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Climat – “Pas la fin du monde”: le livre qui dit que tout ne va pas si mal

IVAN COURONNE

PARIS – Ce sont des chiffres surprenants qui ne devraient pas nous surprendre.

L’air que nous respirons, en France, en Suisse comme en Chine, est moins pollué que celui qui noircissait les poumons de nos parents.

La déforestation mondiale recule.

Jamais le nombre d’enfants morts en bas âge n’a été aussi bas. L’extrême pauvreté s’effondre sur la planète.

Notre empreinte carbone individuelle, dans les pays riches, se réduit, depuis des années voire des décennies. Le monde a commencé à dire adieu aux voitures à essence, et pourrait le dire bientôt au charbon.

Ces faits, et bien d’autres, figurent dans “Not the end of the world”, le premier livre d’Hannah Ritchie, “data scientist” écossaise, chercheuse à Oxford et cheville ouvrière du site Our World In Data (le livre n’a pas encore été traduit). Il évoque parfois l’oeuvre du Canadien Steven Pinker, qui a écrit sur la réduction historique de la violence chez les humains.

“On ne se rend pas compte à quel point notre passé était difficile”, explique à l’AFP Hannah Ritchie, 30 ans, depuis Edimbourg. “La moitié des enfants mouraient, les maladies étaient courantes, la plupart des gens étaient pauvres, le monde avait faim.”

Mais les effets du changement climatique s’aggravent, lui rétorque-t-on. “Il ne faut ni le nier ni le minimiser, mais il faut aussi s’intéresser aux solutions”, répond-elle.

Climat - "Pas la fin du monde": le livre qui dit que tout ne va pas si mal

Mauvaises intuitions

Nos intuitions sur l’état du monde sont souvent mauvaises. On se trompe aussi souvent sur la meilleure manière de réduire son impact environnemental individuel.

Hannah Ritchie expose cruellement comment les Occidentaux s’achètent une bonne conscience climatique avec des comportements sans grand effet, comme recycler un emballage ou ne pas laisser des appareils en veille, et effectuent des actions proportionnellement plus nocives pour la planète, comme manger de la viande, rouler en voiture ou prendre l’avion.

Devenue Madame bilan carbone dans ses différents cercles, elle déplore l’attrait dans son pays des comportements “naturels”, comme faire un bon feu de bois, ce qui pollue terriblement.

“La vache qui mange de l’herbe dans son champ, cela a l’air durable. Mais les chiffres montrent que la viande de substitution est très largement meilleure que les vaches, sur presque tous les critères environnementaux”, insiste-t-elle, sans s’aventurer sur la dimension gastronomique.

Huile de palme et plastique

La découverte des statistiques égrenées par Hannah Ritchie peut faire le même effet qu’au myope essayant ses premières lunettes.

La chercheuse secoue les convictions du camp écologiste. “C’est vrai, je suis pro-viande synthétique, pro-nucléaire, pro-OGM” (organismes génétiquement modifiés), dit-elle. “Je ne prends aucun plaisir à être provocatrice. C’est la vérité qui m’importe.”

Et ses conclusions peuvent étonner. “Si tous les Européens arrêtaient d’utiliser du plastique demain, les océans ne verraient presque aucune différence”, écrit-elle, expliquant que le système de gestion des déchets est relativement efficace en Europe.

Ou saviez-vous que l’huile de palme, ennemie déclarée de nombreuses ONG et marques en raison de la déforestation liée, est “une plante incroyablement productive” ? Les palmiers produisent 10 fois plus d’huile par hectare que des alternatives comme l’huile de coco. “Si on boycottait l’huile de palme et qu’on la remplaçait par ces alternatives, nous aurions besoin de beaucoup plus de surfaces agricoles”, écrit l’autrice.

Quant aux engrais, elle estime que “le monde ne peut pas passer au bio. Nous sommes trop nombreux à dépendre des engrais pour survivre”. Sans s’attarder sur l’impact sur les sols.

Manger pollue

Hannah Ritchie blâme ce qu’elle appelle les “statistiques zombies” propagées par certains médias. Comme ce chiffre de “60 récoltes restantes” en raison de la dégradation des terres, répété sans source fiable depuis 10 ans.

Ce n’est pas un hasard si tant d’exemples décortiqués dans le livre concernent ce que l’on mange. L’énergie, qui contribue aux trois quarts du réchauffement climatique, est en voie de transition: les voitures électriques, les pompes à chaleur, le solaire arrivent. Mais le système alimentaire, lui, qui contribue à hauteur d’un quart environ, est loin d’avoir engagé sa révolution.

“La nourriture, c’est identitaire, c’est très personnel”, explique Hannah Ritchie. “Les gens ne vont pas se mettre à manger des lentilles et du tofu” du jour au lendemain, résume-t-elle. Sauf peut-être après avoir lu son livre.

Le 7 juillet 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Théologie – Apocalypse : qu’est-ce que le “dispensationalisme” ? (Chat GPT-4o)

Le dispensationalisme est une interprétation de la Bible qui divise l’histoire biblique en différentes périodes ou “dispensations” dans lesquelles Dieu traite l’humanité de manières distinctes. Chaque dispensation est vue comme une période de temps particulière caractérisée par une révélation spécifique et une responsabilité humaine correspondante. Il s’agit d’une vision dite futuriste, et non prétersite, de l’Apocalypse et de la fin des temps.

Les dispensations typiques incluent :

1. Innocence (avant la chute de l’homme, dans le jardin d’Éden)

2. Conscience (de la chute à Noé)

3. Gouvernement humain (de Noé à Abraham)

4. Promesse (d’Abraham à Moïse)

5. Loi (de Moïse à Christ)

6. Grâce (de la première venue de Christ jusqu’à la seconde venue)

7. Millénium (le règne millénaire de Christ sur terre)

Le dispensationalisme est souvent associé à une interprétation littérale de la Bible et est populaire parmi certains groupes évangéliques et fondamentalistes chrétiens.

Darby

Le dispensationalisme a été systématisé au XIXe siècle par John Nelson Darby, un théologien et pasteur anglo-irlandais. Darby était une figure clé du mouvement des Frères de Plymouth, également connu sous le nom de mouvement des Frères.

Etats-Unis

Les idées de Darby ont eu une influence significative, particulièrement en Amérique du Nord. C. I. Scofield, un pasteur et théologien américain, a popularisé le dispensationalisme à travers sa Bible Scofield annotée, publiée en 1909, qui incluait des notes explicatives dispensationalistes. Cette Bible a largement contribué à la diffusion du dispensationalisme parmi les évangéliques.

Rôle d’Israël

Dans le cadre du dispensationalisme, Israël joue un rôle central et distinct de l’Église. Voici les principaux aspects de la vision dispensationaliste du rôle d’Israël :

1. Distinction entre Israël et l’Église : Une des caractéristiques fondamentales du dispensationalisme est la distinction nette entre Israël (le peuple juif) et l’Église (les croyants chrétiens). Selon cette perspective, les promesses bibliques faites à Israël dans l’Ancien Testament ne sont pas transférées à l’Église mais restent valables pour Israël en tant que nation.

2. Prophéties et accomplissements futurs : Le dispensationalisme enseigne que les prophéties de l’Ancien Testament concernant Israël seront littéralement accomplies à l’avenir. Cela inclut la restauration d’Israël en tant que nation, le retour des Juifs en Terre Sainte, et un futur règne millénaire de Christ sur terre, centré à Jérusalem.

3. Rôle eschatologique : Israël occupe une place centrale dans les événements de la fin des temps. Le dispensationalisme soutient que le retour du Christ sera précédé par une série d’événements prophétiques impliquant Israël, tels que la tribulation, la bataille d’Armageddon, et le rassemblement des nations contre Israël.

4. Le royaume millénaire : Selon le dispensationalisme, après le retour du Christ, il établira un royaume millénaire de paix et de justice sur terre, avec Jérusalem comme centre. Pendant cette période, les promesses faites à Israël dans l’Ancien Testament, telles que le règne messianique et la bénédiction sur la nation d’Israël, seront accomplies.

5. Interprétation littérale des Écritures : Le dispensationalisme insiste sur une interprétation littérale des prophéties bibliques. Cela signifie que les promesses faites à Israël sont vues comme ayant des accomplissements littéraux et futurs, plutôt que d’être comprises de manière allégorique ou spirituelle.

En résumé, dans le dispensationalisme, Israël a un rôle distinct et crucial dans le plan divin, avec des promesses spécifiques et des prophéties qui sont censées se réaliser littéralement dans le futur. Cette perspective a une influence significative sur la théologie et l’eschatologie de nombreux groupes évangéliques.

Retour des Juifs

Le retour des Juifs en Terre Sainte (Israël) est un élément central du dispensationalisme et est souvent appelé l’aliyah. Voici comment le dispensationalisme voit ce processus :

1. Prophétie de la restauration : Le dispensationalisme interprète de nombreuses prophéties de l’Ancien Testament comme annonçant le retour des Juifs dans leur terre ancestrale. Passages comme Ézéchiel 37 (la vision des ossements desséchés) et Jérémie 31:8-10 sont souvent cités comme prédictions du rassemblement futur des Juifs.

2. Sionisme chrétien : Beaucoup de dispensationalistes soutiennent activement le sionisme, le mouvement pour le retour des Juifs en Terre d’Israël et l’établissement d’un État juif. Ils voient la création de l’État d’Israël en 1948 comme une étape significative de l’accomplissement prophétique.

3. Rôle eschatologique : Le retour des Juifs est vu comme une préparation pour les événements de la fin des temps. Selon le dispensationalisme, le rétablissement d’Israël est une condition préalable à l’accomplissement de nombreuses prophéties eschatologiques, y compris la tribulation, la bataille d’Armageddon et le retour de Jésus-Christ.

4. La Terre d’Israël : Le dispensationalisme met un accent particulier sur la terre physique d’Israël, vue comme ayant une importance théologique et prophétique continue. La possession et le contrôle de cette terre par le peuple juif sont considérés comme essentiels pour l’accomplissement des prophéties bibliques.

5. Soutien politique et moral : En raison de ces croyances, de nombreux dispensationalistes soutiennent fermement l’État d’Israël sur le plan politique et moral. Ils voient ce soutien comme aligné avec la volonté divine et les prophéties bibliques.

En résumé, le retour des Juifs en Terre Sainte est perçu par les dispensationalistes comme une réalisation clé des prophéties bibliques et un signe des temps de la fin. Ils considèrent ce retour comme un événement préparatoire majeur pour les développements eschatologiques qui culmineront avec le retour de Jésus-Christ et l’établissement de son royaume millénaire sur terre.

Théologie - Apocalypse : qu'est-ce que le "dispensationalisme" ? (Chat GPT-4o)

L’Église catholique a une perspective eschatologique distincte qui se distingue à la fois du dispensationalisme et du préterisme. Voici les principales croyances eschatologiques de l’Église catholique :

1. Second Avènement de Christ : L’Église catholique enseigne que Jésus-Christ reviendra à la fin des temps pour juger les vivants et les morts. Ce second avènement est attendu avec certitude mais sans spéculation sur le moment précis de son occurrence.

2. Résurrection des morts : Les catholiques croient en la résurrection corporelle des morts à la fin des temps. Tous les morts ressusciteront, les justes pour la vie éternelle et les méchants pour la condamnation éternelle.

3. Jugement dernier : Au moment du second avènement, il y aura un jugement final où chaque personne sera jugée par Christ en fonction de ses actions et de sa foi. Ce jugement déterminera leur destin éternel, soit au ciel soit en enfer.

4. Ciel, Enfer et Purgatoire :

A. Ciel : Les justes, après le jugement, entreront dans la pleine communion avec Dieu au ciel.

B. Enfer : Ceux qui meurent en état de péché mortel non repenti seront condamnés à l’enfer, un état de séparation éternelle de Dieu.

C. Purgatoire : L’Église catholique enseigne l’existence du purgatoire, un état temporaire de purification pour ceux qui meurent en état de grâce mais qui ont encore besoin de purification avant d’entrer au ciel.

Interprétation des prophéties : L’Église catholique ne suit pas une interprétation strictement littérale ou futuriste des prophéties bibliques. Elle adopte souvent une approche allégorique ou typologique, cherchant à comprendre le sens spirituel et moral des textes prophétiques.

Rôle de l’Israël : L’Église catholique voit l’Israël biblique comme ayant un rôle historique important dans le plan de salut de Dieu, mais elle considère l’Église comme le nouvel Israël, l’accomplissement spirituel des promesses de Dieu. Les catholiques croient que l’Église est le corps du Christ et que les promesses faites à Israël se réalisent maintenant dans et par l’Église.

5. Règne millénaire : L’Église catholique ne soutient pas l’idée d’un règne millénaire littéral de Christ sur terre avant la fin des temps (millénarisme ou prémillénarisme). Elle enseigne que le “millénium” mentionné dans l’Apocalypse 20 est symbolique, représentant le règne spirituel de Christ dans l’Église actuelle.

6. Le Royaume de Dieu : L’Église catholique enseigne que le Royaume de Dieu est déjà présent en partie sur terre à travers l’Église et les sacrements, mais qu’il sera pleinement réalisé à la fin des temps avec le second avènement de Christ.

Ces croyances ou doctrines forment une partie intégrante de la doctrine catholique sur la fin des temps et sont enseignées dans le Catéchisme de l’Église catholique, un document qui résume la foi catholique et ses enseignements officiels.

Le 8 juillet 2024. Sur une idée de Xavier Gruffat. Avec aide de Chat-GPT 4o (version payante) et du professeur Luiz Sayão (interview par médias de X.Gruffat).

Grande-Bretagne – Le nouveau Premier ministre Keir Starmer promet de rebâtir le pays

LONDRES – Le nouveau Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé vendredi la composition de son gouvernement après avoir promis de “rebâtir” le Royaume-Uni, dont une page politique se tourne avec le retour des travaillistes au pouvoir.

C’est la première fois depuis 2010 que le Labour (centre-gauche) va diriger le pays, après 14 ans de gouvernements conservateurs et une succession de crises: austérité, Brexit, envolée des prix ou encore valse des Premiers ministres.

“Nous reconstruirons” le Royaume-Uni, a déclaré le nouveau dirigeant de 61 ans sur le perron du 10, Downing Street, après avoir été chargé par le roi Charles III de former un gouvernement, dont la composition a été dévoilée dans l’après-midi.

Personnalités atypiques issues du terrain et femmes aux plus hautes responsabilités, la nouvelle équipe au pouvoir, “au service” des Britanniques, illustre le changement que Keir Starmer veut incarner et l’image de sérieux qu’il veut projeter.

Sa numéro 2 en particulier, la vice-Première ministre en charge du logement Angela Rayner, âgée de 44 ans, issue d’un milieu très défavorisé et ayant quitté l’école à 16 ans, détonne dans le paysage politique britannique.

L’ancienne économiste de la Banque d’Angleterre Rachel Reeves, appréciée des milieux d’affaires, devient elle ministre des Finances, première femme à occuper ce poste dans le pays.

Est nommé aux Affaires étrangères David Lammy, un descendant d’esclaves qui a pu se montrer très critique dans le passé de l’ancien président américain Donald Trump.

En arrivant radieux à Downing Street, M. Starmer, ancien avocat dans les droits humains, a reçu embrassades et félicitations des dizaines de ses soutiens.

Il a promis de se battre “jour après jour” pour “unifier” le pays et pour que les Britanniques puissent à nouveau croire à un avenir meilleur pour leurs enfants, citant l’éducation et le logement.

Face au “défis d’un monde précaire”, il s’est engagé à une “reconstruction calme et patiente”. “Notre travail est urgent, et nous le commençons aujourd’hui”, a-t-il ajouté avant de franchir avec son épouse Victoria la porte du 10 Downing Street.

“Je ne vous promets pas que ce sera facile. Il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton pour changer un pays”, avait-il cependant averti à l’annonce de sa victoire.

D’autant que la vague travailliste ne masque pas totalement quelques nuances moins radieuses, comme la faible popularité du nouveau Premier ministre, une victoire obtenue en ne rassemblant qu’un tiers des suffrages au niveau national, ou encore les votes et sièges perdus à cause de la position du Labour sur le conflit à Gaza.

Selon les résultats quasi-complets, le Labour a décroché 412 sièges, bien au-delà du seuil des 326 pour obtenir la majorité absolue à la Chambre des Communes et pouvoir gouverner seul. C’est juste en deçà du score historique de Tony Blair en 1997 (418).

Le parti conservateur est réduit à 121 députés contre 365 il y a cinq ans, sa pire défaite en un siècle. Plusieurs poids lourds du parti ont été battus.

“Vous avez envoyé le signal clair que le gouvernement du Royaume-Uni doit changer, et votre jugement est le seul qui compte”, a déclaré aux Britanniques Rishi Sunak dans son dernier discours de Premier ministre après 20 mois au pouvoir, se disant “désolé”. Il a annoncé sa démission prochaine de la tête du parti conservateur.

Grande-Bretagne - Le nouveau Premier ministre Keir Starmer promet de rebâtir le pays

“Choix difficiles”

Parmi les premiers rendez-vous qui attendent Keir Starmer, le sommet du 75e anniversaire de l’Otan la semaine prochaine à Washington.

Il le sait: il n’y aura pas de lune de miel.

Après “ces derniers mois et années difficiles”, Ramsey Sargent, 49 ans, a hâte “de voir ce qui va se passer”. “Il y a une pression énorme sur le nouveau Premier ministre”, déclare à l’AFP cette femme de 49 ans.

Abdul Muqtvar, 40 ans, juge quant à lui que “la politique britannique n’a pas fait le moindre progrès depuis une dizaine d’années”. “Ce sera intéressant de voir comment le Labour s’en sort”.

Tout au long de la campagne, Keir Starmer, entré en politique il y a seulement neuf ans, a promis le retour de la “stabilité” et du “sérieux”, avec une gestion des dépenses publiques très rigoureuse.

Le futur gouvernement devra faire “des choix difficiles” face à “l’ampleur du défi”, a prévenu Rachel Reeves.

Keir Starmer promet de transformer le pays comme il a redressé, sans états d’âme, le Labour après avoir succédé au très à gauche Jeremy Corbyn en 2020, recentrant le parti sur le plan économique et luttant contre l’antisémitisme.

Il assure vouloir relancer la croissance, redresser les services publics, renforcer les droits des travailleurs, réduire l’immigration et rapprocher le Royaume-Uni de l’Union européenne – sans revenir sur le Brexit, sujet tabou de la campagne.

Parlement inédit

Dans ce Parlement totalement redessiné, les libéraux-démocrates (centristes) redeviennent la troisième force, avec 71 députés, un record.

Bouleversement de taille, le parti anti-immigration et anti-système Reform UK fait son entrée avec cinq députés, dont son chef, la figure de la droite dure Nigel Farage.

En Ecosse, les indépendantistes du Scottish National Party subissent un sérieux revers en ne se maintenant que dans neuf des 57 circonscriptions.

Les Verts remportent quatre sièges, contre un seul auparavant, dans une Chambre des Communes qui comptera un nombre record d’au moins 261 femmes, contre 220 en 2019.

Le 5 juillet 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Avortement (IVG) – Record d’interruptions de grossesse en Suisse en 2023

BERNE – Le nombre d’interruptions de grossesse a atteint un record en 2023 en Suisse. L’an dernier, 12’045 avortements ont été annoncés en Suisse, contre 11’374 l’année précédente.

En 2023, cela correspond à un taux de 7,3 interruptions de grossesse pour 1000 femmes âgées de 15 à 44 ans, contre 7 en 2022, selon les données publiées jeudi par l’Office fédéral de la statistique (OFS). Parmi les jeunes de 15 à 19 ans, le taux reste stable à un bas niveau (3,4 interruptions de grossesse pour 1000 femmes).

Les jeunes femmes âgées de moins de 16 ans représentaient 0,6% des interventions (70). La part des femmes de plus de 30 ans au moment de l’interruption de leur grossesse était de 53% l’an dernier. Elle était de 48% il y a dix ans, relève l’OFS.

L’essentiel des interventions (95%) a lieu durant les douze premières semaines de grossesse, et 77% durant les huit premières. Dans 81% des cas, l’interruption a été réalisée par voie médicamenteuse et dans 19% par voie chirurgicale.

Avortement (IVG) - Record d'interruptions de grossesse en Suisse en 2023

Pic à Zurich

Environ 5% des interruptions ont été réalisées après les 12 premières semaines l’an dernier. Les principaux motifs d’intervention déclarés dans ces cas sont un diagnostic médical chez le foetus ou des motifs psychosociaux.

Au niveau géographique, la région lémanique recense 3228 interventions déclarées en 2023, en majorité dans les cantons de Vaud et Genève. Dans la région de Zurich, avec 3055 interventions, la barre des 3000 a été franchie l’année passée pour la première fois: le taux y est aussi le plus élevé (9,7 interruptions pour 1000 femmes).

Le 4 juillet 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

EDITORIAL – Pourquoi le débat catastrophique de Biden est un traumatisme pour la gauche et ses médias

Le débat catastrophique de Joe Biden, actuel président des Etats-Unis, face à l’ancien président Donald Trump, comme Romanvie.ch en a immédiatement parlé et en exclusivité en Suisse romande, est absolument désastreux pour la gauche américaine (démocrate) et ses médias, à commencer par le New York Times.

Le principal média au monde, et de loin, en termes d’abonnés payants (6 millions ou plus) semble très ennuyé par la médiocrité actuelle du président Biden. Un éditorial de la rédaction a même demandé son retrait pour un 2ème mandat. Le 3 juillet 2024 un article du NYT relevait que Biden réfléchirait à renoncer à sa candidature, mais ensuite un communiqué de Washington affirme que Biden « continue sa campagne ».

EDITORIAL – Pourquoi le débat catastrophique de Biden est un traumatisme pour la gauche et ses médias

Gauche humiliée

Ce qu’il faut bien comprendre est que la gauche américaine donne souvent des jugements de valeur à la droite représentée pour ne pas dire incarnée par le républicain Donald Trump. Il est vrai non sans raison, même Donald Trump a reconnu qu’il n’était pas Mère Theresa. M. Trump a parfois tendance à « passer par Marseille ». Mais laissons tomber ici le milliardaire new-yorkais et tournons-nous vers l’ancien vice-président d’Obama. Début juin 2024, un long article (payant, Romanvie.ch est abonné) du Wall Street Journal avait laissé suggérer que les facultés cognitives de Biden n’étaient pas parfaites. Autrement dit, les informations circulaient dans les milieux de la gauche américaine et n’ont pas été révélées, plutôt moquées comme le relevait justement Bari Weiss dans son média. Mais il a fallu le débat pour montrer au monde le naufrage. A ce moment, la digue a entièrement cédé, ce n’était plus possible de faire illusion et d’accumuler les euphémismes (le nouveau produit toxique de la communication moderne).

Mensonges

Bref, la gauche comme Mitterrand en France à l’époque, est autant capable de mensonges que la droite, peut-être même plus car leur égo est souvent immense. La droite compense plus par une recherche d’argent, mais parfois les politiciens veulent égo et argent. Tout d’abord on a appris que Biden n’était pas en forme au débat à cause d’un refroidissement ou rhume. Mais ces derniers jours la raison serait un long voyage en Europe début juin. C’est vrai, pour moi-même voyager beaucoup à 44 ans entre l’Europe et le continent américain, on est parfois (très) fatigué. Mais le problème est que pour préparer ce débat, il s’est reposé 7 jours à Camp David. Bref, une semaine est largement suffisant même à plus de 80 ans pour récupérer. Il semble évident que Biden souffre de troubles cognitifs, peut-être un début d’Alzheimer comme je l’avais rapidement écrit. Triste fin pour un homme avec ici, comme Trump, un égo débordant. Moi qui pensais naïvement que la gauche était plus noble que nous le peuple de droite.

Et en ce 4 juillet, bonne fête nationale, chers amis américains. Que Dieu bénisse votre immense pays.

Le 4 juillet 2024. Par Xavier Gruffat. Crédits photos : Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch). Certaines sources utilisées : Keystone-ATS et AFP (Romanvie.ch est client de Keystone-ATS).

Zurich prête à accueillir la superstar Taylor Swift

ZURICH – Les 9 et 10 juillet, la plus grande star de la pope mondiale Taylor Swift sera à Zurich pour deux dates à guichets fermés de son “The Eras Tour” au stade Letzigrund. C’est la première fois que la chanteuse américaine, qui booste l’économie, se produira en Suisse.

Taylor Swift est très attendue. La reine de la pop, qui a commencé comme chanteuse de country, a prévu un spectacle de trois heures et quart pour “The Eras Tour”, rapportent plusieurs médias étrangers. Un temps relativement long où elle n’est souvent pas seule sur scène mais accompagnée de danseurs, son équipe comptant pas moins de 200 personnes. Bref, un vrai show.

Lors de son concert, Taylor Swift choisira des chansons de son vaste répertoire, dont son onzième album sorti en avril, “The Tortured Poets Department”, qui est immédiatement devenu l’album le plus téléchargé en une seule journée, a annoncé Spotify.

La pop star de Pennsylvanie proposera plus de quarante chansons allant de ballades sentimentales à des tubes pop, peut-on lire sur plusieurs sites étrangers.

Zurich prête à accueillir la superstar Taylor Swift

Swiftonomics

L’impact positif de Taylor Swift sur l’économie est bien connu, et le terme “Swiftonomics” a été inventé pour désigner cet effet, selon une analyse financière de la société d’investissement Freedom24. “On dit que (Taylor Swift, ndlr) facture plus de 100% des ventes brutes de billets, laissant aux organisateurs les marges provenant des ventes de nourriture et de boissons et des extras”, rapporte la BBC.

En Ecosse, où la star s’est produite à trois reprises à Edimbourg, les recettes pour l’économie de la ville sont estimées à plusieurs dizaines de milliers de livres, rapporte le journal britannique The Scotsman.

En avril, la jeune femme de 34 ans est officiellement entrée dans la liste des milliardaires du magazine Forbes. Sa fortune personnelle est estimée à environ 1,3 milliard de dollars et n’est que le fruit de sa musique et de sa dernière tournée. “The Eras Tour” “a généré plus de revenus avec les seules ventes de billets que toutes les tournées précédentes”, selon la NZZ.

L’impact sur la ville de Zurich

Environ 100’000 personnes sont attendues pour les deux dates zurichoises, dont 10’000 en provenance de l’étranger, a déclaré André Béchir, organisateur du concert, au Blick à la fin avril. Cela a un impact sur les revenus de la ville: des restaurants aux transports, en passant par les hôtels, explique le porte-parole suisse et expert en bourse Hans Selleslagh pour Freedom24.

Les répercussions sur le secteur hôtelier sont déjà visibles: il y a quelque temps déjà, la radio alémanique SRF annonçait que les hôtels de Zurich affichaient déjà pratiquement complet aux dates des deux concerts, tandis que le camping de Wollishofen n’avait plus de places disponibles.

Le 25 juin, l’hôtel le moins cher encore disponible coûtait 987 francs la nuit. Les appartements proposés sur Booking.com sont encore plus chers. La plateforme de location de logements Airbnb profite aussi de l’aubaine. La Tribune de Genève titrait même il y a quelques jours: “1400 francs la nuit sur un canapé-lit pour aller voir Taylor Swift”.

Les CFF, comme pour d’autres grands concerts, tel celui d’AC/DC samedi au Letzigrund, proposent des trains spéciaux tandis que des trams et des bus spéciaux circuleront entre la gare de Zurich et le stade.

La tournée européenne de Taylor Swift est plus qu’un événement musical, c’est un catalyseur de l’activité économique, qui fait gagner de l’argent aux investisseurs”, déclare M. Selleslagh.

Le 3 juillet 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Etats-Unis – Joe Biden confronté à la flambée de l’angoisse dans son propre camp

WASHINGTON – Les poids lourds et parlementaires démocrates ont commencé mardi à s’interroger publiquement sur l’état de forme de Joe Biden, avec même un premier appel public à ce que le président américain retire sa candidature à un second mandat.

“J’ai espoir qu’il prendra la décision difficile et douloureuse de se retirer. Je l’appelle respectueusement à le faire”, a écrit le Texan Lloyd Doggett en milieu de journée.

“Il ne doit pas nous livrer à Trump en 2024”, a ajouté ce parlementaire démocrate, le premier à demander publiquement que le président jette l’éponge.

“Je pense qu’il est légitime de se demander s’il s’agit d’un simple épisode ou d’un état” durable, a lancé pour sa part la très influente Nancy Pelosi, ancienne présidente démocrate de la Chambre des représentants, sur la chaîne préférée de Joe Biden, MSNBC.

Elle fait évidemment référence au calamiteux débat de jeudi dernier, lors duquel le démocrate de 81 ans a perdu pied face à son rival républicain Donald Trump.

Depuis, les cadres du parti semblaient hésitants, laissant peut-être une chance à Joe Biden de calmer réellement les inquiétudes avec une conférence de presse sans prompteur ou une longue interview sans filet.

Le président accordera vendredi un entretien à ABC News, diffusé dans sa totalité dimanche, pour tenter de faire taire cette musique.

Joe Biden “sait comment rebondir”, a défendu sa porte-parole Karine Jean-Pierre, tout en écartant la possibilité que le dirigeant démocrate passe un test cognitif.

Etats-Unis - Joe Biden confronté à la flambée de l'angoisse dans son propre camp

Sondage

Mais la patience des démocrates est visiblement déjà épuisée.

“Nous devons être honnêtes avec nous-mêmes sur le fait que ce n’était pas seulement une nuit horrible”, a déclaré mardi l’élu à la Chambre des représentants Mike Quigley, un démocrate de l’Illinois.

Un sondage publié mardi par CNN a de quoi alimenter encore les angoisses du camp démocrate: 75% des électeurs interrogés jugent que le parti aurait de meilleures chances en novembre avec un autre candidat que Joe Biden.

Donald Trump est crédité de 49% des intentions de vote au niveau national, contre 43% à son rival, un écart inchangé par rapport au dernier sondage de ce type, mené en avril.

La vice-présidente Kamala Harris, sans l’emporter, serait mieux placée, à 45% contre 47% pour l’ancien président républicain de 78 ans, dans la marge d’erreur statistique.

D’autres candidats démocrates potentiels, pour certains peu connus du grand public, feraient face à Donald Trump avec des scores similaires à celui de l’actuel président, malgré leur déficit de notoriété, par exemple le gouverneur de Californie Gavin Newsom, le ministre des transports Pete Buttigieg, ou la gouverneure du Michigan Gretchen Whitmer.

De récents articles, en particulier des sites Axios et Politico, évoquent un président qui ne serait pleinement fonctionnel qu’entre 10h00 du matin et 16h00, et qui ne lirait que des notes rédigées de manière à lui éviter toute contrariété.

Depuis son élection, le président le plus âgé de l’histoire des Etats-Unis a indéniablement perdu en aisance orale et physique.

Jusqu’ici, la Maison Blanche a toujours rejeté toutes les interrogations sur l’acuité intellectuelle de Joe Biden, parfois avec une irritation marquée.

“Déclin”

Une récente enquête du Wall Street Journal faisant état d’un “déclin” de l’octogénaire a valu au journal une vague de critiques particulièrement acerbes de la part de son équipe de communication.

Cela fait plusieurs mois que le président américain, qui a chuté en public à quelques reprises, n’emprunte plus la grande passerelle de son avion, préférant un escalier plus court et plus stable.

Depuis quelques semaines, il s’entoure aussi de conseillers pour aller de la Maison Blanche à son hélicoptère posé sur la pelouse, ce qui évite de longs plans des caméras sur sa démarche très raide.

Le président américain, qui a toujours été enclin aux gaffes, n’a pas donné de longue conférence de presse depuis janvier 2022 et a réduit le nombre d’échanges impromptus avec les journalistes.

Le démocrate passe presque tous ses week-ends dans l’une de ses maisons du Delaware, sans programme officiel.

Lorsque Joe Biden s’est rendu récemment en France, à l’occasion des commémorations du Débarquement allié de 1944, il est allé directement de l’aéroport à son hôtel, où il est resté enfermé toute une journée, sans aucune apparition publique.

Le 2 juillet 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

L’initiative pour un salaire minimum à Fribourg validée

FRIBOURG – Les députés fribourgeois ont constaté lundi soir la validité de l’initiative législative entièrement rédigée “Pour un salaire minimum”, venant de la gauche et des syndicats. Le texte demande l’instauration d’un montant minimal de 23 francs de l’heure.

Le décret de validation a passé la rampe à l’unanimité des 89 voix exprimées. Les députés se sont limités à débattre de la forme et non du fond. Déposée le 30 novembre dernier avec 8111 paraphes, l’initiative a abouti finalement avec 7040 signatures, une fois les vérifications d’usage réalisées, alors que 6000 étaient requises.

Pour rappel, les cantons ayant introduit à ce jour un salaire minimum sont Genève, Neuchâtel, le Jura, Bâle-Ville et le Tessin. Il appartient désormais au Conseil d’Etat, puis au Grand Conseil, après l’entrée en force du présent décret, de se prononcer ultérieurement sur la suite à donner à l’initiative.

L'initiative pour un salaire minimum à Fribourg validée

Destin ouvert

Si les députés décident de se rallier à l’initiative entièrement rédigée, celle-ci devient une loi soumise à referendum. Si le législatif décide de ne pas s’y rallier et qu’il n’élabore pas de contre-projet, la votation a lieu dans le délai d’un an dès la date d’adoption du décret.

Si le Grand Conseil ne se rallie pas à l’initiative, il peut également, dans le délai de deux ans dès la date d’adoption du décret constatant sa validité, élaborer un contre-projet. Si un contre-projet a été élaboré, la votation a lieu dans le délai de 180 jours dès son acceptation par les députés.

En déposant son initiative, la coalition pour un salaire minimum avait indiqué que près de 9% des salariés qui travaillent à plein temps n’avait pas assez pour vivre et qu’un nombre important d’emplois n’étaient pas soumis à une convention collective. La récolte de signatures “a permis de mesurer la précarité”, selon elle.

Grand intérêt

La démarche a été par ailleurs “accueillie avec grand intérêt par la population fribourgeoise”, avaient encore expliqué les initiants. Ceux-ci rassemblent l’Union syndicale fribourgeoise, Unia, le SSP, Syndicom, le SEV, le syndicat Syna, le Parti socialiste, la Jeunesse socialiste, les Vert-e-s, le PCS-Centre gauche et les Jeunes POP.

Tous ces acteurs rappellent le besoin “indispensable” d’introduire un salaire minimum. “La situation actuelle ne va faire qu’augmenter la précarité et va continuer de mettre à mal le pouvoir d’achat”, ont-ils estimé le 30 novembre.

Pour mémoire, le Grand Conseil avait rejeté en février 2019, par 65 voix, contre 38 pour et 2 abstentions, une motion demandant déjà l’instauration d’un salaire minimum. Le texte provenait des députés socialiste Xavier Ganioz et chrétien-social Benoît Rey. La droite avait alors estimé que le partenariat social suffisait.

Le 1 juillet 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Législatives françaises – France: la “diabolisation” ne fonctionne plus, se réjouit Meloni

ROME – La “diabolisation” de l’extrême droite ne fonctionne plus, s’est réjouie lundi la Première ministre italienne Giorgia Meloni, au lendemain du score historique du Rassemblement national au premier tour des législatives en France.

“La tentative constante de diaboliser les gens qui ne votent pas à gauche (…) est un piège dans lequel tombent de moins en moins de gens”, a déclaré la cheffe du parti post-fasciste Fratelli d’Italia à l’agence Adnkronos.

“Nous l’avons observé en Italie, on le voit de plus en plus en Europe et dans tout l’Occident”, a ajouté Mme Meloni, arrivée au pouvoir en octobre 2022 et sortie renforcée des européennes remportées avec 28% des voix.

“J’adresse mes compliments au Rassemblement national et à ses alliés pour leur score au premier tour”, a affirmé cette adversaire résolue du président Emmanuel Macron. Elle s’est aussi félicitée que “pour la première fois les Républicains eux aussi se dirigent vers une non-participation au prétendu ‘front républicain'”.

Législatives françaises - France: la "diabolisation" ne fonctionne plus, se réjouit Meloni

“Vieilles barrières”

“J’ai toujours souhaité la fin en Europe des vieilles barrières entre les forces alternatives à la gauche et il semble qu’en France aussi on aille dans cette direction”, a noté Mme Meloni, elle-même alliée au sein de son gouvernement au parti conservateur fondé par Silvio Berlusconi, Forza Italia, membre du Parti populaire européen à Strasbourg, et à la Ligue antimigrants et souverainiste de Matteo Salvini.

S’agissant du deuxième tour, “nous sommes face à un scénario très polarisé et si on me demande si je préfère la gauche, dans certains cas plutôt extrême, ou la droite, évidemment je préfère la droite”, a-t-elle commenté. En Italie, le parti de Mme Meloni refuse d’être qualifié d’extrême droite, se considérant simplement de droite.

Giorgia Meloni, qui s’est retrouvée isolée sur la scène européenne au moment de la répartition des “top jobs” à Bruxelles, verrait évidemment d’un bon oeil l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement ami dans un autre pays fondateur de l’UE.

Alors que son arrivée au pouvoir avait suscité des craintes chez ses partenaires sur le maintien de l’engagement italien dans l’UE et l’Otan, la dirigeante a su les rassurer en affichant un soutien ferme à l’Ukraine et en menant une politique économique sans rupture avec celle de son prédécesseur, l’ex-président de la BCE Mario Draghi.

Polémiques

Cette posture à l’international, qui a contribué à lui donner une stature plus modérée en évitant le sort de paria réservé à son homologue hongrois Viktor Orban, a toutefois été écornée par plusieurs polémiques sur la scène intérieure rappelant les racines sulfureuses de son parti.

Vendredi, elle a dû ainsi condamné les propos antisémites et racistes tenus par des militants du mouvement de jeunesse de son parti dans un reportage réalisé en caméra cachée.

“Quiconque exprime des idées racistes, antisémites ou nostalgiques s’est trompé de maison, parce que ces idées sont incompatibles avec Fratelli d’Italia”, a déclaré Mme Meloni.

Dirigeante la plus à droite en Italie depuis 1945, elle s’efforce de prendre ses distances avec l’héritage de son parti, sans y renoncer totalement. Elle a notamment conservé la flamme tricolore dans son logo, dont s’était inspiré le Français Jean-Marie Le Pen à la création du Front national en 1972.

Et plusieurs hauts responsables de son parti ne font pas mystère de leur admiration pour le régime fasciste.

Le 1 juillet 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

France – Largement en tête, le RN espère une victoire historique

PARIS – Le Rassemblement national est “aux portes du pouvoir” : il est arrivé largement en tête du premier tour des législatives dimanche (30.06). Il a demandé aux Français de lui donner une majorité absolue et espère gouverner pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.

Alors que le traditionnel “front républicain” contre l’extrême droite ou la droite populiste (terme préférable) apparaît moins systématique que par le passé, le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen est en mesure d’obtenir une forte majorité relative voire une majorité absolue dimanche prochain.

Le RN et ses alliés ont obtenu 33,2-33,5% des voix, selon les dernières estimations. Ils devancent le Nouveau Front populaire (28,1-28,5%), loin devant le camp d’Emmanuel Macron à 21-22,1%, lors de ce vote marqué par une participation en forte hausse. Les Républicains (LR) qui n’ont pas fait alliance avec le RN s’établissent autour de 10%.

France - Largement en tête, le RN espère une victoire historique

“Verdict sans appel”

Les Français “ont rendu un verdict sans appel”, s’est réjoui Jordan Bardella, qui semble se rapprocher irrésistiblement de Matignon. Le second tour sera “l’un des plus déterminants de toute l’histoire de la Ve République”, a-t-il ajouté, assurant qu’il voulait être, s’il l’emporte, “le Premier ministre de tous les Français”, “respectueux de la Constitution” mais “intransigeant”.

“Il nous faut une majorité absolue”, a lancé de son côté Marine Le Pen, annonçant sa propre réélection comme députée dès le premier tour. Au moins 37 députés RN ont été élus dès le premier tour.

Le pari d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale au soir de la déroute de ses candidats aux élections européennes du 9 juin, est dans tous les cas définitivement perdu.

Le “bloc macroniste” est “pratiquement effacé”, s’est réjouie Mme Le Pen. Les Français ont montré “leur volonté de tourner la page de sept ans de pouvoir méprisant et corrosif” du chef de l’Etat, a-t-elle encore commenté.

“Rassemblement démocrate”

“Face au Rassemblement national, l’heure est à un large rassemblement clairement démocrate et républicain pour le second tour”, a souligné Emmanuel Macron dans une déclaration écrite. Pour autant, le chef de l’Etat n’a pas totalement clarifié l’attitude à suivre en cas de duels entre le RN et le NFP ou de triangulaires.

“L’extrême droite est aux portes du pouvoir”, a alerté le Premier ministre Gabriel Attal. “Pas une voix ne doit aller” à l’extrême droite, a-t-il ajouté, en appelant à “empêcher le Rassemblement national d’avoir une majorité absolue”.

Cela dépendra en bonne partie des désistements et consignes de vote dans chaque circonscription. Avant ces décisions cruciales, un nombre record de triangulaires potentielles est attendu, pouvant concerner au maximum, avant désistements éventuels, plus de 300 des 577 sièges de députés en jeu.

“Ni-ni” ?

A l’Elysée comme chez la plupart des ténors de son camp, ce rassemblement semble devoir exclure les candidats de La France insoumise, ou un certain nombre d’entre eux. Gabriel Attal est lui-même resté imprécis, promettant des désistements et appelant à “voter pour les candidats qui défendent la République”.

Dans un geste d’apaisement, le Premier ministre a décidé de suspendre une réforme controversée de l’assurance chômage, a annoncé son entourage.

Consensus à gauche

A gauche, l’appel au barrage face au RN fait consensus: après avoir entretenu un certain flou, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a annoncé que ses candidats se retireraient s’ils terminaient troisièmes et que le RN était en tête.

“Nous avons sept jours pour éviter à la France une catastrophe”, a lancé de son côté l’eurodéputé de gauche Raphaël Glucksmann, qui a appelé tous les candidats arrivés en troisième position à se désister. En revanche, le parti Les Républicains (LR), qui a obtenu environ 10% des suffrages, s’est refusé à appeler ses électeurs à voter contre le RN dimanche prochain.

Assemblée bloquée ?

Si Jordan Bardella entrait à Matignon, ce serait la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale qu’un gouvernement issu de l’extrême droite dirigerait la France, comme le relève l’AFP non sans jugement de valeur.

Il s’agirait aussi d’une cohabitation inédite entre Emmanuel Macron, président pro-européen, et un gouvernement beaucoup plus hostile à l’Union européenne, qui pourrait faire des étincelles sur les prérogatives des deux têtes de l’exécutif, notamment en matière de diplomatie et défense.

Un autre scénario possible est celui d’une Assemblée bloquée, sans alliance envisageable entre des camps très polarisés, au risque de plonger la France dans l’inconnu.

Pour le premier tour, la participation devrait s’établir au moins à 65% des inscrits, selon les estimations, contre 47,51% en 2022 et 67,9% lors des dernières législatives organisées après une dissolution, en 1997.

Relecture et adaptation : Xavier Gruffat

Le 30 juin 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).