Category Archives: NEWS

Pourquoi le wokisme, infiltré dans les médias comme Le Temps et la RTS, est un danger pour la Suisse romande ?

Le wokisme est diabolique, on doit le combattre radicalement

Article écrit par Xavier Gruffat, scientifique de l’EPF Zurich, MBA, fondateur du plus grand site sur la santé en Suisse (Creapharma.ch) et d’autres médias à succès en Suisse

GENEVE Sur ce site je m’intéresse seulement à la petite Suisse romande (2 millions d’habitants), car la sphère anglo-saxonne et ses plus de 500 millions d’habitants compte des médias conservateurs et surtout des chaînes YouTube (Romanvie.ch en fera bientôt une) de très bonne qualité. Comme la plupart des médias mainstream romands sont loin de me donner satisfaction, j’essaie de vous informer d’une façon différente, je dirais même objective. Ce qui nous occupe actuellement est l’obsession woke des médias comme la RTS (Forum et son lavage de cerveau “vert” ou écolo presque tous les jours – comment est-ce possible ?) et Le Temps, un copier-coller du New York Times. Les autres médias romands n’ont à mon avis pas de pouvoir, si ce n’est une influence cantonale. J’entendais le 10 octobre 2022 dans l’excellente émission suisse-alémanique Echo der Zeit de la radio SF (là il y a du niveau de journalisme à Zurich) que les médias en Suisse étaient libres, j’ai quelques doutes… Rappelons qu’à Genève, l’Université s’est débaptisée récemment (on ne parle plus de Université de Genève Carl Vogt, le 20 Minutes en a parlé), car M. Vogt était considéré comme raciste à son époque (anachronisme, est-ce que les woke parlent un peu le grec comme votre serviteur ?)

De quoi parle-t-on ?

Romanvie.ch a déjà défini en détail le conservatisme (lisez absolument l’article), ce qui va nous occuper aujourd’hui est le wokisme qui infiltre plus ou moins toute la société, par exemple on ne compte plus les lettres après LGBT (je viens d’en découvrir une nouvelle et il y a le A, pour asexuel ce qui est étonnant quand même) …. Chacun veut sa lettre, je propose que nous les évangéliques ou catholiques rajoutions la lettre E, cela signifierait ceux qui ont des relations sexuelles après le mariage, car oui certains souffrent aussi de racisme lorsqu’on vit une sexualité “biblique”. Vous l’aurez compris cela devient ridicule, risible, et à mon avis même négatif pour la communauté homosexuelle (dont je ne fais pas partie, mais je rappelle que Dieu a créé tous les être humains, donc tout va bien). Mais qu’est-ce que le wokisme (en anglais wokism ou woke) ? Rappelons tout d’abord pour ceux qui ne parlent pas bien l’anglais, woke veut dire éveil, donc éveillé si on veut, mais éveillé à quoi ? Vous pouvez lire une belle définition sur la page Wikipedia

Origine

Comme presque toujours dans l’Occident chrétien ou post-chrétien, il faut chercher son origine dans le pays de loin le plus puissant de l’Occident, les Etats-Unis bien sûr qui représente 25% du PIB mondial et probablement plus de 50% du PIB occidental. Comme souvent aussi, les mouvements commencent sur les campus des grandes universités de la côte est (Yale, Princeton, Harvard…) avant d’infiltrer le reste de la société comme les rédactions du New York Times ou Washington Post, sans parler du média le plus puissant au monde (selon eux) qu’est CNN. Comme le relève l’auteur conservateur de référence anglais Douglas Murray, le wokisme a la base n’est pas forcément négatif. Je citerai ici un autre Anglais, bien sûr Chesterton et sa célèbre phrase : “Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles.” Actuellement il est évident que le mot woke ou wokisme est très négatif, surtout dans les milieux conservateurs comme ce site.

Une folie

Dans une vidéo d’une trentaine de minutes, Douglas Murrey pense que le wokisme est une folie. Il commence par expliquer que les woke pensent par exemple que les Etats-Unis est une société raciste et qu’il faut donc si on veut détruire le passé pour construire sainement l’avenir. Un problème du wokisme est qu’il parle toujours comme une obsession de la race, du sexe ou de l’orientation sexuelle. Le problème avec cette méthode radicale est que des personnes comme votre serviteur (blanc, homme et hétérosexuel) souffrent de racisme, qu’on peut qualifier d’inversé. D’un point de vue psychanalytique on peut dire qu’il s’agit clairement d’une revanche ou vengeance. On peut aussi y voir le pouvoir symbolique de Pierre Bourdieu. L’idée de toujours identifier le pouvoir pour le faire passer de l’inconscient au conscient, de façon jungienne. Il est évident qu’on devient en permanence éveillé aux problèmes : race, sexe, orientation sexuelle, écologie, etc. Quel stress !

Inclusion vs. exclusion – exemple équipe de basket

Dans la plupart des sociétés, on est par exemple membre d’un club de football, membre d’une fanfare, membre d’une église, membre d’une famille, membre d’une nation, d’un village, etc. Tout est inséré, on peut participer partout. Tout fonctionne ensemble. Le problème de la culture du wokisme, ils ont compris le concept problématique de l’exclusion, mais ils veulent que tout le monde puisse rentrer dans chaque case si on veut. Mais c’est impossible. Par exemple les anciens Juifs avaient un coin de leur champ réservé pour les étrangers, mais il était bien séparé des Juifs, comme l’explique de façon brillante dans une vidéo de 2021 Jonathan Pageau (théologien et intellectuel orthodoxe). Le problème est que les wokes veulent faire de l’inclusion la seule valeur, à cause de l’exclusion. M. Pageau pense que le wokisme peut détruire le monde et mener à des dictatures. Il prend aussi l’exemple d’une équipe de basket. Si cette équipe veut gagner, elle doit avoir un but (la gagne) mais si le nouvel objectif est la diversité ou l’inclusion, comment gagner ? Impossible ! Car ici on sacrifice l’objectif ou la valeur de la victoire pour l’inclusion. On crée un monstre. Et la vie, ce sont des milliards d’équipes de basket si on veut, pour prendre une analogie. C’est aussi dans le christianisme une bonne définition du péché, la défaite, le chaos, l’objectif non atteint. Donc oui le wokisme mène au chaos et à la chute clair et net du monde.

Bonne cause…se termine mal

La cause est peut-être bonne, mais ensuite cela devient un business (on peut penser aux avocats) et on pourrait dire qu’à la fin le résultat est contre-productif pour servir la cause (ex. améliorer la situation des noirs dans la société américaine).

Le racisme existe

Ce qui est intéressant dans la vidéo de Douglas Murrey est qu’il reconnaît qu’il y a et surtout qu’il y a eu du racisme, de l’homophobie ou du machisme dans la société “blanche” occidentale, mais il relève que dans d’autres sociétés il y a aussi eu ces problèmes. Pensons au racisme dans certains pays d’Asie ou d’Afrique. De plus, pour le mouvement woke la situation aux Etats-Unis (et donc en Suisse) est insupportable, comme si elle n’avait jamais été aussi grave. Mais à ce que je sais, en Suisse les LGBT ont beaucoup de droits, en veulent-ils encore plus ? Il ne faut pas oublier qu’ils sont une minorité, peut-être 3% (personne sait, car les sondages sont souvent manipulés, forcément en fonction du camp). Mon conseil est qu’ils évitent de vouloir “dominer la société”, par risque de retour de flamme, surtout dans des sociétés démocratiques (où la majorité décide).

Religion woke

A mon avis, comme le christianisme a disparu des médias mainstream libéraux et marxistes, il faut remplacer la religion chrétienne par une autre. Par conséquent le wokisme a des disciples et ses dogmes. Pour Douglas Murrey, il faut abandonner au plus vite cette horrible idée, je ne peux que lui donner raison, ou aimerions plus de guerres, plus de divisions ?

Même The Economist

Dans un article publié le 24 septembre 2022 dans le pourtant très libéral The Economist, on pouvait lire en passant que certaines écoles publiques étatiques en Californie étaient plus motivées à parler de justice sociale que d’enseigner aux élèves.

Le conservatisme va gagner

Personnellement, je pense que le conservatisme qu’il soit chrétien ou athée va gagner, et cela facilement et rapidement par K.O.. Le libéralisme et le socialisme marxiste n’ont plus beaucoup d’avenir. Il ne devrait exister que le conservatisme et l’écologie dans le futur, à quand 4 Conseillers fédéraux conservateurs et 3 Ecologistes ou l’inverse pour être fair-play ?

Le 13 octobre 2022. Par Xavier Gruffat. Intellectuel suisse auto-déclaré.

La puissance symbolique de la Reine d’Angleterre Élisabeth II

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur la Reine Elisabeth II morte en septembre 2022. Certains libéraux et autres marxistes pensent qu’avoir une reine est un anachronisme. Mais à voir le nombre de personnes (en centaines de milliers) qui se sont rendus physiquement à Londres pour voir son cercueil, on se rend compte que ces personnes ont tort ou en tout cas ne peuvent pas avoir parfaitement raison.

Symbolique de la Reine

Ce qui est très intéressant de noter avec la famille royale britannique est qu’elle agit comme un symbole très clair de l’état, en l’occurrence le Royaume-Uni (etc.). Cette famille vit et de facto n’est pas anachronique. La Reine, comme cheffe de famille, incarnait des valeurs qui résonnaient de façon très profonde pour beaucoup d’entre nous, y compris hors de la sphère d’influence anglo-saxonne. En voyage aux Etats-Unis quelques jours après sa mort en septembre, j’étais surpris de voir les drapeaux américains à mi hauteur. Or on sait que les Etats-Unis sont nés justement d’une guerre contre les colonies britannique de l’Amérique du Nord. Romanvie.ch va continuer son travail sur la symbolique, qu’elle soit politique ou religieuse.

La doctrine marxiste qui a infiltré de nombreuses sphères du pouvoir, surtout au niveau des journalistes, a probablement du souci à se faire. Ce n’est pas demain qu’ils arriveront à détruire la famille royale (les fameux Royals).

Le 10 octobre 2022. Par Xavier Gruffat. Sources (entres autres) : vidéo YouTube

Le grand sociologue Max Weber avertit les Chrétiens du risque diabolique de la politique

Max Weber est pour beaucoup le plus grand sociologue de l’histoire, né en Prusse (actuellement Allemagne) à Erfurt en1864, il a fortement influencé l’Occident, y compris et surtout les pays et milieux calvinistes. Dans son livre Le Savant et le Politique, Max Weber met en garde les “vrais” Chrétiens à entrer en politique, selon lui et pour simplifier, la politique hyperviolente n’est pas compatible avec le Sermon sur la Montagne de Jésus (lire début du livre de Matthieu).

Deux conférences

Le livre Le Savant et le Politique, est le fruit en fait de deux conférences, la première appelée Wissenschaft als Beruf (Science comme métier) donnée par l’auteur le 7 novembre 1917 dans le cadre d’une série de conférences à l’Association libre des étudiants bavarois. La deuxième conférence a eu lieu en 1919, il prononça un discours sur la politique en tant que profession ou métier (Politik als Beruf). Le texte considérablement enrichi de cette conférence a été publié en juillet 1919.

Métier de politicien, puissances diaboliques

Ce qui me semble très intéressant est la partie finale de son discours de Politik als Beruf. Max Weber résume sa pensée en affirmant qu’un Chrétien (ou adepte d’autre religion) qui entre en politique doit avoir conscience de paradoxes éthiques très significatifs. Pour Max Weber, un politicien s’engage avec des puissances diaboliques (d’un point de vue plus métaphorique, avec le serpent de la Genèse, Max Weber n’entre pas dans une telle vision) qui agissent avec une grande violence. Le premier paradoxe est que la doctrine de l’amour et de la non-violence enseignée par Jésus n’est pas compatible avec la violence politique. Le règne prêché par Jésus-Christ n’était pas de ce monde. Pour Max Weber, une personne qui désire le salut de son âme ou des âmes des autres ne devrait pas choisir le chemin politique, car ici seulement la violence est possible. Max Weber fait la distinction entre 3 types de politiciens, ceux occasionnels, à temps partiels et les professionnels (Berufspolitiker, lire davantage ci-dessous). Si je comprends bien, Max Weber parle dans son livre surtout du politicien par métier, celui qui a un vrai impact sur la société. Il divise le concept de politicien professionnel en ceux qui vivent pour la politique et ceux qui vivent de la politique.

Tension très dure pour le politicien chrétien

Ce qui est à mon avis très intéressant dans l’analyse de Max Weber est son analyse presque psychiatrique. Il estime que le génie ou le démon de la politique vit dans un état de tension extrême comme le Dieu d’amour du christianisme. Le sociologique allemand relève que cette tension peut exploser n’importe quand en un conflit insoluble.

Qu’est-ce que l’État ?

Dans son essai Politik als Beruf, Max Weber a établi l’une des définitions centrales de l’État, selon laquelle l’État est “une communauté qui, sur un territoire donné, revendique (avec succès) le monopole de la violence physique légitime”. Pour que l’État puisse exister, les personnes dominées doivent se soumettre à l’autorité revendiquée. Pour M. Weber, la passion objective, le sens des responsabilités et un regard distancié sont les trois principales qualités d’un homme politique. En revanche, la plus grande faiblesse pour un homme politique est la vanité, qui fait paraître l’homme politique peu objectif et irresponsable.

Ethique, deux éthiques

Max Weber a également inventé les concepts d’éthique de la responsabilité (en allemand : Verantwortungsethik) et d’éthique de la conviction (Gesinnungsethik). Selon le sociologue allemand, tout bon politicien poursuit des objectifs supérieurs, c’est-à-dire une certaine éthique. Dans La politique en tant que profession, Max Weber se demande à la fin si un homme politique doit plutôt suivre une éthique de responsabilité (réfléchir aux conséquences de ses actes, même les accepter) ou une éthique de conviction (faire ce qui est moralement juste). Pour lui, il n’y a pas de réponse claire à cette question, car selon Max Weber, la politique se fait avec la tête, mais pas seulement avec la tête. Il en conclut que l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité ne sont pas opposées, mais complémentaires, et qu’ensemble, elles font le bon politicien (un politicien authentique). Justement, si je comprends correctement, Max Weber explique qu’un Chrétien qui entre en politique va probablement davantage suivre son éthique de conviction et deviendra “fou”, autrement dit à force de se concentrer sur le règne terrestre il n’arrivera plus travailler pour le règne céleste.

Exemples pratiques

Un exemple d’éthique de conviction (Gesinnungsethik) est l’attitude des Témoins de Jéhovah, qui refusent les transfusions sanguines et refusent catégoriquement de faire leur service militaire, même si cela met leur propre vie en danger. Une opposition à une éthique qui s’oriente principalement sur les conséquences des actions – celle-ci est appelée éthique conséquentialiste, éthique de responsabilité ou éthique de la réussite – apparaît dans les situations de décision où il existe un dilemme moral. Ainsi, dans beaucoup de pays, il est en principe interdit de mettre en balance des vies humaines.
Max Weber cite aussi la Pennsylvanie qui a voulu par les Quakers devenir un Etat n’utilisant pas la force dans ses relations extérieurs (avec autres Etats). Mais lors de la Guerre d’Indépendance américaine (1775 à 1783), les Quakers n’ont finalement pas pu participer au combat contre les Britanniques (et autres états du nord), alors que c’était pour défendre leurs idées de liberté.

3 types de politiciens

Max Weber décrit 3 types de politiciens (Gelegenheitspolitiker, Nebenberufspolitiker, Berufspolitiker). Les politiciens occasionnels (en allemand Gelegenheitspolitiker), tous ceux qui déposent un bulletin de vote ou qui expriment leur volonté politique d’une autre manière, par exemple par un discours politique ou un acte d’influence lors d’un événement politique. Les politiciens à temps partiel (Nebenberufspolitiker) sont ceux qui n’exercent leur activité politique qu’en cas de besoin et qui n’en vivent pas (en Suisse on parle aussi de politicien de milice), ni matériellement ni idéalement. Selon Max Weber, de telles personnes peuvent être des directeurs d’associations politiques de partis, mais aussi des membres de conseils municipaux ou des parlementaires qui ne font de la politique active que pendant une session. Puis les politiciens comme métier (Berufspolitiker). Nous avons discuté plus haut de ce type de politicien.

Analyse

Selon moi en 2022 dans nos démocraties libérales, on parlerait peut-être plus de pouvoir (y compris le pouvoir symbolique de Pierre Bourdieu) que de violence pure. Mais il est évident que de nombreux paradoxes mentionnés par Max Weber restent malheureusement très actuels en 2022. On peut aussi voir le verre à moitié plein pour les politiciens chrétiens, ceux-ci ne doivent pas être naïfs face à la force parfois néfaste de la politique. Comme on en a déjà parlé dans un autre article, il faut éviter d’être “mangé en entier par le serpent“, pour utiliser des concepts du christianisme plus symboliques.

Ecologie

Si on part du principe que l’écologie est le “nouveau christianisme”, il est évident que certains écologistes, comme des vrais Chrétiens, doivent en permanence être confrontés à l’envie d’un monde “parfait” et la fameuse Real Politik.

Par Xavier Gruffat. Le 8 octobre 2022. Sources : livre (traduction en portugais) : Science et politiques : deux vocations (Ciência e política: duas vocações), édition Folha de S.Paulo, Brésil. Page Wikipedia en allemand sur Max Weber.

Adam et Eve étaient différents, comme Newton et Einstein

Mots clés : apologétique, politique, Carl Jung, Bible, mythes, écologie, Rousseau

Il est évident que pour nous conservateurs, le premier livre de la Bible, la Genèse, est essentiel dans notre compréhension (cosmovision) du monde. Mais pour l’avoir étudié en entier, ce n’est pas du tout un livre facile. Je ne vais pas entrer dans cet article dans une compréhension littérale ou plus métaphorique de la Genèse. Ce qui n’est pas toujours intuitif est de bien comprendre qu’Adam et Eve étaient bien différents, pas seulement dans l’apparence physique ou biologique, mais aussi dans leur personnalité et actions.

Newton puis Einstein – Où est Adam ?

Comme l’expliquent très bien le professeur Jordan B Perterson et Matthieu Pageau dans une vidéo de septembre 2022 (en anglais), on découvre en lisant la Genèse qu’Adam était très différent d’Eve. Adam est comme un scientifique, il essaie de nommer des “choses” comme les animaux (Genèse 2 : 20). Il donne par exemple le nom au serpent. Selon Matthieu Pageau, dans un premier temps avant la Chute, Adam est comme Newton, il nomme plein de “choses” ou phénomènes en fonction de ses théories. D’ailleurs cela expliquerait pourquoi en 2022 beaucoup d’hommes ont de la peine avec les concepts de LGBTQUIA+ (pensons aux récentes victoires de conservateurs en Italie, Suède ou au Brésil – les sondages en tout cas au Brésil montrent que les hommes sont beaucoup plus conservateurs que les femmes) de nommer par exemple une personne intersexuelle, car l’homme serait perdu (mais peut-être plutôt un sujet pour un autre article). Quand Dieu crée la femme Eve après avoir endormi Adam, le but est de rénover Adam. N’oublions pas qu’au début c’était le Paradis, à ce moment la Chute n’avait pas encore eu lieu. A ce moment Adam n’arrive pas se nommer, il n’arrive pas à se voir, il est un peu perdu. Il a donc besoin d’une femme pour mieux comprendre le monde. La femme agit comme un miroir pour Adam. Comme le relève le Prof. Peterson, les femmes sont plus sévères pour juger les hommes que l’inverse (ils mentionnent des études sur des sites de rencontre). Cela veut dire qu’Eve devient consciente en premier, après la Chute, puis ensuite Adam devient conscient. Si j’ai bien compris la théorie de M. Pageau, Adam arrive grâce à Eve à intégrer d’autres théories comme celle de la relativité (dans l’analogie Newton-Einstein) et s’avère plus proche de la vérité. Car grâce à la femme, Adam arrive enfin à savoir où il est en changeant finalement de perspective.

Femme plus consciente, la Chute

Comme la femme peut devenir enceinte, elle devient de facto plus consciente. Si on revient à la Genèse, Adam “passe son temps” à nommer les animaux comme le serpent, mais Eve par contre parle avec le serpent. C’est pour cela que certains intellectuels estiment que les hommes sont plus souvent ingénieurs, car ils aiment les “choses” et les femmes ont des métiers plus sociaux, car elles aiment les personnes. Ce qui est intéressant est qu’Eve est comme en train de négocier avec le serpent. Adam passe son temps à catégoriser, mais il n’arrive pas à comprendre la transcendance de la “chose”. Au chapitre 3 de la Genèse on peut lire qu’Eve discute avec le serpent qui ment très clairement. Dieu avait dit à Adam et Eve de ne pas manger un fruit d’un certain arbre au centre du jardin, dans le cas contraire le premier couple va mourir. Mais le serpent dit que c’est un mensonge et arrive “convaincre” la femme à manger du fruit défendu. On connait tous la suite, c’est la Chute.

Conscience des péchés

Au verset 7 du chapitre 3 on apprend que pour la première fois, Adam et Eve réalisent ou plutôt prennent conscience de leur faute (Chute), puis de leurs péchés. Dans le livre de Marc du Nouveau Testament, Jésus dit au chapitre 3 verset 29 “…quiconque blasphème contre le Saint-Esprit n’obtiendra jamais de pardon…”. C’est peut-être pour cela, et pour nous rassurer, que l’auteur J.C. Ryle écrit “Le péché contre le Saint-Esprit est une réalité, mais ceux qui sont soucieux de l’avoir commis sont ceux qui ne l’ont vraisemblablement jamais commis”. Cela signifie que ceux qui l’ont commis sont tellement dominés par le mal qu’il est peut probable qu’ils soient conscients de leur péchés1.

Analogie politique

Matthieu Pageau fait une analogie entre Eve qui écoute le serpent et la gauche politique actuelle. Autrement dit, le but est de discuter avec l’ennemi, mais d’éviter de ne pas être “mangé” par le serpent comme Eve. Probablement ce qu’il veut dire, complété par une belle citation de Peterson, est qu’il faut tuer les idées pour ne pas mourir. Le professeur canadien explique aussi que beaucoup de nos cellules meurent pour que nous comme un tout puissions vivre. Matthieu Pageau relève que beaucoup d’histoires dans la Bible concernent des personnes qui ont fait un pacte avec un ennemi, comme Samson. A la fin Samson essaie de tuer l’ennemi mais finit par mourir, même s’il tue beaucoup d’ennemis. Pour reprendre un mythe grec (quel anachronisme), Samson se brûle les ailes. Le serpent est capable de piéger Eve et on doit tous faire attention à ne pas être piégé. Le Prof. Peterson, là cela devient vite complexe mais très intéressant, relève que le grand risque justement est de vouloir avaler le serpent, avaler l’ennemi. A ce moment on vit à crédit.

Crise écologique, mangé par le Serpent car trop rapide

Justement le Prof. Peterson réfléchit sur la crise écologique actuelle. Si j’ai bien compris il ne remet pas en cause la crise climatique mais pense que notre obsession de vouloir résoudre cette crise très rapidement peut nous détruire. Autrement dit, le serpent (la crise climatique) ne doit pas nous manger. On ne doit pas avoir les yeux plus gros que le ventre. La seule chose qu’on peut faire est de digérer progressivement les problèmes. Car si on va trop vite pour résoudre les problèmes (une critique ici de la gauche politique progressiste) on se fait tout simplement mangé par le serpent, comme Eve. A titre personnel cela me parle, car je travaille de façon bénévole une fois par semaine dans une grand favela brésilienne à Sao Paulo où je réside et je vois qu’il y a tellement de problèmes à résoudre (pauvreté, absence de formation, logement). Je trouve intéressant comme concept biblique. On peut y voir au passage l’orgueil de la gauche de penser pouvoir résoudre tous les problèmes, une véritable utopie.

Hyper anxiogène

Pour revenir en 2022, il est évident qu’après la crise Covid-19, en Suisse en tout cas la crise écologique commence à prendre une ampleur diabolique dans tous les sens du terme. Si la Covid-19 était anxiogène, la crise climatique semble énormément plus sérieuse et tragique pour nous êtres humains. Est-ce qu’on joue à se faire peur ? Est-ce qu’on doit vraiment avoir peur ? Pour revenir à la vidéo YouTube, Matthieu Pageau estime que si la gauche (en Suisse, Socialistes et Vert.e.s) – qui serait on l’a compris ici Eve – aime son pays (ou son mari Adam) – elle ne peut pas vouloir sa perte. L’analogie ici est que le péché d’Eve est de faire qu’Adam se trouve dans un labyrinthe sans aucune sortie. On croirait un peu entendre les paradoxes dans le christianisme de Chesterton (cela devient complexe à suivre, non ?).

Paradoxe de l’écologie

Ce qui est très intéressant et ce que je ressens dans cette vidéo est qu’en fait les écologistes qui doivent être proches de la nature et se veulent proches, justement ne comprennent pas cette nature (humaine). Prof. Peterson cite des pressions écologiques réalisées sur des paysans en Hollande, ce qui réduit la productivité d’aliments et en théorie augmente la faim sur cette terre. Il y a aussi toute l’idée très rousseauiste de la gauche de croire à un homme bon, hors nous Chrétien et surtout calvinistes (ce qu’est ce site) pensons à une dégradation totale de l’être humain, après la Chute.
On pourrait dire que c’est une faute politique ou une erreur d’appréciation. Et au fond que l’on croit en Dieu et donc à la Genèse de façon assez littérale ou qu’on croit plutôt dans un mythe jungien, le résultat est le même et les écologistes (ainsi que leurs disciples les journalistes mainstream) se trompent de méthode. A ce rythme, ils vont se faire manger par le serpent, je leur conseille de commencer au plus vite une psychothérapie. Cqfd.

Guerre aux intellectuels français

Il est évident que les monstrueux intellectuels français en sociologie des ces dernières dizaines d’années comme Foucault, Derrida ou Bourdieu (le fameux concept de pouvoir symbolique) ont joué un rôle immense en Occident, mais justement tout l’objet des intellectuels conservateurs dont j’essaie modestement de faire partie cherchent à déconstruire certains concepts parfois qualifiés de postmarxistes.

Conclusion (de Matthieu Pageau, si je résume bien l’essence de son message) : le but est de surmonter la perspective anti-humaine du modernisme dans la société et l’Eglise. Il pense qu’une partie de la voie à suivre consiste à appliquer des interprétations symboliques aux informations scientifiques, car les connaissances acquises par une telle méthode sont valables, mais ne sont pas intégrées dans un cadre métaphysique de signification.

Selon moi, l’essai de Mattieu Pageau est aussi une critique du calvinisme (ce site est calviniste et accepte les critiques), car il le dit lui-même, il reproche aux Réformateurs mais aussi aux Catholiques d’avoir un peu (beaucoup) enlever le pouvoir des mythes dans la société, bref la manière métaphysique ou symbolique de la Bible. M. Pageau le résume bien, c’est regrettable, parce qu’un monde matérialiste avec le message de l’évangile loi+relation n’est décidément pas le modèle cosmologique fonctionnel des Écritures. On ne peut que lui donner raison, si on voit aussi comme la pornographie ou l’alcool dans une moindre mesure a complètement envahi le christianisme et le monde, quelque chose ne va pas.
Cela pose le problème d’une théologie soit trop littérale (les Evangéliques pour résumer) ou trop libérale (justement les “post-calvinistes” notamment). Avec la mode actuelle du story-telling, M. Pageau tient peut-être quelque chose de très précieux pour l’Eglise ou le monde. J’aime en tout cas beaucoup sa vision du monde. Je le vois clairement comme une prochaine superstar du christianisme globalisé de qualité (on connaît les Chrétiens qui cherchent plus leur propre gloire que de faire avancer le Règne de Dieu).

Mariotto Albertinelli : Expulsion d’Adam et Eve du paradis, exposé en Croatie, ouvert le 12 décembre 2011. à Zagreb, Croatie

Pour aller plus loin, texte intéressant en anglais

Que Dieu vous bénisse !

Par Xavier Gruffat. Le 5 octobre 2022. Sources : mentionnées dans le texte. Crédit photo : Adobe Stock.

EDITORIAL – Pourquoi et comment les campus américains influencent jusqu’en Suisse

CLEVELAND (OHIO)Il y a quelques jours j’ai voyagé une dizaine de jour à Houston (TX) et à Cleveland (OH) à un congrès de marketing de contenu, appelé content marketing. J’admets avoir été choqué par la violence consciente et inconsciente pour citer Carl Jung des présentations de certains invités, surtout les key notes (principales présentations devant des centaines de personnes). Une personne a diffusé une publicité avec deux gays s’embrassant et a demandé à l’audience d’environ 1500 personnes si cela les dérangeait ? J’avais presque eu envie de répondre oui, car comme Chrétien je ne partage pas cette façon de faire, du fait accompli sans aucun débat. Je critique ici plus la méthode que le fond de l’histoire. J’ai clairement l’impression d’avoir été infantilisé et j’ai même demandé qu’on me rembourse les environ 2400 dollars de ce congrès à la fin assez médiocre sur le fond. Il est peu probable que je revoie la couleur des dollars.

Campus, pouvoir, politiquement correct

Ce qu’il faut bien comprendre est que les grandes idéologies américaines arrivent assez rapidement en Europe et notamment dans la petite Suisse beaucoup trop peu peuplée pour jouer un rôle intellectuel sérieux en Occident. Bref, comme souvent le copier-coller est moins fatiguant que d’inventer la roue. Je ne nie pas par contre que la Suisse est une puissance moyenne économiquement, surtout avec son fameux franc suisse. Revenons au campus, surtout des universités très célèbres de la côte est, bien sûr Princeton, Yale ou Harvard ou encore Stanford de l’autre côté du pays. Comme l’expliquait le Prof. Jon Haidt de la New York University dans une vidéo YouTube de 2017, le concept de politiquement correct est apparu fortement plus ou moins en 2014 et 2015 dans les campus américains. Ce concept qu’on peut aussi qualifié actuellement de wokisme essaie de transformer des oppressés ou avec un sentiment d’oppressé en victime. Et dans ce mindset, tout est question de pouvoir, on peut résumer en disant que les victimes doivent prendre le pouvoir. Bien sûr le concept du pouvoir est repris au célèbre intellectuel français Michel Foucault. C’est ce que j’ai fortement ressenti lors de mon voyage à Cleveland en septembre 2022, tout est question de jeu de pouvoir et je dirais même de violence. Ce qui est intéressant est que les mouvements ou idées de politiquement correct peuvent venir des étudiants, des professeurs ou de l’administration (de l’université).

Obsession de l’inclusion

Les Etats-Unis depuis les années 2015 ont une obsession de l’inclusion. Le but est d’inclure toutes les minorités avec une diversité. Bref, les mots-clés diversité et inclusion sont capitaux dans la culture américaine actuelle mainstream. Ce qui à mon avis mène clairement à un relativisme absolument malsain.

Un monstre !

A mon avis les Etats-Unis sont en train de devenir un monstre qui peut mener à une 2ème guerre civile. Il faudra en tout cas beaucoup d’efforts de la gauche radicale et les LGBTQIA+ d’un côté et les conservateurs de l’autre comme les évangéliques pour trouver quelques points communs. Sinon il est évident qu’on est en train d’avoir deux Amériques qui ne se parlent plus et surtout ne se comprennent plus. Bref, un vrai dialogue de sourd.

Même The Economist

Dans un article publié le 24 septembre 2022 dans le pourtant très libéral The Economist, on pouvait lire en passant que certaines écoles publiques étatiques en Californie étaient plus motivées à parler de justice sociale que d’enseigner aux élèves.

Conseils pour les journalistes et politiciens :
– Bien comprendre que les Etats-Unis vivent une guerre culturelle (kulturkampf) très profonde et complexe, entre surtout les campus (aidés par le New York Times) et une bonne parte du reste de la population (aidé par Fox News). Bien entendu, une majorité des Américains se trouvent probablement au milieu de ces 2 pôles.
– S’influencer des Etats-Unis ne veut pas dire tout copier. Il y a des choses clairement toxiques et dangereuses pour la Suisse. Ce qui concerne notamment des doctrines LGBTQIA+ qui à mon avis font parfois même du tort aux communautés homosexuelles (peut-être encore utiliser ce terme ?).
– Bien connaître les théories de Pierre Bourdieu sur son concept de pouvoir symbolique

Lire aussi : Comment définir le conservatisme en politique ?

Le 30 septembre 2022. Par Xavier Gruffat.

Musique gospel : la magnifique chanson “Take My Hand, Precious Lord”

La chanson américaine “Take My Hand, Precious Lord” composée par Thomas A. Dorsey est l’une des plus belles chansons de la musique gospel américaine. Selon un article du Wall Street Journal du 10 septembre 2022, c’est l’une des chansons les plus jouées dans les enterrements de la communauté afro-américaine. La chanson a été écrite en septembre 1932.

Tragédie

Cette chanson gospel est née en partie d’une tragédie personnelle de l’auteur, sa femme est morte à l’accouchement de son fils Thomas Jr. Il a pu regarder son fils à son premier jour mais le lendemain il est mort. Thomas A. Dorsey a trouvé en Dieu son réconfort, en Lui demandant à Le prendre par la main. L’auteur confesse qu’il est fatigué (tired), faible (weak) et épuisé (worn).

La chanson a été interprétée et enregistrée par Elvis Presley, Mahalia Jackson et surtout l’énorme Aretha Franklin. Elle a chanté cette musique à l’enterrement de Martin Luther King Jr.

Découvrez aussi une belle interprétation de Jim Reeves

Le 10 septembre 2022. Par Xavier Gruffat. Sources : The Wall Street Journal, YouTube

Quelle sont les principales différences entre le calvinisme et l’arminianisme ?

Le calvinisme et l’arminianisme sont deux systèmes théologiques qui essayent d’expliquer entre la souveraineté de Dieu et la responsabilité humaine en ce qui concerne le Salut. Autrement dit, est-ce que Dieu choisit ceux qui Il veut (calvinisme, concept de prédestination) ou l’être humain a une certaine liberté (arminianisme, concept de grâce) ?

Origine des termes

Le terme calvinisme vient du théologien français mort à Genève Jean Calvin (1509 – 1564). Il représente les disciples ou héritiers intellectuels de Jean Calvin. Le terme arminianisme vient du théologien hollandais Jacobus Arminius (1560 – 1609), nom latinisé de Jakob Hermanszoon. Comme on peut le constater, Jacobus Arminius avait seulement 4 ans à la mort de Jean Calvin.

5 points, TULIP

Les 2 systèmes peuvent se résumer en 5 points, le fameux acronyme anglais TULIP (le système des des calvinistes – les cinq points du calvinisme – remis en cause par les arminianistes). TULIP signifie T pour dépravation totale ou corruption totale (en anglais : Total depravity), élection inconditionnelle (en anglais : Unconditional election), expiation limitée (en anglais : Limited atonement), grâce irrésistible (en anglais : Irresistible grace) et persévérance des saints (en anglais : Perseverance of the saints). Il faut savoir que le concept de TULIP a été créé par les calvinistes mais en réponse aux arminianistes qui avaient publié auparavant un document appelé « Remonstrance » en cinq articles (1610) expliquant leur doctrine. Les arminianistes se recrutaient parmi l’oligarchie bourgeoise hollandaise qui souhaitait un adoucissement de la doctrine calviniste et une plus grande tolérance.

Point par point, voici les différences entre ces deux systèmes théologiques

T. Total depravity
– Pour les calvinistes, il y a justement une dépravation totale. Ce système affirme qu’en conséquence de la chute de l’homme dans le péché, chaque personne est asservie au péché. Les gens ne sont pas par nature enclins à aimer Dieu, mais plutôt à servir leurs propres intérêts et à rejeter la règle de Dieu, être rebelle. Ainsi, par leurs propres facultés, toutes les personnes sont moralement incapables de choisir de faire confiance à Dieu pour leur salut et d’être sauvées (le terme “total” dans ce contexte fait référence au péché qui affecte chaque partie d’une personne, et non au fait que chaque personne est aussi mauvaise qu’elle pourrait l’être). Calvin veut expliquer l’incapacité de se sauver du péché plutôt que l’absence de bonté.
– Pour les arminianistes, il y a une dépravation partielle et non totale.

U. Unconditional election
– Pour les calvinistes, Dieu a choisi de toute éternité ceux qu’il amènera à lui non pas en fonction de la vertu, du mérite ou de la foi prévus chez ces personnes ; son choix est plutôt fondé inconditionnellement sur sa seule miséricorde. Dieu a choisi depuis l’éternité d’étendre sa miséricorde à ceux qu’il a choisis et de refuser sa miséricorde à ceux qui n’ont pas été choisis. Les personnes choisies reçoivent le salut par le Christ seul. Ceux qui ne sont pas choisis reçoivent la juste colère qui est justifiée pour leurs péchés contre Dieu. On peut noter ici une claire souveraineté de Dieu.
– Pour les arminianistes, il y a une élection conditionnelle. Ils introduisent le concept de pré-science.

L. Limited atonement
Remarque : ce point est souvent polémique parmi les théologiens
– Le calvinisme affirme que l’expiation substitutive de Jésus était définie et certaine dans son but et dans ce qu’elle a accompli. Cela implique que seuls les péchés des élus ont été expiés par la mort de Jésus. Bref, que Jésus est mort seulement pour les élus. Les calvinistes ne croient cependant pas que l’expiation est limitée dans sa valeur ou sa puissance, mais plutôt que l’expiation est limitée dans le sens où elle est destinée à certains et pas à tous. Certains calvinistes ont résumé cela comme suit : “L’expiation est suffisante pour tous et efficace pour les élus”. Dans ce concept, il n’y a aucune “perte”. La foi est un don de Dieu. Éphésiens 2 permet pour certains de défendre ce courant théologique.
– Les arminianistes affirment que l’expiation est au contraire illimitée. On peut citer Jean 3.16 pour défendre ce courant théologique, c’est-à-dire que Jésus est mort pour toute l’humanité.

I. Irresistible grace
– Le calvinisme affirme que la grâce salvatrice de Dieu est appliquée de manière efficace à ceux qu’il a décidé de sauver (c’est-à-dire les élus) et qu’elle surmonte leur résistance à obéir à l’appel de l’Évangile, les amenant à une foi salvatrice. Cela signifie que lorsque Dieu a souverainement l’intention de sauver quelqu’un, cette personne sera certainement sauvée. La doctrine soutient que l’on ne peut pas résister à cette influence intentionnelle du Saint-Esprit de Dieu, mais que le Saint-Esprit “amène gracieusement le pécheur élu à coopérer, à croire, à se repentir, à venir librement et volontairement à Christ”. Il ne s’agit pas de nier le fait que l’appel extérieur de l’Esprit (par la proclamation de l’Évangile) peut être, et est souvent, rejeté par les pécheurs ; c’est plutôt cet appel intérieur qui ne peut être rejeté.
– Dans l’arminianisme la grâce peut être résistible. Autrement dit, une personne peut résister à l’appel de Dieu.

P. Perseverance of the saints
– Dans le calvinisme, les “saints” sont ceux que Dieu a prédestinés au salut. Le calvinisme affirme que puisque Dieu est souverain et que sa volonté ne peut pas être contrariée par les humains ou quoi que ce soit d’autre, ceux que Dieu a appelés à la communion avec lui-même continueront dans la foi jusqu’à la fin. Ceux qui tombent apparemment n’ont jamais eu la vraie foi pour commencer (1 Jean 2:19) ou, s’ils sont sauvés mais ne marchent pas actuellement dans l’Esprit, ils seront divinement châtiés (Hébreux 12:5-11) et se repentiront (1 Jean 3:6-9). Pour résumer, les élus ne peuvent jamais perdre le salut.
– Dans l’arminianisme le salut est conditionnel, autrement dit on peut perdre le salut à cause de l’apostasie.

Eglises

La plupart des églises presbytériennes suivent la théologie calviniste, les églises baptistes suivent souvent la ligne calviniste mais pas toujours, parfois certains points sont plutôt arminianistes comme le point L qui fait souvent polémique. Beaucoup d’églises pentecôtistes (ex. Assemblées de Dieu) ou méthodistes sont clairement arminianistes. Certains pasteurs ou dénominations font un mélange des différents points, exemple calviniste sur le point T et U, armininiste sur le point L ou I et calviniste sur le point final P.

Lire aussi :
Histoire : qui étaient les Puritains ?
Théologie : mieux comprendre le Salut dans le Calvinisme – influence pour Van Gogh

Article mis à jour le 25 juillet 2022. Par Xavier Gruffat. Sources : différents livres de théologie, émissions YouTube (ex. ici d’un pasteur brésilien) à ce sujet, page Wikipedia en anglais, Universalis.fr, interview de X. Gruffat avec un théologien.

La spiritualité est liée à de meilleurs résultats en matière de santé et de soins aux patients

BOSTON / MASSACHUSETTS – La spiritualité devrait être intégrée dans les soins prodigués lors de maladies graves et pour la santé en général selon une étude menée par des chercheurs de l’école de santé publique T.H. Chan de Harvard et de l’hôpital Brigham and Women’s. Cette étude publiée le 12 juillet 2022 dans le journal JAMA (DOI : 10.1001/jama.2022.11086) représente l’analyse systématique la plus rigoureuse et la plus complète à ce jour de la littérature moderne concernant la santé et la spiritualité.

D’après le prof. Tracy Balboni, auteur principal de l’étude, médecin principal au Dana-Farber/Brigham and Women’s Cancer Center et professeur de radio-oncologie à la Harvard Medical School, les résultats de cette recherche indiquent que l’attention portée à la spiritualité dans les maladies graves et dans la santé devrait être une partie essentielle des futurs soins centrés sur la personne dans son intégralité. Par ailleurs, ces résultats devraient stimuler plus de discussions nationales et de progrès sur la façon dont la spiritualité peut être intégrée dans ce type de soins sensibles à la valeur.

Prise en charge de la personne dans son ensemble

La spiritualité est liée à de meilleurs résultats en matière de santé et de soins aux patients

Le prof. Tyler VanderWeele, professeur d’épidémiologie John L. Loeb et Frances Lehman Loeb dans les départements d’épidémiologie et de biostatistique de la Harvard Chan School explique que la spiritualité est importante pour de nombreux patients lorsqu’ils pensent à leur santé. Se concentrer sur la spiritualité dans les soins de santé signifie ainsi prendre soin de la personne dans son ensemble, et non seulement de sa maladie.

Il faut préciser que selon la Conférence internationale de consensus sur le soin spirituel dans les soins de santé, la spiritualité est « la façon dont les individus recherchent un sens ultime, un but, une connexion, une valeur ou une transcendance. » Cela peut inclure la religion organisée, mais va bien au-delà pour inclure les moyens de trouver un sens ultime en se connectant, par exemple, à la famille, à la communauté ou à la nature.

Vie plus saine, plus grande longévité

Dans l’étude, les chercheurs ont systématiquement identifié et analysé les preuves de la plus haute qualité sur le rôle de la spiritualité dans les maladies graves et la santé, publiées entre janvier 2000 et avril 2022. Sur les 8’946 articles concernant les maladies graves, 371 répondaient aux critères d’inclusion stricts de l’étude, tout comme 215 des 6’485 articles axés sur les résultats en matière de santé. 

Un groupe structuré et multidisciplinaire d’experts, appelé panel Delphi, a ensuite examiné les preuves collectives les plus solides et a proposé des implications consensuelles pour la santé et les soins de santé.

Ils ont noté que, chez les personnes en bonne santé, la participation à une communauté spirituelle – illustrée par la participation à des services religieux – est associée à une vie plus saine, y compris une plus grande longévité, moins de dépression et de suicide, et moins de consommation de substances. Pour de nombreux patients, la spiritualité est importante et influence les résultats clés de la maladie, tels que la qualité de vie et les décisions relatives aux soins médicaux. Les implications du consensus comprennent l’intégration des considérations de spiritualité dans le cadre des soins de santé centrés sur le patient et la sensibilisation des cliniciens et des professionnels de la santé aux avantages protecteurs de la participation à la communauté spirituelle.

La spiritualité est liée à de meilleurs résultats en matière de santé et de soins aux patients

Soins sensibles aux valeurs

Le panel de 27 membres était composé d’experts en spiritualité et en soins de santé, en santé publique ou en médecine, et représentait une diversité de points de vue spirituels/religieux, y compris spirituel-non-religieux, athée, musulman, catholique, diverses confessions chrétiennes et hindou. 

Selon les chercheurs, le simple fait de poser des questions sur la spiritualité d’un patient peut et doit faire partie des soins centrés sur le patient et sensibles aux valeurs. Les informations glanées au cours de la conversation peuvent guider la prise de décisions médicales ultérieures, y compris, mais sans s’y limiter, la notification à un spécialiste de l’accompagnement spirituel. Les spécialistes de l’accompagnement spirituel, tels que les aumôniers, sont formés pour fournir des soins pastoraux cliniques à divers patients, qu’ils soient spirituels, non religieux ou issus de diverses traditions religieuses. Les aumôniers eux-mêmes représentent une variété de contextes spirituels, y compris laïques et religieux.

« En négligeant la spiritualité, les patients se sentent déconnectés du système de soins de santé et des cliniciens qui tentent de les soigner », a déclaré le prof. Koh. L’intégration de la spiritualité dans les soins peut ainsi aider chaque personne à avoir une meilleure chance d’atteindre un bien-être complet et d’arriver au meilleur niveau de santé possible.

Le 18 juillet 2022. Par la rédaction de Romanvie. Photo illustration : © 2022 Pixabay

25 leçons à apprendre de Jacques (Bible)

THÉOLOGIE CHRÉTIENNE

Le livre de Jacques dans le Nouveau Testament est une véritable mine d’or ou manuel pratique pour tout Chrétien qui aimerait être plus mature dans sa foi, malgré le fait que cela soit un petit livre avec seulement 5 chapitres et 108 versets. Cette lettre ou épître de Jacques ressemble aux précieux conseils pratiques qu’on peut retrouver dans les Proverbes (31 chapitres) du Roi Salomon dans l’Ancien Testament. Certaines phrases sont de véritables aphorismes. Jacques a aussi de nombreux points communs avec le célèbre et très important Serment sur la Montagne de Jésus Christ dans l’évangile de Mathieu. Jacques était le livre préféré du grand théologien et philosophe danois Søren Kierkegaard. Dans cet article nous vous présentons de nombreuses leçons à retenir de ce livre tout simplement magnifique.

Qui était Jacques ? Dans la Bible il y a plusieurs Jacques différents, on estime que celui qui a écrit ce livre est l’un des frères (on parle aussi parfois de demi-frère) de Jésus. Ce Jacques s’est converti au christianisme seulement après la résurrection du Messie. Jacques est l’une des personnes choisies à qui le Christ est apparu après la résurrection (1 Cor. 15.7)1.
Quand Jacques a-t-il été écrit ? La lettre de Jacques aurait probablement été écrite entre les années 43 et 50 après J.-C., soit avant le Conseil de Jérusalem.
A qui est destiné cette lettre (livre) ? Jacques, qui était justement le principal leader de l’église de Jérusalem lors du Conseil (Actes 15.13), s’adresse dans ces quelques chapitres probablement en premier lieu à des juifs chrétiens en souffrance de la diaspora et non pas à des non juifs ou païens (gentils) comme Paul dans ses nombreuses lettres (ex. Romains, Galates, etc.).

CHAPITRE 1

Introduction. Serviteur de Dieu (1.1). Jacques se définit comme un véritable serviteur de Dieu, même un esclave (le mot grec ancien utilisé est δοῦλος – doulos, qu’on peut aussi traduire par esclave), comme on peut le lire au verset 1 : “De la part de Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ, aux douze tribus dispersées : salut !”. On constate aussi comme mentionné ci-dessus que Jacques d’adresse principalement à la diaspora juive.

1. Persévérez dans les difficultés (1.2-4). En cas de difficultés dans votre vie, persévérez dans la foi pour devenir plus mature (Jacques, Chapitre 1 aux versets 2 à 4 et 12 mais aussi au chapitre 5 : 10-11). Il faut répondre aux difficultés dans la joie. Autrement dit, les souffrances peuvent être une bonne chose. La joie est donnée à ceux qui croient en Dieu et cela peu importe les circonstances. Lire ou relire le livre de Job dans l’Ancien Testament aide à comprendre, en tout cas en partie, la souffrance pour une personne croyante. Les difficultés ou souffrances ont un effet pédagogique et seront présents à un moment ou à un autre dans la vie de tout chrétien.

2. Dieu peut nous donner de la sagesse (1.5-6). Si vous manquez de sagesse, demandez à Dieu avec conviction, et Il vous la donnera. Cela signifie que Dieu transmet ou donne la sagesse. Quand nous sommes en difficulté, nous avons besoin de discernement et de sagesse. La sagesse est l’utilisation correcte de la connaissance2. Il est intéressant de noter que le mot philosophie signifie en grec ancien, amour (philo) de la sagesse (sophie). Mais ici, il faut comprendre le mot plutôt comme une sagesse divine ou biblique et pas forcément du monde (philosophie). Jacques relève aussi que lorsqu’on demande de la sagesse à Dieu, on ne doit pas douter, on ne doit pas avoir notre âme ou esprit divisé (du grec diacrimonai).

3. Les dangers du matérialisme (1.9-11). Attention à la richesse ou biens matériaux qui vous éloignent du Royaume de Dieu. Soyez humbles, car la richesse rend orgueilleux. Dans Jacques 2.5-6 on apprend aussi qu’on doit traiter les pauvres comme s’ils étaient riches. Jacques se réfère au Sermon sur la Montagne de Jésus affirmant que les pauvres dans ce monde sont riches dans la foi.
Le début du chapitre 5 est aussi critique surtout envers les richesses mal acquises, par exemple en exploitant les employés ou lors de corruption (lire ci-dessous les points 20 et 21 à ce sujet). Le but ici est surtout de comprendre que la dépendance à l’argent (et pas forcément le fait de posséder de l’argent), presque comme une addiction, nous éloigne de Dieu et de son Royaume.

4. Tentation : récompense (1.12) et Dieu ne tente pas (1.13-15).
1.12
Au verset 1.12 on peut lire : “Heureux l’homme qui tient bon face à la tentation car, après avoir fait ses preuves, il recevra la couronne de la vie que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment”, selon la traduction Segond 21. Cela signifie que lorsqu’on est tenté ou soumis à des épreuves, on doit regarder vers la récompense. C’est à ce moment que Dieu nous approuve. Le célèbre pasteur presbytérien brésilien Hernandes Dias Lopes 3 raconte dans un livre qu’il a écrit sur Jacques une belle histoire pour mieux comprendre ou illustrer l’intérêt des épreuves pour nous amener à plus de maturité : le processus utilisé autrefois pour faire pousser les arbres qui deviendraient les grands mâts des navires militaires et marchands était le suivant : les grands constructeurs navals sélectionnaient les arbres situés au sommet de hautes collines pour qu’ils deviennent probablement le mât d’un navire. Ensuite, les ouvriers des grands constructeurs abattaient tous les arbres environnants qui protégeaient les arbres choisis de la force du vent. Au fil des ans, sous l’effet du vent, les arbres grandirent et devinrent encore plus forts, jusqu’à ce qu’ils soient assez solides pour devenir le mât d’un navire.
1.13-15
La tentation ne vient pas de Dieu mais du diable. Dieu ne désire jamais qu’une personne devienne pécheresse.

5. Dieu est la seule source du bien (1.17-18). Les bénédictions viennent toujours de Dieu. Rien de positif ne peut venir autrement que de Dieu.

6. Auto-contrôle (1.19-20). Soyez rapide à écouter, lent (en grec brádys) à parler et à vous mettre en colère. Cela fait un peu penser aux fruits de l’Esprit de Paul, à lire dans Galates. Jacques nous enseigne qu’avant de parler on doit réfléchir et ne pas s’exprimer immédiatement. Un bon truc est de dire à son interlocuteur lors d’une réponse difficile : “laissez-moi réfléchir et je reviendrai vers vous.”

8. Attention à ce que vous dites (1.26-27). Tenez votre langue, sinon vous n’êtes pas un bon Chrétien. Jacques avait dénigré son frère Jésus – dans l’hypothèse où ce Jacques serait son frère (ou demi-frère) – en estimant impossible qu’il puisse ressusciter (lire Jean 7:5), il a donc regretté d’avoir affirmé une telle inexactitude. Jésus rappelle aussi dans Mathieu 12:34-35 que la langue est à l’image de notre coeur.
Lire aussi le point 16. ci-dessous.

9. Charité (1:27B). Aidez ceux qui sont dans le besoin. Il cite les veuves et les orphelins. A cette époque, ces personnes étaient à la marge de la société et à risque de grande pauvreté. De nos jours, de nombreuses autres personnes peuvent être dans le besoin, notamment en terme financier. Un vrai chrétien ne doit pas être narcissique ou égoïste. Pour la doctrine protestante classique orthodoxe (seulement la foi, sola fide), la charité n’est pas un élément du salut mais une conséquence de la foi, c’est-à-dire son expression (lire aussi le point no 14 ci-dessous).

CHAPITRE 2

10. Justice pour tous, riches ou pauvres (2.1-4). Ne faites pas de favoritisme entre riches et pauvres ou tout autre stéréotype, Dieu est impartial. Dieu a créé tous les être humains à son image et donc égaux, c’est ici une forte critique déguisée au racisme.

11. Ne dénigrez pas les pauvres, au contraire (2.5-7). Les pauvres ont souvent plus la foi que les riches, qui font des procès entre eux ou aux plus pauvres. Les riches sont souvent les plus grands pécheurs.

12. Amour agapè [en grec ancien : ἀγάπη] (2.8). Aimez votre prochain comme vous-mêmes, la solution pour résoudre les point 9 et 10 ci-dessus. Aimer son prochain comme soi-même est la règle d’or, le plus grand commandement selon Jésus (Matthieu 22.36-40).

13. La miséricorde triomphe sur le jugement (2.13). Dieu est riche en miséricorde.

14. La foi doit être authentique et active (2.14-26). Le verset 2:26 résume bien la situation ou la problématique : “Comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les oeuvres est morte.” Cela signifie qu’il ne faut pas avoir une foi seulement théorique, mais un processus de sanctification doit se manifester. Effectivement, dans la doctrine protestante (calviniste) ou évangélique majoritaire on est sauvé exclusivement par la foi en Jésus Christ et par la grâce de Dieu – sola fide – (lire Ephésiens 2:8-10, selon l’apôtre Paul), mais les conséquences de cette foi doivent être les oeuvres, par exemple aider les pauvres, donner une partie de ses ressources à l’église ou des institutions sociales, s’exprimer sans violence, etc. Certains pasteurs comme Rick Warren ne voient pas de contradictions entre l’apôtre Paul et Jacques. Paul parle davantage d’une foi invisible en répondant à la question : “Comment savoir si je suis sauvé ?” et s’adresse en général aux gentils (non juifs chrétiens). Jacques s’adresse surtout à des juifs Chrétiens et pose plutôt la question : “Comment montrer (aux autres) que je suis sauvé ?”. Autrement dit, Paul montre davantage la racine de la foi, cachée, et Jacques davantage les fruits de la foi, visible.
Jacques cite la foi d’Abraham qui était authentique et le sacrifice de son fils Isaac (qui comme on le sait n’est finalement pas mort) a montré sa véritable foi en Dieu par son action. Il a agi et n’est donc pas resté immobile. Les protestants et évangéliques estiment en général que les oeuvres sont les conséquences ou le résultat de la foi, les catholiques voient les oeuvres davantage comme une addition nécessaire à la foi et un élément du salut.

CHAPITRE 3

15. Ne soyez pas trop nombreux à enseigner (3.1). Jacques met en garde les personnes qui veulent devenir enseignants ou leaders comme les pasteurs ou prêtres, car ceux-ci seront plus sévèrement jugés par Dieu. Il connecte ce premier verset du chapitre 3 aux versets suivant sur le danger de la langue (parole). Une interprétation possible est que les enseignants de la parole doivent justement utiliser beaucoup la langue et ce n’est pas sans danger (lire point suivant).

16. Contrôlez votre langue – à nouveau (3.2-12). La langue est petite comme un gouvernail d’un bateau selon l’analogie ou l’illustration utilisée par Jacques, mais la langue a d’importantes conséquences, souvent négatives. On peut lire que la langue est “pleine d’un venin mortel”, capable de contaminer et corrompre tout le corps. Il est impossible pour l’homme de contrôler ou de dompter sa langue, seulement Dieu peut avoir une influence sur le coeur, puis par conséquence la langue. Jacques utilise aussi l’analogie du feu : “un petit feu peut embraser une grande forêt !”. On comprend bien, parfois juste quelques phrases inappropriées peuvent mener à de graves conséquences, notamment au niveau politique. Autant on peut bénir Dieu qu’on peut maudire, comme un figuier ne peut donner que des figues et pas des olives (verset 12). Mais le but, sous la grâce de Dieu, est que ce qui sorte de la bouche soit bon et pas mauvais, que le fruit soit le bon (et pas une fraude). De nos jours, on peut aussi penser aux réseaux sociaux donc à l’écriture, à la diffusion de photos ou de vidéos autant que la langue ou la communication verbale classique.
A nouveau, on voit que Jacques se veut très pratique avec une excellente structure de son texte remplie d’exemples. Nous pouvons avoir une grande connaissance des écritures, mais si nous ne contrôlons pas notre langue, notre religion est vaine. Il y a un vrai intérêt pour Jacques d’éviter au maximum l’hypocrisie, d’être aligné avec la théologie chrétienne.
Conseils de communication (pas forcément provenant de Jacques mais de livres actuels de communication ou de l’apôtre Paul) :
Lorsqu’il y a un conflit avec quelqu’un, essayez tout d’abord de prendre une certaine distance. Si possible attendez quelques minutes pour faire retomber le stress, la fameuse adrénaline. Ensuite essayez de bien choisir les mots, l’intensité de votre voix, le nombre de phrases utilisées, essayez aussi d’écouter l’autre interlocuteur. L’apôtre Paul est brillant quand il écrit dans Ephésiens 4 : 29 (traduction du Semeur) : “Ne laissez aucune parole blessante franchir vos lèvres, mais seulement des paroles empreintes de bonté. Qu’elles répondent à un besoin et aident les autres à grandir dans la foi. Ainsi elles feront du bien à ceux qui vous entendent.” Bref, contrôlez votre communication, comme le gouvernail d’un bateau, pour édifier les autres et ne pas les détruire.

17. La sagesse peut être divine ou du monde (3.13-18). La sagesse du monde, diabolique, est celle qui est terrestre et non spirituelle. Elle est basée sur ses propres envies et désirs. Là où il y a un zèle amer et un esprit de dispute, il y a du désordre et toutes sortes de mauvaises actions. Par contre la sagesse divine, provenant de Dieu (du Paradis ou d’en haut) a de nombreuses qualités : pure, pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d’hypocrisie. D’un point de vue théologique on peut considérer que la sagesse est la conséquence de la foi en Jésus-Christ.

CHAPITRE 4

18. Attention à vos propres passions (4.1-5). Lorsqu’on convoite quelque chose on peut être prêt à tout, y compris à la violence. Demandez à Dieu des choses bonnes et pas des éléments pouvant satisfaire vos passions. Dieu vous donnera des choses bonnes mais pas narcissiques. Si vous désirez des choses du monde pour être ami du monde, vous devenez ennemi de Dieu.
A nouveau on apprend que les humbles trouvent grâce à Dieu, mais pas les orgueilleux.

19. Invoquez Dieu dans vos projets (4.13-15). Comme on ne sait pas de quoi demain sera fait et qu’on est une simple vapeur selon l’illustration de Jacques, on doit toujours invoquer Dieu pour chaque projet y compris économique, comme la création d’une entreprise. On doit donc dire : “Si Dieu le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela.”. Il faut être humble, car seulement Dieu a du pouvoir sur les différents projets à venir. Mais à l’inverse, attention de ne pas utiliser “Si Dieu le veut” à chaque phrase par pure superstition ou “magie”.

CHAPITRE 5

20. Attention à la richesse – à nouveau (5.1-3). Jacques alerte les chrétiens contre les dangers de la richesse. Il mentionne clairement un risque de corruption quand on a trop d’argent. Ces versets sont utilisés comme base théologique de la Mission Intégrale dans le protestantisme (Théologie de la Libération dans le catholicisme). Lire aussi les points 3 et 11 ci-dessus.

21. Respectez les employés (5.4-6). Il est très important de toujours payer dans les temps le salaire des employés. Il y a donc une justice sociale à respecter quand on est employeur.

22. La souffrance mène à la patience (5.7-11). Les Chrétiens sont invités à être patients jusqu’à l’arrivée du Seigneur. Jacques cite logiquement ici Job qui a beaucoup persévéré malgré ses horribles souffrances mais qui à la fin a été béni par Dieu. Lire aussi le point 1 de cet article qui va un peu dans la même direction.

23. Ne jurez pas (5.12). Il est important que notre “oui” soit un oui et “non” un non, c’est pourquoi on est amené à ne pas jurer, sauf peut-être quelques exceptions (mais ce point fait débat).

24. L’importance de la prière et de la confession (5.13-18). Lors de problème, il est important de prier. Et si une personne est heureuse, qu’elle chante une louange. En cas de maladie, il faut appeler les anciens de l’église qui doivent prier pour le patient. Il est important également de toujours confesser nos péchés. La prière d’une personne juste est puissante et efficace (verset 16 b). Jacques cite Elijah qui a prié avec succès pour la sécheresse et pour la pluie.

25. Cherchez les personnes perdues (5.19-20). Finalement le demi-frère de Jésus nous invite à aider les frères et soeurs qui sont se éloignés du droit chemin et à les ramener vers le Père pour qu’ils soient sauvés.

Dossier mis à jour le 16 avril 2024. Par Xavier Gruffat. Sources : avec notre vidéo en portugais : Tiago cap. 1 e 2 – Sofrimento humano, fé e obras e muito mais (#2)

EDITORIAL – La gauche et la droite vont laisser la place respectivement au progressisme et au conservatisme

BERNE Il devient de plus en plus dur de parler du concept de gauche droite en politique. A l’époque la gauche était surtout connue pour la défense des classes populaires ou ouvrières, actuellement elle semble plus s’intéresser à la défense de certaines minorités (ex. LGBT), et la droite défendait surtout le patronat et différentes institutions (ex. armée. églises). Par conséquent la gauche qui accepte toujours plus le capitalisme ou l’économie de marché choisit des thèmes dits progressistes pour essayer d’attirer des votes, on peut dire qu’elle a plus ou moins abandonné son combat pour les classes populaires (même si des différences entre pays existent). A l’inverse la droite est un peu obligée de se positionner comme un parti conservateur, mais on peut dire que c’est aussi à cause de la gauche qui a fait un virage progressiste. La droite agit un peu en réaction, le danger est de faire exploser la droite classique comme c’est le cas aux Etats-Unis (ex. avec Trump) ou en France (pression des partis d’extrême-droite).

Futur en Suisse

En Suisse je pense que le PLR va fortement diminuer et sera de plus en plus dissout dans des partis conservateurs (ex. UDC) ou progressistes (ex. Verts, Socialistes). On devrait ainsi avoir en Suisse deux grands blocs qui s’affrontent, les conservateurs (UDC en tête) contre un blog progressiste. Un peu comme aux Etats-Unis entre les Républicains (Conservateurs) et Démocrates (Progressistes).

Le 20 mai 2022. Par Xavier Gruffat