BERNE – Ueli Maurer ira à la coupe du monde de football au Quatar. C’est le seul conseiller fédéral qui a confirmé sa présence au grand raout, controversé pour des questions de respect des droits humains et du climat. La ministre des sports Viola Amherd ne s’y rendra pas.
Les Départements fédéraux des finances (DFF) et de la défense et des sports (DDPS) ont confirmé ces informations à Keystone-ATS, suite à des articles parus mardi dans les journaux alémaniques de Tamedia et de CH Media.
Pour l’instant, aucun autre ministre n’a prévu de s’y rendre, a indiqué Ursula Eggenberger, porte-parole de la Chancellerie fédérale. Cela pourrait encore changer et dépendra des agendas des conseillères et conseillers fédéraux.
Viola Amherd soutiendra l’équipe de Suisse depuis chez elle, a précisé le DDPS. Le département n’a pas précisé pourquoi la ministre des sports ne se rendait pas au Quatar.
Ueli Maurer a lui planifié un voyage de travail à la fin novembre au Proche-Orient, a dit son chef de la communication Peter Minder. En conclusion de ce déplacement, M. Maurer suivra le match Suisse-Brésil, sur invitation de la Fédération suisse de football et de la Fifa.
Echanges intenses avec le Quatar
Ueli Maurer, qui quittera le Conseil fédéral en décembre, s’est déjà rendu au Quatar en juillet 2021, puis en mars dernier. Les discussions ont alors notamment porté sur la livraison de gaz liquéfié à la Suisse, dans le contexte de la guerre en Ukraine. Le conseiller fédéral a aussi accueilli en septembre le ministre quatari des finances, Ali bin Ahmed Al Kuwari, pour parler de questions énergétiques.
La coupe du monde de football a lieu du 20 novembre au 18 décembre. De nombreux appels au boycott ont été lancés. En Suisse, certaines villes ne veulent pas de fan-zones sur la voie publique.
Les ONG reprochent à l’Emirat de ne pas respecter les droits humains fondamentaux, notamment ceux des femmes. La situation des travailleurs émigrés a aussi été dépeinte à de nombreuses reprises comme lamentable. Des enquêtes journalistiques ont fait état de conditions de travail proches de l’esclavage. Le Quatar a depuis promis des améliorations.
La durabilité de cette coupe du monde a également fait couler beaucoup d’encre. Le petit Etat du Golfe n’a aucune tradition footballistique et tous les stades ont dû être construits spécialement pour l’occasion. Des accusations récurrentes de corruption concernant l’attribution de cette coupe au Quatar ont également fait la une des médias depuis des années.
Le 1 novembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay
ROME – Au nom de l’ordre et pour lutter contre les nuisances, le gouvernement de Giorgia Meloni est parti en guerre contre les rave-party. Il a musclé les peines prévues pour les organisateurs et les participants.
Le texte approuvé lundi en conseil des ministres préoccupe l’opposition, qui craint qu’il ne puisse s’appliquer arbitrairement à toute forme de manifestation publique.
“C’est une erreur gravissime. Les ‘raves’ n’ont rien à faire dans un tel texte. C’est la liberté des citoyens qui est remise en cause”, s’est alarmé le patron du Parti démocrate, Enrico Letta, sur Twitter.
L’écrivain Erri di Luca a ironisé sur le “grave danger des manifestations musicales libres et gratuites”. “La jeunesse condamnée à l’échafaud”, a-t-il réagi lui aussi sur le réseau social.
Deux poids deux mesures
L’indignation est d’autant plus vive que les forces de l’ordre ont confisqué une sono d’une valeur de 150’000 euros lundi lors d’une intervention contre une rave à Modène (nord) alors que 2000 personnes ont rendu hommage dimanche sans être inquiétés au dictateur fasciste Benito Mussolini dans sa ville natale de Predappio (nord).
“Qui décide de ce qui est dangereux? Une rave ou un rassemblement de chemises noires qui insultent notre constitution?”, s’interrogeait mardi la députée démocrate Ilenia Malavasi.
Pour Dario Accolla, militant de la communauté LGBT dont Giorgia Meloni dénonce régulièrement le “lobby” et qu’elle accuse de promouvoir “les théories de genre”, “ils veulent simplement nous interdire de manifester”.
L’opposition critique également les priorités du gouvernement qui, pour son premier conseil des ministres, a approuvé des sanctions contre les rave-party et autorisé la réintégration de milliers de soignants “no vax” mais fait l’impasse sur l’aide aux ménages et aux entreprises face à l’inflation.
“La fête est finie”
Du côté de la majorité, on se félicite de la réforme qui prévoit désormais jusqu’à six ans de prison et 10’000 euros d’amende pour les organisateurs ou les promoteurs de fêtes illégales occasionnant “l’invasion de terrains et d’édifices en présence de plus de 50 personnes” et sont susceptibles de provoquer “des dangers pour la sécurité publique, l’ordre public ou la santé publique”.
“La fête est finie”, a twitté Matteo Salvini, chef de la Ligue et ministre des Infrastructures.
Ces dispositions légales sont “déjà en vigueur dans d’autres pays”, a plaidé le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi.
“Elles offrent des instruments nouveaux et plus efficaces grâce auxquels il sera possible d’intervenir rapidement pour endiguer un phénomène particulièrement coûteux pour l’Etat, et donc pour la collectivité, en ce qu’il exige l’engagement de ressources importantes et de nombreux agents des forces de l’ordre”, a-t-il expliqué.
Pour lui, la rave de Modène et la réunion de nostalgiques fascistes à Predappio sont “deux choses totalement différentes”: “Predappio est une manifestation qui se tient depuis de nombreuses années. S’agissant de la rave party, il y a eu une plainte du propriétaire” des terrains.
Brassard nazi
Interrogée par la presse italienne sur le soupçon de complaisance de sa majorité envers les militants néofascistes de Predappio, Giorgia Meloni a répondu: “Vous savez ce que je pense, politiquement, c’est très éloigné de moi”.
Plusieurs membres de son gouvernement et du parlement ont été épinglés par les médias ces dernières semaines pour leurs déclarations passées ou récentes concernant le fascisme et Mussolini.
Lundi, la première ministre a entériné la nomination des ministres délégués. Parmi eux, Galeazzo Bignami, nommé aux Infrastructures, photographié en 2005 avec un brassard nazi lors d’une fête privée.
“Quand le passé ne passe pas. Ombres noires sur le choix des ministres délégués”, a titré mardi le quotidien de centre-gauche La Repubblica.
Depuis sa victoire aux élections du 25 septembre, Mme Meloni, qui a fondé le parti post-fasciste Fratelli d’Italia, n’a de cesse de prendre ses distances avec le régime du “Duce”.
Elle qui déclarait, jeune militante de 19 ans, que Mussolini avait été “un bon politicien”, condamne aujourd’hui son autoritarisme, ses lois anti-juives et la déportation des juifs vers les camps nazis. Il s’agit pour elle “du point le plus noir de l’Histoire de l’Italie, une honte qui entachera notre peuple à jamais”.
Le 1 novembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay
SAO PAULO – Le conservatisme chrétien se porte plutôt bien en Occident, le gouvernement Bolsonaro a perdu au Brésil face à Lula pour seulement 2 petits points de pourcentage comme Romanvie.ch en a parlé en ayant presque tous les grands médias (y compris les instituts de sondage médiocres) contre lui et dans quelques jours le parti Républicain devrait avoir à nouveau la majorité au congrès américain.On va découvrir que le conservatisme ne doit jamais être en faveur de la théorie de genre.
Brésil
Le Brésil est un pays plutôt pauvre avec d’importantes poches de pauvreté dans le nord-est du pays comme l’état de Baia. Un endroit où le parti des travailleurs (PT) a réussi à avoir environ 70% des votes et assurer une victoire au leader de la gauche. Avec seulement 51% des votes, Lula ne pourra pas non plus mener des réformes trop à gauche. Rappelons qu’une partie importante du congrès à Brasilia compte des politiciens conservateurs.
Etats-Unis, quelques éléments du succès – médias presque toujours opposés
Comme l’explique Newt Gingrich dans une vidéo de fin octobre 2022 avec Jordan Peterson, pour avoir du succès le parti doit avoir un grand thème national le plus porteur possible. On peut penser par exemple à l’UDC qui en Suisse a toujours été très fort pour choisir des “mythes” ou éléments nationaux comme par exemple un contrôle de l’immigration. Newt Gingrich a travaillé sur la stratégie électorale de Ronald Reagen. M. Gingrich relève aussi que dans presque tous les pays de l’Occident les médias (mainstream) sont opposés aux conservateurs. Au Brésil, sauf peut-être la puissante TV Record (et leur site R7.com) d’Edir Macedo, presque tous les grands médias étaient clairement contre Bolsonaro (Groupe Globo, Groupe Folha de S.Paulo, Estadão).
Budget
Il est évident que pour tout conservateur, le budget reste très important. On a en Suisse un excellent ministre des finances (sortant), Ueli Maurer, qui va dans le sens d’une orthodoxie conservatrice.
Danger des managers dans l’état, vision !
Aux Etats-Unis, dans le parti Républicain il y a beaucoup de managers qui n’ont pas de vision pour le conservatisme moderne, comme l’explique Newt Gingrich. Comme la gauche sait proposer des utopies, la droite conservatrice doit être capable de transmettre une vision aux citoyens, souvent la droite manque de vision. Souvent le succès dans le parti Républicain vient justement d’outsider comme Ronald Reagen, Donald Trump ou Newt Gingrich qui ont une vision. La vision de Donald Trump est d’avoir une vision claire, America first (En premier l’Amérique).
Résoudre la violence
Un point très important d’un parti conservateur est très strict sur la lutte contre la violence, comme par exemple la petite délinquance (on peut penser en Suisse à Lausanne ou Genève) ainsi que contre le trafic de drogue.
Etat faible, grand Dieu
Il est évident que dans le conservatisme l’état ne doit pas être trop grand, et si possible Dieu doit être dans le coeur des citoyens. C’est assez logique. Il faut laisser à la gauche (française notamment) l’idée d’état providence. Par conséquent la politique devient sacrée, en abandonnant Dieu.
Théorie de genre, non !
Faire naître le doute sur le sexe d’un enfant peut être très dangereux pour une société, en provoquant des maladies psychiques sérieuses. Pour rappel la théorie de genre estime qu’un enfant, tous les enfants, ne naît pas fille ou garçon mais neutre, qu’il/elle peut choisir son genre. Le conservatisme doit absolument défendre des traditions millénaires et surtout ne pas instaurer des pronoms (il, lui…) dans l’administration. Le psychologue Jordan Peterson estime que même si on peut sauver une infime minorité d’enfants de facto sans identité du sexe claire (transsexuelle, hermaphrodite), on sacrifie peut-être un millier d’enfants avec une identité sexuelle claire pouvant souffrir de maladies psychiques.
RIO DE JANEIRO – La victoire, même étriquée, de Lula dimanche au second tour de la présidentielle au Brésil consacre le retour en puissance de la gauche en Amérique Latine, mais selon des analystes les électeurs ont voté surtout par “dégagisme”.
Une série de succès électoraux de la gauche depuis quatre ans au Mexique, en Argentine, en passant par la Bolivie ou la Colombie rappelle le début des années 2000 lorsqu’une “vague rose” avait déferlé sur le continent.
Sauf que cette fois-ci, les électeurs ont moins voté par adhésion particulière aux idées de gauche que par volonté de changement et pragmatisme après les effets dévastateurs de la pandémie de Covid-19 et de la crise économique, selon des experts.
“Il s’agit plus d’une tendance de rejet qu’autre chose, de gens qui cherchent une alternative”, explique à l’AFP l’analyste Michael Shifter, de l’institut Dialogue inter-américain.
“Ce n’est pas parce que les latino-américains sont devenus plus de gauche. Je ne pense pas qu’il y ait de preuves pour soutenir cela”, ajoute-t-il.
Jair Bolsonaro, même avec ses sorties racistes, sexistes et homophobes, son style agressif, ou sa gestion du Covid qui a fait plus de 687’000 morts au Brésil, a failli être réélu et déjouer les pronostics initiaux qui donnaient Lula largement vainqueur.
Optimisme
La tendance au “dégagisme” a commencé en 2018 au Mexique avec l’élection d’Andres Manuel Lopez-Obrador puis s’est poursuivie en Argentine, en Bolivie, au Pérou, au Honduras, au Chili puis enfin en Colombie en juin cette année avec l’élection du premier président de gauche dans l’Histoire du pays.
Lula, qui fait un retour spectaculaire au premier plan, faisait partie de la “vague rose” initiale qui a également vu l’ascension de dirigeants de gauche tels que Evo Morales en Bolivie, Michelle Bachelet au Chili, Rafael Correa en Equateur et Hugo Chavez au Venezuela.
Les deux mandats de Lula de 2003 à 2010 ont permis à quelque 30 millions de Brésiliens de sortir de la pauvreté.
“Il y avait une vague très optimiste de gouvernements de gauche qui essayaient de réduire la pauvreté, de s’attaquer aux inégalités. Et les conditions économiques étaient surtout bien meilleures”, dit à l’AFP Guilherme Casaroes, analyste politique à la Fondation Getulio Vargas.
Puis est survenue la crise financière mondiale de 2008 qui a ravagé l’Amérique latine, tributaire des exportations, et déclenché un virage en masse vers la droite.
Mais cette génération de dirigeants de droite n’ont pas relevé le défi d’une crise économique aggravée par une pandémie qui a mis en évidence et accentué l’inégalité d’accès aux soins de santé et à l’éducation. Nouvelles aspirations de toute une jeunesse.
Des figures de gauche, représentant un changement, ont été propulsées au pouvoir, malgré une défiance forte vis-à-vis du “communisme” sur ce continent.
“Gouvernements autoritaires”
“La droite était au pouvoir dans presque tous les pays mais pratiquement aucun de ces présidents n’a réussi à apporter de changement. Il est logique que les gens se tournent vers la gauche”, analyse Leonardo Paz, consultant pour le Brésil auprès de l’International crisis group (ICG).
Ces dirigeants de gauche forment un groupe hétéroclite, selon M. Casaroes. “Vous avez des gouvernements autoritaires au Nicaragua et au Venezuela, un populiste de gauche au Mexique, et des gouvernements relativement faibles au Chili, en Colombie et en Argentine”, estime-t-il.
Lula – généralement considéré comme modéré et pragmatique plutôt que radical ou populiste – aurait a priori du mal à mener à bien tout projet visant à encourager l’intégration politique ou économique régionale.
“À l’heure actuelle, à mon avis, ce virage à gauche est moins coordonné” qu’avec la première “vague rose”, estime Leonardo Paz.
Néanmoins, tous les dirigeants latino-américains ont chaleureusement salué dimanche la victoire de Lula. Le président de centre-gauche argentin, Alberto Fernandez, a estimé qu’elle “ouvre une nouvelle ère dans l’histoire de l’Amérique latine” avant de s’empresser, dès lundi, de se rendre à Sao Paulo pour rencontrer le président-élu qui entrera officiellement en fonctions le 1er janvier.
Et ce tournant à gauche n’a rien d’inéluctable, selon M. Shifter. “Si Lula ne réussit pas, cela pourrait aller dans l’autre sens dans quatre ans”.
“S’il ne satisfait pas les électeurs brésiliens, ils le rejetteront et iront vers quelqu’un qui est plus à droite”, dit-il.
Le 31 octobre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay
COPENHAGUE – Le Danemark vote le mardi 1er novembre 2022 pour des législatives qui s’annoncent serrées entre la gauche sortante et un bloc rassemblant droite et extrême-droite. Voici cinq choses à savoir sur le pays scandinave, terre d’éoliennes et de Lego, qui partage une frontière avec le Canada.
Petit et géant à la fois
Sur quelque 43’000 km2, le Danemark métropolitain compte 5,9 millions d’habitants, dont quelque 4,3 millions d’électeurs, répartis entre la péninsule du Jutland au nord de l’Allemagne et pas moins de 444 îles.
Mais avec ses deux territoires autonomes, les îles Féroé dans l’Atlantique nord et surtout le Groenland et ses plus de 2 millions de km2 dans l’Arctique, le royaume peut revendiquer le rang de plus vaste pays de l’Union européenne et douzième du globe.
Féroé et Groenland, qui ont aussi un parlement local, ont en tout quatre sièges sur les 179 du Parlement danois, le Folketing. Avec des sondages serrés, ceux-ci pourraient être décisifs dans la formation de la majorité parlementaire.
En 1998, l’élection d’un député de gauche aux îles Féroé, avec seulement 176 voix d’avance, avait permis au social-démocrate Poul Nyrup Rasmussen de former un gouvernement soutenu par une majorité au Parlement.
Ligne dure sur l’immigration
Dans un pays où l’extrême droite est influente depuis la fin des années 90, la ligne en matière d’immigration est particulièrement dure, sur presque tous les bancs.
Quoiqu’à la tête d’un parti social-démocrate de centre-gauche, la Première ministre sortante Mette Frederiksen a été l’avocate d’un objectif de “zéro réfugié” dans le pays scandinave depuis son arrivée au pouvoir en 2019.
Le pays, qui multiplie les initiatives pour décourager les arrivées et l’obtention de la nationalité danoise, avait été en 2020 le premier – et à ce jour le seul – en Europe à retirer leur permis de séjour à des réfugiés syriens de la région de Damas, au motif que la situation y serait désormais suffisamment sûre.
Comme le Royaume-Uni, le gouvernement sortant ambitionne d’ouvrir des centres à l’étranger pour délocaliser les demandeurs d’asile, avec des discussions avancées avec le Rwanda.
Dès le début de la crise migratoire de 2015, le Danemark avait adopté différentes mesures dissuasives dont une loi sur la confiscation des biens des migrants, visant à contribuer au financement de leur prise en charge.
Préoccupation climatique
Dans ce petit pays, qui se veut champion des énergies vertes, le climat est l’une des premières préoccupations des habitants. Selon un récent sondage, 36% des Danois estiment que le prochain gouvernement doit donner la priorité au climat, derrière la santé et la politique économique.
Dans un pays qui se prévaut d’utiliser une électricité issue à 67% d’énergies renouvelables (47% provenant de l’énergie éolienne et 11% de la biomasse), la production porcine, parmi les plus importantes du monde, est très polluante. Le gouvernement social-démocrate entend introduire une taxe carbone sur l’agriculture, une mesure soutenue par la majorité des autres formations.
L’objectif du pays nordique, terre du numéro 1 mondial des éoliennes Vestas, est de réduire de 70% ses émissions d’ici 2030, contre une réduction de 55% dans l’ensemble de l’UE, et d’atteindre la neutralité climatique en 2050, comme l’ensemble des pays européens.
Modèle social et progressisme
Le Danemark s’enorgueillit d’un modèle social performant, financé par des impôts élevés, qui offre à chacun un filet de sécurité face au chômage ou à la maladie. L’accès à l’éducation et aux soins sont gratuits, et la semaine de travail ne dépasse pas 37 heures.
La défense de la liberté d’expression est une pierre angulaire de la société danoise qui se veut moderne et progressiste. Le pays compte les plus grandes banques de sperme du monde et les donneurs peuvent choisir un strict anonymat.
L’homosexualité a été dépénalisée dès 1933 et le royaume est aussi le premier pays au monde à avoir autorisé l’union de personnes du même sexe avec la création d’un partenariat enregistré en 1989. L’un des emblèmes de Copenhague est le quartier libertaire de Christiania qui abrite depuis les années 1970 une communauté autogérée et dont l’artère principale est célèbre pour ses étals garnis de haschisch.
Royaume du vélo
La victoire de Jonas Vingegaard lors du Tour de France 2022, commencé à Copenhague, a mis l’accent sur la passion cycliste des Danois.
Ce plat pays, dont le point culminant s’élève à 170 mètres, compte plus de 12’000 km de pistes cyclables et 15% des déplacements quotidiens se font à vélo, été comme hiver. A Copenhague, qui revendique le titre de capitale mondiale du vélo, il y a cinq fois plus de bicyclettes que de voitures.
Outre la petite reine, le sport est omniprésent dans le royaume scandinave. Les Danois, qui ont inventé le handball à la fin du XIXème siècle, comptent parmi les plus sportifs de l’Union européenne: 59% d’entre eux ont une pratique sportive au moins une fois par semaine.
Le 30 octobre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay
LAUSANNE – Pour beaucoup de Suisses, la culture occidentale judéo-chrétienne de tradition grecque est attaquée. La gauche radicale semble très bien organisée et a tendance à insulter les personnes qui pensent de façon différente. Le point avec Mme Suzette Sandoz pour bien comprendre notre époque. Comme on le verra, elle joue avec succès sur les mots progressisme et conservatisme. A la fin, elle nous parle aussi très modestement du succès de son blog sur le média Le Temps“Le grain de sable“, probablement le plus lu du site.
“On ne peut pas améliorer l’être humain par la force mais on peut s’améliorer soi-même.” Mme Suzette Sandoz
Romanvie.ch (Xavier Gruffat) – Beaucoup d’intellectuels conservateurs travaillent sur l’idée que le progressisme, parfois appelé wokisme dans sa forme radicale, cherche à détruire les valeurs du christianisme. Par exemple, la gauche veut légaliser les drogues comme la cocaïne (voir article récent de The Economist publié en octobre 2022), déconstruire le genre masculin et féminin avec la fameuse théorie ou idéologie de genre. Pour rappel cette théorie estime qu’un enfant, tous les enfants, ne naît pas fille ou garçon mais neutre, qu’il/elle peut choisir son genre. Que pensez-vous ? Suzette Sandoz – Beaucoup de personnes ne veulent retenir du christianisme que les périodes de l’inquisition, des croisades, les abus d’autorité des grandes confessions ou des sectes, les méfaits d’une catégorie de colonisation par la mission et ne veulent pas voir que tout le développement positif de l’Occident est lié intrinsèquement au christianisme (aide sociale sous forme d’hôpitaux, d’asiles, de lieux d’accueil, de création de fondation d’aide, le principe de l’égalité – en valeur et non en fait ! – de tous les humains, la notion de liberté toujours liée à celle de responsabilité et enfin le principe même de démocratie). La déchéance progressive de l’Occident est liée à la déchristianisation parce que, déchristianisé, l’être humain se croit infaillible (et, en un sens, de ce fait, immortel : amusant de constater le nombre de tyrans qui veulent exercer le pouvoir à vie !) donc se prend pour un dieu ce qui est à l’origine de la pire tyrannie. La légalisation de la drogue est, qu’on en soit conscient ou non (il y a toujours beaucoup d’imbéciles utiles), liée à la recherche de pouvoir. La dépendance que crée la drogue place les personnes dépendantes dans le pouvoir de celui qui lui facilite l’accès à la drogue que cet accès soit interdit ou légal. La légalisation de la drogue est une manière d’exercer une emprise sur les « citoyens » consommateurs. Et comme toujours, il faut revêtir la démarche du « manteau du bien » (lutter contre la mauvaise qualité dangereuse pour la santé, contre la puissance de la pègre etc… mais jamais réellement contre la dépendance puisqu’une fois légalisée, la drogue rapporte !). Quant à la théorie du genre, elle me dépasse complètement, mais elle est liée à cette prétendue lutte contre le pouvoir, in casu « des mâles », et de tout ce qui représente un pouvoir (argent etc..), plus souvent, il est vrai, détenu par des « mâles » que par des « femelles ». Pour être honnête, il faudrait aussi reconnaître pouvoir propre aux femmes, celui de séduction – dont elles (nous) peuvent (pouvons) faire usage à différentes fins (certaines parfaitement convenables !) – ; Il est indispensable – dans cette lutte contre le pouvoir des mâles et pour le pouvoir des femelles – de faire disparaître tout ce qui pouvait constituer la consécration du pouvoir propre à « un sexe » fût-il dit faible » et pour cela, supprimer les sexes, en parlant de genre : en effet, parler de « supprimer les sexes » aurait l’air de supprimer le « plaisir », né de la différence claire. Le genre n’implique pas le plaisir. Le genre est un terme purement technique réduisant les êtres humains à de simples rivaux pour le pouvoir.
Qu’est-ce qui motive l’idéologie woke, selon vous et pourquoi la gauche classique semble avoir abandonné les classes populaires ? C’est toujours le même problème de pouvoir. Il faut punir les « blancs » qui ont exercé le pouvoir et pour punir, il faut « tuer », c’est-à-dire exploiter la haine. Quelle autre mesure quand on est déchristianisé ? Et la haine est merveilleusement contagieuse surtout quand on la masque sous une grimace de générosité : l’antiracisme. Du point de vue politique, on gagne beaucoup plus vite des suffrages en attisant la haine avec un sourire de « bon sauveur » qu’en cherchant démocratiquement à faire passer des valeurs. Comme la démocratie est un régime « lent », et pour cause, la recherche d’une entente démocratique est plus longue que la suppression violente d’une opposition. Mais je ne mettrais pas toute la gauche dans le même sac, pas plus d’ailleurs que toute la droite. Les deux poursuivent souvent le même but mais par des moyens différents, à cause d’une conception différente du rôle de l’Etat et même parfois de la société.
Que pensez-vous de la “cancel culture”, c’est-à-dire effacer de l’histoire certaines personnalités. A Genève l’Université Carl Vogt a été débaptisée en septembre 2022, selon la Tribune de Genève. Qu’est-ce que cela nous dit de notre époque ? C’est toujours cette prétention à l’infaillibilité (voire à l’immortalité) et cette volonté d’être tout puissant. Celui qui peut « corriger » l’histoire est le maître du temps. Et pour le cacher – sciemment ou non, parce que les « suiveurs » ne pensent pas ! – il se revêt de la cuirasse du (de la) saint(e) nitouche (admirez la langue inclusive !). La cancel culture est donc une culture de la tripe et du sentimentalisme et non une culture de l’intelligence, de l’âme et de l’esprit. Elle est grosse de futurs tyrans et suiveurs, qui se pensent infaillibles, les deux espèces étant corrélatives l’une de l’autre.
Est-ce qu’on pourra encore dire Joyeux Noël ou seulement Joyeuses Fêtes ? Pourquoi a-t-on honte de nos traditions ? Il me semble que par exemple les Japonais sont fiers de leurs traditions et religion… On ne pourra probablement plus dire Joyeux Noël dans l’espace public non parce que ce sera officiellement interdit mais par esprit de mouton, la secte de la laïcité qui se croit « tolérance » faisant des ravages dans la liberté et la joie de vivre ! En ce qui concerne les Japonais. Vous avez parfaitement raison. J’ai été frappée, lors d’un voyage au Japon, de la manière dont ils allient modernité technique et fidélité à leurs traditions y compris religieuses. Mais je dirais qu’il est nécessaire normalement que l’évolution puisse faire apparaître ce qui a été introduit de faux dans une religion quelle qu’elle soit, car il ne faut pas oublier que les fidèles de toute religion – y compris la religion chrétienne – comprennent la « doctrine » avec leur intelligence limitée et risquent toujours d’altérer le message originel, lequel n’est pas une « dictée » divine, mais un récit humain à partir de révélations. Comme le disait fort bien l’académicien Roger Caillois : « Il ne faut pas tirer argument contre la doctrine des faiblesses de ses fidèles ». Or c’est pourtant ce que les ennemis du christianisme s’acharnent à faire.
Quand est-ce que le CHUV parlera de personne enceinte et plus de femme enceinte ? Dès que le puissant lobby LGBTQA+ l’aura exigé ! Ils se concentrent momentanément sur les WC (chacun regarde la lune qu’il peut !).
On voit que dans certaines régions de l’Occident, les conservateurs se portent assez bien, par exemple en Italie, Hongrie, Suède ou même en France. Aux Etats-Unis et au Brésil les conservateurs représentent environ 50% des électeurs, parfois ils gagnent, parfois ils perdent. Est-ce que vous pensez qu’en Suisse le conservatisme pourrait croître davantage ? Pensez-vous que cela soit positif pour la Suisse ? Il est toujours positif d’oser dire « le roi est nu ». Mais il ne faut pas traiter de « conservateur » ceux qui osent le faire au nom de valeurs. Ce sont eux les « progressistes », car seules les valeurs fondamentales ont fait progresser l’humanité. Comme ces valeurs sont en voie de disparition, sont progressistes ceux qui osent les (re)mettre à l’honneur. Il est impératif de refuser l’appellation de « conservateurs » pour ces progressistes-là. En revanche, certains « conservateurs » ne sont pas plus attrayants que les « progressistes ». Ce sont ceux qui ne pensent qu’économie et pouvoir économique. Les destructeurs systématiques des valeurs morales et chrétiennes au nom de la lutte contre le capitalisme (= « progressistes ») sont aussi néfastes que ceux qui croient protéger ces valeurs en ne pensant que « économie capitaliste » (= « conservateurs »). Je souhaite que la Suisse ait de plus en plus de « progressistes » au sens de défenseurs de valeurs, mais surtout pas par une moralisation de la société, car la moralisation à laquelle on assiste depuis quelques années, notamment avec les verts, n’est qu’un vernis couvrant la perte de toute reconnaissance d’une transcendance. Plus l’homme se prend pour un dieu plus il devient moralisateur. Et l’écologie politique est malheureusement la déification de la nature servie par des êtres humains devenus infaillibles. Cette religion s’est substituée au christianisme mal prêché et mal vécu.
Pourquoi les journalistes n’arrivent-ils pas à comprendre les conservateurs (qu’ils qualifient selon moi souvent à tort d’extrême droite, même Le Monde commence à être critique sur ce sujet), est-ce qu’ils manquent de culture religieuse chrétienne, de traditions, de lecture des grands auteurs comme Nietzche ? Il y a encore des journalistes qui échappent à cette tentation facile, mais les journalistes ne sont ni meilleurs ni pires que leurs lecteurs/auditeurs : ils sont, eux aussi, faibles, désireux de plaire à la majorité (il faut bien gagner sa croûte), formés par des écoles où la majorité des enseignants sont déchristianisés, où la formation humaniste est remplacée par une fausse culture « scientifique », c’est-à-dire sans développement de l’esprit critique, et numérique, c’est-à-dire axée sur la « dopamine » pour la recherche du plaisir animal. C’est vraiment la formation scolaire qui est, depuis une cinquantaine d’années, devenue la source la plus inquiétante de la dégénérescence sociale. Il faut évidemment y ajouter la destruction de la famille, liée malheureusement à une « émancipation » mal comprise de la femme, à la « dégenrisation » et au développement, par la numérisation, d’une société sans dieu, du virtuel, donc du faux, du narcissisme et du plaisir animal. Le problème, c’est que la pandémie a accrû l’importance de la numérisation de manière inquiétante.
Parlons maintenant un peu de votre blog du Temps, pourquoi avoir choisi comme titre “Le grain de sable” ? Parce que le grain de sable empêche une machine de “ronronner”.
Vous recevez beaucoup d’éloges mais aussi des critiques, et en général vous laissez les critiques. Vous l’êtes l’une des rares personnes à les accepter, peut-être beaucoup de gens peuvent apprendre de cette forme d’humilité et de respect à ceux qui ne pensent pas comme vous. D’où avez-vous ce calme ? Il est plus facile d’être « calme » par écrit que par oral en face d’un contradicteur qui vous insulterait. Mais, comme chacun sait, il faut également moins de courage pour insulter par écrit et sous couvert d’anonymat que face à quelqu’un. C’est ma première réponse. Mais j’en ai encore deux. Je considère comme intéressant, socialement parlant, qu’un blog puisse être le reflet – grâce aux commentaires – de la société de son époque et je rêve que les commentaires de mon blog puissent une fois faire l’objet d’une thèse de sociologie. Bon ! il manquerait naturellement les commentaires insultant d’autres commentateurs ou appelant au meurtre, commentaires que je censure, comme d’ailleurs ceux qui sont totalement hors sujet. Dans ce dernier cas, j’utilise l’adresse informatique qui m’est communiquée avec les commentaires à valider pour interpeller l’auteur, lui signaler que son commentaire est hors sujet et devrait plutôt être déplacé vers tel autre article de mon blog. Si l’adresse que j’ai reçue m’est refusée parce qu’inexistante (= fausse !), ou si je ne reçois pas de réponse, alors je détruis le commentaire car je ne veux pas donner la parole à « rien ». Enfin, 3e réponse, double : d’une part, je considère que l’insulte ne déshonore que celui qui la profère et non celui à qui elle s’adresse, donc chacun est libre de se déshonorer s’il le souhaite. D’autre part, ma mère et mon père avaient, chacun, sa manière d’être au-dessus des insultes. Ma mère disait : « Fiche-toi de ça et vois grand », mon père, officier de carrière, avait un langage plus « direct » et disait : « Le pipi des petits chiens n’atteint pas le marbre des statues ». Ces deux phrases me sont un bouclier précieux.
Je vais vous apprendre une chose, si dans Google on écrit : “blog Le Temps…”, votre nom apparaît en premier, preuve que vous êtes le blog le plus recherché du principal journal de qualité en Suisse romande. Comment expliquez-vous un tel succès ?Est-ce peut-être parce que Le Temps est sur une ligne plutôt libérale, et vous êtes plus sur une ligne de droite “conservatrice” (dans une définition française et pas anglo-saxonne) ? Je n’en ai aucune idée, car je ne vais jamais sur blog du Temps ou peut-être est-ce (horresco referens) parce que je suis une femme et que c’est bon pour leur quota. Quant au nombre élevé de commentaires, il n’est sans doute dû qu’au fait que les gens aiment lire leurs publications, que je les laisse se répondre parce que cela donne parfois des textes fort intéressants et que je les mets tous sous réserve des exceptions que je vous ai mentionnées dans ma précédente réponse.
Revenons sur notre civilisation actuelle,d’un autre côté, la gauche a et surtout a eu des idées très positives pour la société comme l’AVS ou l’AI. Êtes-vous d’accord pour dire que le problème est actuellement davantage sur la gauche moraliste (woke) que la gauche plus traditionnelle ? Le journalLe Temps rapportait à la fin octobre des tensions à ce sujet dans le parti Socialiste genevois… Je dirai d’abord que ce sont souvent les grandes familles entrepreneuriales libérales et chrétiennes catholiques ou protestantes qui ont eu l’idée d’assurer une protection financière à leurs employés (voir Burrus à Boncourt ou d’autres entreprises familiales dans les cantons de Vaud et Genève entre autres). Mais pour ces personnes, ces mesures étaient la manifestation d’une responsabilité personnelle envers autrui et non une mesure étatique, neutre et souvent autoritaire, avec surveillance et réglementation. La particularité des assurances sociales – dont je ne dénigre pas du tout l’intérêt ni le bienfondé – c’est qu’elles sont toujours d’expression d’une déresponsabilisation des personnes. Mais je reconnais que le système de l’assurance généralisée tient mieux compte du fait que l’être humain n’est pas naturellement bon. En ce qui concerne l’affaire du Parti socialiste genevois, elle prouve que « le moralisme » est plus à la mode que jamais. Il a souvent pollué le christianisme et assure toujours une forme de pouvoir. Il est actuellement récupéré par toute formation politique en mal de pouvoir. Il a l’avantage de s’adresser aux sentiments en supprimant la réflexion. Est-il plutôt de gauche que de droite ? Peut-être bien car la droite est souvent plus réaliste, mais la gauche n’a pas non plus le monopole du cœur.
Pourquoi est-ce qu’en Suisse romande il n’y a pas un grand journal conservateur ou une télévision, comme le Wall Street Journal ou Fox News aux Etats-Unis (propriétés en grande partie de la puissante famille catholique Murdoch) ? Pensez-vous qu’il y aurait un marché ? Non il n’y aurait pas de marché. Et si un grand mécène le finançait, le risque d’unilatéralisme existerait, surtout de nos jours où le numérique veut l’uniformisation et a rendu la publicité si intéressante financièrement grâce à la collecte des données. Le vrai problème c’est d’avoir un journal annonçant honnêtement sa couleur et, de ce fait, osant donner la parole librement à des contradicteurs. Il faut être très sûr de soi pour accepter la contradiction en son sein.
Certains intellectuels qu’on peut qualifier de conservateurs, je crois comme Dr Jordan Peterson (et leurs alliés), travaillent sur l’idée que sur certains aspects la gauche morale (woke) n’a pas forcément tort, mais qu’ils vont beaucoup trop vite dans leur loi et leur agenda (pour utiliser un terme anglo-saxon). Les changements peuvent se faire mais pas trop rapidement. Prenons l’exemple de l’écologie, que pensez-vous ? Beaucoup de gens culpabilisent un peu de tout, d’aller en voiture, en avion, en croisière. Cela devient stressant... La culpabilisation est un mal très sournois. Elle est entretenue contre les Chrétiens et d’une manière générale contre l’Europe occidentale depuis la fin de la 2e guerre mondiale, comme si les horreurs de cette dernière n’avaient existé qu’en Europe occidentale et n’avaient jamais été commises par aucun autre peuple ni aucun autre pays. Comme si aucun autre continent n’avait pratiqué l’esclavage, ou la colonisation, ou le génocide. On oublie en général de mentionner les horreurs du communisme et simplement l’histoire, celle que le wokisme veut effacer pour mieux la condamner. La culpabilisation est aussi une manière d’exercer un pouvoir. Celui qui se laisse culpabiliser n’est pas libre. Il ne faut se laisser culpabiliser sous aucun prétexte. En revanche, il est important de reconnaître des erreurs, de réveiller efficacement l’esprit critique pour que l’on se demande ce qui doit et peut être modifié dans la manière de vivre afin de mieux respecter autrui, la nature et l’environnement dont nous ne sommes pas les maîtres absolus mais qui ne sont pas non plus nos tuteurs, ce que les écologistes durs semblent ignorer. Le problème de la « gauche morale », c’est qu’elle veut changer l’être humain et le « domestiquer » en lui imposant son code de morale à elle. Or ce n’est pas l’être humain qui peut changer l’être humain. Cette idée fausse est à l’origine de toutes les exactions religieuses parce que l’homme se prend alors pour un dieu. Il ne faut jamais se laisser culpabiliser mais au contraire se demander comment faire mieux en respectant d’abord autrui autant que soi-même. On ne peut pas améliorer l’être humain par la force mais on peut s’améliorer soi-même. A vrai dire, je crois que c’est là la force du christianisme. Le chrétien n’est pas culpabilisé, il est pardonné, mais il doit toujours entendre « va et ne pèche plus », ce qui le motive à essayer de faire mieux, en travaillant sur lui-même. Cette motivation devrait lui conférer une énergie et une liberté d’esprit totales pour chercher à faire mieux. L’ennui, c’est que cela le rend libre ce qui n’est pas ce que recherchent les culpabilisateurs. Je pense que les « intellectuels conservateurs » que vous mentionnez sont déjà atteints par le mal sournois de la culpabilisation. Comme disait Auguste dans Cinna de Corneille : « je suis maître de moi comme de l’univers ». On ne peut exercer de maîtrise que sur soi-même, mais pour que cette conviction soit utile au progrès et à la liberté, encore doit-elle être vécue et transmise. Et je vous avoue que j’ai le sentiment que nous avons failli, dans l’Occident chrétien, chacun à sa place. Comment reprendre la route ? Rien n’est jamais désespéré. Mais l’espérance est une vertu théologale.
Le 30 octobre 2022 (V.1.1 de l’interview, corrections mineures par rapport à la première publication). Merci à Madame Suzette Sandoz pour cette interview. Elle a été réalisée par e-mail en octobre 2022 par Xavier Gruffat et Suzette Sandoz. Crédit photo : Philippe Christin – RTS (divulgation).
GENÈVE – Jean Calvin est sans aucun doute le Suisse (Franco-Suisse) le plus influent de toute l’histoire du pays, lisez ou relisez le sociologue allemand Max Weber en cas de doutes. Né Français et catholique, l’influence de Jean Calvin sera gigantesque sur le monde occidental. Découvrez ici une petite biographie1 de l’auteur de l’Institution de la religion chrétienne, une sorte d’encyclopédie du christianisme qui est pour beaucoup la plus belle oeuvre du christianisme, peut-être avec “La Cité de Dieu” de Saint Augustin. Jean Calvin a passé environ la moitié de sa vie à Genève.
– 1509. Naissance le 10 juillet 1509 à Noyon en Picardie dans le nord de la France, commune située à quelques centaines de kilomètres au nord de Paris. Son père n’est pas un noble mais il est proche de l’élite catholique de la ville, ce qui lui permet d’entrer dans une excellente école. – (1517. Martin Luther publie ses 95 thèses dans l’actuelle Allemagne) – 1524. Jean Calvin se rend à Paris pour étudier à l’âge de 15 ans au Collège de Montaigu puis à l’Université de Paris. C’était déjà une grande ville avec environ 300’000 habitants. Le Collège de Montaigu était une énorme institution avec peut-être plus de 4000 étudiants. Erasme et Rabelais ont étudié dans ce collège. Le désormais célèbre Ignace de Loyola, l’un des fondateurs de la Compagnie de Jésus (les membres sont appelés les jésuites), et 18 ans plus âgé que Jean Calvin était sont collègue pendant une année à Montaigu2. – 1531. Obtient une licence en droit à Orléans (France). – 1532. Il publie son premier livre De Clementia, à 23 ans. Il s’agit d’un commentaire sur l’oeuvre de Sénèque, un philosophe de l’école stoïcienne. – 1532. Guillaume Farel et Antoine Froment commencent en août 1532 leur ministère protestant à Genève. – 1535. La Ville de Genève devient protestante suite à un débat publique qui a eu lieu le 27 août 1535 entre protestants et catholiques. Genève comptait environ 20’000 habitants3. – 1536. Jean Calvin publie la première édition de son Institution de la religion chrétienne. – 1537. Il commence en janvier 1537 son ministère de Pasteur à Genève. – 1538. Il est expulsé de Genève, notamment car il veut imposer des règles trop strictes aux Genevois. Il s’installe en France à Strasbourg à l’âge de 29 ans. Il passe trois très belles années de sa vie. – 1540. Il se marie avec Idelette (de Bure) à l’âge de 31 ans. Idelette était veuve et mère de deux enfants, Jacques et Judith. – 1541. En septembre 1541 il est convié à retourner à Genève à l’âge de 32 ans. – 1542. Son fils naît mais meurt quelques jours après la naissance. – (1545. Début du concile de Trente) – (1546. Mort de Martin Luther) – 1549. Sa femme meurt, il a 40 ans. – 1553. Michel Servet est accusé d’hérésie par Calvin. – (1563. Fin du concile de Trente) – 1573. Jean Calvin fonde à Genève une école qui sera divisée en deux parties, un collège, ou schola privata, et un lycée, appelé académie ou schola publica. Le collège deviendra finalement le Collège Calvin, actuellement l’une des écoles de maturité de Genève, tandis que l’Académie sera l’ancêtre de l’université de Genève. – 1564. Jean Calvin meurt à Genève le 27 mai 1564 à l’âge de 55 ans.
Genève
La république de Genève est un ancien État indépendant ayant existé de 1534, ou 1541, date de la ratification par le Conseil général des ordonnances ecclésiastiques de Jean Calvin, jusqu’à 1798, date de son annexion par la France, puis de décembre 1813, date de sa restauration, à mai 1815, l’État genevois devenant alors la république et canton de Genève au sein de la Confédération suisse.
“Plus je vis, plus il devient clair que le système de Jean Calvin est le plus proche de la perfection.”Charles H. Spurgeon (célèbre prédicateur baptiste anglais)
Le 29 octobre 2022. Par Xavier Gruffat. Sources : Wikipedia.org, livre mentionné dans le texte. Crédit photo : Jean Calvin.
BERLIN – L’inflation en Allemagne, première économie européenne, a atteint en octobre un niveau jamais vu depuis novembre 1951, à 10,4% par rapport à la même période un an plus tôt, a indiqué vendredi l’office national des statistiques.
Cette flambée est générée comme partout principalement par les prix de l’énergie, qui se sont envolés de 43% sur un an, tandis que ceux des denrées alimentaires ont progressé de 20,3%.
Le 28 octobre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay
LA HAYE – Des militants écologistes se sont collés avec de la colle forte sur La Jeune Fille à la Perle, célèbre tableau de Johannes Vermeer dans un musée néerlandais jeudi, dans la foulée d’autres actes de vandalisme. Ils n’ont toutefois pas endommagé l’oeuvre.
Trois personnes de nationalité belge, de 45, 45 et 42 ans ont été arrêtées au musée Mauritshuis de La Haye après l’incident sur l’oeuvre de 1665, qui a fait l’objet d’un roman à succès et d’un film hollywoodien, a indiqué la police.
Sur une vidéo de l’incident postée sur Twitter, on voit deux hommes vêtus de tshirts à l’effigie du collectif “Just Stop Oil”. L’un colle sa main sur le mur à côté du tableau. L’autre se colle la tête sur la plaque de verre protégeant la toile et un troisième militant lui vide dans le cou et jette sur le tableau ce qui semble être de la sauce tomate.
Des précédents
Cette action survient dans la foulée d’autres actes de vandalisme ces dernières semaines. Des militants écologistes ont ainsi jeté de la soupe de tomate sur la plaque de verre protégeant les Tournesols de Van Gogh à la National Gallery de Londres et d’autres ont enduit de purée de pommes de terre la vitre protégeant les Meules, un tableau de Claude Monet, en Allemagne.
“L’art ne peut pas se défendre et tenter de l’endommager pour quelque cause que ce soit est quelque chose que nous condamnons fermement”, a déclaré le Mauritshuis dans un communiqué.
“Une personne s’est collée la tête au tableau, qui était protégé par une vitre, et l’autre personne a collé sa main au mur où est accroché le tableau. Une troisième personne a jeté une substance inconnue sur le tableau”, a raconté le musée.
“Nos experts ont immédiatement inspecté le tableau. Heureusement, il n’a pas été endommagé”, a souligné le musée, ajoutant qu’il serait exposé à nouveau “dès que possible”.
“Beau et précieux”
L’incident s’est produit vers 14h00 et la police est rapidement intervenue. La police de La Haye a indiqué sur Twitter avoir arrêté trois personnes dans un musée pour “violence publique contre des biens”. Le musée était ouvert au public jeudi après-midi mais pas la pièce où trône La Jeune Fille à la Perle. Des visiteurs médusés et déçus se voyaient obligés de passer leur chemin, éconduits par des agents de sécurité postés devant l’entrée bloquée par une grande reproduction du tableau, a constaté une journaliste de l’AFP. L’un des trois hommes, visibles sur une vidéo sur Twitter, a crié “Comment vous sentez-vous?” en collant sa main au mur. “Comment vous sentez-vous lorsque vous voyez quelque chose de beau et précieux être vraisemblablement détruit sous vos yeux?”, a-t-il déclaré. “Ce tableau est protégé par du verre mais l’avenir de nos enfants n’est pas protégé”, a-t-il affirmé.
Des visiteurs lui ont crié “Honte !”, “Indécent !” et “Tu es stupide !”
Le 27 octobre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay
Dans une nouvelle vidéo de Jordan Peterson (notre nouveau héros du conservatisme, n’est-ce pas ?) publiée le 28 octobre 2022, son invité, le Sénateur américain Josh Hawley relève que la gauche mène une véritable attaque contre les valeurs américaines. A environ 6 minutes après le début, le Sénateur Républicain (droite) explique que le parti Démocrate et les médias de gauche veulent véritablement détruire les fondements de la culture et de la société américaine. Pour la gauche (woke), les Etats-Unis sont un pays systématiquement raciste et mauvais. La gauche mène actuellement une véritable attaque pour transformer le plus grand pays de l’Occident vers le nihilisme, une idéologie qui rejette toute croyance et qui refuse toute contrainte sociale.
Question historique
Pour la gauche, comme l’explique Josh Hawley, la fondation des Etats-Unis aurait en fait eu lieu en 1619. C’est-à-dire le début officiel de l’esclavage. En choisissant cette date originelle, cela permet à la gauche de marquer une fondation “diabolique” du pays. Mais pour la droite, la Constitution américaine mentionne que chaque personne naît libre et égal (plus d’informations sur Wikipedia). Par conséquent, il n’y a pas besoin de revenir à la date dramatique de 1619.
Nouvelle “révolution française”
Selon Josh Hawley, la gauche américaine veut mener une nouvelle “révolution française”. Le problème de la gauche comme le relève Jordan Peterson, d’où viendront leurs idées ? L’immense psychologue suisse Carl Jung estimait que c’était impossible, si je le paraphrase, sans peut-être créer un tout nouveau monde.
Danger d’être réactionnaire
Comme Romanvie.ch en a parlé dans le dossier sur le conservatisme, il est évident que la droite conservatrice peut aussi être à risque de rentrer dans une vision réactionnaire (quitter la démocratie pour résumer). Le triste événement à Washington début 2020 vient le rappeler.
Mon analyse
Mon analyse est que la gauche, y compris en Suisse, veut totalement détruire notre matrice judéo-chrétienne ainsi que grecque. Elle trouvera Romanvie.ch sur son chemin ainsi que plein d’autres intellectuels dans le monde entier globalisé.