La pornographie est clairement devenue un grand problème au niveau mondial, il s’agit d’une véritable drogue qui comme la cocaïne semble tout détruire sur son passage. Aux Etats-Unis, des statistiques provenant de l’American Psychological Association citées par le journal conservateur de référence The Wall Street Journal relève que la consommation de pornographie concernerait entre 50 et 99% des hommes et entre 30% et 86% des femmes aux Etats-Unis. Comme on le voit, la pornographie n’est même plus main-stream mais hyper-main-stream.
Dans un article publié dans le grand magazine brésilien Veja en janvier 2017, un politicien qui veut interdire la pornographie au Brésil estimait que certains adolescents de 15 ans se masturbaient 15 fois par jour à cause des grandes portails de pornographie. Malheureusement en Suisse, on manque souvent de statistiques sur des sujets polémiques comme la pornographie.
Définition
Le terme pornographie provient du grec, porno- signifie prostitution et -graphie, écriture. Il s’agit d’un néologisme, mais certaines images pornographiques existaient déjà à l’époque ancienne comme des Grecs avec des peintures explicites sur les vases. De nos jours, la plupart des actrices porno sont justement des prostituées. Beaucoup de ces actrices meurent jeunes de maladies (ex. SIDA), suicides ou overdose à la drogue. Regarder de la pornographie est dans un sens être complice du trafic humain.
Sites pornos dans le top 50 en Suisse
Si vous regardez des outils sérieux d’analyse de trafic internet comme Alexa.com ou Similar Web, vous verrez que dans presque tous les pays du monde, parmi les 50 sites les plus visités de chaque pays (souvent Google, Facebook et Youtube sont dans le top 3) les grandes plateformes de pornographie se classent en bonne position. En Suisse par exemple, parmi les 50 sites les plus visités on compte plusieurs sites de pornographie hard.
Vu la sexualité bien plus visuelle des hommes, c’est évident qu’il s’agit en premier du “sexe fort” qui se trouve confronté à ce problème et à sa nouvelle passion pour la masturbation (car c’est bien sûr le seul et unique objectif de la pornographie, in fine). Mais beaucoup de femmes semblent devenir également dépendantes. Toutefois, il n’est pas rare de rencontrer des femmes totalement insensibles au porno. Certaines relèvent comme dans un article à la Folha de S.Paulo en juillet 2018 qu’il s’agit d’un “truc d’homme”.
Montée en puissance
Pour les Romands qui nous lisent et qui ont plus de 35 ou 40 ans, vous vous souvenez tous d’un célèbre cinéma porno en-dessous de la gare de Lausanne, il semble qu’il existe toujours avec probablement un chiffre d’affaires inférieure qu’à la “belle époque”. Pour avoir 38 ans, je me souviens exactement que quand j’étudiais à Lausanne à environ 18 ans on disait que les hommes qui se rendaient dans ce cinéma étaient des “vieux cochons”, c’était encore une époque où le wi-fi, la haute vitesse de connexion et les smart-phones (iPhone et co) n’avaient pas encore fait leur apparition. Autrement dit, les vidéos de sexe sur Internet étaient bien plus compliquées à télécharger, plus difficile de devenir accro. La porno avait encore un côté bad boy, je me souviens au foot où c’était souvent plutôt les garçons de “mauvaise famille” qui maîtrisaient bien le sujet, quelques revues (Play Boy) notamment…
Incroyable comme en 20 ans, ou deux Coupes du Monde gagnées par la France, la pornographie est devenue totalement main-stream, y compris dans les milieux chrétiens (ce site se définit comme chrétien).
Effets sur le cerveau
Quand des participants regardaient de la pornographie, dans une étude publiée déjà en 2014 dans PLOS ONE, les zones du cerveau activées étaient les mêmes que lors de consommation d’autres drogues comme l’alcool ou la nicotine. Le cerveau des participants a été observé grâce à la résonnance magnétique. Une autre étude également publiée en 2014, de l’Institut Max Planck, réalisée sur 64 hommes a montré que plus ils consommaient de la pornographie, et plus une masse grise au niveau du cerveau diminuait avec perte de neurones et de connexions. La connectivité de certaines régions du cortex pré-frontal était associée négativement avec des heures de consommation de pornographie.
Drogue et dopamine
La formation d’une addiction est quelque chose de complexe, qui inclut plusieurs circuits cérébraux. La dopamine est un messager cérébral qui nous fait rechercher l’objet du désir. Des niveaux normaux de dopamine sont libérés dans le cerveau à tout moment à cause de stimulus que nous recevons de nos 5 sens. Toutefois, quand un stimulus provoque une libération au-delà de la normale, comme c’est dans le cas de la pornographie, le cerveau enregistre bien l’événement et diminue le nombre de récepteurs à la dopamine dans les cellules nerveuses. Cela signifie que les niveaux de dopamine chutent. De plus, pour le même plaisir il faut donc plus de dopamine, comme il y a moins de récepteurs. Dans ce cas on parle de tolérance. Le stress est l’un des facteurs qui mène les personnes à être accro à la pornographie, à cause justement de cette diminution de la dopamine, ce qui augmente l’anxiété pour le vice.
Lire aussi : 7 informations à connaître sur la dopamine et les risques d’addiction
Proche de la cocaïne
Dans un éditorial très intéressant du Wall Street Journal publiée le 1er septembre 2016 un rabbin qui écrivait une critique de la pornographie dans la société américaine suite à une affaire d’un ex-politicien Anthony Weiner impliqué dans du sexting mentionnait que la pornographie avait un pouvoir d’addiction proche de la cocaïne. Selon une étude, 9% des utilisateurs de porno ont essayé d’arrêter suite à une trop forte dépendance mais sans succès. Le taux d’addiction est le même que le cannabis et n’est pas si éloigné de la cocaïne qui s’élève à 15%.
Le rabbin qui signe l’éditorial, Rabbi Boteach, avec Pamela Anderson (oui, la célèbre Pamela Anderson) estiment que la pornographie est pour les losers (dans le texte original, porn is for losers) . C’est ce message que l’on doit faire passer aux adultes mais surtout aux enfants.
Royaume-Uni
En 2016, la BBC mentionnait le cas d’un jeune homme tellement accro à la pornographie depuis le début de son adolescence qu’à environ 20 ans il avait déjà des troubles érectiles. Cette maladie affecte normalement les hommes de plus de 60 ans. Autrement dit, il n’était plus capable d’avoir des relations sexuelles avec une femme. Il a dû entreprendre un traitement psychologique afin de pouvoir à nouveau avoir des relations sexuelles qui n’étaient pas de la masturbation.
En parler
Il est très important, notamment dans les milieux chrétiens, d’en parler. Il faut savoir que la pornographie est désormais un problème bien plus grand que l’alcoolisme, en tout cas en terme de fréquence. Pour un chrétien, le seul moyen de s’en sortir est de faire appel continuellement à Jésus par la prière notamment. Jusqu’à un certain point la pornographie est peut-être une chance pour un chrétien, car cela nous force à choisir son camp. Dans un monde avec autant de tentations (drogues, porno, jeux d’argent, alcool) la recherche continuelle de Jésus, Dieu et du Saint-Esprit deviennent presque une obligation de chaque instant. Il n’est plus possible de rester un chrétien peu engagé ou “tiède”.
Comment faire ?
Arrêter le porno est probablement l’une des choses les plus difficiles en 2025, car avec la multiplication des écrans (mobile, smartphone, computer, TV) vous aurez probablement toujours une tentation à quelques cm ou m même si vous installez plein de protections parentales. Une étude anglaise publiée en 2018 a montré que les filtres contre la pornographie étaient pour la plupart sans efficacité.
Il est probable que le meilleur moyen d’arrêter la pornographie pour un chrétien est de rechercher en permanence la miséricorde de Dieu et d’en parler à d’autres hommes (femmes pour les femmes) qui souffrent du même problème afin de mettre au point des stratagèmes et trouver la force intérieure pour résister à toutes ces tentations. Un peu sur le même principe que Alcoolique Anonyme (AA).
Certains spécialistes estiment aussi que notre cerveau fonctionnent toujours en 2 modes, lutte contre la douleur et recherche de plaisir. Mais la lutte contre la douleur est plus fréquente. Autrement dit, si vous consultez du porno, vous avez probablement certains problèmes ou douleurs mal résolues, à vous de trouver la cause. Le porno devant alors plus le symptôme de vos problèmes. Diminuer ou arrêter totalement la caféine ainsi que manger sainement (pas de sodas ou produits trop gras) peut aussi être un bon moyen de diminuer le risque d’addiction à la pornographie.
Bon conseil : installez un filtre sur votre ordinateur comme de la société américaine Covenant Eyes, si vous avez un iPhone ou Mac installez le filtre pour adultes.
Article mis à jour le 18 juillet 2025. Par Xavier Gruffat. Crédit photo: Facebook.com
