Comment définir le conservatisme ?

Sur Romanvie.ch nous allons dans cet article essayer de définir le conservatisme, en fonction de notre vision du monde (worldview en anglais). La première chose est que pour nous le conservatisme est un concept positif et la deuxième chose est que la définition peut évoluer avec le temps mais si possible le moins possible.


En opposition au progressisme
Le conservatisme s’oppose au progressisme, comme la droite s’oppose à la gauche. Souvent le conservatisme et la droite sont liés comme c’est le cas aux États-Unis avec le parti Républicains ou au Royaume-Uni avec justement le parti conservateur. Mais en Suisse le parti de droite PLR a plutôt tendance à se définir comme un parti progressiste. Le PDC dans sa version récente (2018) se présente surtout comme un parti du centre ou de centre-gauche mais conservateur.
Il est toutefois rare de voir une vraie gauche ou extrême gauche conservatrice.

Quels sont les grands médias conservateurs ?
De loin, le média ou journal conservateur sérieux le plus influent au monde est le Wall Street Journal, basé à New York.
Fox News est le média conservateur le plus influent au monde mais il est moins sérieux ou objectif que le WSJ. En France, Le Figaro est le journal conservateur le plus important et influent, cela reste toutefois un conservatisme plus léger que le WSJ ou surtout Fox News. En Suisse romande il n’existe aucun média de référence classé conservateur, sauf des blogs comme ce site.

Le conservatisme est-il tendance en 2018 ?
Oui. Par exemple les États-Unis avec Trump ont un gouvernement conservateur. Le Brésil devrait aussi avoir un gouvernement conservateur fin octobre 2018, mais dans une vision plus radicale que les États-Unis surtout dans la réponse institutionnelle de l’état à la violence.


Est-ce que le conservatisme peut mener au nazisme ou fachisme ?
Oui, c’est évident et inutile de le nier. Tout comme la gauche peut devenir communiste. C’est pourquoi le conservatisme doit être cadré et étudié comme le fait ce site. Par exemple un média conservateur (ou parti politique) qui se respecte pourra être contre le mariage homosexuel mais si on se réfère aux valeurs du christianisme (comme Romanvie) il est hors de question d’avoir de la violence, même verbale, contre la communauté homosexuelle. Il est donc important de poser des limites. À l’inverse si un média conservateur est contre le droit à l’avortement il doit être respecté des médias progressistes ou libéraux, ce qui n’est souvent pas le cas en tout cas en France ou Suisse romande.

Les évangéliques sont-ils responsables en Occident du retour du conservatisme ?
Probablement oui, mais c’est plus complexe qu’une simple relation causale. Par exemple au Brésil au premier tour de l’élection présidentielle environ 46% ont voté pour le candidat conservateur Bolsonaro, or il y a entre 30 et 35% d’évangéliques au Brésil. Cela signifie qu’une partie importante des catholiques ou athées ont voté pour le candidat conservateur. Aux États-Unis aussi, même si 80% des évangéliques qui ont voté ont donné leur vote à Trump avec 25% d’évangéliques aux États-Unis ce n’est pas suffisant pour avoir une majorité même de Grands Électeurs. Cela signifie notamment que des catholiques, des athées et voire des protestants dits historiques ont apporté leur vote à Trump.

Est-ce que les conservateurs sont moins bien formés que les libéraux/progressistes ?
La réponse est probablement oui mais les choses peuvent être plus complexes. Par exemple en Suisse (UDC) ou aux États-Unis (Républicains) l’électorat conservateur est probablement moins formé, ex. à l’université, et forme surtout la classe moyenne et la classe populaire que les libéraux ou progressistes qui votent Démocrates mais dans d’autres pays comme le Brésil la situation semble opposée.

Quels sont les grands thèmes des conservateurs ?
– La famille, si possible formée par un papa et une maman avec une sexualité si possible plutôt contrôlée (pas de promiscuité). Pas de GPA légalisée.
– Une immigration contrôlée notamment par rapport aux immigrants non chrétiens
– Un état faible, des impôts le moins élevés possible
– Une liberté religieuse totale, grande influence des églises évangéliques
– Une politique restrictive sur la drogue (pas de libéralisation des drogues)
– Une interdiction ou forte restriction de l’avortement (IVG)
– Forte responsabilité personnelle. Dans ce cas il s’agit d’un point commun avec le libéralisme
– L’influence du christianisme, il peut être protestant, évangélique, catholique ou orthodoxe en fonction de la sensibilité de chacun. Fox News ou The Wall Street Journal dans leurs éditoriaux ont par exemple une sensibilité principalement évangélique/protestante et parfois catholique ou juive (orthodoxe modéré).

Libéralisme
Si on parle du libéralisme ou progressisme, d’où viennent les intellectuels ?
Il est plus ou moins évident que beaucoup d’intellectuels libéraux ou progressistes sont juifs vivant notamment sur la côte est américaine voire au Royaume-Uni ou Israël, comme par exemple Chomsky ou Steven Pinker de l’université d’Harvard. Ils sont bien sûr des juifs libéraux et pas des juifs orthodoxes ou conservateurs. Les juifs conservateurs sont en général et par définition plus alignés avec les chrétiens conservateurs.
Harari est aussi un grand intellectuel israélien qui vend des centaines de milliers de livres à travers le monde pour soutenir ses thèses libérales : athéisme, progrès de l’humanité, écologie.
Remarque importante : comme évangélique conservateur, je n’ai rien d’antisémite, au contraire. Ici je cite seulement des faits.

Le 22 octobre 2018. Par Xavier Gruffat.

Détails de la rédaction: Cet article a été mis à jour le 24.10.2018.

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