Category Archives: NEWS

THEOLOGIE – Le symbolisme (en partie) est-il l’avenir du christianisme ?

GENEVE – Le christianisme actuel, notamment chez les protestants/évangéliques, est divisé en deux groupes assez différents. Le premier peut être qualifié de libéral et touche davantage les protestants surtout en Europe et Amérique du Nord (moins dans les pays du sud), les théologiens ont une vision distante et libérale de la Bible. Le deuxième groupe qui concerne beaucoup plus les évangéliques concerne une vision plus conservatrice ou littérale de la Bible. Chacun des groupes présente des risques, avec une vision purement libérale, la Bible devient presque un livre parmi d’autre et le sacré a tendance à disparaître pour faire place à une mythologie menant clairement au relativisme. Dans une approche littérale ou très conservatrice, la Bible peut trop être prise “à la lettre” avec des problèmes graves d’interprétation notamment dans l’Ancien Testament (ex. lapidation) et des difficultés d’allier science et religion comme par exemple dans l’évolution. La vision conservatrice cherche aussi à limiter au maximum le sens des textes sacrés, en adoptant une analyse littérale des faits, presque journalistique.

Le piège de la science et la quête de sens

Comme l’explique avec un grand talent le théologien orthodoxe Jonathan Pageau dans de nombreuses vidéos (ex. ici, vidéo de novembre 2022), une théologie plus symbolique peut permettre de trouver un certain équilibre entre une théologie trop libérale et l’autre trop littérale. La théologie symbolique essaie quant à elle de reconnaître les modèles (patterns) de la Bible sans tomber dans le mysticisme ou le “journalisme”, car le monde s’est révélé sous forme de modèles. M. Pageau relève que notamment au 19ème et 20ème siècle, les différentes églises chrétiennes ont essayé de défendre leur foi en utilisant une forme de méthode scientifique. Mais n’était-ce pas peine perdue ? Comme expliquer scientifiquement la résurrection du Christ ? Si on a une structure mentale exclusivement scientifique ou matérialiste, il devient presque impossible de croire en Dieu. C’est pourquoi, beaucoup de théologiens notamment du monde orthodoxe (Eglise Orthodoxe) cherchent à davantage rentrer dans une analyse plus symbolique, en quête de sens. Il faut comprendre la symbolique comme un retour à plus d’images symboliques et d’histoires. Le psychiatre suisse Carl Jung peut nous aider à mieux comprendre le monde des symboles avec son oeuvre magistrale, notamment sur les archétypes (venant du grec et signifiant des schémas ou modèles initiaux).

Question de sens

Le génie du symbolisme est qu’il travaille sur le sens en posant des questions simples comme : “Qu’est-ce qui fait sens ou qu’est-ce que cela signifie ?” ainsi que “Quelle vérité est incorporée ?”. Au lieu des questions classiques de la science ou du matérialisme comme “Comment est-ce que cela fonctionne ?” ou “De quelle matière ou concept est fait ceci ou cela ?”. On a un vrai changement de perspective avec le symbolisme. Par exemple si on étudie la Genèse, notamment les 3 premiers chapitres, répondre à des questions de sens en utilisant la symbolique est probablement bien plus intéressant que des questions de formes ou scientifiques. Quel était la signification d’Adam ? Pourquoi Adam étudiait les animaux ? Pourquoi Eve a-t-elle parlé avec le serpent ? Qu’est-ce que cela nous dit sur l’homme, en général qui préfère les choses, et la femme, en général qui préfère les gens ou personnes ?

Exemple pratique, pyramide

Un des grands problèmes du christianisme est de comprendre certains concepts clés. Prenons le baptême. Il est très difficile de le comprendre sans utiliser au moins un peu de symbolisme. Une bonne imagine est de visualiser une pyramide. Tout en haut de la pyramide il y a Dieu (et Jésus, de la Trinité). Lors de sa mort en croix, Jésus descend du haut vers la base de la pyramide, en enfer ou chaos. Il vient tout en bas pour nous sauver, il meurt pour nous. C’est pourquoi à mon avis un baptême par immersion fait sens, on descend symboliquement tout au fond pour ensuite remonter au ciel. On revit un mouvement commencé par Jésus il y a environ 2000 ans.

Trop de symbolisme est aussi un danger

Dans une vision chrétienne conservatrice, avoir une théologie trop symbolique ou même exclusivement symbolique est aussi un grand danger. Car ensuite il est très facile de dire que le christianisme est une invention, un mythe, une somme d’archétypes comme une belle histoire (ex. Roi Lion de Disney). On revient au risque du relativisme. Il faut à mon avis plus comprendre le symbolisme comme un outil efficace au 21ème siècle de bien transmettre des informations clés de la théologie chrétienne comme le baptême ou la Trinité. Ce que l’Eglise Orthodoxe a fait pendant de nombreux siècles.

Risque ou problème du symbolisme

Un des problèmes du symbolisme selon moi est qu’il est difficile de comprendre le monde sans avoir une révélation, une sorte d’épiphanie, un concept connu par les Juifs avec leur célèbre kabbale. On peut trouver une révélation par exemple en réalisant une psychanalyse jungienne, par la grâce de Dieu ou probablement en se rendant dans une église orthodoxe, mais je pense que les églises non orthodoxes ne sont pour le moment pas prêtes à bien faire comprendre à leurs fidèles cette théologie unique et à mon avis extrêmement efficace dans un monde moderne de plus en plus complexe.

Le 22 novembre 2022. Par Xavier Gruffat.

Rolex projette de réaliser un très gros investissement à Bulle (FR)

FRIBOURG – Bulle pourrait accueillir un gros projet industriel impliquant Rolex. Selon une information de la RTS, le groupe horloger genevois Rolex compte créer 2000 emplois et investir un milliard de francs dans la deuxième ville du canton de Fribourg.

“Un projet d’une rare ampleur est sur les rails à Bulle avec la prestigieuse entreprise Rolex”, a indiqué lundi soir à Keystone-ATS le président du Conseil d’Etat fribourgeois Olivier Curty. “Avec à la clé d’importants investissements et de très nombreux emplois”, a complété celui qui est en charge de l’économie.

“Ce projet est en bonne voie et les autorités fribourgeoises feront tout pour qu’il aboutisse”, a ajouté Olivier Curty. “Pour l’heure, nous ne voulons toutefois pas apporter davantage de commentaires avant que le Conseil général de Bulle n’ait approuvé la vente du terrain le 12 décembre prochain.”

Rolex projette de réaliser un très gros investissement à Bulle (FR)

2000 emplois

Après Genève et Bienne, Rolex souhaite donc s’installer à Bulle, le chef-lieu gruérien à la démographie dynamique. Le géant mondial de l’horlogerie aurait choisi la ville pour y construire un nouveau site de production, décrit la RTS sur son site internet. Rolex compterait y créer 2000 emplois et investir un milliard de francs.

Prévu dans la zone industrielle de Bulle, le long de l’autoroute A12, la nouvelle implantation de Rolex devrait être inaugurée en 2029, croit savoir la RTS. Le législatif communal devra toutefois encore approuver la vente à Rolex de deux parcelles de 100’000 m2 au total, soit l’équivalent de 13 terrains de football.

Le projet devra évidemment passer par les procédures habituelles de mise à l’enquête, indique le site du média, selon qui Rolex “a été séduit par la position centrale de Bulle et du canton de Fribourg, entre Berne et l’Arc lémanique. Ainsi, le bassin pour recruter de la main-d’œuvre qualifiée serait très important.”

Le groupe horloger genevois ne fait pas de commentaires pour sa part à ce stade de la procédure, “tant que l’affaire n’est pas signée”.

Rolex projette de réaliser un très gros investissement à Bulle (FR)

Le 21 novembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Twitter : Elon Musk a rétabli le compte de Donald Trump

NEW YORK – Elon Musk, le nouveau patron de Twitter, a rétabli samedi le compte de l’ancien président américain Donald Trump, banni du réseau social après l’assaut du Capitole en janvier 2021. “Le peuple s’est exprimé. Trump va être rétabli”, a tweeté Musk au terme d’un sondage.

L’entrepreneur avait lancé un sondage de 24 heures auprès de ses abonnés pour demander si le compte de Donald Trump devait être rétabli ou non. Plus de quinze millions de personnes ont répondu et 51,8% ont voté en faveur du “oui” au retour de l’homme politique républicain sur la plateforme.

Quelques minutes après son message, le compte de Donald Trump était à nouveau visible, le dernier message datant du 8 janvier 2021. Le nombre d’abonnés, qui semble être reparti de zéro, s’élevait déjà à environ 300’000 vers 01h20, heure en Suisse.

Elon Musk avait suggéré à son lancement vendredi soir que le résultat du sondage pourrait influencer une décision sur le retour ou non de l’ancien chef d’Etat sur le réseau social puisqu’il l’avait accompagné de la citation latine “Vox populi, vox dei” (la voix du peuple est la voix de Dieu, en français).

Twitter : Elon Musk a rétabli le compte de Donald Trump

Trump reste sur son réseau social

Le nouveau patron de Twitter avait démarré cette consultation quelques heures après avoir rétabli, au nom de la liberté d’expression, d’autres comptes d’utilisateurs suspendus.

Twitter avait banni Donald Trump le 8 janvier 2021, deux jours après l’invasion du Capitole à Washington par ses partisans, face au “risque de nouvelles incitations à la violence”. Elon Musk avait déjà évoqué en mai un possible retour de l’ex-président républicain, estimant que cette sanction constituait “une décision mauvaise moralement et insensée à l’extrême”.

Alors que de nombreux critiques craignent que les contenus ne soient plus suffisamment modérés sur le réseau social, le multimilliardaire était attendu au tournant sur le sujet. Une telle décision devrait susciter des vagues aux Etats-Unis, d’autant que Donald Trump s’est de nouveau lancé dans la course à la Maison-Blanche pour 2024.

Tout en se réjouissant qu’avec Elon Musk, Twitter soit “entre de bonnes mains”, Donald Trump a toutefois affirmé ces derniers jours qu’il resterait sur son réseau Truth Social, même si cette plateforme ne lui offre qu’une petite caisse de résonance comparativement à Twitter, où il comptait plus de 88 millions d’abonnés.

“Truth Social est spécial”

Lors d’une intervention par vidéo samedi à un rassemblement de la coalition des juifs républicains à Las Vegas, Donald Trump a salué l’initiative et Elon Musk. “Je l’aime bien […] Vous savez, c’est un sacré personnage et j’aime les sacrés personnages”, a-t-il dit.

Mais il a son propre réseau maintenant, Truth Social, a-t-il fait valoir. A propos de l’idée qu’il puisse retourner sur Twitter, il a estimé: “Je ne crois pas, car je ne vois aucune raison de le faire.”

Sur Truth Social, il avait encouragé ses abonnés à “voter avec positivité” avant d’ajouter: “Mais ne vous inquiétez pas, nous n’allons nulle part. Truth Social est spécial”.

Ce n’est pas la première fois qu’Elon Musk demande l’avis de ses abonnés. Il leur a par exemple demandé à la fin 2021 s’il devait vendre des actions Tesla ou, plus récemment, si les annonceurs de Twitter devraient “soutenir la liberté d’expression” ou “le politiquement correct”.

Le 20 novembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

EDITORIAL – Pourquoi j’apprends le grec, langue matricielle ?

GENEVE – Il est difficile de se définir intellectuel comme votre serviteur sans connaître le grec, pourquoi ? C’est clairement notre langue matricielle. L’entier du Nouveau Testament est écrit en grec, sauf quelques mots. Il faut savoir que le grec ancien et moderne restent proches, par conséquent je me suis mis à apprendre le grec moderne depuis l’été 2022. Je vous invite à faire de même, si vous voulez être sérieux(se) surtout si vous appartenez comme moi aux milieux conservateurs.

Médecine et philosophie

La Grèce a eu un impact extrêmement important sur l’Occident chrétien, que cela soit en médecine et bien sûr avec leurs trois immenses philosophes : Aristote, Platon et Socrate. Sans compter l’apôtre Paul qui a fortement contribué à faire du christianisme la plus grande religion du monde. On peut bien sûr aussi citer la mythologie grecque, qui a joué un rôle très important en psychanalyse (l’une de notre autres matrices avec Sigmund Freud puis l’immense Carl Jung). Par exemple la boîte de Pandore est un concept important à connaître, qui ressemble un peu à l’histoire de la Genèse (Eve tentée par le serpent).

Démocratie

Peut-être l’héritage grec qui a le plus influencé la Suisse et le monde occidental est la démocratie, c’est-à-dire littéralement (et provenant bien sûr du grec), “pouvoir au peuple”. Le début de la constitution américaine commence par “Nous le peuple” (We the people).

Origine de très nombreux mots français

Le grec aide aussi à très bien connaître le sens des mots en français et en de nombreuses autres langues comme l’anglais ou même en allemand, voici une petite liste de mots entièrement d’origine grecque : dialogue (deux logos qui parlent), enthousiasme (Dieu ou dieu en soi, pour ne pas être anachronique – autre mot grec) démocratie, diagnostic, philosophie (science de la sagesse), paradoxe, théologie, megalo, ego (qui veut dire je), scolaire, philosophie, Apotheke (mot allemand pour pharmacie qui veut dire “de – la boîte”), etc. Bref la liste est énorme et sans fin.

Matrice

A ceux qui veulent sortir de notre matrice judéo-chrétienne et grecque, je leur souhaite bonne chance. L’immense psychologue suisse Carl Jung estimait que c’était impossible, si je le paraphrase, sans peut-être créer un tout nouveau monde. Romanvie.ch a pour ambition de défendre l’ancien monde, celui de notre matrice.

Ah et vous voulez écouter une magnifique chanson grecque, vous allez pleurer…

Le 21 novembre 2022 (mise à jour). Par Xavier Gruffat. Photo : Adobe Stock.

Maisons de jeu (casino) – Vingt-neuf demandes pour 23 concessions

BERNE – Vingt-neuf maisons de jeu ont déposé une demande pour obtenir une concession. Le Conseil fédéral doit attribuer 23 concessions pour début 2025.

Maisons de jeu (casino) - Vingt-neuf demandes pour 23 concessions

Les 21 concessions en cours expirent au 31 décembre 2024. En avril, le Conseil fédéral avait décidé d’augmenter le nombre de concessions à 23, soit 10 de type A (produit brut annuel des jeux sur place de plus de 30 millions par an) et 13 de type B (produit brut de jeu annuel de plus de 10 millions de francs).

La Commission fédérale des maisons de jeu, qui avait mis au concours les concessions, a reçu 29 demandes, quatorze pour une concession A et quinze pour une concession B. Une demande au moins a été déposée pour chacune des 23 zones.

Dans quatre zones (Bâle, Saint-Gall, Lausanne et Valais), plusieurs requérants visent une même concession. À une exception près, tous les actuels exploitants d’une maison de jeu souhaitent continuer leur activité dans la même commune de la zone où ils se trouvent.

L’attribution des concessions se fera ultérieurement.

Le 17 novembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Succession Maurer – L’UDC choisit ses candidats pour succéder à Ueli Maurer

BERNE – Le groupe UDC annonce vendredi en fin de journée ses candidats définitifs pour l’élection au Conseil fédéral. Cinq personnes sont en lice pour succéder à Ueli Maurer. L’élection aura lieu le 7 décembre.

Succession Maurer - L'UDC choisit ses candidats pour succéder à Ueli Maurer

L’ancien président du parti, le conseiller national bernois Albert Rösti, 55 ans, est le grand favori. Celui qui dispose d’un excellent réseau s’est fait un nom sous la Coupole dans les domaines de l’énergie et de la santé.

Un autre Bernois figure également sur les rangs : le conseiller aux Etats Werner Salzmann, 60 ans. Ce colonel à l’armée a deux chevaux de bataille: l’armée et l’agriculture.

Après les renoncements de ses personnalités les plus en vue, la section zurichoise de l’UDC a présenté la candidature d’Hans-Ueli Vogt. Ce professeur de droit commercial de 52 ans, ouvertement homosexuel, a siégé au Conseil national sous la bannière UDC entre 2015 et 2021.

Deux ministres des finances cantonaux complètent la liste des candidats. Le Zougois Heinz Tännler, 62 ans, affirme avoir “repris en main” les finances de son canton en peu de temps. Il avait déjà tenté sa chance dans la course au Conseil fédéral en 2011, mais n’avait pas été retenu sur le ticket.

Le lancement de la candidature de la seule femme, la conseillère d’Etat nidwaldienne Michèle Blöchliger, 55 ans, s’était accompagné d’un imbroglio sur sa double nationalité. Considérée comme une femme de dossiers aux “connaissances énormes”, la juriste de formation est proche de l’aile blochérienne du parti et ne s’en cache pas.

Le 18 novembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Etats-Unis – McConnell reconduit à la tête de la minorité républicaine au Sénat

WASHINGTON – Le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a été confortablement reconduit dans ses fonctions mercredi par ses pairs pour la prochaine législature, qui débutera en janvier. Cela en dépit d’une candidature adverse et de tentatives de retarder cette procédure.

Ce responsable politique de 80 ans, élu de l’Etat rural du Kentucky, reste ainsi à la tête du groupe républicain à la chambre haute, position qu’il occupe depuis 2007.

La bonne performance des démocrates aux élections de mi-mandat, traditionnellement difficiles pour le parti du président, a une nouvelle fois privé ce natif de l’Alabama d’une majorité et donc d’un poids décisif au Sénat.

Etats-Unis - McConnell reconduit à la tête de la minorité républicaine au Sénat

Trump: “Il a fichu en l’air les élections”

Donald Trump, qui conserve une importante influence sur le parti républicain, lui a imputé la responsabilité de la déroute. Les deux hommes furent des alliés solides pendant le mandat du milliardaire, mais Mitch McConnell a pris ses distances depuis l’assaut contre le Capitole.

“Il a fichu en l’air les élections”, a affirmé Donald Trump sur son réseau Truth Social. Avant le scrutin, M. McConnell s’était pourtant inquiété de la “qualité” des candidats poussés sur le devant de la scène par l’ex-président républicain.

Mitch McConnell, élu pour la première fois au Sénat en 1984 et qui a sans cesse navigué dans les arcanes de Washington, a aisément repoussé la tentative de le remplacer d’un autre sénateur républicain, Rick Scott.

Il est également parvenu à maintenir la tenue du vote mercredi en dépit des velléités de plusieurs sénateurs trumpistes de le reporter.

Le 16 novembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Conseil fédéral – Succession Sommaruga: qui se présente et qui a renoncé

BERNE – La course à la succession de Simonetta Sommaruga s’est ouverte avec l’annonce de la démission de la conseillère fédérale socialiste. La direction du PS veut présenter un ticket 100% féminin.

QUI S’EST PRÉSENTÉ?

DANIEL JOSITSCH a été le premier à être sorti du bois. Le conseiller aux Etats a annoncé sa candidature mardi, contre l’avis de la direction de son parti qui souhaite deux femmes. “J’ai l’expérience et les qualités nécessaires” pour devenir conseiller fédéral, a lancé le Zurichois, membre de l’aile centriste du parti.

La conseillère d’Etat bernoise EVI ALLEMANN a suivi mercredi. Avant d’être élue au gouvernement cantonal, elle avait siégé au Conseil national de 2003 à 2018. Elle avait également présidé l’Association transports et environnement (ATE) et la section bernoise de l’Asloca.

Jeudi, c’est la conseillère aux Etats bâloise EVA HERZOG, 60 ans, qui s’est lancée dans la course. Elle est considérée comme l’une des favorites à la succession de Simonetta Sommaruga. Elle était jusqu’au début 2020 ministre des finances de son canton. En tant que représentante d’un canton-ville et d’une région économiquement forte, elle a de bons arguments. L’historienne a déjà été candidate il y a douze ans, mais n’avait pas été retenue par son parti face à Simonetta Sommaruga.

ELISABETH BAUME-SCHNEIDER, 58 ans, est également en lice. La conseillère aux Etats jurassienne possède une expérience gouvernementale: elle a été élue en 2002 au Gouvernement jurassien et l’a présidé de 2006 à 2008. Elle siège depuis 2019 à la Chambre des cantons à Berne, dont elle préside la commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie.

Conseil fédéral - Succession Sommaruga: qui se présente et qui a renoncé

QUI A RENONCÉ?

JACQUELINE BADRAN: dans une interview accordée aux titres de Tamedia, la conseillère nationale zurichoise dit avoir sérieusement réfléchi à une candidature. Mais elle ne se sent pas prête à reprendre n’importe lequel des départements fédéraux. La politicienne de 61 ans siège à la Chambre du peuple depuis 2011. Auparavant, elle a bataillé neuf ans au parlement de la ville de Zurich.

EDITH GRAF-LITSCHER: La conseillère nationale thurgovienne de 58 ans a indiqué que la fonction l’aurait tentée, mais “ce n’est pas la bonne étape dans sa vie”. Elle fait de la politique depuis vingt ans et ne se représentera pas aux élections fédérales de l’automne 2023. Le canton de Thurgovie n’est plus représenté au Conseil fédéral depuis 88 ans.

FLAVIA WASSERFALLEN: La conseillère nationale bernoise a indiqué mercredi renoncer à se présenter. Après avoir soigneusement pesé le pour et le contre, elle dit être parvenue à la conclusion qu’une telle candidature ne lui convenait pas à l’heure actuelle. Flavia Wasserfallen a été récemment désignée par le PS du canton de Berne comme candidate au Conseil des Etats, pour défendre le siège du sortant Hans Stöckli à l’automne 2023. “Cette mission me motive énormément”, a-t-elle expliqué, ajoutant qu’elle mène actuellement une vie professionnelle et familiale qui correspond à ses aspirations personnelles.

PASCALE BRUDERER: L’ancienne conseillère aux Etats argovienne Pascale Bruderer a quitté la politique en 2019 pour se réorienter dans l’économie privée. Depuis deux ans, elle n’a jamais envisagé un retour en politique au vu de son fort engagement pour sa nouvelle activité professionnelle.

PRISKA SEILER GRAF: La conseillère nationale zurichoise est candidate au gouvernement cantonal et souhaite se concentrer sur la campagne pour les élections du 12 février prochain.

JACQUELINE FEHR: Ministre de la justice du canton de Zurich depuis huit ans, Jacqueline Fehr se représente pour un nouveau mandat. “Le Conseil d’Etat reste ma grande passion”, a-t-elle tweeté. La Zurichoise s’était déjà présentée en 2010. Elle figurait sur le ticket officiel du PS, mais le Parlement lui avait préféré Simonetta Sommruga.

BARBARA GYSI: La St-Galloise siège depuis onze ans au Conseil national. Elle vise le siège que Paul Rechsteiner laissera vacant en fin d’année au Conseil des Etats. L’élection complémentaire aura lieu le 12 mars.

NADINE MASSHARDT: La conseillère nationale bernoise, âgée de 38 ans, serait certes tentée un jour par un poste dans un exécutif. “Mais avec la meilleure volonté du monde, je ne peux pas m’imaginer devenir conseillère fédérale et être disponible 24 heures sur 24”, a expliqué la présidente de la Fondation pour la protection des consommateurs, le pendant alémanique de la FRC.

MATTEA MEYER: A bientôt 35 ans, la conseillère nationale vient d’être réélue à la co-présidence du PS Suisse. Elle souhaite se concentrer sur les élections fédérales 2023.

MARINA CAROBBIO: La conseillère aux Etats tessinoise a présidé le Conseil national en 2019. En novembre de la même année, elle a été élue au Conseil des Etats. A 56 ans, la médecin est déjà candidate à un siège au gouvernement tessinois, dont les élections ont lieu en avril prochain.

REBECCA RUIZ: La conseillère d’Etat vaudoise souhaite se concentrer sur son mandat à la tête du département de la santé et de l’action sociale. La criminologue de 40 ans a siégé de 2014 à 2019 au Conseil national.

NURIA GORRITE: La ministre vaudoise des infrastructures privilégie sa fonction au service du canton. Elle entend continuer à défendre les priorités cantonales qui lui tiennent à cœur, en particulier les grands projets d’infrastructures de mobilité, qu’elle a initiés depuis ses débuts au gouvernement cantonal. Nuria Gorrite a présidé l’exécutif cantonal de 2017 jusqu’au printemps dernier.

YVONNE FERI: La conseillère nationale argovienne de 56 ans renonce à se porter candidate à la succession de Simonetta Sommaruga au Conseil fédéral. La fonction l’aurait séduite, mais le moment n’est pas opportun, a-t-elle expliqué dans l’émission SonnTalk de TeleZüri.

Le 14 novembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Mobilité – GE – Le 30 km/h généralisé à Genève est attaqué par des recours

GENEVE – A Genève, le plan du canton pour lutter contre le bruit routier, qui généralise la limite de vitesse à 30 km/h sur près de 300 axes, est attaqué sur plusieurs fronts. Le PLR, le MCG et l’UDC ont déposé des recours, suspendant l’entrée en vigueur de cette stratégie.

Les trois partis ont déposé des recours distincts auprès du Tribunal administratif de première instance. Le MCG s’est associé à l’Automobile Club Suisse (ACS) dans cette procédure. Selon le parti, le conseiller d’Etat Serge Dal Busco, chef du Département des infrastructures (DI), a “abusé de son pouvoir réglementaire pour imposer en douce le 30 km/h généralisé”.

Le MCG craint “une paralysie du réseau routier genevois”. Le recours contre l’arrêté du DI du 10 octobre, qui a été rédigé par l’avocat Romain Jordan, a été déposé mercredi. Ce dernier représente aussi le PLR dans cette affaire. Les recours portent sur une violation du droit à être entendu, du principe de proportionnalité et de la séparation des pouvoirs.

Le plan antibruit impose notamment le 30 km/h de jour comme de nuit sur 294 axes routiers, et de nuit uniquement sur 139 autres axes. Selon Romain Jordan, ces recours pointent “la préparation largement insuffisante de cette mesure, prise sans expertise ni examen précis, rue par rue, des périmètres visés, alors que le droit fédéral l’impose”.

Mobilité - GE - Le 30 km/h généralisé à Genève est attaqué par des recours

“Chasse aux automobilistes”

En plus du “sérieux problème institutionnel” posé par l’arrêté du DI, le PLR estime que cette décision ne tient pas compte de la hiérarchie du réseau routier, car il limite à 30 km/h autant en ville sur les axes structurants qu’en dehors de la zone urbaine. Le parti estime aussi que cette limitation pénaliserait aussi les transports publics.

L’UDC, qui dénonce une “chasse aux automobilistes”, attaque aussi l’arrêté du DI dans un recours déposé jeudi. Le parti condamne un “déni de démocratie”. “Il est inadmissible qu’une telle décision ne soit pas débattue préalablement au Grand Conseil et qu’elle soit ensuite soumise au référendum”, écrit l’UDC dans un communiqué. A noter que plusieurs objets parlementaires sur ce sujet sont en cours d’étude dans les commissions.

Les sections genevoises du TCS et de l’Association suisse des transports routiers (ASTAG) ont aussi annoncé un recours. Elles doivent commenter leur démarche jeudi après-midi lors d’une conférence de presse.

“Retard regrettable”

Ces oppositions ont pour conséquence “un retard regrettable dans la mise en oeuvre”, relève Roland Godel, porte-parole du DI. Présentée en janvier dernier, la stratégie de modération de la vitesse s’appuie sur des principes qui figurent dans la loi pour une mobilité cohérente et équilibrée votée en 2016. Serge Dal Busco, conseiller d’Etat en charge du DI, avait alors rappelé qu’elle se basait sur une large consultation menée au printemps 2021.

Le 10 novembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Etats-Unis – DeSantis incarne une droite dure, sans complexe et sans exubérance

WASHINGTON – Il allie les prises de position les plus dures sur l’immigration, le Covid-19 ou les questions de genre, à une personnalité sans exubérance, voire sans charisme pour ses détracteurs: Ron DeSantis, gouverneur de Floride, est l’étoile montante de la droite américaine.

De ce républicain de 44 ans, qui a été réélu triomphalement mercredi, le Financial Times avait estimé récemment: “DeSantis, c’est Donald Trump avec un cerveau, mais sans le cirque”.

Le quotidien rebondissait sur la gestion par le patron du “Sunshine State” du catastrophique ouragan Ian. Alors que la Floride comptait ses morts et évaluait des dégâts considérables, le gouverneur avait reçu avec civilité Joe Biden, en dépit de son hostilité politique ouverte envers le président, et accepté l’aide fédérale.

Une manière d’afficher son pragmatisme, et peut-être de se distinguer de l’ancien président républicain Donald Trump, notoirement hostile à toute forme de courtoisie protocolaire.

La visite du débonnaire démocrate de 79 ans, multipliant les accolades et blagues avec des sinistrés, avait toutefois donné lieu à des photographies pas toujours flatteuses pour Ron DeSantis, plus raide et distant. Il a aussi fait la joie des humoristes en allant visiter une zone sinistrée avec des bottes en caoutchouc blanc immaculé.

Etats-Unis - DeSantis incarne une droite dure, sans complexe et sans exubérance

Harvard et Guantanamo

Cet homme au physique compact et au sourire laborieux est né dans une famille de la classe moyenne, aux origines italiennes. Ron DeSantis est diplômé de la prestigieuse université de Yale – où il s’est aussi illustré dans l’équipe de baseball – et de l’exigeante Harvard Law School.

Il a exercé le droit dans le giron de l’armée, dans une fonction de conseiller sur la base de Guantanamo et auprès de troupes d’élite en Irak, ce qui lui a valu plusieurs distinctions.

Le juriste publie en 2011 “Les rêves de nos pères fondateurs” – en référence à l’autobiographie de Barack Obama, “Les rêves de mon père”. Il accuse dans ce livre le président démocrate d’avoir rompu avec la Constitution, à cause de sa vision “progressiste”.

En 2012, Ron DeSantis remporte un siège à la Chambre des représentants, auquel il sera réélu deux fois. En 2018, il est élu gouverneur avec une mince majorité après avoir multiplié les signes d’allégeance à Donald Trump. Dans un clip de campagne, il monte avec sa fille un mur en cubes de plastique colorés, en référence au projet du président républicain pour la frontière avec le Mexique.

“Guerres culturelles”

Ron DeSantis se fait un nom à l’échelle nationale pendant la pandémie de Covid-19 avec son discours hostile aux mesures sanitaires, qu’il s’agisse du port du masque, de la fermeture des écoles ou de l’obligation vaccinale.

Le républicain se jette aussi dans les “guerres culturelles”, des controverses autour de sujet tels que l’enseignement sur le racisme ou le genre, à coup de décisions très conservatrices et controversées.

Ron DeSantis s’est aussi joint récemment aux gouverneurs républicains du Texas et de l’Arizona pour envoyer des migrants vers les villes démocrates du nord et de l’est du pays. La Maison Blanche démocrate a qualifié l’opération de mise en scène “cruelle”. Un positionnement radical, mais aucune exubérance personnelle.

Image froide

Avec son épouse Casey, ancienne présentatrice de télévision qui le conseille étroitement, et leurs trois enfants, il s’efforce tant bien que mal d’adoucir une image froide.

Une anecdote revient souvent dans la presse pour décrire un caractère solitaire : quand il était au Capitole, Ron DeSantis parcourait les couloirs avec des écouteurs sans fil enfoncés dans les oreilles, de manière à décourager toute conversation impromptue.

Etudiant brillant, rejeton de la classe moyenne qui s’est fait tout seul, époux dévoué ayant soutenu sa femme face à un cancer du sein, vétéran… Le portrait élogieux de Ron DeSantis par ses partisans a tout pour exaspérer Donald Trump, qui voit en lui un rival avant la présidentielle de 2024.

Autorité naturelle

“DeSantis respire l’autorité, les gens savent exactement où il en est. Il ne fait pas de langue de bois”, analyse la politologue Susan MacManus. “Il explique toujours quels projets il a et pourquoi. Alors que Trump peut se disperser et ne parler que de lui.”

L’ancien président, adepte des surnoms vexants, a voulu lancer contre le catholique gouverneur de Floride celui de “Ron DeSanctimonius”, que l’on peut traduire par “Ron-la-Morale” ou “Ron-l’enfant de choeur”. Sans grand répondant jusqu’ici.

Par Aurélia END (AFP).

Le 9 novembre 2022. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay