Bolsonaro exclut le principal journal de gauche (libérale) d’être résumé au Itamaraty

SAO PAULO – La Folha de S.Paulo est une sorte de New York Times brésilien, classée à gauche ou en tout cas dans une gauche libérale progressiste (ex. pour l’IVG, libéralisation du cannabis, mariage gay). La Folha est souvent considérée comme étant le journal – pas médias (là ce sont plutôt les TV Globo ou Record) – le plus influent du Brésil voire d’Amérique latine. Il y a quelques jours la Folha a repris des informations mettant en cause Bolsonaro, de prêt ou de loin, dans le meurtre d’une politicienne Marielle Franco à Rio de Janeiro. L’affaire en main de la justice est trop complexe pour la résumer ici. Quoi qu’il en soit le conservateur Bolsonaro n’a pas du tout apprécié la divulgation de cette information et l’a pris personnellement. C’est pourquoi il cherche désormais à boycotter le journal Folha de S.Paulo.

Itamaraty

Depuis le 5 novembre 2019 si on lit bien la Folha, les employées de l’Itamaraty (ministère des affaires étrangères) ne pourront plus lire un résumé des news de la Folha de S.Paulo, appelé en portugais (provenant de l’anglais) clipping. Le Président Bolsonaro a aussi expliqué que les annonceurs de la Folha doivent “faire attention” (en portugais : “…E quem anunica na Folha de S.Paulo presta atenção, está certo?”. Difficile à savoir si cette menace aura un véritable impact sur les potentiels annonceurs de la Folha comme parfois la très grande banque brésilienne Itaú, de la taille d’une banque comme UBS ou CS.

Folha de S.Paulo

La Folha appartient à une très riche famille brésilienne, selon les informations de Romanvie.ch. Elle s’est notamment enrichie grâce à une mise en bourse à New York d’une société active dans les payements par cartes bancaires. Au Brésil, on parle d’un marché de plusieurs centaines de milliards de dollars par année, prendre une commission sur ces transactions peut s’avérer très rentable.


Analyse


Il est évident qu’autant Trump avec le New York Times que Bolsonaro avec la Folha passent de très mauvais moments, ce sont vraiment des acharnements presque quotidiens de ces deux journaux libéraux/progressistes contre les conservateurs au pouvoir dans les 2 plus grands pays du continent américain. Peut-être que l’attitude de Georges Bush fils de ne jamais lire les journaux pour se protéger n’est pas si mauvaise. Ou alors le calme relatif d’Obama qui affirmait lire les 3 grands journaux américains : The New York Times (gauche), The Washington Post (gauche) et The Wall Street Journal (droite). Au fond, une démocratie fonctionne bien avec une presse libre, mais bien sûr il faut toujours un équilibre qui n’est malheureusement pas toujours atteint. Si en Suisse on a un principalement une presse libérale-progressiste comme Ringier (Le Temps, Blick, L’Illustré) ou Tamedia (Le Matin Dimanche, TDG, 24 Heures), quelle triste monde de ne pas avoir une vision conservatrice. Vive un jour un vrai Wall Street Journal romand !

Le 5 novembre 2019. Par Xavier Gruffat. Source : Folha de S.Paulo

Détails de la rédaction: Cet article a été mis à jour le 05.11.2019.