EDITORIAL – Théories de la conspiration, laisser une petite ouverte dans les rédactions

Il est évident que les théories de la conspiration peuvent être un véritable toxique pour les rédactions dans les différents médias du monde. Parfois ces théories peuvent être mortelles comme on l’a vu aux Etats-Unis début janvier 2021 dans la prise du Capitole à Washington D.C. Mais il ne faut pas non plus fermer à 100% la porte de ces théories. Pourquoi ? Certaines personnes adeptes de ces théories n’ont pas toujours torts à 100% et sont capables d’agir comme lanceurs d’alerte. Ils peuvent signaler des informations intéressantes qui devront ensuite être contrôlées par les rédactions.

A un moment t de l’histoire, il est aussi difficile de connaître la vérité. Par exemple, en pleine guerre froide le suicide au Chili Salvador Allende a été influencé par la CIA, comme tout le monde le sait désormais. Au moment des faits, les personnes qui parlaient de la CIA étaient probablement traitées de conspirationnistes. L’avenir leur a donné raison, bien sûr beaucoup de théories de la conspiration ne se sont pas confirmées par la suite.


Modestie


Cela signifie qu’un bon journaliste ou média devraient souvent plutôt faire preuve de modestie. Au lieu d’informer des vérités (selon lui) en permanence, il pourrait simplement dire, au moment des faits “nous ne pouvons pas savoir”. Cette simple posture permettra j’en suis sûr de limiter les théories de la conspiration et de retrouver un récit commun. Bref, dans une rédaction la grande porte doit provenir des agences de presse et autres communications officielles mais une toute petite porte doit aussi être maintenue, pour de temps en temps faire rentrer des théories ou news plus originales. Bien entendu, la publication finale doit être contrôlée au maximum, pour éviter de terminer devant la justice.

Le 8 avril 2021. Par Xavier Gruffat.

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Détails de la rédaction: Cet article a été mis à jour le 08.04.2021.