EDITORIAL – Retour de flamme quand les conservateurs sont humiliés

SAO PAULOLes médias mainstream libéraux et progressistes comme Le Temps qui semble voir en San Francisco leur nouvelle Jérusalem ou les médias de Tamedia (TDG, 24 Heures) aiment bien humilier les conservateurs, ils ne nous donnent d’ailleurs presque jamais la parole (à des “années lumières” du génial Wall Street Journal ou du Figaro avec par exemple Eric Zemmour). Comme si nous étions de pauvres chrétiens has been, des personnes pas dignes d’intérêt, des personnes du passé qui refusons la modernité. Ok, c’est leur choix idéologique. Mais ce qu’on voit aux Etats-Unis et encore de façon plus marquée au Brésil avec Bolsonaro qui pourrait être élu fin octobre dans le plus grand pays d’Amérique latine – je répète que l’élection au Brésil est l’information la plus importante du mois d’octobre – est une tendance lourde. Nous les conservateurs ne sommes pas morts. D’ailleurs nous les évangéliques représentons 10% de la population mondiale, 25% aux Etats-Unis ou 35% au Brésil et peut-être plus de 10% en Chine. 

Humiliation 


Bien sûr nous ne sommes pas parfaits, nous avons nos points faibles, nos blindspot, mais ce que je refuse est qu’on soit humilié sans qu’on puisse avancer nos arguments par exemple sur l’avortement, l’immigration, le mariage gay ou le suicide assisté. Et une personne humiliée peut ensuite faire des choix peu rationnels. Et croyez-moi il n’y a pas que les évangéliques qui sont humiliés, il y a aussi les catholiques conservateurs, les athées en difficulté financière et peut-être aussi des personnes attachées au conservatisme par idéologie comme système supérieur au communisme par exemple.

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Brésil, > 50% ?


Ce qui est assez incroyable au Brésil est qu’au 2ème tour, à la différence la France et son concept de plafond de verre, le dernier sondage publié le 4 octobre 2018 par Datafolha pour le second tour donne Bolsonaro gagnant. Or, les grands médias brésiliens à part peut-être la TV Record d’Edir Macedo (de l’Eglise Universelle) sont plutôt contre Bolsonaro à commencer par la très libérale et progressiste TV Globo ou Veja, pourtant d’habitude plutôt conservateur. Selon moi, ces médias progressistes et libéraux n’ont pas vu venir cette onde de choc conservatrice ou n’ont peut-être pas voulu la voir venir. Lire aussi mon éditorial à ce sujet : EDITORIAL – Pourquoi dimanche les Brésiliens vont voter pour un politicien d’extrême droite et d’(extrême) gauche ?

Jair Bolsonaro interviewé par la TV Record le 4 octobre 2018

Que faire ? Lutte pour la démocratie

A part peut-être le journaliste Pascal Décaillet qui fait un bon travail pour comprendre le vrai peuple suisse, j’invite tous les journalistes à quitter un peu le mindest libéral de la côte est américaine ou ouest et d’étudier ce que signifie le conservatisme. Car il faut être clair, si par exemple ces personnes d’extrême droite comme Bolsonaro ou Le Pen prennent le pouvoir puis éventuellement détruisent la démocratie, on aura tous à perdre, progressistes et conservateurs. J’invite donc les journalistes à respecter davantage en Suisse l’UDC, les évangéliques, les juifs conservateurs ou les catholiques conservateurs. Nous avons notre vision du monde et avec du respect, j’en suis sûr nous arriverons à trouver des compromis pour que la démocratie soit toujours maintenue et renforcée. La démocratie est un bon système qui évite de la violence lors de transmission de pouvoir, on n’a pas trouvé mieux que la démocratie.

Le 5 octobre 2018 (version 1.2 de 16h07, heure suisse). Par Xavier Gruffat (Romanvie.ch).

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Détails de la rédaction: Cet article a été mis à jour le 05.10.2018.

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