Category Archives: NEWS

Addictions – Campagne nationale contre l’addiction aux jeux en ligne

BERNE – Les problèmes d’addiction liés aux jeux d’argent en ligne ont doublé en trois ans en Suisse. Pour y remédier, les cantons lancent une campagne de prévention commune.

Quatre ans après un premier volet d’étude et l’entrée en vigueur de la Loi fédérale sur les jeux d’argent (LJAr), Addiction Suisse et le Groupement romand d’études des addictions (GREA) ont publié la deuxième vague de l’étude eGames sur les comportements de jeu d’argent en ligne de la population suisse.

Les résultats montrent que la fréquence de participation à des jeux en ligne a augmenté: en 2018, un quart des 1395 répondants jouaient de façon hebdomadaire. En 2021, ils étaient 30%. Mais surtout, la part des joueurs et joueuses problématiques à doublé, passant de 2,3% en 2018 à 5,2% en 2021.

Les jeunes de 18 à 29 ans sont les plus touchés: 18,8% d’entre eux sont concernés par un comportement de jeu à risque modéré ou problématique.

Les jeunes dépensent également plus d’argent dans les jeux en ligne, avec une somme moyenne de 162 francs par mois contre 105 francs pour l’ensemble de l’échantillon.

Addictions - Campagne nationale contre l'addiction aux jeux en ligne

Covid-19

Une grande majorité de participants a l’enquête a relevé que l’explosion de l’offre suisse de jeu en ligne, combinée avec la pandémie de Covid-19 et la période de semi-confinement, ont eu un fort potentiel d’influence sur l’évolution de leurs comportements. Pour rappel, les maisons de jeu ont dû temporairement fermer leurs portes dès mars 2020, seules les offres en ligne restant alors accessibles.

La démultiplication de l’offre de jeu en ligne, le marketing intensif, l’accessibilité illimitée aux jeux, les bonus, ont été des facteurs importants dans l’intensification des pratiques de jeu, affirment les joueurs. L’étude montre aussi qu’un tiers des personnes interrogées ne connaissent pas l’offre d’aide et de soutien.

Face à l’augmentation des problèmes, qui concernent particulièrement les jeunes, l’ensemble des cantons s’associent pour la première fois dans une campagne de prévention nationale. Pendant quatre semaines, elle sera diffusée sur les réseaux sociaux.

Sur le site internet gambling-check.ch, disponible dans les trois langues nationales, les joueuses et joueurs peuvent réfléchir aux motivations qui les poussent à jouer et obtenir des conseils de réduction des risques. La plateforme oriente également vers l’offre d’aide et de soutien existante.

Trouble reconnu par l’OMS

L’addiction au jeu est un trouble psychique reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), rappellent Addiction suisse et le GREA. Le jeu problématique survient lorsqu’une personne présente des difficultés avec son comportement de jeu selon un certain nombre de critères, tels que le besoin de jouer des sommes croissantes ou le fait de mentir sur sa pratique de jeu.

Le 23 février 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Arts – La Joconde : inestimable, vraiment ?

PARIS – Quelle est la valeur de la Joconde ? Difficile de fixer un chiffre sur un chef-d’oeuvre dont la valeur paraît “inestimable” par son importance historique et artistique, d’autant plus s’il est conservé dans un musée.

C’est pourtant une question à laquelle doivent répondre les assureurs, lorsqu’ils établissent les contrats en vue d’éventuels dommages et remboursement. Mais comment s’y prennent-ils ?

Le marché donne le “la”

“La valeur d’une oeuvre est déterminée par sa valeur de marché”, explique à l’AFP Daphné de Marolles, responsable de la branche art de l’assureur Axa XL en France. “Sur le marché de l’art, il y a des missions d’expertise, il y a les maisons de vente qui vont donner une valeur à l’oeuvre”, en fonction de plusieurs paramètres, notamment “la cote de l’artiste”.

Les assureurs pourront alors s’appuyer sur le prix de vente, en “demandant des bordereaux d’adjudication ou d’autres preuves”.

Cependant, “les oeuvres d’art qui sont dans les musées sont rarement passées sous le marteau d’une maison de vente, donc on n’a pas une valeur marché”, explique Mme de Marolles. Il faut alors trouver une autre solution.

Faire confiance aux conservateurs

Pour les oeuvres conservées dans les musées, “c’est l’institution qui fixe la valeur”, indique à l’AFP Irène Barnouin, responsable au sein de la branche art France de l’assureur WTW, car “ce sont les conservateurs et les entités qui y travaillent qui ont la meilleure connaissance de la valeur de leurs oeuvres, ce sont eux les experts”.

Et “lorsque l’évaluation émane des institutions muséales, l’assureur ne la met pas en doute”, affirme Mme Barnouin. Sachant qu’on assure “tous les jours des centaines d’oeuvres lors de leurs déplacements”, “on ne pourrait pas faire intervenir à chaque fois un expert”, explique-t-elle, “Donc on se fie au professionnalisme de l’institution”.

Dans le cas d’un prêt pour une exposition temporaire, le musée qui reçoit cette exposition et le prêteur (institution, particulier) “se mettent d’accord sur une valeur de l’oeuvre”, qui est spécifiée dans la convention de prêt, précise Mme de Marolles.

Dans tous les cas, la valeur “agréée” est alors inscrite dans le contrat d’assurance et va déterminer “la valeur en cas d’indemnisation nécessaire”.

Arts - La Joconde : inestimable, vraiment ?

Une science inexacte

Malgré tout, déterminer la valeur d’une oeuvre ne relève pas d’une science exacte. “Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a des approches de valorisation qui sont différentes en fonction des pays”, révèle Mme Barnouin.

“Les Américains par exemple valorisent en général leurs oeuvres d’art un peu plus que les Européens, pour un certain nombre d’artistes”, explique l’experte.

Et pour quelques oeuvres vraiment emblématiques, chiffrer leur valeur réelle et dédommager ses propriétaires en cas de disparition pure et simple est quasiment impossible. “Si je devais prendre un exemple, je dirais la Joconde. Ce serait extrêmement difficile d’estimer la valeur réelle de la Joconde”, concède Mme de Marolles”.

L’experte en assurance explique qu’il existe “deux types de sinistre”: celui “où vous n’avez plus l’oeuvre, où elle est partie en fumée, appelée ‘perte totale'” et “le sinistre où vous avez toujours l’oeuvre, qu’il va falloir restaurer”.

Pour La Joconde et “ce genre d’oeuvres” inestimables, “on accompagnera très probablement toujours” en cas de restauration, estime-t-elle.

par Charlotte Durand, AFP

Le 21 février 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Religion – Bénédiction des couples gays: Des anglicans des pays du Sud contre

LONDRES – Des archevêques représentant la majorité des anglicans des pays du Sud ont annoncé lundi rejeter l’autorité de l’archevêque de Canterbury en tant que chef spirituel, en raison de la décision de l’Eglise d’Angleterre de bénir unions et mariages civils des couples de même sexe.

Le Global South Fellowship of Anglican Churches (GSFA) affirme représenter 75% des Anglicans à travers le monde, issus de 25 provinces membres, principalement en Asie, Amérique Latine et en Afrique.

Il a annoncé dans un communiqué ne plus reconnaître Justin Welby comme le “chef de la communion” et estime qu’il a “disqualifié” l’Eglise d’Angleterre dans son rôle d'”Eglise mère”.

Cette prise de position traduit la divergence de vues entre l’Eglise d’Angleterre, globalement plus libérale vis-à-vis de la communauté LGBT+ que les autres Eglises anglicanes.

Religion - Bénédiction des couples gays: Des anglicans des pays du Sud contre

Désaccords de longue date

Après des débats parfois douloureux, l’Eglise d’Angleterre a adopté le 9 février une réforme permettant désormais la bénédiction de couples de même sexe, tout en refusant toujours de célébrer leur mariage religieux.

En réponse à la déclaration du GSFA, les services de l’archevêque de Canterbury, Lambeth Palace, ont indiqué qu'”aucune modification des structures de la communion anglicane” ne peut se faire sans son approbation.

Ils reconnaissent les “profonds désaccord” qui traversent la communion anglicane de longue date et soulignent que les réformes dans l’une des provinces n’affectent pas les autres.

Ces dernières années, l’Eglise anglicane avait sanctionné ses branches américaine et écossaise qui avaient autorisé la célébration des mariages de couples du même sexe.

Le 21 février 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

La Suède freine sur la prise en charge des transsexuels mineurs

Par Alma Cohen, AFP

STOCKHOLM – Pourtant premier pays à avoir reconnu la transidentité, la Suède a limité ces derniers mois l’accès aux traitements hormonaux de changement de genre pour les mineurs. Cette décision illustre le malaise des autorités du monde occidental sur cette question sensible.

Risque d’ignorer les souffrances de la “dysphorie de genre” contre principe de précaution médicale: le débat émerge alors que les demandes de transition, elles, s’envolent.

Après avoir décidé l’an dernier de suspendre ces traitements hors rares exceptions, la principale autorité sanitaire du pays scandinave, Socialstyrelsen, vient de drastiquement restreindre le recours à l’ablation des seins chez les adolescentes.

“Comme pour les recommandations sur les traitements hormonaux présentés plus tôt, l’état incertain des connaissances incite à la prudence”, a souligné dans un communiqué Thomas Lindén, chef de département à Socialstyrelsen.

La Suède freine sur la prise en charge des transsexuels mineurs

Surreprésentation féminine

Comme de nombreux pays occidentaux, la Suède connaît depuis une dizaine d’années une très forte hausse des diagnostics de dysphorie de genre, une souffrance liée à l’inadéquation entre le genre ressenti et celui de naissance. Selon Socialstyrelsen, environ 8900 personnes ont été diagnostiquées avec une dysphorie de genre en Suède entre 1998 et 2021.

Pour la seule année 2021, le pays a enregistré environ 820 nouveaux cas. Cette tendance est particulièrement visible chez les 13-17 ans nés de sexe féminin, avec une hausse de 1500% depuis 2008.

“C’était avant tout un phénomène masculin et maintenant il y a une forte surreprésentation féminine”, explique à l’AFP le psychiatre Mikael Landén. Pour ce médecin en chef à l’hôpital de Sahlgrenska à Göteborg, qui a contribué à l’étude scientifique sur laquelle s’est fondée l’autorité sanitaire, les raisons restent largement un “mystère”.

Une société plus tolérante? “La tolérance est élevée en Suède depuis au moins ces 25 dernières années, donc, on ne peut pas dire cela a changé”, affirme-t-il.

Débat occidental

Les profils, note-t-il, sont souvent plus complexes, combinant d’autres diagnostics comme des troubles de l’attention, alimentaires ou du spectre autistique. En mai 2021, devançant une décision des autorités, le prestigieux hôpital Karolinska de Stockholm, plus grand établissement de Suède, a choisi de limiter les traitements hormonaux – comme la testostérone – à la seule recherche de traitements hormonaux.

Cette décision a été remarquée à l’étranger, où l’on fait face aux mêmes questionnements. La Finlande a pris une décision similaire en 2020. En France, l’académie de médecine a appelé à “une grande prudence médicale” dans le traitement des jeunes patients et “à la plus grande réserve” sur les traitements hormonaux.

Au Royaume-Uni, un cas retentissant a mis la question sur le devant de la scène. Regrettant sa transition de femme à homme, Keira Bell a déposé une plainte en 2020 contre l’organisme public chargé des cas de dysphorie de genre, lui reprochant d’avoir été trop jeune pour suivre ces traitements. Un procès finalement perdu.

Associations inquiètes

Le coup de frein suédois est d’autant plus notable que le pays a été le premier au monde, dès 1972, à autoriser le changement juridique de genre, ouvrant la voie à une prise en charge par la sécurité sociale de la chirurgie de réassignation sexuelle.

Pour Elias Fjellander, président de la branche jeunesse de RFSL, la principale organisation LBGT+ du pays, la Suède risque en tardant de multiplier les cas encore plus douloureux. “Ces personnes pourraient avoir besoin de plus de soins et de procédures invasives à l’avenir, parce que la décision n’a pas pu être prise plus tôt, même si le besoin médical était bien présent”, affirme-t-il.

“Je crois que les hormones sauvent beaucoup de personnes”, abonde Antonia Lindholm, une Suédoise de 20 ans, née garçon, qui a débuté sa transition à l’adolescence. “Si j’avais 13 ans aujourd’hui, je n’aurais aucune chance” d’avoir ce traitement, confie-t-elle à l’AFP.

Mais d’autres personnes ayant fait l’expérience d’une transition hormonale soutiennent la décision suédoise. Mikael Kruse, 36 ans, a changé de genre à la fin de la vingtaine puis a finalement “détransitionné”. “Je pense que faire une pause pour comprendre ce qui se passe est une bonne chose”, explique-t-il à l’AFP.

La souffrance reste

Pendant sept ans, ce Suédois a vécu en tant que femme sans que cela n’estompe son mal-être. Un nouveau diagnostic a révélé qu’il souffrait du syndrome autistique d’Asperger et de troubles de l’attention. La souffrance qu’il pensait être liée au genre venait donc d’ailleurs et il décide finalement de redevenir homme.

Pour Carolina Jemsby, coréalisatrice du documentaire The Trans Train (2019), qui avait soulevé la question de la prise en charge des enfants et des adolescents, le débat actuel montre qu’il est “plus complexe que ce que le système de santé et la société avaient espéré”.

“Un des aspects de ce dilemme est qu’il est devenu un sujet politique”, dit-elle à l’AFP. “Cela ne rend pas service à ce groupe qui a besoin de soins médicaux prouvés scientifiquement pour les aider et leur donner une vie meilleure et une meilleure capacité à vivre qui ils sont”.

Le 12 février 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Disney+ perd des abonnés pour la première fois, le groupe licencie

SAN FRANCISCO – La plateforme Disney+ du géant américain du divertissement a perdu 2,4 millions d’abonnés pendant les trois derniers mois de l’année 2022. Sept mille emplois du groupe passent à la trappe.

C’est la première fois depuis le lancement du service de streaming à la fin 2019 que Disney+ ne gagne pas des millions de nouveaux spectateurs au cours du trimestre écoulé. La plateforme compte désormais 161,8 millions d’abonnés dans le monde.

En tout, d’après son communiqué de résultats trimestriels publié mercredi, le groupe Disney a réalisé un chiffre d’affaires de 23,5 milliards de dollars d’octobre à décembre, mieux qu’espéré par les analystes.

Le géant du divertissement a surtout rassuré les marchés financiers avec des pertes opérationnelles moins élevées qu’attendues pour ses plateformes de streaming (Disney+, ESPN+ et Hulu), à 1 milliard de dollars pour la période d’octobre à décembre.

Disney+ perd des abonnés pour la première fois, le groupe licencie

Réduire les dépenses

Mais le groupe a aussi annoncé la suppression prochaine d’environ 7000 emplois. “Bien que ce soit nécessaire pour faire face aux difficultés actuelles, je ne prends pas cette décision à la légère”, a indiqué le patron du groupe Bob Iger. Selon son rapport annuel 2021, le groupe employait 190’000 personnes dans le monde au 2 octobre de cette année-là dont 80% à temps plein.

Son titre décollait de 8% lors des échanges électroniques après la clôture de la bourse de New York.

“Nous pensons que le travail que nous faisons pour transformer notre entreprise autour de la créativité, tout en réduisant les dépenses, va amener de la croissance durable et de la rentabilité pour nos activités de streaming”, a déclaré M. Iger, cité dans le communiqué.

Disney lui a demandé en novembre de reprendre le poste de directeur général qu’il avait laissé à Bob Chapek en 2020, après quinze ans à ce poste, afin de redonner de l’élan à l’entreprise.

Champion de l’image familiale et policée de Disney, il fait, depuis lors, face aux problèmes de rentabilité des plateformes, notamment Disney+ lancé en grande pompe avant son départ, mais aussi à un bras de fer politique en Floride, où se trouve l’un des parcs d’attractions de Disney, parmi les plus visités au monde.

Les relations entre le gouverneur de Floride Ron DeSantis et Disney se sont dégradées quand Bob Chapek s’est prononcé publiquement contre une loi promue par le républicain, qui interdit d’enseigner en Floride des sujets en lien avec l’orientation sexuelle à l’école primaire.

Publicité

Les plateformes de streaming ont connu des croissances flamboyantes pendant des années, encore amplifiées par la pandémie de Covid-19, avant d’être rattrapées par la crise économique.

“La croissance des abonnés ne sera pas linéaire à chaque trimestre”, avait prévenu en novembre Christine McCarthy, directrice financière de Disney, alors que la plateforme venait de gagner 12 millions d’abonnés en un trimestre.

Netflix, le vétéran et le leader du secteur, a connu un premier semestre difficile en 2022 en perdant près de 1,2 million d’abonnés, avant de rebondir cet automne et cet hiver. La plateforme compte plus de 230 millions d’abonnés payants, mais son bénéfice net annuel a baissé de 12% à 4,5 milliards.

Les applications de streaming font le même constat que des réseaux sociaux comme Snapchat, Facebook ou Instagram: les gains en utilisateurs ne se traduisent plus automatiquement en gains financiers.

Netflix et Disney ont donc lancé en décembre de nouveaux abonnements moins chers, avec de la publicité, pour attirer encore plus de spectateurs et surtout pour diversifier leurs sources de revenus.

Celui de Disney+ coûte 7,99 dollars par mois, tandis que son abonnement de base sans publicité est passé à 10,99 dollars aux Etats-Unis. D’ici à la fin 2023, la nouvelle formule devrait rapporter plus d’un milliard de dollars de recettes publicitaires aux Etats-Unis, selon les chiffres du cabinet Insider Intelligence.

Le 8 février 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Aide au suicide – Le nombre de suicides accompagnés par Exit a augmenté en 2022

BERNE – En 2022, 1627 personnes ont eu recours à Exit pour les accompagner dans la mort en Suisse, soit 233 de plus qu’en 2021. Exit Suisse romande a comptabilisé 502 suicides assistés et Exit Suisse alémanique et Tessin 1125.

Aide au suicide - Le nombre de suicides accompagnés par Exit a augmenté en 2022

La branche alémanique de l’organisation d’aide au suicide, qui comprend également le Tessin, a en outre enregistré 17’361 adhésions supplémentaires et comptait 154’118 membres au 31 décembre dernier, a-t-elle indiqué vendredi dans un communiqué. Les statistiques 2022 d’Exit Suisse romande seront quant à elles publiées en avril prochain.

Selon Exit, le vieillissement de la population explique le besoin persistant d’aide au suicide. L’âge moyen des personnes accompagnées par l’organisation a d’ailleurs augmenté de 1,4 ans par rapport à 2021 pour s’établir à 79,6 ans en 2022.

La majorité des personnes ayant recouru à un suicide assisté en 2022 en Suisse alémanique et au Tessin étaient atteintes d’un cancer en phase terminale. Il s’agissait de 413 individus, soit 37% des cas. En outre, 320 personnes âgées atteintes de maladies multiples ont choisi de faire appel à Exit, soit 56 de plus qu’en 2021. Comme les années précédentes, les femmes (660) ont été plus nombreuses que les hommes (465) à opter pour le suicide assisté.

La grande majorité des personnes gravement malades peuvent faire venir Exit chez elles. En 2022, 76% des suicides accompagnés par l’organisation se sont déroulés dans des espaces privés. Près d’un sur cinq (18,6%) ont eu lieu dans des maisons de retraite ou des établissements médico-sociaux.

Le 3 février 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Allergies – Les bébés de moins d’un an souffrent aussi des pollens

BALE – Les bébés souffrent aussi de symptômes allergiques dus aux pollens durant leur première année de vie, selon une étude bâloise. Jusqu’ici, ce lien n’avait été démontré que chez des enfants plus âgés ou des adultes.

Allergies - Les bébés de moins d'un an souffrent aussi des pollens

Ces résultats, publiés dans la revue Allergy, sont importants, car les premiers mois de vie des nourrissons sont une période particulièrement sensible pour le développement des poumons, a indiqué lundi l’Hôpital pédiatrique universitaire des deux Bâle (UKBB) dans un communiqué.

L’équipe bâloise emmenée par Amanda Gisler s’est penchée sur plus de 400 nourrissons de moins d’un an enregistrés dans la cohorte BILD (Basel Bern Infant Lung Development Cohort).

Les éventuels symptômes respiratoires étaient enregistrés chaque semaine entre janvier et septembre par interviews téléphoniques. Les données sur les concentrations de pollens étaient fournies par MétéoSuisse d’après la station de mesure la plus proche.

Résultats: les nourrissons exposés à des taux plus élevés de pollens de graminées ou d’arbres présentaient également davantage de symptômes respiratoires, et ce indépendamment de la sensibilité de la mère aux allergies ou du sexe de l’enfant. Les bébés nés à terme en bonne santé étaient également touchés.

Les auteurs ont également étudié un éventuel renforcement des symptômes par la pollution de l’air, sans toutefois obtenir un résultat significatif. Cette étude a été récompensée la semaine dernière d’un des Prix Pfizer de la recherche. Des chercheurs de l’Hôpital de l’Île à Berne y ont également contribué.

Le 30 janvier 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Jeux d’argent : la restriction de la publicité pourrait réduire les préjudices chez les personnes vulnérables (étude)

SHEFFIELD (ANGLETERRE) – Les dommages causés par les jeux d’argent sur les enfants, les jeunes et les personnes déjà à risque sont plus susceptibles d’être influencés par la publicité. Des chercheurs de l’Université de Sheffield et de Glasgow ont exploré la relation entre l’exposition à la publicité pour les jeux d’argent et les attitudes, intentions et comportements qui peuvent être associés à un risque accru de préjudices tels que l’endettement, les problèmes relationnels, les problèmes de santé physique et mentale et la criminalité. Les résultats, publiés dans la revue Public Health, ont montré qu’une plus grande exposition à la publicité augmenterait la participation aux jeux d’argent, ce qui accroît le risque de dommages.

Les méfaits liés aux jeux d’argent représentent un facteur potentiel important d’inégalités en matière de santé, car les personnes déjà désavantagées sur le plan financier, social et mental sont également plus susceptibles de subir de nouveaux dommages.

Relation de cause à effet

L’équipe a analysé huit revues récentes dans ce domaine qui comprenaient les données de plus de 70 articles de recherche, utilisant une variété de méthodes de recherche pour étudier la relation entre la publicité et les jeux d’argent. Les recherches dans ce domaine ont systématiquement trouvé une relation de cause à effet entre l’exposition à des publicités pour des produits ou des marques de jeu et une plus grande intention de jouer et une activité de jeu accrue.

Il existe également des preuves de l’impact sur les enfants et les jeunes, ainsi que sur les personnes déjà à risque en raison de leur activité de jeu actuelle ; les personnes les plus vulnérables étant plus susceptibles d’être influencées.

Le professeur Elizabeth Goyder, professeur de santé publique à la School of Health and Related Research de l’Université de Sheffield, a déclaré que les méfaits des jeux d’argent représentent un moteur potentiel important des inégalités en matière de santé, car les personnes déjà désavantagées sur le plan financier, social et de la santé mentale ont également un risque accru de subir des méfaits liés aux jeux d’argent. Il a été également démontré que les personnes qui risquent déjà de subir les méfaits du jeu sont plus susceptibles d’être incitées à jouer par l’exposition à la publicité.

Jeux d'argent : la restriction de la publicité pourrait réduire les préjudices chez les personnes vulnérables (étude)

Rôle essentiel de la restriction

Les chercheurs confirment que les preuves substantielles trouvées dans toutes les revues récentes des preuves dans ce domaine soutiennent l’utilisation de la restriction pour réduire l’exposition à la publicité sur les jeux d’argent. Ceci est particulièrement susceptible de réduire le risque de préjudice pour les enfants et les jeunes ainsi que pour les adultes qui sont déjà vulnérables aux préjudices liés aux jeux de hasard.

De telles restrictions pourraient non seulement réduire les méfaits globaux, mais aussi atténuer l’impact de la publicité sur les inégalités liées aux jeux d’argent.

Selon le prof. Elizabeth Goyder, l’étude a montré que les stratégies de prévention des méfaits sur la santé publique devraient idéalement inclure une série de politiques qui limitent l’exposition à la publicité, en particulier chez les enfants et les groupes vulnérables.

Les chercheurs reconnaissent que la base de preuves de l’étude a des limites, car elle est largement caractérisée par des enquêtes et des études qualitatives sur l’exposition, les attitudes et les comportements autodéclarés dans la population générale.

Le 30 janvier 2023. Source : Public Health, Communiqué de presse en anglais de l’étude (via Eurekalert.org). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Etats-Unis – Le ministère américain de la Justice poursuit Google pour monopole

SAN FRANCISCO – Le ministère américain de la Justice a porté plainte contre Google mardi pour son “monopole” sur le marché de la publicité en ligne, d’après un document judiciaire. Le géant de la tech fait déjà face à d’autres poursuites liées au droit de la concurrence.

“Google a utilisé des méthodes anticoncurrentielles, excluantes et illégales pour éliminer, ou réduire drastiquement, toute menace à sa domination sur les technologies utilisées pour la publicité numérique”, assène l’autorité.

Le ministère et huit Etats américains, dont la Californie et New York, demandent à la justice de condamner le groupe californien pour infraction au droit de la concurrence, de lui faire payer des dommages et d’ordonner la cession de ses activités liées à la vente d’espaces publicitaires en ligne.

La plainte explique que Google contrôle aussi bien les technologies utilisées par “quasiment tous les sites web” pour vendre des bandeaux ou fenêtres pop-up aux marques, que les outils dont se servent les annonceurs pour acheter ces espaces, ainsi que le marché où ont lieu les transactions. “Plus de 13 milliards de publicités sont vendues chaque jour” sur le web aux Etats-Unis, notent les plaignants.

Etats-Unis - Le ministère américain de la Justice poursuit Google pour monopole

“Les dommages sont clairs”

Ils assurent que Google a abusé de sa position dominante pour exclure ses rivaux, notamment en “prenant systématiquement le contrôle d’une large variété d’outils high-tech utilisés par les éditeurs, les annonceurs et autres acteurs du marché”. “Les dommages sont clairs: les éditeurs de sites internet gagnent moins, et les annonceurs dépensent plus”, assène la plainte.

Google a déjà été condamné dans le passé à des amendes pour infraction au droit de la concurrence, notamment par l’Union européenne.

Aux Etats-Unis, l’entreprise affronte déjà des poursuites lancées fin 2020 par une coalition d’Etats emmenée par le Texas. Selon leurs accusations, Google a cherché à évincer toute concurrence en manipulant les ventes aux enchères publicitaires – le système ultra perfectionné qui détermine quelles publicités s’affichent sur les pages web en fonction du profil anonymisé de l’internaute.

Le 24 janvier 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Urbanisme – Après Paris et New York, Londres veut sa propre coulée verte

Par Joe Jackson, AFP

LONDRES – Transformer une ancienne ligne de chemin de fer pour en faire un “parc dans le ciel”: Londres s’inspire de New York et s’apprête à se lancer dans la construction de sa propre coulée verte aérienne, au coeur de la capitale britannique.

Les autorités locales doivent donner le 19 janvier le feu vert officiel pour le lancement de la première section de la “Camden Highline”, en référence au nom de la célèbre promenade plantée de Manhattan.

Il aura fallu une demi-décennie de planification acharnée, de réflexion architecturale et de levées de fonds par les résidents, entreprises, donateurs et personnalités politiques pour que le projet voie le jour.

L’ancien viaduc ferroviaire, long de 1,2 kilomètre, reliera Camden Town au quartier récemment transformé de King’s Cross. Le pont, aujourd’hui envahi par la végétation à côté de lignes de chemin de fer encore opérationnelles, est amené à devenir un espace vert attirant de nombreux Londoniens.

“Magique”

“Nous espérons construire un incroyable parc dans le ciel”, a affirmé à l’AFP Simon Pitkeathley, qui chapeaute le projet. Cela “va être un environnement beau et agréable pour se déplacer entre ces deux parties vibrantes de Londres”, a-t-il ajouté en guidant des habitants du quartier pour leur montrer la coulée verte imaginée.

Les bureaux d’architectes de vPPR et James Corner Field Operations, l’entreprise derrière la High Line de Manhattan, ont remporté l’appel d’offres pour lequel des dizaines d’entreprises s’étaient manifestées.

Rappelant elle-même la coulée verte créée en 1988 dans l’est parisien, la promenade américaine, construite sur une ancienne voie ferroviaire dans l’est de Manhattan, est devenue un lieu touristique majeur depuis son ouverture en 2009 et a récemment été agrandie.

Selon James Corner, sa petite soeur londonienne sera “un parc surélevé unique en son genre […] illustrant la symbiose magique entre la nature, la culture, les arts et les habitants”. Le projet a mobilisé les résidents de Camden, un quartier du nord de la capitale connu pour son marché et sa vie nocturne.

Urbanisme - Après Paris et New York, Londres veut sa propre coulée verte

“Assez différentes”

“On adore la High Line à New York et [on] est super enthousiastes que la même entreprise soit en charge de celle” de Londres, se réjouit Charlotte Tansey. “Il y a tellement de touristes qui viennent à Camden chaque jour. Ce serait génial pour eux d’avoir une nouvelle vue, comme à Manhattan !”

Toutefois, les deux coulées vertes seront “assez différentes, car nous sommes juste à côté de vrais trains”, explique M. Pitkeathley. D’épaisses vitres transparentes protègeront les piétons.

Le viaduc, construit à l’époque victorienne mais inutilisé depuis près de 40 ans, est prêté sur le long terme à la Camden Highline par Network Rail, propriétaire des quelque 32’000 kilomètres de rail britannique.

La promenade passera par la station de métro Camden Road, qui sera une des quatre ou cinq entrées envisagées pour rejoindre la coulée verte. Les architectes prévoient de laisser apparentes les structures du pont pour “célébrer” l’alliance entre nature et monuments vieillissants.

Levée de fonds

Construite en plusieurs phases, la promenade devrait coûter au moins 35 millions de livres (40 millions de francs) au total, selon les estimations. La première partie débutera au niveau du marché de Camden et pourrait ouvrir au public d’ici à 2025. Les deux autres sections devraient prendre au moins deux ans de plus à être bâties.

Mais avant cela, les responsables du projet doivent trouver les 14 millions de livres nécessaires pour la première étape de la construction. L’association formée pour mener à bien le projet a déjà levé – et dépensé – environ 1 million de livres. Elle espère intensifier ses efforts une fois que le permis de construire aura officiellement été accordé.

Le projet est soutenu par le conseil municipal de Camden, le maire de Londres Sadiq Khan et des personnalités politiques comme le chef de l’opposition travailliste Keir Starmer, député local.

M. Pitkeathley assure qu’il peut trouver les fonds. Il vise de riches donateurs, des organisations publiques et des partenaires commerciaux. Si les habitants sont enthousiastes, certains redoutent que la crise de coût de la vie au Royaume-Uni ne menace le projet.

Le 15 janvier 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay