Suisse, la “cash machine” du café transformé – business case

SANTOS/SÃO PAULO On entend souvent que la richesse provient de la valeur ajoutée. Voici un business case très intéressant et exclusif sur Romanvie.ch qui permet, entre autres, de comprendre la richesse de la Suisse. Le Brésil est le premier producteur de café ainsi que le premier exportateur au monde avec 30% des exportations mondiales, environ 5 milliards de dollars par année. Cela peut paraître beaucoup, mais c’est relativement peu comparé aux 15 milliards de dollars (pour l’année 2015, selon Reuters) de chiffre d’affaires mondial de produits du café de Nestlé avec des marques principalement comme Nescafé et dans une moindre mesure Nespresso.

On constate que le café vendu sous forme de matière première (commodities en anglais) mène à des chiffres d’affaires bien inférieurs et surtout moins lucratifs. La Suisse qui ne produit pas de café, à cause de son climat tempéré, arrive à créer plus de chiffre d’affaires avec la transformation du café. Nespresso vend même le café au consommateur final par Internet ou ses magasins y compris au Brésil, ce qui augmente probablement encore sa rentabilité face par exemple au Nescafé, produit vendu en général par un intermédiaire comme un détaillant.

Bref, la Suisse a bien compris le concept de valeur ajoutée et de produit transformé. Un grand avantage est qu’il peut fixer le prix lui-même en tout cas jusqu’à un certain point (si le prix est trop cher, le client final achètera du café en poudre par exemple). Dans un marché de commodité comme le café au Brésil, l’offre et la demande au niveau mondial dictent le prix avec aucune marge de manoeuvre pour le producteur. On peut se demander pourquoi le Brésil et son élite n’ont pas bien compris que les produits transformés du café rapportent plus d’argent à un pays que les matières premières.


Mauvaise passe

Actuellement, au Brésil un sac de 60 kg de fruits de café est vendu moins de 390 Reais (47,50 francs). A un moment donné ce sac de 60 kg était vendu jusqu’a 550 Reais (137,5 francs). Bref, le marché est à la baisse, comme le relève la Folha de S.Paulo le 29 avril 2019.

La théorie semble facile, viser la valeur ajoutée, mais la mise en pratique probablement bien plus complexe sans accords commerciaux (ex. bilatéraux) avec de nombreux pays du monde comme le fait la Suisse mais beaucoup moins le Brésil (qui a très peu d’accords bilatéraux). Bien parler l’anglais est probablement un autre atout de la Suisse et d’une entreprise globalisée comme Nestlé. Le marketing est aussi fondamental et coûte très cher, et d’ailleurs : What else ? (ok, elle était un peu facile celle là).
Tant mieux pour la Suisse, qui devrait continuer à être un pays prospère en faisant bien ses devoirs du capitalisme globalisé.

Photo ci-dessous : Musée du café à Santos (anciennement la bourse du café il y a environ 100 ans)


Le 29 avril 2019 (V. 1.1). Par Xavier Gruffat. Sources secondaires : TV Globo, Reuters, musée du café de Santos (Brésil), Folha de S.Paulo. Crédits photos : Romanvie.ch

Détails de la rédaction: Cet article a été mis à jour le 29.04.2019.