les arbres situés au sommet de hautes collines pour qu’ils deviennent probablement le mât d’un navire. Ensuite, les ouvriers des grands constructeurs abattaient tous les arbres environnants qui protégeaient les arbres choisis de la force du vent. Au fil des ans, sous l’effet du vent, les arbres grandirent et devinrent encore plus forts, jusqu’à ce qu’ils soient assez solides pour devenir le mât d’un navire.
1.13-15
La tentation ne vient pas de Dieu mais du diable. Dieu ne désire jamais qu’une personne devienne pécheresse.

5. Dieu est la seule source du bien (1.17-18). Les bénédictions viennent toujours de Dieu. Rien de positif ne peut venir autrement que de Dieu.

6. Auto-contrôle (1.19-20). Soyez rapide à écouter, lent (en grec brádys) à parler et à vous mettre en colère. Cela fait un peu penser aux fruits de l’Esprit de Paul, à lire dans Galates. Jacques nous enseigne qu’avant de parler on doit réfléchir et ne pas s’exprimer immédiatement. Un bon truc est de dire à son interlocuteur lors d’une réponse difficile : “laissez-moi réfléchir et je reviendrai vers vous.”

8. Attention à ce que vous dites (1.26-27). Tenez votre langue, sinon vous n’êtes pas un bon Chrétien. Jacques avait dénigré son frère Jésus – dans l’hypothèse où ce Jacques serait son frère (ou demi-frère) – en estimant impossible qu’il puisse ressusciter (lire Jean 7:5), il a donc regretté d’avoir affirmé une telle inexactitude. Jésus rappelle aussi dans Mathieu 12:34-35 que la langue est à l’image de notre coeur.
Lire aussi le point 16. ci-dessous.

9. Charité (1:27B). Aidez ceux qui sont dans le besoin. Il cite les veuves et les orphelins. A cette époque, ces personnes étaient à la marge de la société et à risque de grande pauvreté. De nos jours, de nombreuses autres personnes peuvent être dans le besoin, notamment en terme financier. Un vrai chrétien ne doit pas être narcissique ou égoïste. Pour la doctrine protestante classique orthodoxe (seulement la foi, sola fide), la charité n’est pas un élément du salut mais une conséquence de la foi, c’est-à-dire son expression (lire aussi le point no 14 ci-dessous).

CHAPITRE 2

10. Justice pour tous, riches ou pauvres (2.1-4). Ne faites pas de favoritisme entre riches et pauvres ou tout autre stéréotype, Dieu est impartial. Dieu a créé tous les être humains à son image et donc égaux, c’est ici une forte critique déguisée au racisme.

11. Ne dénigrez pas les pauvres, au contraire (2.5-7). Les pauvres ont souvent plus la foi que les riches, qui font des procès entre eux ou aux plus pauvres. Les riches sont souvent les plus grands pécheurs.

12. Amour agapè [en grec ancien : ἀγάπη] (2.8). Aimez votre prochain comme vous-mêmes, la solution pour résoudre les point 9 et 10 ci-dessus. Aimer son prochain comme soi-même est la règle d’or, le plus grand commandement selon Jésus (Matthieu 22.36-40).

13. La miséricorde triomphe sur le jugement (2.13). Dieu est riche en miséricorde.

14. La foi doit être authentique et active (2.14-26). Le verset 2:26 résume bien la situation ou la problématique : “Comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les oeuvres est morte.” Cela signifie qu’il ne faut pas avoir une foi seulement théorique, mais un processus de sanctification doit se manifester. Effectivement, dans la doctrine protestante (calviniste) ou évangélique majoritaire on est sauvé exclusivement par la foi en Jésus Christ et par la grâce de Dieu – sola fide – (lire Ephésiens 2:8-10, selon l’apôtre Paul), mais les conséquences de cette foi doivent être les oeuvres, par exemple aider les pauvres, donner une partie de ses ressources à l’église ou des institutions sociales, s’exprimer sans violence, etc. Certains pasteurs comme Rick Warren ne voient pas de contradictions entre l’apôtre Paul et Jacques. Paul parle davantage d’une foi invisible en répondant à la question : “Comment savoir si je suis sauvé ?” et s’adresse en général aux gentils (non juifs chrétiens). Jacques s’adresse surtout à des juifs Chrétiens et pose plutôt la question : “Comment montrer (aux autres) que je suis sauvé ?”. Autrement dit, Paul montre davantage la racine de la foi, cachée, et Jacques davantage les fruits de la foi, visible.
Jacques cite la foi d’Abraham qui était authentique et le sacrifice de son fils Isaac (qui comme on le sait n’est finalement pas mort) a montré sa véritable foi en Dieu par son action. Il a agi et n’est donc pas resté immobile. Les protestants et évangéliques estiment en général que les oeuvres sont les conséquences ou le résultat de la foi, les catholiques voient les oeuvres davantage comme une addition nécessaire à la foi et un élément du salut.

CHAPITRE 3

15. Ne soyez pas trop nombreux à enseigner (3.1). Jacques met en garde les personnes qui veulent devenir enseignants ou leaders comme les pasteurs ou prêtres, car ceux-ci seront plus sévèrement jugés par Dieu. Il connecte ce premier verset du chapitre 3 aux versets suivant sur le danger de la langue (parole). Une interprétation possible est que les enseignants de la parole doivent justement utiliser beaucoup la langue et ce n’est pas sans danger (lire point suivant).


16. Contrôlez votre langue – à nouveau (3.2-12). La langue est petite comme un gouvernail d’un bateau selon l’analogie ou l’illustration utilisée par Jacques, mais la langue a d’importantes conséquences, souvent négatives. On peut lire que la langue est “pleine d’un venin mortel”, capable de contaminer et corrompre tout le corps. Il est impossible pour l’homme de contrôler ou de dompter sa langue, seulement Dieu peut avoir une influence sur le coeur, puis par conséquence la langue. Jacques utilise aussi l’analogie du feu : “un petit feu peut embraser une grande forêt !”. On comprend bien, parfois juste quelques phrases inappropriées peuvent mener à de graves conséquences, notamment au niveau politique. Autant on peut bénir Dieu qu’on peut maudire, comme un figuier ne peut donner que des figues et pas des olives (verset 12). Mais le but, sous la grâce de Dieu, est que ce qui sorte de la bouche soit bon et pas mauvais, que le fruit soit le bon (et pas une fraude). De nos jours, on peut aussi penser aux réseaux sociaux donc à l’écriture, à la diffusion de photos ou de vidéos autant que la langue ou la communication verbale classique.
A nouveau, on voit que Jacques se veut très pratique avec une excellente structure de son texte remplie d’exemples. Nous pouvons avoir une grande connaissance des écritures, mais si nous ne contrôlons pas notre langue, notre religion est vaine. Il y a un vrai intérêt pour Jacques d’éviter au maximum l’hypocrisie, d’être aligné avec la théologie chrétienne.
Conseils de communication (pas forcément provenant de Jacques mais de livres actuels de communication ou de l’apôtre Paul) :
Lorsqu’il y a un conflit avec quelqu’un, essayez tout d’abord de prendre une certaine distance. Si possible attendez quelques minutes pour faire retomber le stress, la fameuse adrénaline. Ensuite essayez de bien choisir les mots, l’intensité de votre voix, le nombre de phrases utilisées, essayez aussi d’écouter l’autre interlocuteur. L’apôtre Paul est brillant quand il écrit dans Ephésiens 4 : 29 (traduction du Semeur) : “Ne laissez aucune parole blessante franchir vos lèvres, mais seulement des paroles empreintes de bonté. Qu’elles répondent à un besoin et aident les autres à grandir dans la foi. Ainsi elles feront du bien à ceux qui vous entendent.” Bref, contrôlez votre communication, comme le gouvernail d’un bateau, pour édifier les autres et ne pas les détruire.

17. La sagesse peut être divine ou du monde (3.13-18). La sagesse du monde, diabolique, est celle qui est terrestre et non spirituelle. Elle est basée sur ses propres envies et désirs. Là où il y a un zèle amer et un esprit de dispute, il y a du désordre et toutes sortes de mauvaises actions. Par contre la sagesse divine, provenant de Dieu (du Paradis ou d’en haut) a de nombreuses qualités : pure, pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d’hypocrisie. D’un point de vue théologique on peut considérer que la sagesse est la conséquence de la foi en Jésus-Christ.

CHAPITRE 4

18. Attention à vos propres passions (4.1-5). Lorsqu’on convoite quelque chose on peut être prêt à tout, y compris à la violence. Demandez à Dieu des choses bonnes et pas des éléments pouvant satisfaire vos passions. Dieu vous donnera des choses bonnes mais pas narcissiques. Si vous désirez des choses du monde pour être ami du monde, vous devenez ennemi de Dieu.
A nouveau on apprend que les humbles trouvent grâce à Dieu, mais pas les orgueilleux.

19. Invoquez Dieu dans vos projets (4.13-15). Comme on ne sait pas de quoi demain sera fait et qu’on est une simple vapeur selon l’illustration de Jacques, on doit toujours invoquer Dieu pour chaque projet y compris économique, comme la création d’une entreprise. On doit donc dire : “Si Dieu le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela.”. Il faut être humble, car seulement Dieu a du pouvoir sur les différents projets à venir. Mais à l’inverse, attention de ne pas utiliser “Si Dieu le veut” à chaque phrase par pure superstition ou “magie”.

CHAPITRE 5


20. Attention à la richesse – à nouveau (5.1-3). Jacques alerte les chrétiens contre les dangers de la richesse. Il mentionne clairement un risque de corruption quand on a trop d’argent. Ces versets sont utilisés comme base théologique de la Mission Intégrale dans le protestantisme (Théologie de la Libération dans le catholicisme). Lire aussi les points 3 et 11 ci-dessus.

21. Respectez les employés (5.4-6). Il est très important de toujours payer dans les temps le salaire des employés. Il y a donc une justice sociale à respecter quand on est employeur.

22. La souffrance mène à la patience (5.7-11). Les Chrétiens sont invités à être patients jusqu’à l’arrivée du Seigneur. Jacques cite logiquement ici Job qui a beaucoup persévéré malgré ses horribles souffrances mais qui à la fin a été béni par Dieu. Lire aussi le point 1 de cet article qui va un peu dans la même direction.

23. Ne jurez pas (5.12). Il est important que notre “oui” soit un oui et “non” un non, c’est pourquoi on est amené à ne pas jurer, sauf peut-être quelques exceptions (mais ce point fait débat).

24. L’importance de la prière et de la confession (5.13-18). Lors de problème, il est important de prier. Et si une personne est heureuse, qu’elle chante une louange. En cas de maladie, il faut appeler les anciens de l’église qui doivent prier pour le patient. Il est important également de toujours confesser nos péchés. La prière d’une personne juste est puissante et efficace (verset 16 b). Jacques cite Elijah qui a prié avec succès pour la sécheresse et pour la pluie.

25. Cherchez les personnes perdues (5.19-20). Finalement le demi-frère de Jésus nous invite à aider les frères et soeurs qui sont se éloignés du droit chemin et à les ramener vers le Père pour qu’ils soient sauvés.

Dossier mis à jour le 16 avril 2024. Par Xavier Gruffat. Sources : avec notre vidéo en portugais : Tiago cap. 1 e 2 – Sofrimento humano, fé e obras e muito mais (#2)

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  1. LOPES, HERNANDES DIAS, Tiago: transformando provas em triunfo, São Paulo: Hagnos, 2006.
  2. LOPES, HERNANDES DIAS, Tiago: transformando provas em triunfo, São Paulo: Hagnos, 2006.
  3. LOPES, HERNANDES DIAS, Tiago: transformando provas em triunfo, São Paulo: Hagnos, 2006.
Observação da redação: este artigo foi modificado em 03.05.2024

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