EDITORIAL – Bolsonaro, facile de le critiquer depuis la Suisse, et la cocaïne à Lausanne ?

SAO PAULO / MONTREUX Il est très facile de critiquer le gouvernement conservateur Bolsonaro depuis la Suisse. Il y a forcément des critiques intelligentes et constructives. Mais n’oublions pas que la Suisse n’est de loin pas un pays parfait. Jusqu’à nouvel avis, il est extrêmement facile de trouver de la cocaïne à Genève, Lausanne, Montreux ou Sion. Et d’où vient la cocaïne ? A 70% de Colombie, elle transite forcément par les grandes mafias brésiliennes ou italiennes en traversant justement tout le Brésil pour arriver ensuite en Afrique puis Europe. Juste un chiffre : environ 60’000, le nombre d’homicides chaque année au Brésil en grande partie provoqué par le trafic de drogue. Cela, il semble qu’aucun Suisse ne soit très intéressé, car ce sont souvent de pauvres hommes noirs qui perdent la vie. L’écologie, par contre qui concerne le Suisse de façon narcissique (mais n’a-t-il pas contribué avec ses multinationales à son enrichissement ?), le passionne jusqu’à l’intoxication. L’arroseur devient arrosé. L’écologie est la nouvelle religion “animiste” du Suisse, bye bye le christianisme.

Cocaïne

La Suisse a donc clairement du sang sur les mains lorsque sa police suisse, presque inutile dans le trafic de drogue (mais pas la faute des policiers sur le terrain mais de ceux qui les dirigent comme les sept Conseillers Fédéraux probablement corrompus en tout cas par omission), ferme totalement les yeux sur la cocaïne qui vient d’Amérique du sud. Autrement dit, lorsqu’on tolère la cocaïne en Suisse, on pollue l’Amérique du sud avec des champs d’arbres de coca et toutes ses conséquences (routes illégales) et on contribue à ces 60’000 homicides. De plus, on sait bien que la frontière entre trafic de drogue et grands propriétaires terriens en Amazonie (brésilienne et autres pays) est assez floue. C’est plutôt la loi de la jungle, le cas de le dire. On parle de la Suisse, car c’est un site suisse, la France et Macron ont également beaucoup de choses à se reprocher (colonisation).

Brésil


Bien sûr, autant les gouvernements de gauche de Lula et Rousseff puis de droite de Temer et Bolsonaro manquent d’autorité pour faire respecter l’ordre dans l’immense Amazonie. Il est vrai que le gouvernement Bolsonaro est plus proche de l’agro-business que les gouvernements précédents, c’est un fait. Mais n’oublions pas que le Brésil est un pays gigantesque et pauvre comparé à la Suisse. Nous en Suisse sommes incapables de faire respecter l’ordre en tolérant la drogue comme la cocaïne (il suffit de mettre des caméras dans les discos de Lausanne et mettre tout le monde en prison), peut-on reprocher au Brésil x fois plus grand que le Brésil de ne pas pouvoir contrôler la déforestation en Amazonie ? Faisons donc attention avant de faire la morale à d’autres pays. Balayons devant notre porte et nettoyons de nos villes la honte du trafic et de consommation de cocaïne. Pour le moment, ce n’est en aucun cas une volonté politique à quelques semaines des élections fédérales (20 octobre 2019).

Syngenta et Clariant

Bien sûr, il ne faut pas oublier Syngenta (maintenant en main chinoise mais basée en Suisse) et Clariant qui font probablement un très grand lobby sur le gouvernement Bolsonaro pour vendre leurs produits (ex. semences). Peut-on lire cela dans les journaux de Tamedia, Ringier, du Nouvelliste ou de La Liberté ?

Conclusion, il me semble que la Suisse, pays si imparfait sur certains aspects (trafic de drogue, argent de la corruption dans les banques suisses avec un nombre très important de paysans “pollueurs” brésiliens, Syngenta et Clariant) ferait mieux de balayer devant sa porte pour le moment. Parfois il est préférable de se taire. Si l’Uruguay, pays plutôt à gauche qui a peu de choses à se reprocher, s’exprime, c’est bien plus crédible que nous Suisses qui profitons au maximum du système capitaliste globalisé (dont la cocaïne comme le café semble toujours plus un moteur).


Le 23 août 2019. Par Xavier Gruffat (Il a vécu 10 ans à Sao Paulo, il vit actuellement en Suisse). XG se définit comme un intellectuel suisse conservateur.

Détails de la rédaction: Cet article a été mis à jour le 23.08.2019.