Mathématique : le danger des moyennes, exemple intéressant

SAO PAULOBaser ses analyses et réflexions sur une moyenne peut s’avérer dangereux comme le montre l’exemple ci-dessous. Au Brésil le nouveau gouvernement Bolsonaro est en train de travailler sur la réforme des retraites qui plombe l’économie brésilienne.

Une personne a argumenté que les personnes pauvres, notamment les hommes en cas de retraite à 65 ans (comme c’est prévu même s’il y a des cas particuliers de partir à la retraite avant suite aux années de cotisation), ne pourraient pas profiter de la retraite à 65 ans, car la moyenne d’âge de décès dans les favelas (quartiers pauvres) est en moyenne de 65 ans en tout car pour la métropole de São Paulo et ses environ 20 millions d’habitants. Autrement dit, un homme de condition modeste n’aurait jamais de retraite, car il serait mort le jour ou année de la toucher.


Espérance de vie et mortalité infantile 

Sauf qu’il a un piège. Dans les quartiers pauvres ou favelas il y a un taux d’homicides des jeunes hommes relativement élevé. Et il s’agit souvent d’hommes jeunes de moins de 30 ans qui meurent dans ces cas de violence. Ainsi si on parle d’espérance de vie à la naissance on arrive effectivement à 65 ans mais si on parle d’espérance de vie à 30 ans, ces mêmes hommes ont une espérance de vie de 70 ans ou plus. La mortalité infantile est aussi plus élevée dans les quartiers pauvres que riches. Bref, en faisant sortir des statistiques ces jeunes hommes morts de moins de 30 ans par violence ou les cas de mortalité infantile, la moyenne qui nous intéresse pour le calcul de l’âge de la retraite monte soudainement de plus de 5 ans à 70 ans ou plus.

Chiffres bien maîtrisés


Bref, il est important d’avoir une bonne maîtrise des chiffres pour que l’adage stupide “on fait dire aux chiffres ce que l’on veut” n’ait plus de raison d’être. Car sans chiffres et statistiques fiables il est impossible de gouverner et prendre les bonnes décisions. On le voit avec le gouvernement Trump aux Etats-Unis qui s’est récemment embrouillé sur une histoire de chiffres (nombres de criminels ayant passé la frontière sud avec le Mexique). Le gouvernement américain a dû faire machine arrière comme on dit.

Le 12 janvier 2019 (version 1.1). Par Xavier Gruffat (Romanvie.ch). Source : Folha de S.Paulo

Détails de la rédaction: Cet article a été mis à jour le 12.01.2019.

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