Série sur le péché dans le Christianisme (partie 1)

Série sur le péché dans le Christianisme 

Le péché fait partie intégrante de notre société moderne basée premièrement sur la tradition judaïque puis en partie chrétienne pendant ces 2000 dernières années. Par exemple le droit avec le système de prison repose notamment sur le concept de péché. Mais pour les Chrétiens le péché représente bien plus et s’avère un fondement théologique très important. Parfois il peut devenir une véritable obsession comme cela a été le cas de Martin Luther il y a plus de 500 ans qui n’avait aucune assurance d’être sauvé (vie éternelle) malgré une tentative pour le moine allemand de pécher le moins possible. Car comment être en paix avec Dieu alors que tous les jours on se tourne (nouveau) pécheur par nos actes ou par omission ? L’Apôtre Paul, si influent dans le christianisme en écrivant un tiers du Nouveau Testament, rappelle dans le chapitre 3 de l’Epitre aux Romains en citant le Psaumes 14 (versets 1 à 3) qu’il n’y a pas de juste même pas un seul. Clairement chacun des presque 8 milliards d’êtres humains est pécheur. Dans cette série d’articles essayons de mieux comprendre le péché en abordant plusieurs aspects de la tradition judéo-chrétienne en partant du péché originel, en abordant les 7 péchés capitaux en passant par Martin Luther et des grands artistes comme Jérôme Bosch (El Bosco en espagnol), à Lucifer jusqu’au rôle central de la sexualité, de l’argent et surtout de l’orgueil. La grande question qui reste en partie sans réponse est pourquoi choisit-on souvent l’option de pécher, c’est-à-dire de commettre une erreur, alors qu’on peut/pourrait faire le bon choix (ex. dire la vérité au lieu de mentir, aimer au lieu de détester, avoir un désir pour le conjoint plutôt qu’une personne externe) ? 


Si vous avez aimé cet article, inscrivez-vous à notre newsletter (gratuit)

Le « péché originel »

L’Apôtre Paul définit clairement le péché original au chapitre 5 verset 12 des Romains en faisant un parallèle entre le premier homme Adam et Jésus-Christ : « … de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort a passé sur tous les hommes, parce que tous ont péché… » La première femme Eve, sous l’influence du serpent (diable, surtout en théologie chrétienne et moins judaïque) a mangé le fruit défendu et a convaincu Adam de faire de même. Dans Genèse chapitre 2 verset 17 on peut lire : « …mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras.» Il s’en est suivi l’entrée du péché dans le monde avec pour principale finalité de chaque être humain la mort, c’est ce qu’on nomme « péché originel ».  Pour les Chrétiens, le seul moyen de lutter contre le péché originel afin d’avoir la vie éternelle est de croire en Jésus-Christ, mort sur la croix pour nos péchés et qui nous justifie (sauve) en nous faisant miséricorde. Paul dans Romains chapitre 7 verset 24 explique : « Malheureux que je suis ! Qui me délivra de ce corps de mort ? Grâce soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre seigneur ! » Autrement dit, Jésus-Christ comme Sauveur met fin au cycle commencé par Adam.

Tradition judaïque

L’intellectuel brésilien Leonardo Karnal explique dans l’un de ses livres parlant justement du péché que dans la tradition judaïque dite interprétative (Midrash), Dieu se présente dans les premiers chapitres sur la Création (Genèse dans La Bible) avec des attributs de miséricorde et de justice. L’équilibre de ces 2 attributs divins s’avère important, car si Dieu était seulement miséricorde (Midat Harachamim) il y aurait beaucoup trop de pécheurs et si Dieu était seulement justice (Midat Hadin) personne ne pourrait survivre. Dans le Psaumes 130 verset 3, on peut lire : « Si tu gardais (le souvenir) des fautes, Éternel, Seigneur, qui pourrait subsister ? » L’Ancien Testament narre par exemple dans le livres des Juges la désobéissance du peuple juif, ce qui pousse Dieu à prendre des mesures. Il s’en suit des cycles d’orgueil et d’oubli de Dieu avec pour conséquence une punition divine puis ensuite une repentance et un retour progressif à Dieu. Comme le relève Etienne Lhermenault, Dieu a une volonté de sauver son peuple (les Juifs) de ses péchés.

Martin Luther


Un peu plus proche de nous, l’histoire de Martin Luther est intéressante. Ce désormais célèbre prêtre catholique à l’origine puis par la suite à la base de la fondation du protestantisme souffrait tout au fond de son âme. Car malgré tous ses efforts, comme le fait de jeûner de façon agressive, il n’avait aucune garantie d’être sauvé, c’est-à-dire d’avoir la vie éternelle. En lisant notamment l’Epitre aux Romains, il a compris que seulement la foi permettait d’être sauvé. Les oeuvres n’ont aucun impact direct mais sont pour résumer la conséquence de la foi. Dieu nous justifie par la foi en Jésus Christ puis pas sa grâce divine. Ces 2 concepts – Sola Fide (seulement la foi) et Sola Gratia (seulement la grâce) – ont ensuite été l’un des piliers du protestantisme (avec aussi l’importance des écritures  – Sola Scriptura – et d’autres aspects) puis des mouvements évangéliques modernes. Lire davantage à ce sujet

Leonardo Karnal affirme dans un de ses livres, non sans humour, que le péché est la seule création originale de l’homme.

Suite dans un prochain article

Si vous avez aimé cet article, inscrivez-vous à notre newsletter (gratuit)

Article mis à jour le 5 janvier 2019. Par Xavier Gruffat (fondateur de Romanvie.ch). Sources & Références : « Pecar e Perder » de Leonado Karnal, Editions Harpers Collins – La Bible, Nouvelle Version Segond Révisée, The Complete Guide to the Bible, Stephen M. Miller, Editions Barbour.
Crédits photos : Fotolia.com

Détails de la rédaction: Cet article a été mis à jour le 05.01.2019.

Pages les plus lues