EDITORIAL – Pourquoi ce dimanche Bolsonaro sera élu ?

7 Astuces pour être heureux en coupleSAO PAULOPremière constatation, je m’acharne un peu à nouveau contre Le Temps (journal le plus influent de Suisse romande) comme au premier tour qui se croit malin d’engager comme journaliste au Brésil Mme Chantal Reyes classée à gauche qui travaille aussi pour le journal français très à gauche et selon moi anti-chrétien Libération (quel célèbre athée a co-fondé Libération après la 2ème guerre mondiale ? – Allez lire la page Wikipedia de Libé) – peut-être pas antisémite à cause de l’un de ses propriétaires – qui qualifie sur sa page Twitter Bolsonaro (qui pourtant aime bien Israël) de néofasciste – cela dit je ne sais pas si le terme est d’elle (un Tweet ou Retweet) ou de l’éditeur du Temps. Mais comme je ne prétends pas travailler pour un journal progressiste comme Le Temps pour la remplacer, je n’envoie même pas mon CV de journaliste et d’ailleurs je ne crois pas qu’ils ne m’engageraient. Le Temps parle aussi à tort de Bolsonaro comme étant ultra-conservateur, donc un jour ce journal parlera d’un politicien comme étant ultra-mega-super-conservateur… Inutile de rajouter ultra à conservateur, cela devient une insulte des progressistes.

Maintenant revenons au fond, ce dimanche les habitants de ce pays de 208 millions d’habitants où le vote est obligatoire vont notamment voter pour le deuxième tour de l’élection présidentielle. En plus de voter pour certains gouverneurs non élus au premier tour (ex. dans l’état de Sao Paulo), les Brésiliens devront choisir entre Jair Bolsonaro (droite et conservateur) et Fernando Haddad (gauche et progressiste). 

Lula, un Trump brésilien

Vu d’Europe Lula a plutôt une bonne image même parmi la droite, en tout cas progressiste comme le PLR ou le PDC (je le qualifie désormais de droite progressiste). Mais ce qu’il faut absolument comprendre est qu’au Brésil Lula a le même effet sur la société brésilienne qu’a Trump aux États-Unis ou même en Suisse avec par exemple Ch. Blocher. Il polarise et donc divise énormément. Par exemple dans la très peuplée région de Sao Paulo (état) ainsi que le Sud du Brésil (ex. Rio Grande do Sul, Santa Catarina) qui sont des régions plutôt riches en comparaison du reste du pays, une majorité de la population a une image très négative de Lula. Un peu comme les Californiens parfois sans fondement sont anti-Trump, il y a clairement de la mauvaise foi autant à gauche qu’à droite. Il ne faut toutefois pas oublier les nombreux scandales de corruption, prouvés par la justice, concernant Lula, qui est d’ailleurs en prison à Curitiba (sud du pays) et son parti. Par contre dans le Nordeste plus pauvre et ses 70 millions d’habitants (soit 1 tiers de la population) Lula jouit d’une très grande popularité, notamment à cause de la Bolsa Familia (un revenu universel pour les personnes avec des enfants).


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Pourquoi une telle polarisation ?

La première constatation est que si 58% des Brésiliens veulent voter pour Bolsonaro au 2ème tour ce dimanche (28.10.2018), selon un sondage XP Investimentos repris par le site R7 le 26 octobre 2018, est que peut-être une partie des Brésiliens ne sont pas si pauvres qu’on veut bien le croire, car c’est un politicien bien à droite en terme économique, d’influence libérale. Il a justement la possibilité de “détruire le mammouth” – état gras – si on prend une expression française. Au fond certains Brésiliens aimeraient peut-être essayer un nouveau système très éloigné du Venezuela, un système qui ressemblera plus aux Etats-Unis qu’à la France (qui influence beaucoup le Brésil). De plus, le fait qu’il soit contre l’avortement (IVG) rassure les environ 35% d’évangéliques du pays et certains catholiques conservateurs. Comme avec Trump, ces Brésiliens conservateurs sont prêts à oublier les divorces de Bolsonaro, sa communication qui laisse à désirer par rapport aux femmes et à la torture s’il assure que l’avortement ne sera pas légalisé. Dans un sens, que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre (lisez l’Evangile de Jean pour ceux qui n’ont pas une bonne culture chrétienne). Même il faut aussi être clair, Bolsonaro est parfois allé trop loin dans sa communication en remettant notamment en cause des fondements de la démocratie, ce qu’à mon avis Donald Trump n’a pas fait.

Lula et ses protégés

Lula est une véritable marque pour la gauche, il a réussi en 2010 et 2014 avec Dilma Rousseff qui n’avait pas le niveau intellectuel et maintenant Fernando Haddad qui a selon le sondage cité ci-dessus 42% d’intention de vote aux 2ème tour. A la différence des Etats-Unis avec le concept de Grand Electeur, les états brésiliens n’ont pas de rôle particulier. Celui qui a le plus de voix gagne l’élection, basta, comme en France.


Dernière constatation selon moi, la politique est sale et les candidats peu profilés de centre droite comme Alckim ou de centre gauche comme Marina Silva (pourtant évangélique mais qui a retourné sa veste sur le mariage homosexuel, ce qui n’a pas plu aux pasteurs) ou Ciro ont eu beaucoup de peine à décoller dans les sondages et ont été éliminés au premier tour. En 2018, les Brésiliens veulent des lignes claires, une continuation socialiste avec Haddad ou une petite révolution libérale et peut-être la fin d’une certaine démocratie à la sauce russe ou turque. Le mois d’octobre est passionnant, stressant et violent également, avec un Brésil qui “s’américanise”(polarise).

Au fond les Brésiliens en votant en faveur de Bolsonaro disent non au communisme et oui au capitalisme libéral conservateur (lisez un article sur une définition du conservatisme). Personnellement, sans être dans la tête de Bolsonaro (il peut bien sûr mal évoluer), je pense que c’est plutôt une bonne nouvelle pour le monde libre.

Le monde 2018 veut plutôt des hommes (pas des femmes sauf peut-être Mme May au Royaume-Uni) forts : Trump, Bolsonaro, Poutine, Conte…c’est un fait qu’on doit tous essayer de comprendre.

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Le 26 octobre 2018 (version de 17h21, heure suisse). Par Xavier Gruffat (Romanvie.ch, fondateur aussi de Creapharma.ch). Sources : The Wall Street Journal, Folha de S.Paulo (plusieurs éditions), R7, The Economist.

Détails de la rédaction: Cet article a été mis à jour le 26.10.2018.

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