EDITORIAL : Le mensonge n’est pas le pire des péchés en politique, un coeur dur est pire !

EDITORIAL - Automatisation et perte d'emploi, n'ayez pas peur !

MONTREUXLes médias s’acharnent beaucoup sur Donald Trump et ses supposés (certains avérés bien sûr) mensonges, même le très conservateur et libéral The Wall Street Journal (pourtant un excellent journal) s’y est mis cette semaine avec un éditorial à charge. Peut-être que certains intérêts à Wall Street et dans la finance commencent à être menacés par M. Trump. Certes mentir est un péché ou pour les personnes moins croyantes un (vilain) défaut, mais personnellement je pense que le pire des péchés ou défauts pour un politicien est d’avoir un coeur dur, d’oublier le peuple.

Exemple en Suisse, prix des médicaments

Un long et très instructif article de Bilanz publié le 24 mars 2017 nous explique que l’augmentation des coûts de la santé sont de la responsabilité de tous les acteurs, les médecins, l’industrie pharmaceutique, les assureurs, les pharmaciens, etc. Comme pharmacien j’aimerais faire ma part d’autocritique et émettre justement quelques critiques envers l’industrie pharmaceutique. L’article en allemand de Bilanz relève que le «Pantoprazol Sandoz» avec 105 comprimés coûte CHF3,40 (après conversion d’euros en francs) en Hollande et en Suisse ce même médicament coûte CHF60.-, soit 20 fois plus. Par équilibre tout de même, j’ai regardé le prix du générique du pantoprazol dans un pays bien plus pauvre que la Suisse, le Brésil. Dans le plus grand pays d’Amérique latine le prix d’un générique du pantoprazol est proche des CHF60.- pour 105 comprimés. La Hollande est peut-être davantage une exception, mais néanmoins la preuve qu’il est encore possible d’abaisser le prix des génériques en Suisse.

On sait que la Hollande n’est pas un pays pauvre. A un moment donné les politiciens de droite, qui ne mentent pas :), devraient aussi faire preuve de courage et modifier certains aspects qui font du tort au peuple suisse. Autrement dit, au lieu de se définir comme des “petits ou grands bourgeois” parfaits qui ne mentent pas, ils pourraient aussi commencer à peut-être mentir un peu mais ouvrir leur coeur en prenant des décisions aidant la classe moyenne suisse. Une réforme notamment du financement des pharmacies pourrait être très intéressante. La plupart des pharmacies ont désormais de la peine à être rentable malgré une augmentation du prix des médicaments en général (les anciens et génériques baissent mais l’arrivée de nouveaux médicaments très chers notamment contre le cancer augmentent l’enveloppe totale).

Ne croyez pas d’ailleurs que les pharmaciens (actuellement) gagnent beaucoup d’argent, sauf quelques exceptions. Ils ont souvent un salaire égal ou inférieur à un policier à Genève. Avec le prix des médicaments élevés, on ne sait pas exactement où va l’argent, peut-être pour les actionnaires de l’industrie pharmaceutique (fonds de pension, financiers). La situation est donc plus complexe qu’on veuille bien le croire, mais ce qui est sûr est qu’il faudra d’importantes réformes dans le système de santé suisse.


C’est pourquoi pour le bien du peuple, parfois les mensonges peuvent être moins pires que lorsque les politiciens “droits dans leurs bottes” style “petit ou grand bourgeois” ne mentent pas mais refusent d’opérer des réformes. Le même article de Bilanz relève clairement le poids du gigantesque lobby de l’industrie pharmaceutique à Berne, on ne sait pas vraiment comment interpréter cette phrase d’ailleurs…


Nous parlons ici du prix des médicaments, mais bien sûr les médecins ont aussi leur part à faire, car on ne pourra plus continuer à avoir chaque année une augmentation des primes de l’assurance maladie qui dépasse l’inflation.

Ayez du coeur et soyez courageux à Berne, moi en tout cas je vous pardonnerai quelques mensonges  mais je n’accepterai pas des coeurs durs ! Si vous aimez, partagez sur Facebook et Twitter.

Découvrez l’article de Bilanz ici

Le 24 mars 2017. Par Xavier Gruffat (intellectuel suisse). Relecture : Christine Gruffat, le 25 mars 2017. Crédit photo : Romanvie.ch (Xavier Gruffat)

Détails de la rédaction: Cet article a été mis à jour le 04.04.2017.