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EDITORIAL : les églises “de la frime” comme Hillsong ou ICF vont devenir has been (Coronavirus)

Les églises superficielles basées sur Instagram auront du souci à se faire

GENÈVE Le problème des modes est qu’elles passent, Hillsong – la mega church venue d’Australie avec une église à Genève – pourrait ne pas survivre ou en tout cas pas dans sa forme actuelle à la crise du Covid-19. Cette église n’accepte d’ailleurs aucune critique (lire ci-dessous). Hillsong est très forte (peut-être même trop forte) en marketing et très léchée, elle est capable de réunir les foules avec des milliers de personnes comme à Sydney ou São Paulo chaque dimanche ou à travers des congrès dans le monde entier incluant plus de 10’000 personnes. Mais le problème est que c’est un peu une coquille vide. Essayez de parler à un pasteur et vous aurez beaucoup de peine, en tout cas ils ne cherchent pas à visiter les fidèles de façon systématique. J’ai personnellement fait le test à Genève et São Paulo (Brésil). Ce qui compte est la quantité, comme un show bien rôdé. Ce modèle de mega church basé surtout sur l’argent ou l’augmentation croissante du nombre de membres ne survivra probablement pas au nouveau monde “post coronavirus”, aussi car la plupart des églises Hillsong à travers le monde sont louées comme à Genève, Paris ou São Paulo. Sans compter que la théologie de la prospérité avec le Covid-19 n’intéressera plus grand monde, en tout cas pour quelques années. Dieu a repris les commandes et plus ces pasteurs millionaires qui utilisent plutôt la Bible pour leurs intérêts, et pas assez ceux pour ceux des fidèles.

Le grave problème Hillsong

Ce qui a justifié l’écriture de cet article critique est qu’Hillsong, très probablement pour des raisons financières, n’a pas annulé son congrès de femmes à Sydney se tenant notamment le 14 mars 2020, comme le relève la presse australienne ou le Daily Mail. Ainsi avec des milliers de femmes réunies au même endroit, l’église prend le risque de diffuser le virus du Covid-19 en Australie et dans le reste du monde, lorsque ces centaines de femmes rejoindront leur pays. L’histoire pourrait d’ailleurs se terminer en justice, si des personnes devraient mourir.

Eglise du futur (post-coronavirus)

On aura besoin de pasteurs au front, dans les communautés capables de lien social, d’appeler ses fidèles et surtout de les visiter en personne et pas par des comptes Instagram. Hillsong selon mes informations n’a pas de listes de membres ou fidèles, donc lors d’une crise comme maintenant ils peuvent juste faire un appel au don online, je n’ai reçu aucun téléphone d’un pasteur d’Hillsong, jamais, ni d’ICF. Ils ont leur small group mais pas suffisant selon moi. Le futur des églises sera sans frime et donc avec moins de superficialité comme Hillsong. J’attends d’Hillsong un téléphone du pasteur par exemple chaque 3 mois, s’ils ne sont pas capables, qu’ils engagent d’autres pasteurs. Imaginez qu’on doive payer la dîme et qu’en retour on a un service comme un show de musique, cela fait cher Paléo. Pour moi, ces églises de la frime sur le modèle actuel, c’est terminé.

Avec le Covid-19 beaucoup de mega church vont probablement disparaître pour revenir à des petites structures plus humaines, stop aux églises de plus de 150 personnes, même si elles pourront se structurer en réseau. Retournons à un évangile proche des gens, moins politiques (le fondateur d’Hillsong est un ami proche du Premier Ministre australien actuel), moins frime, bref plus réel et moins botoxé.

Une machine marketing

On sait plus ou moins avec certitude, selon des fuites dans la presse australienne du 15 mars 2020, qu’Hillsong impose à ses pasteurs comme des codes vestimentaires (être habillé cool) ou du maquillage pour les femmes. Cela montre toute leur idéologie de l’apparence. Parfois les pasteurs sont habillés tellement cool que cela devient ridicule.

Aucune critique négative

Romanvie.ch par l’un de ses médias partenaires a fait le test en publiant sur un compte Instagram d’Hillsong des commentaires négatifs qui ont été assez rapidement supprimés, après quelques minutes et avec le compte bloqué. Comme quoi tout ce qui n’est pas cool et ne va pas dans le sens du narrative positif de l’église doit être supprimé. À mon avis loin d’une dénomination chrétienne de référence et exemplaire. Je n’entrerai pas ici dans les extrêmement graves accusations criminelles impliquant le père du fondateur de l’église Hillsong.
Espérons toutefois que cette crise soit un électrochoc pour l’église Hillsong et qu’elle se remette en question pour revenir à un évangile plus pur, au fond Dieu pardonne toujours si on confesse ses erreurs.

Théologie de la prosperité

Ces églises comme Hillsong ou ICF sont aussi basées théologiquement sur la théologie de la prospérité (pour résumer et simplifier : “demain sera mieux qu aujourd’hui”), mais quand demain est pire comme maintenant le mythe s’écroule. C’est à ce moment que des églises plus historiques comme l’Eglise Catholique ou les églises protestantes sont mieux préparées. Bref Hillsong ou ICF font faux sur deux aspects, la théologie de la prospérité et comme on l’a vu au début de l’article surtout sur des pasteurs stars et très loin des gens, presque sans intérêt pour les fidèles. J’accuse ces églises de viser plus la quantité (et donc l’argent) plutôt que la qualité du relationnel entre pasteurs et ses ouailles. Dieu les fera faire faillite si c’est dans l’ordre des choses. Hill$ong donc, est pas Hillsong.

J’ai pris l’exemple d’Hillsong mais j’aurais pu prendre d’autres églises comme ICF qui s’inspirent beaucoup de ce côté cool à l’excès (jeans troués du pasteur, que c’est ridicule pour un pasteur âgé de plus de 50 ans), revenons à un peu de sérieux calviniste svp. Cela dit chacun est libre de fréquenter Hillsong ou ICF, mais si vous n’êtes pas cool à l’excès et toujours positif, vous aurez des problèmes à vous intégrer dans ces églises. Pour moi c’est terminé, à 40 ans j’ai assez donné.

Bref, small is now beautiful !

Remarque : je m’acharne contre la haute hiérarchie d’Hillsong, un peu comme un catholique critiquerait le pape ou les évêques, à ce que j’ai pu voir pour fréquenter autant ICF qu’Hilsong en Suisse, il y a des fidèles très bien et honnêtes.

“La religion pure et sans tache, devant Dieu le Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se garder des souillures du monde.” Jacques 1 : 27

Par Xavier Gruffat (intellectuel suisse évangélique). Le 15 mars 2020.

EDITORIAL – La classe moyenne en a marre de la moralisation ambiante (ex. écologie)

“On n’a pas bien envie que les cadres de Google deviennent des prêtres”

MONTREUX Ecologie, défense des LGBT, écriture inclusive, etc. Ces grands thèmes ou marqueurs de la gauche et des libéraux/progressistes peuvent devenir pénibles pour la puissante classe moyenne qui fait les démocraties en Occident.

Comme j’ai déjà écrit, je réside beaucoup au Brésil et je lis tous les jours depuis 10 ans (pas depuis hier) la puissante Folha de S. Paulo (une sorte de mini New York Times, classée à gauche). Je lis aussi le Wall Street Journal pour l’équilibre et même la Handesblatt allemande pour ma culture économique européenne. Sans compter une lecture rituelle de The Economist chaque semaine si je peux. Je crois que je suis bien informé pour comprendre au moins un peu l’Occident (Europe, Amériques).

Ce que je remarque est que bien sûr Trump ou Bolsonaro sont des personnages excessifs, je dis toujours, si je parle ou exprime 10% de ce qu’ils disent, je perdrais beaucoup de clients en Suisse, j’aurais des procès, encore plus d’ennemis…

Mais ce que je remarque est que le peuple, la puissante classe moyenne de l’occident (souvent catholique, évangélique, protestante, athée…) n’est pas si politisée, mais elle veut qu’on la prenne au sérieux et qu’on ne se moque pas d’elle, par excès de morale.

Et rien qu’aujourd’hui (20.02) je consultais Google pour m’inscrire éventuellement à un programme pour startup (j’ai bien sûr abandonné à cause de ce côté trop moraliseur) et au lieu de demander seulement si je suis un homme ou une femme, ils ont un formulaire si non-binaire, autre, trans…Bref une longue liste de mon genre, homme ou femme serait tellement plus simple.

Ce genre de détails énerve la classe moyenne mentionnée ci-dessus, donc elle n’est pas forcément pro-Trump ou pro-Bolsonaro, elle en a juste marre de la moralisation des médias surtout de gauche ou libéraux ou ici de Google, qui aimerait changer le monde à sa manière (mais Google n’a rien de démocratique bien sûr, comme presque toutes les entreprises).

Vous comprenez vous politiciens ou journalistes qui lisez ce blog ? Nous la classe moyenne (je n’en fais pas partie pour différentes raisons, je suis un peu trop intellectuel, mais autre sujet) en avons marre des ces toilettes pour trans, cette écologie quasi religieuse…

Oui les gens ont plus ou moins abandonnés les “sectes” chrétiennes trop moralisatrices, à cause justement de cet excès de moralisation, c’est pourquoi des églises moins moralisatrices comme Hillsong ont du succès (une des raisons en tout cas), même l’église Catholique – ou en tout cas l’un de ses membres en Espagne – vient de le reconnaître dans une vidéo. Donc pourquoi vous les médias ou politiciens revenez à cette moralisation ou politiquement correct à l’excès ? On en peut plus. Même si sur le fond on peut être d’accord (moins de différences entre riches et pauvres, écologie intelligente).

On n’a pas envie que les politiciens ou journalistes, voire les cadres de Google ou plutôt Alphabet (Facebook semble un peu moins agressif dans ce domaine) deviennent des prêtres ou pasteurs. Et croyez-moi j’aime beaucoup les prêtres et pasteurs, mais chacun son métier et les vaches…

Le 21 février 2020 (mis à jour à 13h35). Par Xavier Gruffat.

Tous (ou presque) les présidents américains étaient chrétiens

san-francisco-homepage-ACR-2015WASHINGTON A quelques mois de l’élection présidentielle américaine (en novembre 2020), on peut se poser la question de la religion ou foi des présidents américains. En 2016, le Pew Research Center a mené l’enquête sur la religion des 45 présidents américains. Première observation, il s’agissait à 100% d’hommes. Deuxième analyse, mis à part un catholique (Kennedy), tous les présidents étaient protestants/évangéliques ou pour deux d’entre eux n’étaient pas véritablement affiliés comme Thomas Jefferson et Abraham Lincoln, ce dernier n’aurait jamais été membre d’une église. Jefferson était un président “original” vu qu’il a édité le Nouveau Testament, en retirant les miracles de Jésus. On pourrait le qualifier avec un peu d’humour de “demi-chrétien”. Le président Trump, un protestant presbytérien néanmoins peu pratiquant si on en croit la presse, n’a pas changé les statistiques. Les deux seuls qui pourraient changer cette tendance sont les candidats Démocrates Bernie Sanders et Michael Bloomberg, les deux de tradition ou influence religieuse juive, selon nos informations. 

Eglise épiscopale surtout

Mis à part Kennedy, Jefferson et Lincoln, tous les autres présidents américains appartenaient à une dénomination du protestantisme, Obama se définissait toutefois comme chrétien sans être très clair sur son courant théologique. Beaucoup de présidents comme Reagan, Eisenhower, Jackson et Trump (9 au total) étaient presbytériens, à l’origine l’église protestante d’Ecosse (Royaume-Uni), d’influence calviniste. La majorité des présidents étaient  de l’Eglise épiscopale avec “Bush père”, F. Roosevelt ou encore Ford (11 au total). Pour résumer et simplifier, cette église est la branche américaine de l’église anglicane. En 2017, cette église semble adoptait des courants de pensée progressistes comme l’accueil des réfugiés, le mariage homosexuel, etc.
D’autres présidents comme “Bush fils” ou Bill Clinton étaient baptistes (souvent considéré comme un mouvement évangélique) ou méthodistes.

Religion aux Etats-Unis – 70%

Rappelons qu’aux Etats-Unis environ 25% de la population est évangélique, environ 15 à 20% sont protestants historiques ou appartenant aux églises noires. Juste un peu moins de 50%  de la population américaine est donc protestante au sens large (incluant les évangéliques). Environ 20% sont catholiques. Les Etats-Unis comptent moins de 1% de Musulmans et moins de 2% de Juifs. Le reste appartient à d’autres religions (mormons), athées, agnostiques, sans affiliation, etc. Remarquons que les statistiques changent assez rapidement. On peut retenir le chiffre d’environ 70% de Chrétiens aux Etats-Unis.

Selon le Pew Research Center, une étude a montré qu’en 2014, les évangéliques blancs votaient en majorité pour le parti Républicain. Les noirs évangéliques et protestants continuent eux de voter massivement pour le parti Démocrate. Dans le quartier du Bronx à New York, selon la NPR, plus de 90% des habitants votent Démocrate. Dans l’élection de Donald Trump en novembre 2016, plus de 80% des évangéliques blancs qui avaient voté ont attribué leur vote à Trump.

Lire aussi : Evangéliques dans le monde, Les protestants et évangéliques au pouvoir aux Etats-Unis

Article mis à jour le 14 février 2020. Par Xavier Gruffat. Sources : Pew Research Center, lire l’article en anglais ici, NPR, The Wall Street Journal, La Croix, La Nacion (journal de référence argentin), Gospelprime.com.br.

EDITORIAL – Grand média romand conservateur, l’impossibilité totale (pour le moment)

GENÈVE Certains rêvent, dont votre serviteur, d’un grand média romand conservateur, une sorte de Le Figaro ou de The Wall Street Journal pour notre coin de pays. Mais cela me semble impossible pour le moment en tout cas financièrement (sauf si un milliardaire veut perdre de l’argent comme avec un club de foot) pour plusieurs raisons.

Masse de population

La première est qu’avec seulement 2 millions d’habitants en Suisse romande (l’équivalent d’un grand quartier de New York ou Sao Paulo) et passablement d’étrangers en Suisse romande notamment à Genève peu intéressés par la Suisse, il est impossible d’avoir une masse suffisante de lectorat, rappelons que la France avec Le Figaro a presque 70 millions d’habitants et les Etats-Unis plus de 330 millions avec le Wall Street Journal. Il y a donc des conservateurs au fin fond du Nevada, et même hors des Etats-Unis, qui vont par exemple lire le Wall Street Journal (même propriétaire que Fox News). Un Français de Menton (Sud) va peut-être aussi lire Le Figaro en version papier ou online (ex. sur un iPad). En Suisse romande, on travaille sur une masse de peut-être maximum 1,5 millions d’habitants, et croyez-moi si 300’000 se définissent comme conservateurs, ce serait déjà énorme. Mais sur ces 300’000, moins de 10% voudront acheter un journal ou s’abonner à un blog/journal payant. Rappelons que fin 2019, Le Temps comptait moins de 10’000 abonnés payants à la version digitale.

Obédiences différentes

Mais même si on travaille sur une masse potentielle de 30’000 conservateurs en Suisse romande prêts à avoir “leur” média (et il y a des coûts marketing énorme pour chercher ces 30’000 abonnés), il y a un autre très grand problème. Les obédiences du conservatisme sont différentes, il y a une branche on peut dire écologique (le conservatisme de la nature) comme l’a développé pendant des années M. Phillipe Barraud avec son feu et regretté (enfin pour moi qu’à moitié) blog Commentaires.com. M. Barraud est un protestant avec une forte tendance écologique, dans un sens proche des Verts Libéraux. Peut-être, selon moi sûrement, même pas du conservatisme. Puis il y a M. Pascal Décaillet, un catholique d’origine valaisanne basé à Genève un peu inclassable, parfois en faveur de Trump, parfois contre (quand il attaque un militaire iranien). Politiquement, il semble assez proche du PDC avec un mélange d’UDC à la sauce non zurichoise. Assez critique envers Israël et les Etats-Unis (lisez son blog ici), M. Décaillet est plutôt adepte d’une sorte de domination de l’Europe (France et Allemagne principalement). Puis il y une vision plus radicale envers l’islam et les étrangers véhiculée notamment par le site ou blog Les Observateurs, classé par certains bien à droite pour ne pas dire extrême droite. Enfin, il y une vision d’un conservatisme dit d’obédience néo-libérale ou néo-conservateur (les Républicains américains, c’est-à-dire libéral sur l’économie et conservateur sur les valeurs) dont je fais partie même si je mets aussi des nuances, qui se rapproche un peu de l’UDC zurichoise, avec l’importance des évangéliques dans la vision conservatrice du monde sur certaines valeurs de la famille (forte limitation de l’IVG par exemple). Bref, vous voyez les grandes différences de mouvements “conservateurs”, on peut vraiment parler de plusieurs droites. Sans compter qu’il y a encore la droite libérale ou classique en Suisse, type PLR (ex. NZZ), qui est libérale sur l’économie et libérale sur les valeurs ou questions de société. Dans ce dernier cas, dans la définition française (en anglais du Royaume-Uni c’est différent), ce n’est pas du conservatisme mais du libéralisme voire progressisme.

Question de pouvoir, à quoi bon ?

Un problème aussi avec un média conservateur basé à Genève ou Lausanne, aura-t-il du pouvoir politique à Berne ou ailleurs ? Car si on prend le Wall Street Journal, forcément c’est en 2020 le journal probablement le plus influent au monde comme il est parfois un relais intellectuel des Républicains américains et à Trump (qui préfère la TV Fox News). En France aussi Le Figaro a bien sûr un pouvoir gigantesque – plus que Le Monde selon moi, surtout quand c’est un gouvernement de droite ou peut-être du centre comme Macron. Mais en Suisse, avec un système politique bien différent, on peut se demander si un grand journal conservateur aurait vraiment du pouvoir au niveau fédéral, autrement dit quel intérêt si le média n’influence pas directement la politique ? Ou alors il faudrait imaginer directement un journal conservateur en allemand, peut-être traduit en temps réel par l’intelligence artificielle (AI). Au fait, on y croit peut-être un jour avec plus de technologie pour arriver à un grand média conservateur basé à Berne en 2 ou même 3 langues ? Mais pour le moment, non, un grand journal conservateur en Suisse romande n’a rien de crédible. Comme on dit dans le monde de business, il n’y a pas de modèle d’affaires (business model).

Et aussi, avant d’être sérieux sur un éventuel grand média conservateur romand, il faudrait que les différentes droites ou courants puissent faire la paix, mais on en est loin, plutôt la guerre avec au moins 4 camps (lire ci-dessus). Droites divisées, probablement bien pour les gauches, y compris les Verts, que cela soit en média ou politique.

Mis à jour le 13 février 2020. Par Xavier Gruffat

Couple : arrêter de fumer ensemble serait plus efficace

Fumer est une habitude très difficile à chasser et pourtant il s’agit d’une accoutumance qui nuit autant à la santé qu’à la vie du couple. En effet, certains partenaires qui ne fument pas ou qui ont réussi à arrêter peuvent au fil des années reprocher à l’autre de n’y être pas parvenu ou de persister dans la consommation du tabac. L’odeur tout aussi bien que la fumée pourrait constituer une source de dispute ou de mal être plus tard sans un soutien mutuel vers le sevrage. Selon certains chercheurs pourtant, les couples ont plus de chance de s’en sortir que les personnes seules. Arrêter de fumer est en effet loin d’être facile, mais l’avantage d’avoir un partenaire pour vous accompagner ou de décider d’arrêter ensemble, en couple, pourrait faciliter les choses.

Le mariage favorise l’arrêt du tabac

Couple : arrêter de fumer ensemble serait plus efficaceLes spécialistes considèrent que les grands changements de la vie ont une influence significative sur le comportement, notamment en termes de tabac. En effet, les évènements heureux favoriseraient la cessation tandis que les périodes difficiles et les évènements malheureux pousseraient à la reprise de la cigarette. Pour les couples mariés, plusieurs raisons peuvent pousser à arrêter, comme la recherche du bien-être du couple dans la vie commune ou l’arrivée d’un premier enfant qui motive souvent à arrêter quelques mois, voir un ou deux ans avant même que la femme ne tombe enceinte. Dans ce deuxième cas, ce sont les femmes qui ont le plus tendance à anticiper que les hommes, mais l’attente d’un bébé reste une excellente motivation pour arrêter.

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Union heureuse, promesse de bonnes résolutions

Les couples heureux pourraient venir aisément à bout du problème de tabagisme. La raison en serait qu’il est plus facile de concrétiser les résolutions prises à deux et décidées ensemble. Les deux partenaires sont ainsi engagés et le soutien mutuel est plus fort. Une étude menée par des chercheurs du Collège Universitaire de Londres et publiée dans la revue JAMA Internal Medecine, montre que l’aide du conjoint permettrait de lutter plus efficacement contre les mauvaises habitudes. Sur les 3’722 participants, âgés de 50 ans ou plus, 50% des femmes qui fumaient ont réussi à arrêter lorsque leurs maris ont aussi décidé d’arrêter. Elles étaient seulement 17% à réussir leur sevrage alors que leur conjoint était non-fumeur et seules 8% ont pu arrêter tandis que leur partenaire a continué à fumer.  De leur côté, les hommes semblaient aussi être sensibles au soutien de leur moitié dans l’adoption d’une habitude de vie plus saine et arrivent mieux à sevrer en couple.

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Un soutien efficace

Arrêter de fumer ensemble ou avec le soutien du ou de la conjoint(e) serait donc plus efficace. Mener cette entreprise solitaire pourrait, en effet, favoriser une sensation de mise à l’écart alors qu’avoir un partenaire serait plus encourageant. Les partenaires peuvent choisir ensemble de se divertir autrement et trouver des activités de substitution à la nicotine comme les promenades, les sorties, le cinéma, le sport ou l’adoption d’une habitude alimentaire plus saine. Au lieu de toujours rappeler l’autre à l’ordre au risque de l’obliger à fumer en cachette ou se sentir harcelé, ce soutien actif serait plus bénéfique. Il est aussi possible de mettre en place certaines règles de vie jusqu’au sevrage comme le fait de ne jamais fumer à l’intérieur de la maison ou de se laver régulièrement les mains ou les dents si l’odeur du tabac devient désagréable pour l’autre.

Attention, s’il est plus facile d’avoir une influence positive sur les habitudes nocives de son partenaire, le contraire n’est pas non plus à exclure et le risque que la personne non-fumeur dans le couple se met à fumer sous l’influence de leur conjoint(e) est tout à fait possible. Mais il ne faut pas baisser les bras, car outre l’appui de votre partenaire, vous avez la promesse d’une aide divine qui ne fléchit à aucun moment : « […] soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, agréable et parfait ». Romains 12.2. Confiez les changements que vous souhaitez apporter à votre vie à Dieu et il vous offrira son soutien inconditionnel.

Le 31 janvier 2020. Par la rédaction de Romanvie. Photo illustration : © 2019 Pixabay

Lire d’autres articles sur la vie de couple sur notre Love Blog

Janvier sans alcool – 5 informations intéressantes sur l’alcool

LONDRESA l’occasion du mois sans alcool – Dry January ou janvier sec en français – mode venue du Royaume-Uni avec 4 millions d’adeptes, Creapharma.ch vous présente quelques informations utiles. L’alcool est une boisson très consommée en Occident, parfois trop, vu que seulement en France l’alcoolisme ferait de 40’000 à 49’000 morts par année selon les sources. L’alcool tue par maladies (ex. hépatite) ou accidents 3,3 millions de personnes par an dans le monde, selon l’OMS. Mais la jeune génération semble l’avoir compris, car la consommation d’alcool diminue dans plusieurs pays industrialisés comme l’Europe et la Chine surtout chez les jeunes, selon une édition du magazine The Economist datant de décembre 2019. Depuis le début du 21ème siècle la consommation d’alcool en France a diminué de 14% et même de 43% en Russie. En l’an 2000, 47% de la population mondiale buvait de l’alcool (au moins une boisson alcoolisée par année) contre 43% en 2016, selon l’OMS. Une raison derrière cette chute de la consommation d’alcool proviendrait des adolescents ou jeunes qui se socialisent davantage online par les médias sociaux et moins dans les bars ou restaurants qu’à l’époque. La conséquence est que les adolescents commencent à boire de l’alcool plus tard qu’à l’époque. Bref, l’alcool est tout simplement moins cool qu’avant. The Economist mentionne aussi qu’en Allemagne et aux Pays-Bas, les bières sans alcool représentent désormais 10% du marché. Distinguer le vrai du faux en termes d’impact pour la santé peut s’avérer très utile, car beaucoup de mythes et fausses informations circulent.

Janvier sans alcool - 5 informations intéressantes sur l’alcool

1. Mieux vaut ne jamais boire d’alcool

Certains groupes d’influence (lobby), notamment ceux du vin, aiment véhiculer des informations fausses ou non fondées scientifiquement, l’une d’elles consiste à faire croire qu’il est bénéfique de boire un verre de vin par jour. Le resveratrol, une molécule qu’on retrouve dans le vin et mis en avant notamment par des groupes d’influence, n’a pas montré scientifiquement un véritable impact sur la santé en particulier cardiovasculaire (ex. réduction du nombre d’infarctus ou d’AVC). Des études récentes ont démontré qu’il est toujours mieux pour la santé de ne pas boire d’alcool. Boire seulement quelques verres d’alcool par semaine augmente le risque de mortalité prématurée ainsi que le risque de développer un cancer (l’alcool est cancérigène même à faible dose), en comparaison aux personnes qui ne boivent jamais d’alcool. Bien sûr, il est préférable de boire un verre de vin par jour plutôt que plusieurs. Mais ne commencez pas à boire de l’alcool pour un éventuel effet préventif sur la santé.

En effet, même une faible consommation d’alcool présente des risques pour la santé, selon une étude publiée le 23 août 2018 dans le journal scientifique The Lancet (DOI : 10.1016/S0140-6736(18)31310-2) sur la consommation mondiale de boissons alcoolisées et le lien avec 23 maladies. Cette vaste étude a été réalisée par des chercheurs de l’Université de Washington à Seattle et a pris en compte 694 études sur la consommation d’alcool et 592 études sur les risques sanitaires liés à sa consommation. Les données couvrent la population âgée de 15 à 95 ans dans 195 pays.

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2. Les femmes sont plus vite ivres – grossesse

Comme les femmes ont en moyenne plus de graisse corporelle que les hommes et que la graisse contient peu d’eau, l’alcool se dilue moins dans les liquides de la femme que de l’homme. Par conséquent, la concentration d’alcool augmente plus rapidement chez la femme que l’homme. Le volume total du sang est aussi en général plus bas chez la femme (4 l) que chez l’homme (5 l). De plus, les femmes ont un niveau plus faible de l’enzyme dehydrogénase, responsable de la dégradation (métabolisme) de l’alcool. Ainsi, la concentration d’alcool dans le sang des femmes est plus élevé que chez l’homme. Pour toutes ces raisons, les femmes devraient boire une quantité d’alcool inférieure aux hommes.

Une femme enceinte ne devrait aussi pas boire d’alcool, même en petite quantité. Car l’alcool peut mener notamment à des maladies et malformations de l’enfant à naître.

3. Alcoolémie – Mesure de l’alcool

On peut mesurer l’alcoolémie, c’est-à-dire le taux d’alcool dans le sang. Tout simplement, plus on ingère d’alcool et plus l’alcoolémie augmente. En général, à moins de 0,5 pour mille les effets sur l’organisme sont plutôt légers mais peuvent néanmoins diminuer les capacités visuelles, ce qui peut compliquer par exemple la conduite automobile. De 1,0 à 1,2 pour mille, il s’agit d’ivresse. De 3,0 à 5,0 pour mille, la personne peut se retrouver dans le coma.

Alcoolisme

En plus de l’alcoolémie, on peut quantifier le nombre de boissons alcooliques consommées sur une période de temps afin de connaître l’alcoolodépendance d’une personne. Un homme est considéré comme alcoolique en cas de consommation quotidienne de plus de 2 volumes d’alcool. Une femme est considérée comme alcoolique en cas de consommation quotidienne de plus d’1 volume d’alcool. On trouve par exemple un volume d’alcool dans une bière d’environ 300 ml, un verre de vin rouge d’environ 120 ml ou un verre d’alcool fort comme la vodka.

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4. Médicaments pour lutter contre l’alcoolisme, peu efficaces

Certains médicaments sont utilisés contre l’alcoolisme comme le natrexone, le nalméfène, l’acamprosate, le baclofène ou le topiramate. Néanmoins, une méta-analyse ou revue d’études publiée le 20 septembre 2017 dans le journal scientifique Addiction (DOI : 10.1111/add.13974) n’a trouvé aucune preuve fiable de l’efficacité de ces médicaments. Au mieux, certains de ces médicaments montrent une efficacité légère ou moyenne pour lutter contre l’alcoolisme, mais ces résultats favorables proviennent d’études avec un risque élevé de biais (ex. erreurs dans la méthodologie ou analyse des résultats). Cette méta-analyse a pris en compte 32 études en double aveugle randomisée publiées entre 1994 et 2015 incluant 6’036 patients. L’auteur de cette revue d’étude, le Dr Palpacuer de l’Inserm à Rennes en France, n’estime pas dans un communiqué de l’étude que ces traitements sont inefficaces mais il note qu’on ne sait pas encore si ces médicaments sont efficaces. Autrement dit, il manque des études sérieuses concernant l’efficacité de ces médicaments pour lutter contre l’alcoolisme.

5. Vin ou bière ? Influence sur la gueule de bois ?

Est-ce préférable de boire du vin ou de la bière ? Ce qui compte n’est pas le type de boisson alcoolisée bue mais la quantité totale d’éthanol consommé. Autrement dit, une personne peut ingérer moins d’alcool en buvant un petit verre de vodka qu’une personne buvant 10 bières. Une étude publiée en février 2019 dans la revue American Journal of Clinical Nutrition (DOI : 10.1093/ajcn/nqy309) a montré que l’ordre dans lequel une personne consomme des boisons alcooliques et notamment la bière et le vin n’avait pas d’influence sur la fameuse gueule de bois (hangover en anglais) du lendemain. Dans certaines cultures, il est recommandé de boire de la bière avant le vin pour éviter la gueule de bois le lendemain. Cette étude de 2019 a montré qu’il s’agissait d’un mythe et pas d’une vérité scientifiquement prouvée.

Janvier sans alcool - 5 informations intéressantes sur l’alcool

Lire aussi : dossier complet sur l’alcoolismeL’alcool consommé avec modération, bon pour le cœur ? Cela dépend

Article mis à jour le 11 janvier 2020. Par Xavier Gruffat (pharmacien). Références et sources : American Journal of Clinical Nutrition (DOI : 10.1093/ajcn/nqy309), Addiction (DOI : 10.1111/add.13974), The Economist (édition des prévisions 2020), Journal de France 2 du 4 janvier 2020, Magazine Superinteressante. Photo illustration : © 2020 Pixabay

La personne disparue le 27 décembre retrouvée sans vie

YVERDON-LES-BAINS Le corps de Sara, qui avait disparu de son domicile de Baulmes a été retrouvé sans vie lundi 6 janvier 2020 à proximité du lac sur la commune d’Yverdon-les-Bains au terme de nombreuses investigations et opérations de recherche. L’ami de la victime a été placé en détention; il est fortement soupçonné d’être impliqué dans ce qui paraît être un homicide.

Le corps sans vie de Sara, 17 ans, ressortissante afghane, qui avait disparu de son domicile de Baulmes depuis le 27 décembre 2019, a été retrouvé lundi 6 janvier 2020, vers 11h00, dans la région d’Yverdon-les-Bains, à proximité du lac. La victime a vraisemblablement été tuée plusieurs jours avant sa découverte dans des circonstances que l’enquête devra déterminer.

La personne disparue le 27 décembre retrouvée sans vie

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L’enquête a permis d’établir que la victime avait rencontré son petit-ami en ville d’Yverdon-les-Bains le jour de sa disparition. Ce jeune homme de 19 ans, également ressortissant afghan et domicilié dans la région lausannoise, a été entendu à plusieurs reprises par la police, puis placé en détention provisoire le dimanche 5 janvier au matin. Les investigations se poursuivent afin d’établir son rôle dans cette affaire.

Une enquête pénale a été ouverte par la procureure de service. Les investigations ont été confiées aux enquêteurs de la brigade criminelle de la police de sûreté afin de déterminer les circonstances, les causes et le lieu exacts du décès. La cellule d’enquête compte plus de 30 inspectrices et inspecteurs.

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D’importants moyens ont été déployés pour retrouver la victime. Ainsi, près d’une vingtaine de gendarmes dont les plongeurs de la brigade du lac, 5 surveillants de la Police de la faune, 25 astreints de la PCI et plusieurs patrouilles de la Police Nord Vaudois ont été mobilisés pour ces recherches.

Afin de respecter la sphère privée de cette personne, ainsi que celle de sa famille, la Police cantonale vaudoise prie les médias de ne plus utiliser les photographies transmises lors de l’avis de disparition. Il est vivement recommandé de retirer ces images des bases de données et de toutes les publications effectuées.

Le 07 janvier 2020. Sources : Canton de Vaud, Photo d’illustration : © 2020 Pixabay

EDITORIAL – Bolsonaro et la manipulation médiatique suisse de Tamedia – propagande

BERNE Le vendredi 27 décembre 2019 est paru en allemand dans les journaux suisses alémaniques de Tamedia comme le Bund à Berne ou Tages Anzeiger à Zurich un article très à charge contre Jair Bolsonaro, actuel président du Brésil, pour résumer sa première année de présidence. Ce pays de 212 millions d’habitants et véritable géant mondial a choisi fin 2018 démocratiquement son président, à la majorité du peuple (à la différence de Donald Trump). Le journaliste de Tamedia ou free-lance qui signe cet article ne rend pas service aux lecteurs suisses. Cela resemble plus à un article à charge dans le journal de gauche Folha de S.Paulo plutôt qu’un travail bien documenté.

La crème du journalisme

Même le très reconnu magazine anglais The Economist, pourtant libéral et pas conservateur, reconnaît à Bolsonaro un certain bon travail effectué en 2019 en ayant passé sa réforme des retraites (reforma da previdencia), à la différence de la France qui peine sur ce sujet et ses grèves sans fin.

Tamedia fait donc plus de la propagande que du journalisme de qualité, bref on est loin de l’excellent niveau de The Economist, l’élite du journalisme globalisé. Rappelons aussi que la Suisse romande a passablement besoin du Brésil pour sa prospérité, avec notamment Nestlé qui fait un grand chiffre d’affaires dans ce pays et s’approvisionne en café notamment.

Pour être bien informé, je vous conseille d’apprendre l’anglais et lire les grands médias anglo-saxons de qualité (The Economist, The Wall Street Journal, The New York Times). En Suisse, nous n’avons plus aucun grand média, même NZZ devient un journal progressiste – libéral sans trop d’intérêt, une vague copie de Tages-Anzeiger ou du Temps.

Le 4 janvier 2020. Par Xavier Gruffat.

Réponse à M. Décaillet sur les évangéliques

GENEVE Le journaliste Pascal Décaillet aime bien s’acharner contre les évangéliques, comme on peut le lire encore dans un blog qu’il a publié le 3 janvier 2020 sur la Tribune de Genève. Voici un droit de réponse.

“M. Décaillet s’acharne sur les Evangéliques (10% de la population mondiale, et peut-être un certain pouvoir en Suisse dans les médias, politiques ou business) mais ne mentionne presque jamais les Musulmans, Juifs, Catholiques, Orthodoxes, Protestants, Bouddhistes… bizarre, aujourd’hui à Paris il y a peut-être eu un acte commis par une certaine religion (mais jamais il n’en parle, peut-être par peur, bien sûr et je peux comprendre). Il faudrait au moins mieux documenter vos articles, par exemple avec des statistiques du Pew Research Center (on sait qu’une bonne partie des évangéliques n’ont pas voté Trump, la majorité n’a pas voté Trump en fait – question de mathématique, mais les évangéliques qui ont voté l’ont fait à 80% pour Trump, selon le Pew), et les catholiques, ont-il voté Trump ? On sait qu’environ 50% des catholiques ont voté Trump, bizarrement vous n’en parlez pas, quelle est la religion de certains “faucons” comme vous écrivez ? Beaucoup de catholiques, il me semble, d’origine italienne (Mike P…), irlandaise avec un certain Bannon…. Cela me paraît donc de nouveau une analyse très légère sur les évangéliques. Bonne année quand même ! Et j’attends un article critique envers les catholiques (ex. petit « cheni » à Fribourg, Pape sans patience il y a quelques jours) et les Musulmans, comme cela chacun en prendra pour son grade.”

On le voit, que cela soit au Brésil avec un film publié sur Netflix avec Jésus en homosexuel ou là avec M. Décaillet qui s’acharne contre les évangéliques, il semble que certaines religions soient plus attaquables que d’autres. Tendons l’autre joue, mais ayons toujours un droit de réponse. Que Dieu vous bénisse ! Amen

Le 3 janvier 2020. Xavier Gruffat.

EDITORIAL : La Suisse, un pays “Janteloven” – Et Federer ?

Article exclusif sur Romanvie.ch

MONTREUX Sur certains aspects, la Suisse ressemble aux pays nordiques et notamment le Danemark. C’est en particulier le cas par rapport aux différences de revenu entre les différentes classes sociales, autrement dit la Suisse est bien plus proche des pays du nord de l’Europe en ce qui concerne le partage des richesses que des pays inégalitaires comme le Brésil, l’Afrique du Sud ou l’Inde avec de très importantes différences entre riches et pauvres. Mais un autre point commun et peu connu en Suisse est le concept “Janteloven” (en français “loi de Jante”). Ce terme provient d’un roman publié en 1933 Un fugitif recoupe ses traces écrit par Aksel Sandemose qui décrit les codes ou règles (dans son livre il mentionne 10 règles) d’une petite ville du Jutland, une région du Danemark. En 2020 toujours, le Danemark reste très influencé par la culture “Janteloven”, selon nos informations. 

Mais qu’est-ce le “Janteloven” ? Le collectif

Bien qu’il y ait plusieurs définitions, le grand spécialiste du marketing danois Martin Lindstrom définit ce concept dans l’un de ses livres comme : sentiment contraire à toute forme d’ostentation. C’est-à-dire le contraire d’une culture “bling-bling”.  Une autre définition qu’on peut lire sur la page Wikipedia à ce sujet est : “Tu ne dois pas croire que tu es quelqu’un de spécial !” ou “Tu ne dois pas croire que tu es plus que nous !”. Avec une telle vision du monde, marquée aussi par l’influence du protestantisme luthérien (et non calviniste, il faut bien le préciser en Suisse romande), ce n’est pas une surprise si la différence entre les riches et les pauvres au Danemark est faible. Autrement dit, le Danemark mais aussi d’autres pays du nord comme la Suède ou la Norvège favorisent une vision collective plutôt qu’individuelle du monde. A la différence des pays “calvinistes” comme les Etats-Unis qui mettent davantage l’accent sur l’individualisme (lire aussi Max Weber).

Suisse ?

En Suisse, on dit souvent qu’en politique on n’aime pas les têtes qui dépassent. Tout le monde se souvient de l’épisode de Monsieur Blocher au Conseil Fédéral il y a plusieurs années qui a mal fini. On peut dire que tout comme le Danemark, la Suisse est marquée par une culture de modestie dans sa sphère publique. Le fait d’avoir 7 Conseillers fédéraux et pas un Président, Premier Ministre ou Chef d’Etat unique comme probablement 99% ou plus des pays du monde est aussi intéressant. Cela dit la Suisse est probablement moins “Janteloven” que le Danemark, en particulier à cause de l’influence en Suisse du calvinisme et du catholicisme ainsi qu’une culture plus ouverte sur le monde qui dilue probablement davantage la culture que le Danemark qui semble sur certains aspects plus “fermés” sur ses valeurs. La Suisse compte aussi beaucoup de voitures de luxe (signe d’ostentation), preuve peut-être que notre pays est plus une sorte de demi-pays “Janteloven”.

Federer ?

Parfois, pour vivre beaucoup à l’étranger, on me parle de Federer et je dis pour rigoler qu’il devrait plutôt être Américain (Californien notamment) que Suisse. Car Federer est une telle star à l’échelle globale que pour nous “petits Suisses” il me semble être presque “hors sol”, nous ne sommes pas habitués à une telle tête qui dépasse. Federer semble toutefois l’avoir bien compris et en tout cas dans sa communication publique, est très ” Janteloven”- compatible. Ouf, on est sauvé !

Article mis à jour le 2 janvier 2020 (écrit à l’origine en 2017). Par Xavier Gruffat (Dipl. EPF Zurich, Dipl. MBA, Pharmacien). Sources : Wikipedia.org, Small Data: The Tiny Clues that Uncover Huge Trends, de Martin Lindstrom, 2016, The Economist, The Wall Street Journal.
Crédit photo : Xavier Gruffat (Romanvie.ch)

raisons d'aimer la Suisse