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Tentative d’entartage de Céline Amaudruz : l’UNIGE dépose plainte

GENEVE – La tentative d’entartage dont la conseillère nationale UDC Céline Amaudruz a été la cible, le 21 décembre dernier, lors d’une joute oratoire organisée à l’Université de Genève (UNIGE) ne restera pas sans suite. Mercredi, le rectorat a annoncé le dépôt d’une plainte pénale pour violation de domicile.

Tentative d'entartage de Céline Amaudruz : l'UNIGE dépose plainte

Dans un communiqué, l’UNIGE relève que si des étudiants de l’UNIGE devaient figurer parmi les fauteurs de troubles, ils pourraient en outre être déférés devant le conseil de discipline et s’exposeraient à des sanctions administratives. L’université juge inadmissibles les faits qui se sont produits.

Selon l’alma mater, ils représentent “une menace directe sur la liberté d’expression et une entrave qui régissent le fonctionnement démocratique de notre société”. Pour l’UNIGE, ils ne sauraient être tolérés. Outre la tentative d’entartage, deux individus masqués avaient jeté un liquide malodorant à travers l’auditoire.

L’UNIGE rappelle que “c’est la troisième fois depuis le printemps 2022 que la tenue d’un événement public organisé dans les locaux de l’université est interrompue, voire empêchée”. Les deux précédents incidents étaient fondés sur des allégations de transphobie. L’alma mater avait privilégié le dialogue.

Mais ce dernier dérapage est celui de trop et les lignes rouges qui avaient été tracées, en accord avec les associations d’étudiants, ont été franchies. Elles insistaient sur le respect de la liberté d’expression et le respect des personnes. “L’espoir a été déçu”, regrette l’UNIGE.

Le syndicat étudiant CUAE a affirmé, dans un communiqué, n’avoir pas organisé cette action, ni la revendiquer. Il soutient en revanche “l’existence de contestations politiques au sein de l’université”, précisant le caractère symbolique de l’action d’entarter et se positionnant fermement contre les idées “d’extrême droite” de l’UDC.

Le 11 janvier 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Brésil – Condamnations internationales et soutien à Lula

BERNE – De nombreux pays ont condamné dimanche l’invasion des lieux de pouvoir brésiliens par des centaines de militants bolosonaristes. Ils ont réaffirmé leur soutien au président Luiz Inacio Lula da Silva et aux institutions démocratiques.

Le président américain Joe Biden a jugé “scandaleuses” les violences des manifestants bolsonaristes, dans une réaction directe lors d’un déplacement au Texas, avant une visite au Mexique.

Auparavant la Maison Blanche avait déclaré que les Etats-Unis condamnaient “toute tentative d’ébranler la démocratie au Brésil”. Le président Biden “suit la situation de près et notre soutien aux institutions démocratiques du Brésil est inébranlable”, a ajouté dans un tweet Jake Sullivan, conseiller de la Maison Blanche.

Plusieurs responsables de l’Union européenne ont également dénoncé l’action des bolsonaristes. Le président du Conseil européen Charles Michel a exprimé sur Twitter sa “condamnation absolue” de cet assaut et son “soutien total au président Lula da Silva, démocratiquement élu par des millions de Brésiliens à l’issue d’élections équitables et libres”.

Même soutien exprimé par le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, qui s’est dit “consterné” par les actes d'”extrémistes violents”. “La démocratie brésilienne l’emportera sur la violence et l’extrémisme”, a-t-il tweeté.

La présidente du Parlement européen Roberta Metsola s’est dite “profondément préocupée”. “La démocratie doit toujours être respectée”, a-t-elle tweeté en portugais, ajoutant que le Parlement européen était “aux côtés” de Lula da Silva “et de toutes les institutions légitimes et démocratiquement élues”.

Brésil - Condamnations internationales et soutien à Lula

Inquiétude suisse

En France, Emmanuel Macron a appelé au “respect des institutions démocratiques” au Brésil et a souligné le “soutien indéfectible de la France” au président Lula. Le Quai d’Orsay a de son côté dénoncé “une mise en cause inacceptable du résultat d’une élection démocratique, remportée sans ambiguïté (…) par M. Luiz Inácio Lula da Silva”. “La volonté du peuple brésilien, qui s’est souverainement prononcé, doit être respectée”, a-t-il ajouté.

“L’ambassade de Suisse au Bresil suit avec une grande inquiétude les actions violentes sur la Praça dos Três Poderes, à Brasilia. Nous réitérons notre soutien aux institutions brésiliennes et à la démocratie”, a pour sa part tweeté le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Le président de gauche du Chili, Gabriel Boric, a apporté sur Twitter son soutien au gouvernement Lula “face à cette attaque lâche contre la démocratie”. Son homologue colombien, Gustavo Petro, a condamné pour sa part une “attaque fasciste”.

Le 9 janvier 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Trafic aérien – Le trafic à l’aéroport de Zurich se rapproche de l’avant pandémie

ZURICH – En décembre 2022, davantage d’avions ont décollé et atterri sur le tarmac de Kloten par rapport à il y a un an. Flughafen Zürich a enregistré 17’334 mouvements d’appareils le mois dernier, soit une hausse de 27% par rapport à décembre 2021, selon les chiffres analysés par l’agence AWP. C’est presque le double par rapport au dernier mois de 2020.

Trafic aérien - Le trafic à l'aéroport de Zurich se rapproche de l'avant pandémie

L’écart continue de se réduire par rapport aux données d’avant la pandémie de coronavirus. Comparé à décembre 2019, le recul atteint 13%. Pour toute l’année, la différence atteint 22%.

Début 2022, les chiffres mensuels étaient encore inférieurs de 40% par rapport à 2019, avant de se redresser pour limiter le recul à environ 15% en fin d’année.

Flughafen Zürich détaillera le trafic passager de décembre le 12 janvier.

Le 3 janvier 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Brésil – Lula signe des décrets sur les armes et l’Amazonie

Par Marcelo Silva de Sousa

BRASILIA – Tout juste investi, le nouveau président de gauche du Brésil, Lula, a signé des décrets pour limiter l’usage des armes et renforcer la protection de l’Amazonie. Il prend ainsi le contrepied du gouvernement de son prédécesseur d’extrême droite Jair Bolsonaro.

Dans les 24 heures qui ont suivi sa cérémonie d’investiture dimanche dans la capitale brésilienne, l’icône de la gauche de 77 ans a commencé à mettre en oeuvre ses principales promesses de campagne.

Armes

Par le biais d’un décret publié lundi au journal officiel, Lula a suspendu pour deux mois les nouveaux enregistrements d’armes et de munitions pour les chasseurs, collectionneurs et tireurs sportifs (regroupés sous le sigle CAC).

Cette catégorie a vu son arsenal tripler sous les quatre années de mandat de Bolsonaro, pour atteindre un million d’armes enregistrées.

Lula a également limité les possibilités d’achat d’armes et de munitions pour certains usages autorisés et suspendu l’octroi de nouvelles licences pour les CAC et de nouveaux enregistrements pour les clubs et écoles de tir.

Luiz Inacio Lula da Silva a également créé un groupe de travail chargé de proposer un nouveau règlement pour le Statut du Désarmement, en vigueur depuis 2003 et son premier gouvernement de l’époque, qui vise à désarmer les civils.

“Le décret sur le contrôle des armes cherche à clore la période irresponsable du ‘tout est permis’, incompatible avec la Constitution”, a assuré sur Twitter Flavio Dino, ministre de la Justice et de la Sécurité publique de Lula.

Brésil - Lula signe des décrets sur les armes et l'Amazonie

Amazonie

Le nouveau chef d’Etat a également signé une série de décrets visant à renforcer la protection de l’Amazonie, dont la déforestation annuelle moyenne a augmenté de 75% par rapport à la décennie précédente.

Lula a notamment institué une “commission interministérielle permanente pour la prévention et le contrôle de la déforestation”, tout en décidant de réactiver le Fonds pour l’Amazonie, créé en 2008 pour recueillir des dons destinés à des investissements dans la forêt en vue de sa préservation.

Le Fonds Amazonie était gelé depuis 2019 en raison de divergences sur la destination des fonds entre la Norvège et l’Allemagne, principaux donateurs, et le gouvernement Bolsonaro. Ces deux pays ont exprimé leur intention de l’abonder de nouveau.

Lula a également révoqué un décret autorisant l’exploitation minière dans les zones indigènes et les zones protégées au niveau environnemental.

“Bolsa Familia”

Dimanche, en pleine cérémonie d’investiture, Lula a signé un décret visant à prolonger le populaire programme “Bolsa Familia”, qui octroie 600 réais, soit environ 111 euros par mois aux familles les plus pauvres.

Il s’agit d’une promesse de campagne faite après une négociation laborieuse avec le Parlement en décembre afin que le programme puisse échapper au plafonnement des dépenses publiques.

Lula a en outre signé une augmentation du salaire minimum de 1212 à 1320 réais (environ 241 francs), une décision qui n’avait cependant pas encore été publiée lundi au journal officiel.

Quelque 125 millions de Brésiliens sur les 215 millions que compte le pays souffrent d’insécurité alimentaire, et 30 millions de la faim.

Privatisations

Lula a stoppé le processus lancé sous Bolsonaro de privatisation de huit compagnies publiques, dont la pétrolière Petrobras et la poste brésilienne. Il a prévenu lors de la campagne qu’il ne souhaitait aucune privatisation de groupe public.

Confidentialité et éboueurs

Le président brésilien a ordonné un réexamen, dans un délai de trente jours, des nombreuses décisions prises par son prédécesseur Jair Bolsonaro pour imposer la confidentialité aux informations et documents de l’administration.

Jair Bolsonaro a décrété à plusieurs reprises la confidentialité des documents publics pendant cent ans afin d’en interdire l’accès, comme par exemple ceux concernant ses vaccinations ou ses visites à l’ancienne Première dame, Michelle Bolsonaro.

Lula a enfin ordonné au secrétariat général de la présidence de travailler à la création d’un nouveau programme baptisé “Pro-Catador” qui promeut et améliore les conditions de travail des éboueurs.

Le 2 janvier 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Vatican – Benoît XVI, “l’un des plus grands théologiens de son temps”

LONDRES – L’archevêque de Canterbury, chef spirituel de l’Eglise anglicane, a salué samedi la mémoire du pape émérite Benoît XVI comme celle de l'”un des plus grands théologiens de son temps”.

Vatican - Benoît XVI, "l'un des plus grands théologiens de son temps"

“Le pape Benoît XVI était l’un des plus grands théologiens de son temps, attaché à la foi de l’Église et fidèle à sa défense. En toutes choses, et notamment dans ses écrits et sa prédication, il regardait Jésus-Christ, l’image du Dieu invisible. Le Christ était clairement la racine de sa pensée et le fondement de sa prière”, a déclaré Justin Welby dans un communiqué, saluant la démission “courageuse et humble” de Benoît XVI qui “reconnaissait la fragilité humaine qui nous affecte tous.”

Le 31 décembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

L’Espagne en passe de créer un “congé menstruel” inédit en Europe

MADRID – Les députés espagnols ont adopté jeudi, en première lecture, un projet de loi créant un “congé menstruel” pour les femmes souffrant de règles douloureuses, une mesure inédite en Europe destinée, selon le gouvernement de gauche, à briser un tabou.

Ce projet de loi – adopté avec 190 voix favorables, 154 contre et 5 abstentions – renforce par ailleurs l’accès à l’avortement dans les hôpitaux publics, un droit qui reste semé d’embûches dans ce pays à forte tradition catholique.

Ce texte va devoir désormais être voté par le Sénat et revenir à la Chambre des députés si jamais il a été modifié lors de son passage par la chambre haute, avant de devenir loi.

“Cette législature est une législature de conquêtes féministes”, s’est félicité, devant les députés, la ministre de l’Égalité, Irene Montero, du parti de gauche radicale Podemos, allié des socialistes du Premier ministre Pedro Sanchez au sein du gouvernement.

“Nous reconnaissons la santé menstruelle comme faisant partie du droit à la santé et nous combattons la stigmatisation et le silence”, a-t-elle ajouté.

Si Mme Montero avait indiqué au printemps que l’arrêt maladie, que pourront accorder les médecins aux femmes souffrant de règles douloureuses, “n’aurait pas de durée limite”, aucune précision ne figure dans le projet de loi à ce sujet.

L'Espagne en passe de créer un "congé menstruel" inédit en Europe

 

Mesure controversée

Lorsque ce texte sera adopté définitivement, l’Espagne deviendra le premier pays en Europe et l’un des rares dans le monde à intégrer cette mesure dans sa législation, à l’instar notamment du Japon, de l’Indonésie ou de la Zambie.

Ce “congé” a toutefois suscité des réticences au sein de l’aile socialiste du gouvernement et a été critiqué par le syndicat UGT. Cette centrale syndicale, l’un des deux grandes du pays, s’inquiète d’un possible frein à l’embauche des femmes de la part d’employeurs voulant éviter ces absences.

Cette loi “va provoquer un effet contraire pour les femmes” entraînant “marginalisations, stigmatisations” et “conséquences négatives sur le marché du travail”, a dénoncé l’opposition de droite du Parti Populaire (PP) par la voix de la députée Marta Gonzalez Vazquez.

Ce “congé menstruel” est l’une des mesures phares d’un projet de loi beaucoup plus large prévoyant également de renforcer l’accès à l’avortement dans les hôpitaux publics, qui pratiquent moins de 15% des IVG dans le pays en raison notamment d’une objection de conscience massive des médecins.

Actuellement, des femmes doivent donc parcourir des centaines de kilomètres pour avorter dans certaines zones face au manque de service public et à l’absence de clinique spécialisée à proximité.

Ce texte doit également permettre aux mineures d’avorter sans l’autorisation de leurs parents à 16 et 17 ans en revenant sur une obligation instaurée par un précédent gouvernement conservateur en 2015.

L’avortement a été dépénalisé en Espagne en 1985 puis légalisé en 2010, mais l’IVG reste un droit semé d’embûches dans ce pays de tradition catholique.

Ce projet de loi prévoit aussi un renforcement de l’éducation sexuelle dans les écoles ainsi que la distribution gratuite de moyens contraceptifs ou de produits d’hygiène menstruelle dans les lycées.

L’Espagne est un pays considéré comme une référence en matière de droits des femmes en Europe, notamment depuis l’adoption en 2004 d’une loi sur les violences de genre. Se revendiquant féministe, le gouvernement Sanchez compte plus de femmes que d’hommes.

Le 15 décembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Aviation – Swiss achète de nouveaux long-courriers

ZURICH – Swiss renouvelle sa flotte de long-courriers. La compagnie annonce lundi soir l’achat de cinq Airbus A350-900, qui seront mis en service en 2025.

Aviation - Swiss achète de nouveaux long-courriers

Ces appareils doivent remplacer les quatre A340-300 qui arriveront en fin de course. Ils font partie des avions les plus modernes et les plus économes en carburant qui soient, relève Swiss. Leurs émissions de CO2 sont d’un quart inférieures à celles du modèle précédent, et les émissions sonores sont réduites de moitié. Un A350-900 consomme en moyenne 2,5 litres de kérosène par passager et par 100 km.

Le 12 décembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Coûts de la vie – Zurich champion de l’indexation des salaires, Vaud à la traîne

BERNE – Les administrations publiques annoncent actuellement les taux d’indexations salariales de leurs employés. Alors que les chiffres définitifs pour 2023 ne sont pas encore tous connus, le Syndicat des Services publics (SSP) estime ce taux à environ 2% en moyenne suisse et le considère nettement insuffisant.

“Globalement on est loin du compte par rapport à ce qu’on demandait”, a déclaré le secrétaire central du SSP, Agostino Soldini, à Keystone-ATS. En effet, alors que l’Indice des prix à la consommation a grimpé de 4,6% entre décembre 2020 et octobre 2022, les salaires n’ont jamais été indexés, à quelques exceptions près, poursuit-il.

Le secrétaire central déplore que l’on calcule le taux d’indexation des salaires de la fonction publique sur une base annuelle, alors que l’inflation qui court depuis deux ans n’a jamais été compensée. “Malgré tout, si l’on se met dans une logique annuelle, il faudrait une indexation de 3 à 3,5%”, estime-t-il.

Coûts de la vie - Zurich champion de l'indexation des salaires, Vaud à la traîne

Zurichois mieux lotis

Pourtant, les taux annoncés pour les cantons romands se situent bien en deçà de ces valeurs. Fribourg a annoncé le taux d’indexation le plus haut, à 2,55%, suivi de Genève à 2,44%. Bien qu’encore non confirmés, les taux pour le Jura et le Valais devraient respectivement être fixés à 2,08 et 2%, ajoute le secrétaire syndical.

Viennent enfin Neuchâtel et ses 1,8%, puis Vaud et son taux à 1,4%. Dans ce dernier canton, un complément sera versé aux bas et moyens revenus, si bien que dans les faits, le taux d’indexation pour ces deux catégories sera de 2,2%.

Le canton de Zurich fait figure de champion de l’indexation, avec un taux annoncé à 3,5%. “Ce n’est toutefois pas tant lié au combat syndical qu’au fait que la loi cantonale prévoit l’indexation des salaires aux coûts de la vie”, fait remarquer Agostino Soldini. A noter encore que pour les employés de la Confédération, le taux d’indexation a été fixé à 2,5%

Urgence d’agir

Pour le secrétaire syndical, le temps presse. “Toutes branches confondues, tant dans le public que dans le privé, les salaires réels, -soit corrigés de l’inflation-, ont baissé de 0,8% en 2021”, dit M. Soldini, s’appuyant sur des chiffres de l’office fédéral de la statistique.

“En 2022, les salaires ont en moyenne été relevés de 1,1%, mais l’inflation sera de l’ordre de 3%, si bien qu’on assistera pour la deuxième année consécutive à une baisse des salaires, mais cette fois-ci de l’ordre de 1,9 à 2%, soit le double de l’année précédente”, s’inquiète-t-il.

L’inflation de retour sur le devant de la scène

Il faut dire que la question de la compensation des salaires pour faire face aux coûts de la vie était progressivement sortie des revendications traditionnelles. “Syndicalement, cette thématique n’était plus tellement à l’ordre du jour depuis 20 ans”, reconnaît Agostino Soldini.

Le vent a désormais tourné. “Nous allons lancer une campagne en 2023 pour récupérer le pouvoir d’achat perdu”, annonce le secrétaire syndical.

La machine est déjà lancée. Des manifestations ont eu lieu à Fribourg et Neuchâtel en début de semaine passée, tandis que d’autres sont prévues cette semaine dans les cantons de Vaud et à nouveau Neuchâtel.

Le 11 décembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Conseil fédéral (7 décembre 2022) – “Joli cadeau” ou “mauvaise journée”: la presse suisse divisée

BERNE – L’élection d’Elisabeth Baume-Schneider constitue une surprise diversement appréciée par les médias. Alors que les journaux romands saluent l’avènement de la première conseillère fédérale jurassienne, une partie des médias d’Outre-Sarine critiquent la sous-représentation des Alémaniques et des villes.

“Ce mercredi 7 décembre est à marquer d’une pierre blanche”, souligne Arcinfo. Mme Baume-Schneider amène de la fraîcheur et des convictions au Conseil fédéral. Ouverte sur le monde et venant d’un Arc jurassien conscient de l’importance des partenariats avec l’extérieur, elle fera souffler un vent nouveau bienvenu alors que la Suisse traverse une période agitée dans ses relations avec l’UE.

Evoquant le “séisme EBS”, 24 Heures souligne lui aussi la personnalité de la nouvelle élue socialiste et de l’UDC Albert Rösti. “Dans un exécutif aux interactions souvent tendues ces derniers temps, nul doute que la personnalité des deux nouveaux entrants peut compter”, écrit le quotidien vaudois.

Conseil fédéral (7 décembre 2022) - "Joli cadeau" ou "mauvaise journée": la presse suisse divisée

“Un joli cadeau”

Le Nouvelliste parle pour sa part d’une “surprise au nom de tous les petits”, “à commencer par le Jura”. A ses yeux, la future ministre incarne “de nombreuses minorités: les femmes, la gauche, la Suisse romande, les régions périphériques et les agriculteurs”.

Surprise aussi pour la Tribune de Genève, qui y voit un “joli cadeau pour le plus jeune canton suisse”, et pour la version romande du site Watson, pour qui cette élection constitue une reconnaissance complète du canton du Jura et une manière d’affirmer l’unité de la Suisse.

Le Temps va plus loin et parle d’une “sacrée surprise”. La Berne fédérale n’en avait plus vécu de telles depuis l’élection d’Eveline Widmer-Schlumpf à la place de Christoph Blocher, ajoute-t-il.

Les journaux lémaniques se rejoignent pour souligner les questions que pose cette élection: la surreprésentation des latins et l’absence des grandes villes du gouvernement. Pour Le Temps, la disparition de conseillers fédéraux urbains constitue “une question dont il faudra parler”.

“Dommage irréparable”

Et une partie de la presse alémanique en parle – et sans mâcher ses mots. Pour le Tages-Anzeiger, cette journée d’élection n’est “pas un bon jour pour la Suisse”. Elisabeth Baume-Schneider et Albert Rösti sont des personnalités hautement qualifiées, mais “la Suisse alémanique urbaine n’est plus représentée” au Conseil fédéral.

“Jamais dans l’histoire”, la Suisse alémanique, qui compte 70% de la population du pays, n’a été aussi sous-représentée, dénonce-t-il. Quant aux grandes villes comme Zurich et Bâle – les “véritables moteurs de progrès du pays” -, elles ne seront tout simplement plus représentées.

Le portail alémanique Watson dénonce pour sa part une composition “extrêmement unilatérale” du gouvernement. La Suisse alémanique à l’est de Berne n’étant plus représentée que par la St-Galloise Karin Keller-Sutter, ce qui crée un “dommage irréparable”. Bâlois et Zurichois ont toutes les raisons d’être furieux, souligne le site.

Manque de vision

Sur les bords du Rhin, la Basler Zeitung parle de “triomphe de la Suisse rurale sur les villes”. La défaite de la Bâloise Eva Herzog “est aussi la défaite des villes”, ajoute-t-elle. De son côté, le site Cash Online regrette le “manque de vision” de l’Assemblée fédérale avec cette “victoire de la Suisse rurale et agricole sur la région la plus prospère économiquement du pays ces 20 dernières années”.

Après son élection surprise, la conseillère aux Etats jurassienne doit maintenant faire la preuve qu’elle est “plus que gentille et terre à terre”, estime la NZZ. Tout en soulignant qu’elle coche toutes les cases exigées par la fonction.

Le 7 décembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Grand Conseil vaudois – Des critiques de tous bords sur le budget 2023 du canton de Vaud

LAUSANNE – Le Grand Conseil vaudois a entamé mardi ses débats sur le budget 2023 du canton. Les députés ont voté l’entrée en matière, non sans adresser plusieurs reproches au Conseil d’Etat.

Présidente de la Commission des finances, Florence Gross (PLR) a incité ses collègues à soutenir ce budget, qui table sur un déficit de 227 millions de francs. Elle a toutefois mis en garde contre “un budget extrêmement fragile” qui relève presque du “funambulisme” en raison, entre autres, de la situation économique et des résultats attendus de la BNS.

La présidente du Conseil d’Etat, Christelle Luisier, a également défendu un budget qui, en “cette période exigeante”, permettait de “respecter le plus juste équilibre” entre les différents besoins de la population et les recettes de l’Etat.

Carton jaune de l’UDC

Grand Conseil vaudois - Des critiques de tous bords sur le budget 2023 du canton de Vaud

Les députés n’ont pas remis en cause l’entrée en matière, acceptée à l’unanimité. Mais avant de plonger dans l’examen détaillé du budget, ils ont émis plusieurs critiques.

Yvan Pahud (UDC) a littéralement brandi un carton jaune, “ultime avertissement” adressé au Conseil d’Etat. Relevant que ce budget était “hérité” du précédent gouvernement, alors à majorité de gauche, il a dénoncé “une hausse incontrôlée des dépenses” dans les secteurs de la santé, du social et de la formation.

A l’instar d’autres députés de droite, le chef de groupe de l’UDC a notamment épinglé la création de 424 postes (équivalents plein-temps). Un signe, selon lui, “d’un Etat toujours plus gros et dépensier, d’une usine à gaz de la bureaucratie.”

Amendement “rocambolesque”

Les députés de gauche ont, eux, globalement critiqué “le peu d’ambition” et “le manque de souffle” du budget en matière climatique et de soutien aux personnes les plus précaires.

Ils ont commencé à proposer divers amendements, destinés à infléchir ce budget. L’un d’eux s’en prend à la hausse des déductions fiscales pour primes d’assurance-maladie et accident.

Il s’agit d’une mesure “électoraliste et mal ciblée”, a estimé Julien Eggenberger (PS). Il a affirmé que cet allègement fiscal s’adressait surtout aux contribuables les plus aisés, tout en excluant les personnes qui reçoivent un subside d’assurance-maladie.

Son amendement, qui n’a pas encore été voté, vise justement à ce que les bénéficiaires d’un subside, soit environ un tiers de la population, puissent être intégrés à ces déductions.

Cette proposition a été qualifiée de “rocambolesque” par Marc-Olivier Buffat (PLR). “Cela reviendrait à autoriser des déductions sur quelque chose qu’on ne paie pas !”, a-t-il dénoncé.

Aide aux locataires

Une volée d’amendements, présentée par Hadrien Buclin (Ensemble à Gauche – POP), a aussi été annoncée. Ses propositions visent à offrir des transports publics à prix réduit, à renforcer plusieurs secteurs (accueil de jour des enfants, soins à domicile, etc) et à mieux soutenir les personnes fragilisées face à l’inflation.

Didier Lohri (Verts) a, lui, dévoilé un amendement destiné à offrir “une aide ponctuelle et exceptionnelle” aux locataires face aux conséquences de la crise énergétique.

Tous ces amendements seront abordés mercredi, lors de la suite du premier débat.

Résolution en faveur des communes

A noter qu’avant de passer au budget, le Grand Conseil a accepté à l’unanimité une résolution de la Commission des finances, destinée à combler les pertes fiscales pour les communes. Celles-ci verraient en effet leurs recettes diminuer de 32 millions de francs avec les allègements fiscaux prévus dans le budget 2023.

“Le Conseil d’Etat doit compenser les pertes fiscales des communes dans le cadre du bouclement des comptes 2022”, a indiqué Florence Gross. Christelle Luisier a répondu favorablement à cette résolution, promettant “un engagement clair” du Conseil d’Etat.

Le 6 décembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay