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EDITORIAL – Novartis veut se séparer de Sandoz, la (très) mauvaise idée

MONTREUX – SAO PAULO (BRESIL) Pendant la pandémie de Covid-19, toujours pas terminée, on a vu l’importance de l’industrie pharmaceutique pour un état comme la Suisse. On apprend ce 26 octobre 2021 que le laboratoire pharmaceutique suisse Novartis basé à Bâle veut se séparer de Sandoz, sa filiale de génériques.

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L’idée est bien entendu une augmentation de la rentabilité de l’action Novartis pour ses nombreux actionnaires. Sur le principe rien d’illégal et même rien d’immoral. Le 26 octobre 2021 à 14h56 la valorisation boursière de Novartis était selon Google.ch d’environ 190 milliards de dollars, très loin des 1000 milliards (1 trillion) de Tesla. Probablement que la valorisation boursière est trop basse pour un géant comme Novartis.

EDITORIAL - Novartis veut se séparer de Sandoz, la (très) mauvaise idée

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Capitalisme d’état

Il est évident que la Suisse se définit comme un pays libéral, mais la Suisse doit commencer à changer certaines règles. La doctrine libérale ne doit pas passer avant les intérêts de l’état. Prenons la Chine qui a un très puissant capitalisme d’état. Même les Etats-Unis ont des entreprises définies comme stratégique qui sont impossibles de vendre à des sociétés étrangères. Essayez d’acheter une entreprise américaine liée à la défense militaire. Il est urgent que la Suisse définisse certaines limites pour éviter de démanteler toutes ses grandes entreprises. Il y a déjà eu Syngenta qui a été racheté par une entreprise liée à l’état chinois. Si un jour la Suisse perd Novartis, Roche et Nestlé ainsi que ses 2 grandes banques (UBS et CS), le pays deviendra un nain diplomatique et perdra une très grande partie de sa richesse.

Bref, ne soyons pas naïfs et arrêtons avec une pure doctrine libérale made by The Economist qui de toute façon favorise plutôt les Etats-Unis et justement la Chine, moins les petits pays en tout cas à long terme.

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Par Xavier Gruffat (pharmacien, MBA) – Le 26 octobre 2021 – Crédit photo : Adobe Stock

Théologie : mieux connaître la vie du grand réformateur Martin Luther

Mieux comprendre Luther en quelques dates clés et concepts – 31 octobre (anniversaire)

Chaque 31 octobre, les protestants du monde entier fêtent la fameuse réforme de Martin Luther. Il est probablement le principal réformateur du christianisme de l’histoire de l’humanité et à l’origine du protestantisme, en tout cas du protestantisme non anabaptiste (ou non “évangélique”). Même si ce sont surtout les indulgences qui ont déclenché une rupture avec l’église catholique au début du 16ème siècle, d’autres points de la doctrine catholique ont été remis en cause par le moine Martin Luther, comme une diminution du nombre des sacrements de 7 à 2 ou la remise en cause totale du pouvoir du Pape. Rappelons qu’à cette époque une grande partie de l’Allemagne actuelle (tout comme de la Suisse) appartenait au Saint-Empire romain germanique avec à sa tête un empereur (Charles V), en lien étroit avec le Pape (notamment Léon X de 1513 à 1521).

1483 (10 novembre) : Eisleben. Naissance de Martin Luther à Eisleben. Il est le fils aîné de Hans Luder et de Marguerite Zidler. Sa famille réside dans la région de Mansfeld.

1501 : Erfurt. A 18 ans il entre à l’université d’Erfurt, où il obtient un diplôme de bachelier en 1502 et une maîtrise en 1505. Son objectif est d’étudier le droit.

1505 (2 juillet) : Erfurt et région (Stotternheim). Luther voit la foudre pendant un orage tomber près de lui, il s’engage auprès de Dieu s’il survit de rentrer dans les ordres religieux.

1505 : Erfurt, au monastère. Martin Luther était anxieux lors d’une confession au père Staupitz (son père spirituel, par la suite ils vont se brouiller), il avait peur de ne pas être sauvé. Par la suite il a compris que Dieu était un Dieu d’amour (miséricordieux) qui nous a sauvé du péché et donc de la mort en envoyant son fils unique Jésus Christ. C’est le concept protestant de sola fide (seulement la foi, lire Romains 10:17) et surtout sola gratia (seulement la grâce). L’homme n’est pas sauvé par ses œuvres morales ou pieuses mais par seulement par la grâce de Dieu en ayant la foi. Il est ordonné prêtre à Erfurt le 3 avril 1507.

1511. Wittenberg (ou Wittemberg). Dans cette petite ville, Martin Luther va lire pour la première fois le Nouveau Testament. Cette lecture, notamment de l’Epitre de Paul aux Romains (Romains) va le transformer. Il effectue cette année un voyage vers Rome qui va fortement le perturber avec notamment les indulgences (voir définition paragraphe ci-dessous). Le 19 octobre 1512, Luther reçoit un grade de docteur en théologie à Wittenberg.

1517 (31 octobre 1517) : Wittenberg. 95 thèses de Wittenberg. Ces thèses (arguments) collées sur la porte de l’église sont une forte critique aux indulgences. Des dernières étaient un moyen d’entrer plus vite au Paradis lors du passage au Purgatoire, un stade intermédiaire et indéfini entre le Paradis et l’Enfer. Par exemple un catholique pouvait acheter pour un membre de sa famille (déjà mort) une libération du Purgatoire pour l’envoyer au Paradis. Le Purgatoire est une notion qu’on ne trouve pas dans la Bible ou en tout cas pas directement. Les indulgences ont notamment permis de construire la basilique Saint Pierre à Rome (actuellement au Vatican).
La principale référence théologique de Luther est probablement saint Augustin (354-430). L’augustinisme inclut des thèses sur la nécessité de la grâce pour le salut, la conciliation entre foi et raison, la connaissance naturelle de Dieu, la négativité du mal. L’autre grand théologique Jean Calvin, de plusieurs années plus jeunes que Luther, s’est aussi fortement inspiré de saint Augustin.

1518-1520 : “Allemagne” – confrontation avec diverses personnes représentant l’autorité catholique comme à Augsbourg (Bavière). Un objectif de l’église catholique est de faire en sorte que Martin Luther reconnaisse qu’il se soit trompé et revienne en arrière sur sa vision théologique. Grâce à certains princes et personnes influentes, il évite un jugement par l’église Catholique et probablement sa condamnation à mort. En août 1518, le pape Léon X exige que Luther comparaisse à Rome. Le 12 octobre 1518 Luther est interrogé par Cajétan (un Cardinal et théologien catholique) durant 3 jours. Le 10 décembre 1520 Luther brûle la bulle du Pape.

1521 : Rome. Le 3 janvier 1501, le Pape Léon X prononce l’excommunication contre Luther.

1521 : Worms. L’empereur du Saint-Empire romain germanique lui offre un procès équitable, avant que Rome (le Pape) le juge probablement coupable et le condamne à mort. Les Diètes d’Empire à Worms ou Diète de Worms sont des assemblées générales des États du Saint-Empire romain qui se sont tenues à plusieurs reprises dans la ville libre de Worms. La diète se déroula du 28 janvier au 25 mai 1521. Bien que beaucoup de thèmes y aient été traités, la diète est surtout restée célèbre pour avoir abordé le cas de Martin Luther. La diète ou édit de Worms prononce la mise à ban de Martin Luther et de ses partisans, interdit la diffusion et la lecture de ses écrits (ainsi que de tout autre écrit suspect d’hérésie). Luther comparaît devant la Diète de Worms les 17 et 18 avril 1521. L’édit de Worms (acte législatif) est promulgué le 26 mai 1521.

1521 (4 mai) – 1522 (6 mars) : château de la Wartbourg, près d’Eisenach. Après sa comparution à la Diète de Worms Luther a été ensuite exfiltré et capturé par le prince Frédéric III de Saxe pour éviter toute condamnation. Luther a résidé dans ce château sous protection de ce prince. Les idées de Luther continuent à se répandre. L’imprimerie inventée quelques dizaines d’années auparavant aide à la diffusion de ses idées dans toute l’Allemagne. Au château, Luther commence la traduction du Nouveau Testament en allemand à partir du grec (il termine sa Bible complète seulement en 1534).

1522. Wittenberg. Retour au cloître de Wittenberg où Luther prêche. En septembre 1522 Luther publie le Nouveau Testament en allemand. Cet événement est marquant pour l’histoire de la langue allemande moderne. En octobre 1534 Luther publie la Bible complète en allemand.

1523. Allemagne. La liberté de ne pas appliquer l’édit de Worms est accordée.

1524. Allemagne. La révolte des paysans allemands éclate puis se propage. Luther ne voit pas d’un bon oeil cette révolte des paysans. Les paysans vont perdre la guerre en 1525 (en mai).

1525. Château de Lochaude près d’Annaburg. Frédéric III de Saxe (Frédéric le Sage) meurt.

1529. Marbourg. Entre le 1er et le 4 octobre 2021, discussion entre Zwingli (fameux théologien suisse) et Luther.

1545 (dès le 13.12.1545). Trente. Concile de Trente. Il s’agit du début de la Contre-Réforme de l’église catholique en réponse principalement à Luther et à Jean Calvin (l’autre grand réformateur).

1546. Eisleben. Luther meurt le 18.02.1546. Il est enterré le 22.02.1546 à l’église de Wittenberg.

Concepts :
– Les indulgences n’ont pas de base biblique, selon le moine Luther. Elles ont été créées par un Pape environ 200 ans avant les 95 thèses de Wittenberg.
– Pour Martin Luther, les saintes Ecritures sont plus importantes que les Papes.
– Communion sous les deux espèces.
– Le Salut se trouve seulement dans la foi en Jésus Christ et pas dans l’église Catholique. Pour Luther Jésus-Christ est l’unique intercesseur et non d’autres médiations comme l’institution, les saints, ou encore les reliques.
– Il a rompu le lien avec le Pape et donc Rome. Les Papes ne sont pas les successeurs de l’apôtre Pierre.
– Le peuple devrait pouvoir lire la Bible, notamment en allemand (et pas en latin).

Autres points intéressants :
– En 1544, le royaume de Suède devient officiellement luthérien. En 2021, une majorité de Suédois appartient encore à l’église luthérienne suédoise (même s’il y a actuellement peu de pratiquants), qui n’est toutefois plus l’église officielle de Suède.
– En 1559, Élisabeth Ire instaure l’anglicanisme. Élisabeth Ire est devenue Reine d’Angleterre et d’Irlande en 1558.

Et aussi :

Erasmus, la 3ème voie ?
Le grand intellectuel Desiderius Erasmus (en français Erasme) né à Rotterdam, de 17 ans le cadet de Martin Luther, a produit une célèbre traduction du Nouveau Testament. En effet, sa connaissance du grec le persuade que certaines parties de la Bible présentes dans la Vulgate latine (traduction utilisée par l’Eglise catholique de l’époque), n’ont pas été correctement traduites.
L’humaniste Erasmus voulait aussi réformer l’église catholique, mais de façon moins radicale que Martin Luther, en agissant plus de l’intérieur de l’église. Erasmus, amis des puissants d’Europe comme l’empereur du Saint Empire Romain Germanique (en anglais : Holy Roman Emperor) Charles V, est toujours connu presque 500 ans après sa mort. Le choix d’Erasmus de ne pas soutenir directement Luther alors qu’il avait également critiqué les indulgences et plusieurs aspects de l’église catholique l’a placé dans une mauvaise posture en « pariant sur le mauvais cheval ». Luther a écrit en 1523 qu’il détestait Erasmus le qualifiant notamment de « reptile enragé ». Alors que l’église catholique voyait Erasmus comme un soutien de Luther (proto-Luther). Cette position entre l’église catholique et Luther, qualifiée en anglais de middle way, l’a mené à un grand manque de reconnaissance de son vivant. Il a terminé sa vie dans la ville libre de Bâle (actuellement en Suisse). Dans un article qui lui a été consacré fin 2020 par le magazine The Economist, il était qualifié de citoyen du monde (Citizen of the world). Après toutes les guerres de religion et notamment la Guerre de 30 ans, entre catholiques et protestants, l’avenir a probablement donné raison à Erasmus par sa position plus nuancée, en limitant le fanatisme religieux. Par exemple Luther accusait le Pape d’antéchrist et le Pape comparait Luther à une « truie rugissante ». On ne refait pas l’histoire, mais peut-être que la 3ème voie proposée par Erasmus aurait permis d’éviter de nombreuses souffrances, pour autant que les puissants de l’église catholique aient accepté une réforme interne. Actuellement comme un hommage, le célèbre programme d’échange entre étudiants européens porte son nom (Erasmus).

Article mis à jour le 27 octobre 2021. Par Xavier Gruffat. Emission Veja So (Brésil), film sur Martin Luther, livre de Lyndal Roper sur Martin Luther, The Economist.

La Californie veut obliger les magasins à prévoir des rayons pour les jouets “non sexués” – Nouvelle loi

Ce qui se passe en Californie peut arriver logiquement un jour en Suisse

LOS ANGELES Certains journalistes, notamment les médias de gauche ou libéraux (ex. Le Temps en Suisse) rigolent ou se moquent du concept woke (pour résumer une gauche très revendicatrice). Ils estiment que c’est une invention de la droite et des conservateurs, voire un mythe. Sauf que le très sérieux The Economist, journal le plus influent au monde, critiquait justement dans un article consacré à l’humoriste Dave Chappelle le concept de woke dans son édition du 16 octobre 2021. Pour les journalistes de ce média libéral, les woke de gauche manquent d’arguments sérieux et vont contre une certaine liberté d’expression.

Exemple californien

Un aspect très concret de cette lame de fond woke, dans un concept marxiste (il faut toujours défendre les dominés ou minorités) se trouve en Californie. L’état le plus peuplé des Etats-Unis veut obliger les magasins à prévoir des rayons pour les jouets “non sexués”. Le projet de loi a été promulgué par le gouverneur démocrate Gavin Newson et entrera en vigueur en 2024. Le samedi 23 octobre 2021, la Californie est devenue le premier État des États-Unis à adopter une loi obligeant les grands magasins de détail à disposer de rayons de jouets non sexistes. Le projet de loi a été promulgué par le gouverneur Gavin Newson.

Pour les grands magasins

La mesure, qui entrera en vigueur en 2024, stipule que les magasins de détail comptant au moins 500 employés devront vendre des jouets et des articles de puériculture en dehors des zones où sont indiqués les sexes (ex. fille, garçon), et peuvent normalement proposer ces articles dans les sections traditionnelles s’ils le souhaitent. Le représentant Evan Low (D-Campbell), qui a présenté le projet de loi, a déclaré que le projet de loi 1084 apporte un changement progressif pour le secteur de la vente au détail afin de cesser de commercialiser des produits pour enfants sur la base des stéréotypes sexuels traditionnels. Il semble aussi qu’une telle méthode puisse augmenter les ventes de jouet.

Raisons de la loi

Selon un professeur de psychologie de l’US Santa Cruz, Campbell Leaper, les entreprises ont commencé à utiliser les étiquettes et les indicateurs de genre – rose pour les filles et bleu pour les garçons – pour commercialiser des produits dans les années 1940 et 1950. “Mais même pour les enfants qui s’identifient au sexe qui leur a été assigné à la naissance, il peut y avoir des enfants qui veulent jouer avec certains de ces jouets, mais qui finissent par les éviter parce qu’ils ne veulent pas être considérés comme anormaux d’une certaine manière”, a déclaré Leaper, selon le Los Angeles Times.

Analyse

Sur le fond, la loi n’est pas forcément stupide. Il est vrai qu’on peut imaginer une petite fille intéressée par jouer avec un jouet “bleu”, de garçon, ou l’inverse. Mais le problème est jusqu’où l’état doit intervenir dans la vie privée des gens et ici des entreprises. Une prochaine étape pourrait être de forcer peut-être un département LGBTQI+ dans chaque grand magasin. Il semble donc important d’éviter de genre de lois liberticides. Un pays est fait de conservateurs (Chrétiens en Occident) et de progressistes. Ce genre de loi crée des tensions inutiles.

Tension entre liberté et égalité

Il est évident que la droite est plus intéressée par la liberté et la gauche “rousseauiste” comme ici en Californie davantage par l’égalité. Romanvie.ch milite pour plus de liberté et un peu moins d’égalité dans le “blend” si important pour chaque société démocratique. Ce n’est pas très surprenant que la loi provienne d’un état très à gauche. En Californie, les Républicains (droite) n’ont presque aucun pouvoir en tout cas au niveau de l’Etat depuis de nombreuses années.

Pour aller plus loin : lire en anglais un article du Los Angeles Times à ce sujet, avec quelques commentaires en bas plutôt négatifs sur la nouvelle loi (ou projet de loi)

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Le 25 octobre 2021. Par Xavier Gruffat. Sources : Gospelprime.com.br, The Economist, Los Angeles Times. Crédit photo : Adobe Stock. Publicité offerte par Xavier Gruffat sur Facebook : coût de 10 euros. Xavier Gruffat est suisse et réside au Brésil, il n’est affilié à aucune parti politique.

Remarque : Romanvie.ch ne travaille pas avec les commentaires à la différence d’autres médias dits conservateurs, car cela abaisse en général le niveau ou alors il faudrait un système où seulement les meilleurs commentaires sont publiés.

Comment définir le conservatisme ?

Sur Romanvie.ch nous allons dans cet article essayer de définir le conservatisme ainsi que le néo-conservatisme, en fonction de notre vision du monde (worldview en anglais ou le fameux Weltanschau en allemand). La première chose est que pour nous le conservatisme est un concept plutôt positif et la deuxième chose est que la définition peut évoluer avec le temps mais si possible relativement peu. Il faut aussi distinguer des différences entre le conservatisme dans une définition anglaise (américaine, britannique) par rapport à une définition française (France surtout). En français, le terme conservatisme a souvent une connotation négative, c’est moins le cas en anglais. 

En opposition au progressisme
Le conservatisme s’oppose au progressisme – aux Etats-Unis appelé aussi libéralisme (mais attention en Suisse libéralisme est plus proche de la droite que de la gauche), comme la droite s’oppose à la gauche. Souvent le conservatisme et la droite sont liés comme c’est le cas aux États-Unis avec le parti Républicain ou au Royaume-Uni avec justement le parti conservateur. Mais en Suisse le parti de droite PLR a plutôt tendance à se définir comme un parti progressiste, même si au fond il est plutôt un parti conservateur en tout cas sur l’économie. Le PDC dans sa version récente (2020) se présente surtout comme un parti du centre ou de centre-gauche mais conservateur.
Il est toutefois rare de voir une vraie gauche ou extrême gauche conservatrice.
A la Cours suprême américaine, on voit souvent un conflit clair entre les 9 juges progressistes et conservateurs.
Lire aussi : Mieux comprendre la cancel culture

Quelques définitions possibles du conservatisme 
– Un mouvement politique qui valorise les traditions comme des institutions différentes des seuls pouvoirs politiques comme la monarchie, l’armée ou les églises.
– Un mouvement politique qui valorise le passé. Les choses sont comme cela pour de bonnes raisons, même si ces raisons sont oubliées ou dures à discerner.
Remarque : l’intellectuel G.K. Chesterton écrivait en 1908 dans son livre Orthodoxy de façon critique que le conservatisme était la “démocratie des morts”.
– Un mouvement politique capable de dire stop au moment où personne n’a envie d’ “arrêter la machine”.

Le “reactionary nationalism”, est-ce du conservatisme ?
Le “reactionary nationalism” (nationalisme réactionnaire) qui défend pour simplifier la souveraineté nationale et se rapproche d’une forme de racisme (on peut penser au parti des Le Pen en France) ou en tout cas de préférence nationale n’est pas véritablement du conservatisme ou en tout cas pas forcément. Pour le magazine The Economist du 6 juillet 2019, le “reactionary nationalism” est une menace au conservatisme, en tout cas le classique (un conservatisme plus de classe sociale avec des valeurs fortes comme la religion chrétienne ou l’armée).
En français, le terme réactionnaire signifie aussi une envie de retour à la monarchie, avant la Révolution. Le terme réactionnaire est presque toujours une insulte.

Quels sont les grands médias conservateurs ?
De loin, le média ou journal conservateur sérieux le plus influent au monde est le Wall Street Journal, basé à New York. Le magazine anglais de référence mondiale The Economist peut aussi parfois être considéré comme un journal conservateur, en tout cas libéral dans une définition française.
Fox News est le média conservateur le plus influent au monde mais il est moins sérieux ou objectif que le WSJ. Pour certains comme The Economist, Fox News serait plus du pseudo-conservatisme en étant plus du “reactionary nationalism” (lire paragraphe ci-dessus). En France, Le Figaro est le journal conservateur le plus important et influent, cela reste toutefois un conservatisme plus léger que le WSJ ou surtout Fox News. En Suisse romande il n’existe aucun média de référence classé conservateur, sauf des blogs. La famille qui possède en grande partie ces médias, Murdoch, possède des médias conservateurs également au Royaume-Uni (ex. The Sun) et en Australie.

Est-ce qu’il y a des think tanks conservateurs ?
On peut citer à Washington DC le think tank Ethics & Public Policy Centre.

Le conservatisme est-il tendance en 2021 ?
Oui (et non). Par exemple les États-Unis n’ont plus de gouvernement conservateur. Le Brésil a aussi un gouvernement conservateur depuis janvier 2019 avec Bolsonaro. L’Australie a renouvelé mi-mai 2019 un gouvernement conservateur, appuyé par les médias de la famille Murdoch. La France semble traversée à la fin 2021 par un courant conservateur (ex. Le Pen, Zemmour).
Bien sûr, de nombreuses personnes s’opposent au conservatisme, notamment les socialistes et de plus en plus les écologistes.

Est-ce que le conservatisme peut mener au nazisme ou fascisme ?
Oui, c’est évident et inutile de le nier. Tout comme la gauche peut devenir communiste. C’est pourquoi le conservatisme doit être cadré et étudié comme le fait ce site. Par exemple un média conservateur (ou parti politique) qui se respecte pourra être contre le mariage homosexuel mais si on se réfère aux valeurs du christianisme (comme Romanvie.ch) il est hors de question d’avoir de la violence, même verbale, contre la communauté homosexuelle. Il est donc important de poser des limites. À l’inverse si un média conservateur est contre le droit à l’avortement (IVG) il doit être respecté de la part des médias progressistes ou libéraux, ce qui n’est souvent pas le cas en tout cas en France ou Suisse romande.

Les évangéliques sont-ils responsables en Occident du retour du conservatisme ?
Probablement oui, mais c’est plus complexe qu’une simple relation causale. Par exemple au Brésil au premier tour de l’élection présidentielle environ 46% ont voté pour le candidat conservateur Bolsonaro, or il y a entre 30 et 35% d’évangéliques au Brésil. Cela signifie qu’une partie importante des catholiques ou athées ont voté pour le candidat conservateur. Aux États-Unis aussi, même si 80% des évangéliques qui ont voté en 2016 ont donné leur vote à Trump mais avec 25% d’évangéliques aux États-Unis ce n’est pas suffisant pour avoir une majorité même de Grands Électeurs. Cela signifie notamment que des catholiques, des athées et voire des protestants dits historiques ont apporté leur vote à Trump. On peut toutefois dire que sans les évangéliques, en tout cas sur le continent américain, ce mouvement ne pourrait probablement jamais atteindre des majorités.

Est-ce que les conservateurs sont moins bien formés que les libéraux/progressistes ?
La réponse est probablement oui mais les choses peuvent être plus complexes. Par exemple en Suisse (UDC) ou aux États-Unis (Républicains) l’électorat conservateur est probablement moins formé (ex. diplômés de l’université) et représente surtout la classe moyenne et la classe populaire.

Est-ce que les conservateurs sont moins ouverts que les libéraux/progressistes ?
Les psychologues politiques font remarquer que les libéraux sont en général plus ouverts que les conservateurs pour de nouvelles expériences comme la nourriture ou un voyage à l’étranger, comme le relève The Economist du 8 juillet 2019.

Qui sont les intellectuels conservateurs ?
On peut citer notamment l’Anglais Roger Scruton (1944-2020). Dans l’un de ses livres sur le conservatisme (A Political Philosophy : Arguments for Conservatism) paru en 2006, il fait référence à de nombreux penseurs conservateurs, notamment anglais, américains, allemands ou français. Le penseur probablement le plus important est le Britannique Edmund Burke avec son livre “Reflections on the Revolution in France“, considéré comme le texte fondateur du conservatisme moderne, comme l’écrivait The Economist en septembre 2020.

Quels sont les grands thèmes des conservateurs ?
– La famille, si possible formée par un papa et une maman avec une sexualité si possible plutôt contrôlée (pas de promiscuité). Pas de GPA légalisée.
– Une immigration contrôlée notamment par rapport aux immigrants non chrétiens.
– Des minorités qui n’imposent pas à la majorité leurs visions du monde. Par exemple les vegans n’ont pas à imposer leur alimentation à toute l’humanité, si une personne veut manger de la viande elle peut.
– Un état faible, des impôts le moins élevés possible. Les conservateurs ont une certaine méfiance avec un état trop centralisé (ex. Berne, Washington) et préfère le pouvoir au niveau régional (cantons, états, province).
– Une liberté religieuse totale, grande influence des églises évangéliques en Occident chrétien.
– Une politique restrictive sur la drogue (pas de libéralisation des drogues).
– Une interdiction ou forte restriction de l’avortement (IVG).
– Forte responsabilité personnelle. Dans ce cas il s’agit d’un point commun avec le libéralisme.
– L’influence du christianisme, il peut être protestant, évangélique, catholique ou orthodoxe en fonction de la sensibilité de chacun. Fox News ou The Wall Street Journal dans leurs éditoriaux ont par exemple une sensibilité principalement évangélique/protestante et parfois catholique ou juive (orthodoxe modéré).
– Opposition au suicide assisté comme EXIT en Suisse.

Libéralisme
Si on parle du libéralisme ou progressisme, d’où viennent les intellectuels ?
Il est plus ou moins évident que beaucoup d’intellectuels libéraux ou progressistes sont juifs vivant notamment sur la côte est américaine voire au Royaume-Uni, en France ou Israël, comme par exemple Chomsky ou Steven Pinker de l’université d’Harvard. En France BHL est un important penseur libéral. Ils sont bien sûr des juifs libéraux et pas des juifs orthodoxes ou conservateurs. Les juifs conservateurs sont en général et par définition plus alignés avec les chrétiens conservateurs.
Harari est aussi un grand intellectuel israélien qui vend des centaines de milliers de livres à travers le monde pour soutenir ses thèses libérales : athéisme, progrès de l’humanité, écologie.
Remarque importante : comme évangélique conservateur, je n’ai rien d’antisémite, au contraire. Ici je cite seulement des faits.

Qu’est-ce que le néo-conservatisme ?
Il s’agit simplement d’un mélange entre le libéralisme économique et le conservatisme sociétal (thèmes de la famille, lire ci-dessus). Les Républicains américains sont souvent des néo-conservateurs (les fameux neocons – pas très joli en français bien sûr). Il semble qu’en France, le programme d’Eric Zemmour soit proche du néo-conservatisme.

Article mis à jour le 21.10.2021. Par Xavier Gruffat. Sources : The Economist, The Wall Street Journal, livres sur le conservatisme.

EDITORIAL – La classe moyenne en a marre de la moralisation ambiante (ex. écologie, woke, trans)

“On n’a pas envie que les cadres de Google deviennent des prêtres” – Xavier Gruffat, fondateur de Romanvie.ch

MONTREUX Ecologie jusqu’à l’ivresse, défense des LGBT… et de toutes les minorités dans une logique marxiste, écriture inclusive, etc. Ces grands thèmes ou marqueurs de la gauche, parfois appelés “woke” voire encore pire “cancel culture“, et des libéraux/progressistes peuvent devenir pénibles pour la puissante classe moyenne qui fait les démocraties en Occident. La montée en France d’Eric Zemmour dans les sondages pour l’électorat de droite et d’extrême droite n’est pas étrangère à ce phénomène, comme l’expliquait par exemple Le Figaro le 21 octobre 2021 dans un article : “…nous sommes confrontés à la réaction vitale et politiquement incontrôlée d’une France traditionnelle, catholique et bourgeoise plus encore que populaire, saisie de rage et d’effroi.”

Comme j’ai déjà écrit, je réside comme Franco-Suisse la plupart de l’année au Brésil et je lis tous les jours depuis 10 ans (pas depuis hier) la puissante Folha de S. Paulo (une sorte de mini New York Times, classée à gauche). Je lis aussi le Wall Street Journal pour l’équilibre et même parfois la Handesblatt allemande pour ma culture économique européenne. Sans compter une lecture rituelle de The Economist chaque semaine si je peux. Je crois que je suis bien informé pour comprendre au moins un peu l’Occident (Europe, Amériques).

Ce que je remarque est que bien sûr Trump (oui il n’est plus président) ou Bolsonaro sont des personnages excessifs, je dis toujours, si je parle ou exprime 10% de ce qu’ils disent, je perdrais beaucoup de clients en Suisse, j’aurais des procès, encore plus d’ennemis…

Mais ce que je remarque est que le peuple, la puissante classe moyenne de l’occident (souvent catholique, évangélique, protestante, athée…) n’est pas si politisée, mais elle veut qu’on la prenne au sérieux et qu’on ne se moque pas d’elle, par excès de morale.

Homme, femme ou autre

Par exemple le 20 février 2020 je consultais Google pour m’inscrire éventuellement à un programme pour startup (j’ai bien sûr abandonné à cause de ce côté trop moraliseur) et au lieu de demander seulement si je suis un homme ou une femme, ils ont un formulaire si non-binaire, autre, trans…Bref une longue liste de mon genre, homme ou femme serait tellement plus simple.

Ce genre de détails énerve la classe moyenne mentionnée ci-dessus, donc elle n’est pas forcément pro-Trump ou pro-Bolsonaro, elle en a juste marre de la moralisation des médias surtout de gauche ou libéraux ou ici de Google, qui aimerait changer le monde à sa manière (mais Google n’a rien de démocratique bien sûr, comme presque toutes les entreprises).

Vous comprenez vous politiciens ou journalistes qui lisez ce blog ? Nous la classe moyenne (je n’en fais pas partie pour différentes raisons, je suis un peu trop intellectuel, mais autre sujet) en avons marre des ces toilettes pour trans, cette écologie quasi religieuse…

Oui les gens ont plus ou moins abandonnés les “sectes” chrétiennes trop moralisatrices, à cause justement de cet excès de moralisation (et toute l’hypocrisie). Donc pourquoi vous les médias ou politiciens revenez à cette moralisation ou politiquement correct à l’excès ? On en peut plus. Même si sur le fond on peut être d’accord (moins de différences entre riches et pauvres, écologie intelligente).

On n’a pas envie que les politiciens ou journalistes, voire les cadres de Google ou plutôt Alphabet (Facebook semble un peu moins agressif dans ce domaine) deviennent des prêtres ou pasteurs. Et croyez-moi j’aime beaucoup les prêtres et pasteurs, mais chacun son métier et les vaches seront…

Le 21 octobre 2021. Par Xavier Gruffat.

EDITORIAL : Les importantes différences entre les Etats-Unis et l’Union Européenne patchwork

GENEVELes Etats-Unis comptent 330 millions de personnes et l’Union européenne (UE) un peu plus de 440 millions d’habitants. Malgré une plus grande population de l’UE, le PIB américain est bien supérieure rapporté au nombre d’habitants, tout comme sa puissance militaire avec environ 800 bases militaires dans le monde entier. L’UE a un PIB d’environ 15 milliards de dollars et les Etats-Unis d’environ 21 milliards de dollars. Comparer les Etats-Unis et l’UE fait donc sens, autant en terme de population, d’histoire et de puissance économique.

Différences

Les Etats-Unis comptent 50 états, une religion plutôt dominante (le calvinisme, même si actuellement il y a de nombreux autres courants protestants et le catholicisme) et bien sûr une langue unique, l’anglais. L’espagnol étant plutôt marginal en terme d’influence politique et économique. Quand on regarde par exemple les états américains, ils ont presque tous dans leur capitale (ex. Little Rock, Pierre, Sacramento…) le même parlement ou en tout cas avec une architecture similaire. Dans chaque ville des Etats-Unis vous trouvez quelques églises, quelques temples francs-maçons (qui ont beaucoup influencé le pays) ou des McDonald’s. Il y a une vraie uniformité du pays. Il semble peu probable que le Dakota du Sud cherche à sortir des Etats-Unis ou remettre en cause le droit de la cour suprême. Il est vrai que le Texas étant peut-être une exception qui confirme la règle. Sans compter de puissants médias nationaux qui donnent une grande force à tout le pays comme CNN, Fox News, ABC, CBS, NBC, Fox, le New York Times, le Washington Post ou le Wall Street Journal.

Dans l’Union Européenne par contre, vous n’avez pas de média européen fort, Euronews a des audiences assez ridicules. Vous avez aussi la Pologne qui revendique son catholicisme, la Hollande qui semble avoir un peu abandonné son passé calviniste et devient hyper libéral et parfois presque anti-chrétien, la Hongrie qui veut défendre sa vision du monde, la France qui se cherche entre Macron et Zemmour, etc. Ce véritable patchwork de langues, de religions et de weltanschau complique fortement une Union européenne forte.

Il est donc beaucoup plus facile de gouverner les Etats-Unis que l’Europe, les Américains probablement le savent bien et ne voient plus l’Europe comme un vrai concurrent car le continent est trop divisé, désormais c’est la Chine encore plus unifiée que les Etats-Unis qui angoisse les Américains.

Par Xavier Gruffat, le 18 octobre 2021.

Histoire : qui étaient les Puritains ?

Certains ont déjà entendu parler des Puritains, surtout à l’occasion de la Thanksgiving (Action de grâce), principale fête américaine. Mais pour la plupart, le terme est vague est malheureusement souvent négatif et péjoratif.

Pèlerins célébrant le premier dîner de Thanksgiving

Pour résumer les Puritains étaient des calvinistes (doctrine réformée) d’Angleterre des colonies anglaises au 16ème et 17ècle. Le mouvement est né en Angleterre, pendant les premières étapes de la réforme anglaise, pendant le règne d’Edouard VI (1547-1553). Mais on estime que les embryons du Puritanisme ont été développés et imaginés par William Tyndale (1484-1536). Il a lancé en 1526 en Angleterre sa traduction de son Nouveau Testament du grec vers l’anglais, la célèbre « Wycliffe’s Bible ». L’influence de sa traduction de la Bible en anglais a été majeure sur l’évolution religieuse de l’Angleterre au 16ème siècle. Plus tard (17ème siècle surtout), beaucoup de ces puritains anglais ont émigré vers les Etats-Unis, à cause d’une persécution en Angleterre. Les Pères pèlerins puritains (en anglais : Pilgrim Fathers ou parfois seulement Pilgrim) sont l’un des premiers groupes de colons installés sur le territoire des futurs États-Unis d’Amérique, en 1620. 

Origine du terme, purification du catholicisme

Le nom de “puritain” a surgi pendant le règne d’Elisabeth I (1558-1603). Ce groupe de chrétiens voulait réformer le culte anglican, de l’église officielle d’Angleterre. Ces “puritains” voulaient faire évoluer l””establishement” elisabethen (qui mélangeait des éléments du protestantisme avec le catholicisme). Le but était notamment la purification de l’église des vestiges du catholicisme, d’où le terme de puritanisme. Les puritains pensaient que cette église anglaise était une sorte de réforme faite à moitié. Le puritanisme n’a donc rien à avoir avec une vision de la sexualité, ou en tout cas pas directement.

Calvinisme, richesse mais pas contre la sexualité

Les chrétiens calvinistes et donc les Puritains croient que Dieu a prédestiné certaines personnes à être sauvées et que d’autres ont été prédestinées à la damnation éternelle (concept ici de double prédestination). On parle aussi de souveraineté absolue de Dieu. Un des problèmes des Calvinistes est qu’ils ne savent pas s’ils sont sauvés ou non, s’ils font parties du peuple Elu (Sauvé). Par conséquent, notamment aux Etats-Unis, de nombreux Calvinistes (Puritains en particulier) ont travaillé durement notamment au 19ème siècle et les siècles précédents. Le succès dans leurs affaires était la preuve qu’ils étaient sauvés. Une grande force de travail était ou est un moyen de louer Dieu. L’idée était aussi que l’enrichissement pour soi n’était pas une fin en soi mais que l’argent doit être redistribué à la société. Ces personnes avaient une attitude austère et plutôt hostiles à tous les plaisirs, mais il y a aussi plusieurs mythes à ce sujet. Par exemple les puritains consommaient de l’alcool et n’étaient pas contre la sexualité au sein du mariage. Cela dit, on comprend bien qu’une personne riche qui ne profite pas beaucoup de son argent mais le redonne à la société contribue logiquement à l’enrichissement de toute un pays (ici les Etats-Unis).

Thanksgiving

Après être restés plus de 11 ans à Leyden en Hollande (Europe) et avant d’embarquer pour le Nouveau Monde (actuel Etats-Unis), ces colons puritains ont regardé vers le Ciel, leur pays préféré, où Dieu leur a préparé une ville. Comme on peut lire dans Hébreux 11:16 : “Mais en réalité, ils désirent une meilleure patrie, c’est-à-dire la patrie céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité.” Les Etats-Unis étaient pour ces Hollandais leur “Terre Promise”, leur cité de Dieu. En novembre 1621, la communauté de pèlerins une fois arrivée aux Etats-Unis organise une journée d’action de grâce, le fameux « Thanksgiving Day », pour montrer leur côté spirituel et remercier Dieu probablement d’avoir tenu promesse. Le président Lincoln érigera le « Thanksgiving Day » en fête nationale en 1863. Il existe d’autres théories concernant l’origine de la Thanksgiving (ex. des pèlerins de la côte est proche de Boston qui avaient faim et des Indiens d’Amérique leur ont donné des dindes à manger). 

Le 14 octobre 2021. Par Xavier Gruffat. Sources : Escola Charles Spurgeon, Wikipedia.org.

Brésil : Lula est 18% devant Bolsonaro (2022)

SAO PAULOIl n’y a pas que l’élection présidentielle française qui sera intéressante à suivre en 2022, l’élection brésilienne sera aussi passionnante à la fin de l’année prochaine avec un classique combat gauche contre droite. Selon le célèbre magazine The Economist du 2 octobre 2021 qui consacre deux articles au Brésil on apprend que Lula aurait une avance de 18% au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Pourquoi une telle avance ?

Le magazine anglais libéral The Economist explique que la droite dure ou extrême qui a mis au pouvoir Bolsonaro est de plus en plus divisée. Avec d’un côté une droite conservatrice chrétienne (proche des évangéliques et certains catholiques) et de l’autre une droite plus libertarienne attachée surtout au libéralisme et capitalisme de marché. Il semble que cette dernière droite ait passablement abandonné Bolsonaro. Certains membres influents ont décidé de ne plus voter Bolsonaro. Il y a aussi la crise économique qui reste importante au Brésil en cette période de (post) Covid-19 avec 10,5% d’inflation sur 12 mois alors que les comptes épargnes rapportent maximum 2% de rendement annuel (la poupança au Brésil). Bref, à la différence de la France ou un Zemmour ou Le Pen pourraient créer la surprise au 2ème tour, les conservateurs brésiliens semblent mal en point, un peu comme leurs footballeurs qui ne gagnent plus de coupe du monde depuis des années.

Lire aussi : conservatisme (mieux comprendre)

Le 12 octobre 2021. Par Xavier Gruffat (Romanvie.ch)

Faux certificats COVID : plusieurs enquêtes ont été ouvertes contre les auteurs et les bénéficiaires

VAUDLa Police cantonale, sous la direction de procureurs du Ministère public du Canton de Vaud, enquête sur l’établissement et l’utilisation de faux certificats COVID. Les investigations ont révélé que des faux certificats avaient été délivrés à des connaissances par des professionnels de la santé. L’Etat major cantonal de conduite et la Police cantonale vaudoise rappellent à la population que toute personne créant, contrefaisant ou utilisant de tels certificats s’expose à des poursuites pénales.

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Plusieurs affaires de faux certificats COVID sont apparues ces dernières semaines. Des collaborateurs travaillant dans des pharmacies ont généré des certificats pour des connaissances, parfois contre rémunération, sans que celles-ci aient préalablement été testées ou vaccinées. En l’état des investigations, la police estime à une centaine le nombre de faux certificats délivrés.

Faux certificats COVID : plusieurs enquêtes ont été ouvertes contre les auteurs et les bénéficiaires

L’établissement et l’utilisation de tels faux donnent lieu à l’ouverture de poursuites pénales, conduites par le Ministère public, pour faux dans les titres et/ou les certificats. Ces infractions, susceptibles de porter gravement atteinte à la santé publique, sont passibles de sanctions pécuniaires et de peines privatives de liberté pouvant aller jusqu’à cinq ans.

Les inspecteur·trice·s de la Police de sûreté mènent les investigations nécessaires pour déterminer les responsabilités des divers protagonistes impliqués et l’ampleur du phénomène.

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L’Etat major cantonal de conduite rappelle que toutes les personnes qui participent à la création de tels faux, ou qui les utilisent, s’exposent à des poursuites pénales.

Le 8 octobre 2021 – État de Vaud – Crédit photo : Adobe Stock

Théologie : la prière a-t-elle de l’impact dans le Calvinisme ?

Se mettre au diapason de Dieu

GENEVE Sachant que la doctrine calviniste (parfois appelée doctrine réformée) repose sur la souveraineté absolue de Dieu et la prédestination, on peut se poser la question de savoir si Dieu répond ou non à nos prières. Puis on peut même aller plus loin et se demander si prier fait sens pour un calviniste. Rappelons que la souveraineté absolue de Dieu signifie que les différents événements comme par exemple les enfants d’Abraham ne dépendent pas du désir ou de l’effort humain, mais de la miséricorde de Dieu (lire Romains 9 : 10-16).

Pour la première question, on peut aussi la formuler de la façon suivante : “Est-ce que Dieu peut changer ses plans à travers la prière ?”. La réponse n’est pas facile, mais on peut identifier certains éléments bibliques.

Si on lit certains passages de la Bible comme 2Rois 20.1-6 où Dieu augmente l’espérance de vie du roi de Juda Ézéchias de 15 ans suite aux prières du prophète Isaïe, on peut dans un premier temps avoir tendance à répondre par oui, la prière peut changer les plans de Dieu. Dans Genèse 6 ou dans 1 Samuel 15.11 on peut supposer que Dieu regrette certains choses. La question est donc, comment Dieu qui est souverain, omniscient ou encore parfait peut regretter l’une de ces décisions ? Le pasteur presbytérien calviniste Augustus Nicodemus explique dans l’un de ses livres que cette vision d’analyser Dieu est de l’anthropomorphisme, c’est-à-dire une tendance à concevoir la divinité à l’image de l’homme, ou de l’anthropopathisme, l’assignation de caractéristiques émotionnelles humaines à un non-humain quand il ne les possède. Dieu n’est pas humain, mais dans la Bible on trouve parfois des passages qui montrent un Dieu “humain” par exemple avec des mains (ex. cans Is. 25.10 ou Pv. 15.3). Ces textes ont comme objectif de nous aider à comprendre Dieu, de notre point de vue humain.

Dieu omniscient, aucun regret

En fait, Dieu ne regrette pas d’avoir créé l’homme comme dans la Genèse chapitre 6, mais il l’explique à Noé pour qu’il puisse comprendre ce qu’il voulait dire. Dieu, bien entendu, sait tout et avait prévu chaque étape de la vie des hommes, il est souverain et omniscient. Bref, on doit comprendre ces regrets divins de façon figurée.

Pour revenir au roi Ézéchias, il est difficile d’avoir une position tranchée, car il faudrait en premier savoir exactement les plans de Dieu, or on ne le sait pas. Il est possible que tout était prévu à l’avance.

Faut-il prier ?

La réponse est oui, mais peut-être dans une vision plus de rendre grâce, remercier Dieu plutôt que de demander des choses impossibles. On peut y voir ici une notion d’humilité et de dialogue avec Dieu, sans le forcer à changer le cours des choses. Prier fait partie du plan de Dieu. Dieu peut utiliser la prière comme un moyen d’atteindre sa gloire. Pour les théologiens calvinistes, comme M. Nicodemus, la date de notre mort est définie depuis l’éternité en se basant notamment sur les psaumes 39 (verset 4) et 139 (verset 16).

Vision de Jean Calvin

Pour Jean Calvin, Dieu est tout à fait conscient de notre besoin, et il a déjà déterminé comment il répondra à notre prière. Cela dit, la prière nous est bénéfique. Calvin a déjà écrit : “Il y a en effet une sorte de rapport entre Dieu et les hommes, par lequel, entrés dans le sanctuaire supérieur, ils se présentent devant lui et font appel à ses promesses, afin que, lorsque la nécessité l’exige, ils apprennent par l’expérience que ce qu’ils ont cru sur la seule autorité de sa parole n’était pas vain.” En d’autres termes, la prière aide notre foi en constatant la fidélité de Dieu à sa parole dans notre vie.

Pourquoi prier ?

Si Dieu ne change pas le cours des choses, car “tout est écrit”, prier peut d’une perspective humaine nous amener néanmoins plusieurs choses positives comme apporter à Dieu ses craintes, ses préoccupations, ses espoirs (et donc nous donner de la joie), ses rêves, sa colère, ses inquiétudes et toutes ses incertitudes. La prière nous maintient centrés sur le Christ comme moyen exclusif d’approcher Dieu. Pour résumer, la prière pourrait n’être “que” se mettre au diapason de Dieu.

Pour aller plus loin : lire Romains 8:26-27 (influence du Saint Esprit), Hébreux 4:16, 2 Cor 6:18, Eph. 2:18, and Romains 8:16.

Par Xavier Gruffat. Le 9 octobre 2021. Sources : pasteur Augustus Nicodemus, Quora.com