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Etats-Unis – Genre et origine, sujets muets de la campagne d’Harris

Par Danny Kemp, AFP

WASHINGTON – Si Kamala Harris gagne l’élection présidentielle en novembre, elle deviendrait la première présidente des Etats-Unis et la première femme noire et sud-asiatique à occuper le poste. Mais elle se garde bien de le dire tout haut.

Pendant ses meetings et lors de sa première interview comme candidate, la vice-présidente américaine a esquivé les questions sur son origine ethnique ou son genre. La démocrate, fille d’un père né en Jamaïque et d’une mère indienne, a aussi évité les piques de son rival Donald Trump, entre attaques sexistes et remises en doute de ses origines.

Elle préfère construire sa candidature autour de l’enthousiasme qui la pousse depuis le retrait dans la course à la Maison Blanche de Joe Biden, et de sujets comme le coût de la vie, plus à mêmes à toucher les électeurs selon elle. Sa réticence à jouer la carte du genre et de l’origine a été criante lors de son entretien jeudi sur CNN, le premier depuis qu’elle est candidate.

Interrogée sur une photo de sa petite-nièce qui la regarde pendant son discours à la convention démocrate de Chicago, devenue virale car interprétée comme un symbole de l’abolition des barrières raciales aux Etats-Unis, Kamala Harris a simplement répondu: “Je me présente parce que je pense que je suis la meilleure personne pour ce poste aujourd’hui, pour tous les Américains, quel que soit leur race ou leur genre.”

Idem lorsqu’elle a été interrogée sur des remarques de Donald Trump qui l’accusait d’être “devenue noire” pour des raisons électoralistes. “C’est toujours la même vieille rengaine. Question suivante, s’il vous plaît”, a-t-elle rétorqué d’un rire.

Etats-Unis - Genre et origine, sujets muets de la campagne d'Harris

“Temps précieux”

Une des raisons de cette stratégie est que les attaques du républicain ne font jusqu’à présent qu’attirer l’attention sur la candidature historique de Kamala Harris, plutôt que de lui porter préjudice, analyse Jesse Holland, professeur à l’université George Washington.

“Pourquoi passer du temps précieux à parler de choses alors que votre adversaire le fait à votre place”, ajoute-t-il. Kamala Harris est aussi aidée par le fait qu’elle est déjà connue comme étant la première vice-présidente, et la première personne noire et sud-asiatique à ce poste.

Elle n’a d’ailleurs jamais hésité à parler de ses origines. A la convention démocrate qui l’a investie en triomphe comme candidate du parti à la présidentielle, elle a rendu un hommage appuyé à sa mère, “une femme brillante, d’un mètre cinquante, qui a appris à ses enfants à ne jamais se plaindre de l’injustice, mais à agir contre”.

Sa candidature semble l’emporter auprès de nombreuses femmes et de jeunes afro-américains, mais d’autres électeurs pourraient être rebutés à l’idée de voir une personne noire à la tête du pays. Les démocrates préfèrent braquer les projecteurs sur l’immigration ou l’économie, plus aptes à jouer un rôle important dans l’élection.

Un angle d’attaque soutenu par l’influente démocrate Nancy Pelosi, ancienne présidente de la Chambre des représentants qui a joué un rôle déterminant dans le retrait de Joe Biden. Pour elle, une femme présidente serait “la cerise sur le gâteau. Mais ce n’est pas le gâteau en soi.”

“Résister aux étiquettes”

Le Parti démocrate a aussi été marqué avec ce qui s’est passé en 2016, lors de la défaire d’Hillary Clinton qui avait pour slogan “Je suis pour elle”, insistant sur le fait qu’elle pourrait devenir la première femme présidente des Etats-Unis.

“Kamala Harris a raison de ne pas faire de sa race et de son genre un cri de ralliement”, a considéré l’éditorialiste Zeeshan Aleem sur MSNBC. Il ajoute que le slogan d’Hillary Clinton était construit “à l’envers: le président doit être avec nous, et non l’inverse”. Cette volonté de ne pas être catégorisée, Kamala Harris l’a elle portée toute sa carrière de procureure et de sénatrice.

Avec les médias, elle se montre ainsi réservée, voire donne des réponses alambiquée, comme pour noyer le poisson. Mais ce même instinct peut s’avérer précieux sur le plan politique et empêcher les républicains de la catégoriser, à moins de dix semaines de l’élection. “Elle semble réussir à s’éviter les étiquettes, à ne pas se faire coincer”, selon Jesse Holland.

Le 1 septembre 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Allemagne: l’AfD remporte pour la première fois un scrutin régional

BERLIN – Le parti d’extrême droite AfD s’est largement imposé dimanche aux élections en Thuringe et talonnait les conservateurs en Saxe, deux régions de l’est de l’Allemagne. Ces scores “historiques” infligent un nouveau camouflet à la fragile coalition d’Olaf Scholz.

L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui pourfend la politique d’accueil des réfugiés et a été mise en cause pour ses liens avec le Kremlin, a aussitôt revendiqué le pouvoir dans le Land de l’ex-RDA où elle devance très largement ses adversaires.

L’AfD a reçu un “mandat clair pour gouverner”, a affirmé le co-dirigeant du parti au niveau national Tino Chrupalla, se disant prêt “à parler avec tous les partis” pour trouver une majorité absolue.

La Saxe et la Thuringe confirment leur statut de bastions électoraux de l’AfD, dans un contexte politique particulièrement tendu, plus d’une semaine après le triple meurtre au couteau imputé à un Syrien à Solingen, qui a bouleversé le pays et relancé un vif débat sur l’immigration.

En tête mais pas au pouvoir

En Thuringe, l’un des plus petits Länder allemands où l’extrême droite est emmenée par Björn Höcke, l’une de ses figures les plus radicales, l’extrême droite obtiendrait 33,1% des suffrages, devant les conservateurs de la CDU (24,3%), selon les estimations.

En Saxe, le parti de l’ex-chancelière Angela Merkel a une légère avance (31,7%), suivi de près par l’AfD (31,4%).

La victoire de l’AfD constitue une première en Allemagne depuis l’après-guerre mais il est improbable que cette formation prenne les rênes de la Thuringe, tous les autres partis sans exception refusant de s’allier avec elle.

“Les électeurs savent que nous ne faisons pas de coalition avec l’AfD”, a remis au point dimanche le secrétaire général des conservateurs Carsten Linnemann qui revendique la constitution d’un gouvernement.

Allemagne: l'AfD remporte pour la première fois un scrutin régional

Nouveau venu

Un nouveau venu, le parti BSW, de l’ancienne égérie d’extrême gauche Sahra Wagenknecht, a fait une percée spectaculaire, au-dessus des 10% dans les deux Länder. Il va se poser en faiseur de rois dans la formation à venir des gouvernements locaux.

Comme l’AfD, le BSW a séduit par son discours virulent contre l’immigration et appelé à mettre un terme aux livraisons d’armes à l’Ukraine, une position populaire dans ces régions de l’ex-RDA (communiste) où la peur de la guerre reste profondément ancrée.

Revers majeur pour Scholz

Les résultats confirment aussi un nouveau revers majeur du gouvernement de coalition du chancelier Olaf Scholz avec les Verts et les libéraux du FDP, à un an des élections législatives de 2025.

Son parti social-démocrate (SPD), déjà à un faible niveau au cours du précédent mandat, enregistre des score égaux à 6,6-7,8%. Les Verts quant à eux sortent du parlement de Thuringe et les libéraux du FDP ne seraient plus représentés dans aucune des deux des assemblées régionales.

Ces Länder, qui disposent d’importantes prérogatives dans le système allemand en matière d’éducation ou de sécurité, pourraient être gouvernés par de larges alliances hétéroclites associant droite et gauche.

Solingen a marqué les esprits

Les dirigeants de l’AfD ont cherché à capitaliser sur le choc suscité par l’attaque de Solingen, une ville de l’ouest de l’Allemagne, accusant les gouvernements fédéraux successifs d’avoir semé le “chaos”.

L’assaillant présumé, soupçonné de liens avec l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), avait réussi à se soustraire à une décision d’expulsion. Sous pression, le gouvernement Scholz a annoncé un durcissement des règles concernant le port d’armes et le contrôle de l’immigration.

A Erfurt, Patrick Teichmann, un cultivateur de légumes de 32 ans, arbore fièrement un T-Shirt à la couleur bleue de l’AfD avec le nom de Höcke. “Il devait absolument gagner ! Pour la raison qu’il est le seul responsable politique de bon sens de nos jours”, dit-il à l’AFP.

Ex-RDA, terreau fertile

A propos de l’immigration, “il doit y avoir des changements extrêmes. Ce serait possible avec l’AfD”, déclare de son côté Jörg, un autre électeur de l’AfD qui préfère taire son nom de famille.

Ce parti, essentiellement eurosceptique à sa création en 2013, s’est radicalisé après la grande crise migratoire de 2015, la pandémie de Covid-19 puis la guerre russe en Ukraine qui a affaibli la première économie européenne et fait s’accélérer l’inflation.

Il avait déjà remporté plusieurs succès électoraux ces derniers mois, obtenant le meilleur score de son histoire aux européennes de juin.

L’ex-RDA s’est avérée un terrain fertile pour l’AfD, en raison d’inégalités persistantes depuis la réunification en 1990 et d’une profonde crise démographique liée au départ des jeunes vers d’autres régions, malgré le redressement économique de l’est de l’Allemagne.

Le 1 septembre 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Brésil – Le réseau social X commence à être bloqué au Brésil – grave menace

SAO PAULO – Le réseau social X (ex Twitter), propriété du milliardaire Elon Musk, a commencé à être bloqué samedi à l’aube au Brésil. Cela quelques heures après qu’un juge de la Cour suprême a ordonné sa suspension en raison d’infractions judiciaires. Romanvie.ch, présent à Sao Paulo, a pu constater que le site est désormais bloqué. Il s’agit d’une très grave menace à la liberté d’expression.

L’accès à X n’est plus possible pour certains utilisateurs, qui rencontrent un message leur demandant de rafraîchir leur navigateur lorsqu’ils entrent sur le portail, sans jamais réussir à se connecter. Beaucoup de Brésiliens commencent à installer un VPN.

Selon la presse locale, la coupure de X a commencé chez certains fournisseurs d’accès à internet et devrait être complètement réalisée dans la journée.

Long bras de fer

Un juge de la Cour suprême a ordonné vendredi, après un long bras de fer, la suspension de X dans les 24 heures, provoquant la colère d’Elon Musk.

“La liberté d’expression est le fondement de la démocratie et, au Brésil, un pseudo-juge non élu est en train de la détruire à cause de motivations politiques”, a-t-il tonné.

C’est le dernier épisode en date de la joute entre Alexandre de Moraes, juge du Tribunal fédéral suprême (STF) et figure de la lutte contre la désinformation au Brésil, et le milliardaire américain.

Un mois avant les municipales

Il intervient un peu plus d’un mois avant des élections municipales qui permettront de mesurer le rapport de force entre le camp du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva et la droite, qui fait volontiers d’Elon Musk son champion.

Le juge Moraes avait donné mercredi soir 24 heures à la plateforme pour nommer un représentant légal dans le pays, sous peine de blocage. X y compte 22 millions d’usagers, selon l’estimation du site spécialisé DataReportal.

Amendes

Après le rejet par le réseau social de l’ultimatum, le juge a décidé la “suspension immédiate, complète et intégrale du fonctionnement de ‘X Brasil Internet LTDA'” et ordonné à l’Agence nationale des télécommunications (Anatel) d'”adopter toutes les mesures nécessaires” pour qu’elle entre en vigueur dans les 24 heures dans le plus grand pays d’Amérique latine. Peu après, l’Anatel avait indiqué “mettre en oeuvre” cette décision.

Le juge a également demandé aux géants de la tech Google et Apple, ainsi qu’aux fournisseurs d’accès internet, d'”introduire des obstacles technologiques capables d’empêcher l’utilisation” de X.

Il a menacé d’amendes de 50’000 reais (environ 8000 euros) par jour les personnes qui recourraient à des “subterfuges technologiques” pour contourner le blocage, comme l’usage de réseaux privés virtuels (VPN). Conséquence, le réseau social Bluesky a fait état d’un “grand afflux” de nouveaux utilisateurs au Brésil.

“Instaurer un climat d”anarchie'”

Le juge Moraes a dénoncé la “tentative” de X d’échapper à “l’ordre juridique et au pouvoir judiciaire brésiliens, pour instaurer un climat de totale impunité et d”anarchie’ sur les réseaux sociaux brésiliens, notamment durant les élections municipales de 2024″.

La suspension doit rester en vigueur jusqu’à ce que la plateforme obtempère, paie les amendes qui lui ont été infligées et nomme un représentant légal.

Comptes de Starlink aussi bloqués

Le juge Moraes a aussi bloqué récemment les comptes de Starlink, fournisseur d’accès à internet par satellite dont Elon Musk est propriétaire, pour récupérer le montant d’amendes non payées par X. Rappelons ici que Starlink est une très grande menace pour les fournisseurs d’internet (télécom) comme Claro ou Vivo.

L’homme d’affaires Musk a multiplié les attaques contre Alexandre de Moraes cette semaine, le traitant de “dictateur”.

“Pour qui se prend-il ?”, a réagi vendredi le président Lula, en évoquant Elon Musk. “Tout citoyen de n’importe quelle partie du monde qui a des investissements au Brésil est soumis à la Constitution et aux lois brésiliennes”, a-t-il dit.

Comptes suspendus réactivés

Le 17 août 2024, Elon Musk avait annoncé la fermeture des bureaux de X au Brésil en invoquant les actions du juge Moraes, tout en y maintenant le service disponible.

Le haut magistrat a ouvert en avril une enquête sur le milliardaire en l’accusant d’avoir réactivé des comptes suspendus sur décision de la justice brésilienne. X avait admis que des utilisateurs avaient réussi à contourner les restrictions.

Le juge a ordonné ces dernières années le blocage des comptes de figures influentes des mouvements ultra-conservateurs brésiliens pour avoir disséminé de fausses informations.

Et ce en particulier depuis les tentatives de partisans de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022) de discréditer le système de vote électronique lors de l’élection remportée par Lula en 2022.

“Milices numériques”

Elon Musk fait également l’objet au Brésil d’une enquête dans l’affaire des “milices numériques”, soupçonnées d’avoir utilisé de l’argent public pour orchestrer des campagnes de désinformation en faveur de M. Bolsonaro et de ses proches.

Comme dans d’autres pays, X est très prisé au Brésil des politiques comme des journalistes. Le réseau est une arène privilégiée de l’intense polarisation entre droite et gauche.

Analyse de Romanvie

Il s’agit bien sûr d’une grave menace à la liberté d’expression en Occident, pour autant qu’on considère ce pays de 212 millions d’habitant un représentant des valeurs occidentales. Beaucoup de conservateurs, comme ce site, s’opposent à ce blocage.

Le 31 août 2024. Sources : Keystone-ATS, Xavier Gruffat (fondateur de Romanvie.ch)

Eurovision de la chanson 2025: Bâle rit, Genève pleure

BERNE – Bâle organisera l’Eurovision de la chanson (ESC) l’an prochain. La SSR a préféré la cité rhénane à Genève, deuxième ville encore en lice. A Bâle, on se frotte les mains tandis que Genève, qui a perdu, s’est montrée très déçue.

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La Suisse hérite du concours de la chanson après la victoire du jeune artiste biennois Nemo à Malmö en Suède en mai dernier. Bâle, troisième ville de Suisse avec ses 183’000 habitants, veut offrir aux fans de l’Eurovision une offre culturelle de rang international.

Surtout, le grand évènement va permettre à la cité frontalière d’attirer les noctambules et de faire résonner la musique pop, domaines dans lesquels elle ne brille pas jusque-là.

Un projet rassembleur

Avec son projet “Crossing Borders” (“Traverser des frontières”), Bâle a convaincu la SSR. Mieux, les autorités bâloises ont réussi à rassembler une grande partie de la population et du monde politique autour du Concours de l’Eurovision. Même l’UDC a soutenu une résolution en sa faveur au Grand Conseil bâlois, au grand dam de l’UDF, qui, elle, veut lancer un référendum.

Le lieu principal de la manifestation sera donc la halle Saint-Jacques de Bâle, qui peut accueillir 12’700 personnes. La finale aura lieu le samedi 17 mai après les deux demi-finales mardi 13 et jeudi 15.

Bâle mis en orbite

La manifestation place Bâle dans l’orbite internationale. Pendant les trois shows télévisés en direct de Malmö, en Suède, de 2024, 163 millions de personnes ont regardé les représentations musicales, dont près de 800’000 depuis la Suisse.

Les dépenses nettes du canton pour l’ESC sont estimées à 34,9 millions de francs par le gouvernement bâlois. Le Grand Conseil bâlois se prononcera à ce sujet le 11 septembre.

Le canton de Bâle attend d’importantes retombées économiques. De son côté, Genève les avait évaluées pour la Ville et le canton du bout du lac, à 230 millions de francs.

Chambres d’hôtel hors de prix

A Bâle, les chambres d’hôtel sont déjà presque toutes réservées. Bâle Tourisme a toutefois pu assurer un contingent de chambres à des prix corrects.

Franz Xaver Leonhard, président de l’association des hôteliers bâlois, a déclaré à Keystone-ATS que les prix mentionnés, qui s’élèvent à plusieurs milliers de francs par nuit, ne sont pas à prendre au pied de la lettre. C’est le résultat d’outils d’intelligence artificielle, qui traduisent automatiquement la forte demande en augmentations de prix.

Genève plombée

Co-directeurs opérationnels de l’organisation de l’Eurovision 2025 au sein de la SSR, Moritz Stadler et Reto Peritz ont souligné la grande qualité de tous les dossiers de candidature présentée. L’échec genevois est un coup dur pour les autorités, Palexpo, Genève Tourisme et de nombreux représentants du monde politique et économique, qui étaient derrière cette candidature.

Le dossier de Genève était solide sur tous les plans, en termes d’infrastructures, d’accueil et de connectivité, a indiqué à Keystone-ATS Vincent Subilia, directeur général de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève.

Egalement député PLR, M. Subilia rappelle le très large soutien des partis au Grand Conseil. Les autorités s’étaient aussi engagées à débloquer 30 millions de francs pour l’événement.

Facture aux jeunes UDC

Le député PLR estime que la menace référendaire brandie par les Jeunes UDC au milieu de l’été a certainement plombé la candidature genevoise. Il invite les hôteliers genevois à présenter la facture du manque à gagner aux Jeunes UDC.

L’Eurovision de la chanson est de retour en Suisse pour la première fois depuis 36 ans. En 1988, Céline Dion avait remporté le concours pour la Suisse dans la capitale irlandaise Dublin avec la chanson “Ne partez pas sans moi”. L’année suivante, la manifestation s’était tenue au Palais de Beaulieu à Lausanne.

Le 24 mai 1956, le premier “Grand Prix Eurovision de la Chanson” – comme le concours s’appelait encore à l’époque – a eu lieu au Teatro Kursaal de Lugano. L’Argovienne Lys Assia (1924-2018) avait remporté le titre avec “Refrain”.

Le 30 août 2024. Keystone-ATS

Antisémitisme – Jeune juif orthodoxe agressé à Davos: requérants d’asile arrêtés

DAVOS GR – La police grisonne a arrêté deux requérants d’asile soupçonnés d’avoir agressé un jeune touriste britannique, juif orthodoxe de 19 ans, la semaine dernière à Davos (GR). Le jeune homme a été frappé et insulté par ses agresseurs.

Antisémitisme - Jeune juif orthodoxe agressé à Davos: requérants d'asile arrêtés

Les faits sont survenus dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 août. Peu après, la police municipale de Davos a intercepté deux suspects qui ont tenté, en vain, de se soustraire à un contrôle d’identité. La police cantonale est alors intervenue pour les arrêter.

Les deux hommes, dont la demande d’asile en Suisse a été refusée, séjournaient dans un centre d’hébergement situé dans la région. Agés de 24 et 29 ans, ils sont également soupçonnés d’avoir commis deux cambriolages durant la même nuit, indique la police grisonne jeudi.

Le 29 août 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédit photo : Wikipedia.org

Conjoncture – Les analystes pessimistes pour l’économie suisse

ZURICH – Les perspectives à court terme pour la conjoncture helvétique sont passées en territoire négatif en août, selon les analystes interrogés dans le cadre de la publication de l’indicateur UBS-CFA. Ceux-ci s’attendent toutefois à une certaine stabilité de l’inflation et à une baisse des taux d’intérêts dans les six mois.

L’indice UBS-CFA a chuté de 12,8 points en août pour s’établir à -3,4 points, passant dans le négatif pour la première fois depuis janvier dernier. Cette évolution reflète des perspectives un peu plus pessimistes pour la croissance économique suisse au cours des six prochains mois, informe un communiqué paru mercredi.

La proportion des analystes prévoyant un ralentissement a ainsi augmenté, représentant désormais plus d’un quart de l’échantillon.

Les perspectives de croissance mondiale à long terme sont également perçues comme se détériorant, en particulier aux États-Unis, où 40% des personnes interrogées s’attendent à un affaiblissement de l’économie américaine.

Conjoncture - Les analystes pessimistes pour l'économie suisse

Inflation stable

En ce qui concerne le climat économique actuel, deux tiers des participants à l’enquête mensuelle considèrent la situation en Chine comme “mauvaise” et 40% brossent des perspectives négatives pour la zone euro. La situation économique actuelle en Suisse et aux Etats-Unis est par contre jugée “normale” par la plupart des investisseurs.

L’indicateur des perspectives d’inflation en Suisse pour les six prochains mois est resté stable en août, bien qu’un tiers des participants à l’enquête s’attendent à une baisse de l’inflation.

À titre de comparaison, 60% et 57% des participants pensent que l’inflation diminuera dans la zone euro et aux États-Unis, respectivement, au cours de la même période.

Baisse du taux directeur de 25 pb

Etant donné la diminution des pressions inflationnistes dans la zone euro et aux États-Unis, le consensus en faveur d’une baisse des taux d’intérêt s’est renforcé, dit le communiqué.

En août, la grande majorité des analystes s’attend à une baisse des taux d’intérêt à court terme au cours des six prochains mois en Suisse, dans la zone euro et aux États-Unis. Pour ces trois économies, ils s’attendent à des taux à court terme augmentant de manière plus faible que lors de l’enquête menée en juillet.

En Suisse, ils sont 68% à prévoir la probabilité que la Banque nationale suisse (BNS) réduise son taux directeur d’au moins 25 points de base en septembre. À plus long terme, les répondants à l’enquête envisagent la possibilité de nouvelles baisses de taux en dessous de 1,00%, bien que l’incertitude reste élevée.

La conviction des analystes selon laquelle le taux de change EUR/CHF actuel est proche de sa juste valeur s’est en outre renforcée.

Le 28 août 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

La France toujours sans Premier ministre

PARIS – Après avoir catégoriquement rejeté le scénario d’un gouvernement de gauche, Emmanuel Macron a ouvert mardi un “nouveau cycle de consultations” pour trouver enfin un Premier ministre à la France, dans un climat politique de plus en plus tendu.

A la veille de l’ouverture des Jeux paralympiques et à quelques jours de la rentrée scolaire, la France est toujours gouvernée par un exécutif démissionnaire, et ce depuis maintenant plus de 40 jours, du jamais vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le chef de l’Etat a repris des consultations dans un contexte très flou avec “ceux qui veulent oeuvrer pour l’intérêt supérieur du pays”, a-t-il seulement dit mardi soir.

Des représentants du parti de droite Les Républicains (LR) doivent être reçus mercredi mais ni l’extrême droite ni l’extrême gauche n’ont été conviées. Certains responsables invités ont refusé d’y participer et des “personnalités” dont les noms n’ont pas été communiqués doivent être consultées, notamment d’anciens présidents.

Ces nouvelles discussions interviennent au lendemain du rejet par M. Macron d’un gouvernement du Nouveau Front populaire (NFP, l’alliance de gauche arrivée en tête des législatives) et de sa candidate au poste de Premier ministre, la haute fonctionnaire Lucie Castets.

Le président a mis en avant “la stabilité institutionnelle” pour écarter cette option, les autres blocs politiques, du centre jusqu’à l’extrême droite, ayant tous promis de censurer un gouvernement dont le programme, très à gauche, est jugé “dangereux”.

La France toujours sans Premier ministre

“Déni de démocratie”

Mais la décision présidentielle, annoncée lundi soir dans un long communiqué, a provoqué la colère du NFP, qui hurle au “déni de démocratie”.

La France insoumise (LFI, gauche radicale membre de l’alliance de gauche avec les socialistes, les écologistes et les communistes) a appelé à manifester contre “le coup de force d’Emmanuel Macron” le 7 septembre.

Olivier Faure, le leader du parti socialiste, a annoncé qu’il ne se rendrait pas au palais présidentiel de l’Elysée pour les nouvelles consultations, dénonçant une “parodie de démocratie”.

“On ne va pas continuer ce cirque”, a renchéri l’écologiste Marine Tondelier, tandis que le communiste Fabien Roussel promettait que la gauche continuerait à “se battre” et appelait les Français à se mobiliser.

Arrivée en tête des législatives de juillet, la coalition de gauche ne dispose pas d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Mais les deux autres blocs du camp présidentiel et de l’extrême droite sont encore moins bien lotis, rendant la recherche de compromis extrêmement complexe.

“Faute de méthode”

Le président Macron avait décidé de dissoudre l’Assemblée après son échec aux européennes le 9 juin, plongeant le pays dans la confusion politique. Son camp en appelle aujourd’hui à la “responsabilité” et cherche à rallier les socialistes et à isoler la gauche radicale.

Le ministre de l’Intérieur démissionnaire, Gérald Darmanin, a ainsi prôné sur la télévision BFMTV mardi une “coalition large”, assurant que les partisans de Macron “pourraient se mettre d’accord sur un minimum” avec les socialistes pour “permettre à la France de fonctionner”.

La droite traditionnelle refuse pour sa part toute coalition, sans exclure pour autant de “voter ce qui va dans le bon sens” pour “ne pas laisser la France aller dans le mur”, selon l’une de ses responsables, Valérie Pécresse.

L’extrême droite, de son côté, continue d’accuser le président français d’avoir “semé le chaos”.

Sans surprise, le quotidien de gauche Libération fustigeait mardi en Une “le mépris” du chef de l’Etat. Son concurrent de droite le Figaro estimait que “la France évite une catastrophe” avec le rejet d’un gouvernement NFP, tout en soulignant que “rien n’est réglé”.

Le chef de l’Etat n’a plus beaucoup de temps pour choisir un Premier ministre, puisqu’un budget doit être présenté le 1er octobre à l’Assemblée.

Et à court terme, son agenda est bien rempli. Emmanuel Macron doit ouvrir mercredi soir les Jeux paralympiques, avant de s’envoler jeudi après-midi pour la Serbie.

Le 27 août 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

CHRONIQUE – Etats-Unis: l’espoir et la dignité contre la peur

Par Philippe Barraud (journaliste) – Contenu exclusif sur Romanvie.ch

Pour Donald Trump, le retrait de Joe Biden de la course à la Maison-Blanche a été le pire scénario, un de ces cauchemars dont on sait qu’on ne pourra pas à sortir. Après avoir vilipendé son adversaire pendant des années en raison de son âge, voilà qu’il se retrouve, du jour au lendemain, dans le rôle infamant du vieillard crachotant. Et oui ! c’est l’arroseur arrosé: le vieux de la campagne, désormais, c’est lui, le «grumpy old man», un vieux type qui ne fait que pleurnicher et inonder ses meetings et les réseaux sociaux d’imprécations agressives et délirantes, face à une adversaire bien plus jeune, positive, pleine d’énergie et de bienveillance.

Furieux et paniqué, Trump multiplie donc les attaques, se vautre dans la vulgarité, pour la plus grande joie de ses fidèles, agresse la nouvelle challenger, Kamala Harris, l’abreuvant d’insultes misogynes et racistes, et la traitant même de «salope» («bitch»). La classe…

Cela n’efface pas ses difficultés liées à l’âge: il bafouille souvent, confond les personnes, n’arrive pas à suivre son télé-prompteur, et repart alors dans des imprécations et des litanies difficiles à comprendre, pour revenir ad nauseam sur l’élection de 2020 qu’on lui a volée…

Ce comportement de fou furieux, qui indispose de plus en plus de Républicains, est révélateur de la personnalité de Donald Trump: un égotiste profond, à la limite de la psychopathie, qui se fiche bien de l’avenir des Etats-Unis et des Américains qui galèrent. Comme l’a dit Tim Walz, le colistier de Mme Harris, il n’a jamais dû se mettre à la table de la cuisine pour trouver comment payer les factures.

Pour lui, l’Amérique sera great again seulement au moment où il sera élu, autrement dit, elle ne pourra pas l’être sans lui. Ce comportement est typique des dictateurs du 20e siècle, qui se sont servis de leur nation (l’Italie, l’Allemagne, la Russie) pour accomplir ce qu’ils pensaient être un grandiose destin personnel, quitte à détruire sans scrupules leur pays et ses habitants, dès lors que ceux-ci n’avaient pas été à la hauteur des ambitions personnelles de leur chef.

Etats-Unis: l'espoir et la dignité contre la peur

D’abord, jouer au golf

Le drame de Donald Trump – et de l’Amérique, et du reste du monde – c’est qu’il n’est pas, et ne sera jamais, un homme politique. Il ne connaît rien à l’Histoire ni aux relations internationales, sa culture a l’épaisseur du papier à cigarettes, il ne s’intéresse pas aux tâches essentielles de la fonction présidentielle, qui l’ennuient, comme par exemple la lecture des rapports quotidiens des services de renseignement. Durant son mandat, il préférait aller jouer au golf.

Il n’a guère d’idées politiques ni de convictions, mais navigue en fonction des soutiens politiques et financiers qu’il reçoit. Voyez par exemple son virage à 180 degrés au sujet de la voiture électrique: il y a peu encore, elle allait tuer l’industrie automobile américaine. Mais Elon Musk est passé par là, mettant beaucoup d’argent dans la campagne du Républicain, et dès lors, vive la voiture électrique !

Un objectif obsessionnel

Encore une fois, seule compte pour lui l’image de Donald Trump dans le Bureau Ovale, c’est pour lui l’objectif unique et absolu, et tous les moyens sont bons pour y arriver. Pour y faire quoi ? Se mettre en scène, en écoutant distraitement des courtisans qui le couvrent de compliments et lui disent ce qu’il veut entendre, et placer ses proches aux affaires qui rapportent. C’est la cour du Roi Pétaud, le chaos trumpien.

Sans le savoir sans doute, Trump utilise un des outils favoris de Mussolini pour rester au pouvoir*: la peur. Il faut inspirer la peur et surtout pas l’espoir, afficher un faciès redoutable (Trump fait cela très bien devant les photographes), promettre l’apocalypse en cas de non-élection. Pourtant, si par malheur Trump devait se retrouver à la Maison-Blanche, par l’élection ou par un coup d’Etat, alors la peur devra gagner ses adversaires, car sa vengeance sera terrible, qui occupera l’essentiel de son activité. La Constitution, le Congrès, les libertés fondamentales, tout pourrait sauter.

Mais les Américains ont-ils vraiment envie d’un retour vers le chaos du premier mandat de Trump, ce passé sombre, ce régime acrimonieux, agressif, incompétent et imprévisible, qui a profondément divisé la nation? Les milliardaires le souhaitent bien sûr, mais les gens normaux ?

Kamala Harris, le discours de l’espoir

Pour ceux-ci, pour les minorités, pour les femmes, pour les Afro-Américains et les populations autochtones, Kamala Harris parle d’espoir, de liberté, d’opportunités, de compassion, de dignité, d’équité et de possibilité infinies.

Quelle différence soudain, quelle fraîcheur dans le discours ! Et on voit bien que ce parler nouveau, vécu comme une divine surprise, porte, qu’il apporte un vent frais, une respiration, les gens réalisant soudain qu’ils n’étaient pas condamnés à revivre le rêve mauvais du premier mandat de Trump, ni l’ultra-conservatisme qu’il a imposé à son parti, muselé par lui ; qu’une alternative positive, ouverte et même joyeuse était possible, ce qui paraissait encore impensable il y a trois mois.

Pour l’heure, Kamala Harris fait la course en tête dans les sondages, mais rien n’est joué: le système électoral américain n’est pas particulièrement démocratique, puisque la majorité des voix à l’échelon du pays ne garantit pas l’élection (Hillary Clinton avait recueilli des millions de voix de plus que Donald Trump!).

Il faut donc espérer un résultat clair en faveur de la vice-présidente, sinon le pire sera probable, jusqu’à la guerre civile.

* Voir la monumentale trilogie d’Antonio Scurati, aux éditions Les Arènes.

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Article mis à jour le 2 septembre 2024. Photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Ukraine – Le pape condamne l’interdiction de l’Eglise orthodoxe liée à Moscou

CITE DU VATICAN – “On ne touche pas aux Eglises”: le pape François a condamné dimanche l’interdiction par Kiev de l’Eglise orthodoxe ukrainienne liée à Moscou. Il a fait part de sa préoccupation pour la liberté de culte dans le pays en guerre.

“Je continue de suivre avec douleur les combats en Ukraine et en Fédération de Russie. Et en pensant aux lois récemment adoptées en Ukraine, je crains pour la liberté de ceux qui prient”, a déclaré le chef de l’Eglise catholique à la fin de la prière hebdomadaire de l’Angélus.

“Parce que ceux qui prient vraiment prient toujours pour tout le monde. On ne commet pas le mal en priant. Si quelqu’un commet le mal contre son peuple, il en sera coupable, mais il ne peut pas avoir commis le mal parce qu’il a prié”, a-t-il insisté devant les fidèles massés sur la place Saint-Pierre.

Samedi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui avait rencontré François en juin lors du G7 en Italie, a promulgué une loi interdisant la branche de l’Eglise orthodoxe ukrainienne dépendante du patriarcat de Moscou, qui fut longtemps la principale confession du pays.

Ukraine - Le pape condamne l'interdiction de l'Eglise orthodoxe liée à Moscou

“Ne pas abolir une Eglise chrétienne”

“Qu’on laisse prier ceux qui veulent prier dans ce qu’ils considèrent comme leur Église”, a réagi le pape. “S’il vous plait, veuillez ne pas abolir directement ou indirectement une Église chrétienne. On ne touche pas aux Eglises.”

Le patriarche orthodoxe russe Kirill, qui a soutenu ouvertement l’invasion de l’Ukraine, a, lui, accusé samedi Kiev de “persécuter” les croyants de cette branche.

L’Eglise orthodoxe dépendante du patriarcat de Moscou est en perte d’influence depuis la création de la nouvelle Eglise orthodoxe ukrainienne indépendante en 2018, même si elle conserve des milliers de paroisses à travers le pays.

Bien que cette branche ait coupé les ponts avec Moscou en 2022 après le début du conflit en Ukraine, les autorités ukrainiennes la considèrent toujours sous influence russe et ont multiplié les procédures judiciaires, perquisitions et saisies à son encontre.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par Moscou, les multiples appels à la paix lancés par François sont tous restés lettre morte.

Le 25 août 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Ecole genevoise – Elèves, parents et enseignants plutôt contents de l’école genevoise

GENEVE – A Genève, une vaste enquête menée auprès des élèves, des parents et du personnel du Département de l’instruction publique (DIP) montre un taux de satisfaction plutôt élevé par rapport à l’école. Ces résultats “encourageants” selon le DIP, ont été révélés jeudi.

Au total 37’679 familles et 53’359 élèves de la 3P jusqu’au secondaire II ont répondu à un questionnaire lancé au printemps dernier et qui visait à savoir comment allait l’école. Le taux de participation a atteint 50% pour les familles et 68% pour les élèves, ce qui constitue “un succès notable” pour cette démarche inédite par son ampleur.

Lancé par la conseillère d’Etat Anne Hiltpold, le sondage mené auprès des usagers sert de baromètre. “Ce n’est pas un programme politique”, a insisté la cheffe du DIP. Les résultats montrent que 82% des élèves du primaire sont satisfaits par rapport à leur scolarité. Le pourcentage descend à 55% au cycle d’orientation, un âge où le rapport à l’école est plus compliqué, pour remonter ensuite à 63% au secondaire II.

Ecole genevoise - Elèves, parents et enseignants plutôt contents de l'école genevoise

Horaire continu

Le sondage, qui comprenait près de 80 questions, abordait une multitude de thèmes, allant de la satisfaction générale, à des sujets plus spécifiques, comme les trajets à l’école, les matières enseignées, les activités à l’école, le sentiment de sécurité, la charge des devoirs, le stress, les horaires, la répartition des vacances, la violence, ou encore le port de l’uniforme.

Tous les résultats sont accessibles en ligne. Le DIP doit désormais analyser en détail cette moisson de données. A ce stade, la cheffe du DIP, qui a fait de l’horaire continu un projet prioritaire, se réjouit que 60% des familles soient favorables à ce dispositif. “Cela me motive à poursuivre”, a relevé la magistrate PLR.

D’autres signaux sont plus inquiétants: 13% des élèves du primaire et 6% des élèves du cycle d’orientation ont rapporté se sentir victimes de harcèlement. Le sentiment d’injustice, soit le fait de ne pas être traité de manière équitable, est aussi fort au cycle d’orientation (64%) et au secondaire II (50%). “On va y travailler”, assure Mme Hiltpold.

Enseignants motivés

Parallèlement à cette enquête menée auprès des élèves et des familles, le DIP a également sondé son personnel sur la satisfaction au travail. Les quelque 11’000 collaborateurs du DIP, dont 75% sont des enseignants, ont été questionnés de manière anonyme. “Ce sondage est un outil de pilotage pour les ressources humaines, et pas un outil politique”, a relevé Mme Hiltpold.

Les résultats, qui montrent une satisfaction générale par rapport à l’environnement de travail, contrastent avec la colère du personnel qui s’exprime de manière régulière dans la rue. Au total, 83% des personnes interrogées recommanderaient leur employeur à d’autres personnes et 73% d’entre eux se disent globalement satisfaits.

Les collaborateurs sont motivés, apprécient la grande autonomie dont ils bénéficient. Ils aiment aussi exercer “un travail qui fait du sens” ainsi que les conditions matérielles qui l’accompagnent. Ces résultats positifs ne collent pas avec l’image qui est souvent véhiculée au sujet de la profession, a relevé Céline Merad-Malinveri, directrice des ressources humaines au DIP.

Parmi les pistes d’améliorations envisagées: renforcer le soutien organisationnel et mieux intégrer la formation continue. A noter que ce sondage a été réalisé au printemps dernier dans un contexte tendu: les enseignants du cycle d’orientation avaient mené une grève pour protester contre une augmentation des heures d’enseignement. Au final, cette tension ne se reflète pas dans les résultats.

Le 22 août 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).