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Hautes écoles – Universités suisses en léger repli en comparaison internationale

BERNE – Les universités suisses s’affichent en léger repli en comparaison internationale. L’Ecole polytechnique fédérale de Zurich reste toutefois la meilleure université d’Europe continentale, selon le classement Quacquarelli Symonds (QS).

L’EPFZ se maintient à la 7e place, derrière six établissements anglo-saxons, au hit-parade des hautes écoles pour l’année 2025 publié mardi par la société d’analyse basée à Londres. Deuxième meilleure université en Suisse, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) gagne 10 places par rapport à l’année précédente, pour se hisser au 26e rang.

Parmi les dix instituts helvétiques inclus au classement, trois ont progressé, six ont reculé, un reste stable. L’Université de Zurich ne fait plus partie des 100 meilleures au monde: elle recule de 18 places au 109e rang. L’Università della Svizzera Italiana (USI) dégringole quant à elle à la 405e place (-78).

Les universités de Bâle (131e rang), Genève (155e), Berne (161e) et Lausanne (224e) sont également en perte de vitesse. En revanche celle de Fribourg (539e) et la Haute école zurichoise de sciences appliquées (ZHAW) (781e-790e) progressent.

Hautes écoles - Universités suisses en léger repli en comparaison internationale

Le MIT tout devant

Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) caracole en tête du classement international, suivi de l’Imperial College de Londres et de l’Université d’Oxford. A l’exception de l’EPFZ et de l’Université nationale de Singapour (8e), la liste des dix meilleures universités est dominée par des établissements américains et britanniques.

Selon QS, le classement de cette année est le plus important jamais réalisé, avec 1500 universités prises en compte, issues de 105 systèmes d’enseignement supérieur.

Le 4 juin 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Mexique : victoire de la candidate de la gauche Claudia Sheinbaum

MEXICO – “Je ne vais pas vous décevoir” : la candidate de la gauche au pouvoir Claudia Sheinbaum est entrée dans l’histoire dimanche, en étant élue haut la main première présidente dans l’histoire du Mexique. Elle a maintenant pour défi de contenir la violence du narcotrafic et celle envers les femmes.

L’ex-maire de Mexico, 61 ans, remporte une victoire écrasante avec 58 à 60% des voix, d’après les premiers résultats partiels de l’Institut national électoral (INE) chargé de l’organisation du scrutin.

Portée par la popularité du président sortant, Mme Sheinbaum devance largement sa rivale de l’opposition, l’ex-sénatrice de centre droit Xochitl Galvez, qui obtient entre 26 et 28% des voix, d’après ces premiers résultats annoncés par la présidente de l’INE Guadalupe Taddei.

Le centriste Jorge Alvarez récolte entre 9,9% et 10,8% des voix.

“Je vais devenir la première femme présidente de la République en 200 ans”, en référence à la date de l’indépendance en 1821, a déclaré Mme Sheinbaum en promettant de “continuer à construire un véritable Etat-providence”.

Mexique : victoire de la candidate de la gauche Claudia Sheinbaum

Défaite reconnue

Sa rivale Xochitl Galvez a indiqué qu’elle l’avait appelée “pour reconnaître les résultats de l’élection”.

Scientifique de 61 ans, l’ex-maire de Mexico prendra le 1er octobre le relais de son mentor en politique, le président sortant Andres Manuel Lopez Obrador, pour un mandat de six ans jusqu’en 2030.

Le président sortant Lopez Obradro a félicité Claudia Sheinbaum, la présidente élue “possiblement avec le plus de voix dans toute l’histoire de notre pays”.

Le Mouvement pour la régénération nationale (Morena) et ses alliés obtiennent par ailleurs la majorité qualifiée au Congrès, “et très probablement aussi” au Sénat, a indiqué Mme Sheinbaum.

Morena garde également la ville de Mexico, le fief de la gauche au Mexique depuis 25 ans, avec la victoire de sa candidate Carla Brugada.

Pas voté pour elle-même

Dans la nuit, Mme Sheinbaum est passée saluer ses partisans réunis sur Zocalo, la grande place dans le centre de Mexico.

“Je suis émue jusqu’aux larmes”, a déclaré à l’AFP María de los Ángeles Gordillo, une femme maya de 37 ans. “Je célèbre ici ce moment historique de notre pays, et surtout pour nous, les femmes, qui souffrons de cette inégalité dans notre chair”.

Le Mexique enregistre une moyenne de dix homicides de femmes par jour, d’après l’ONU. Au total, 70% des Mexicaines de plus de 15 ans ont fait l’expérience de la violence au moins une fois dans leur vie, de même source.

En votant à Mexico, Mme Sheinbaum a salué un “jour historique”. Elle a confié n’avoir pas voté pour elle-même à la présidentielle, mais pour une pionnière de la gauche mexicaine, Ifigenia Martinez, 93 ans, en hommage à sa lutte. “Vive la démocratie!”, a conclu Mme Sheinbaum.

Petite-fille de juifs ayant fui le nazisme et la misère en Lituanie et en Bulgarie, Mme Sheinbaum devra relever le défi de la narco-violence.

Drogue

Le Mexique enregistre depuis plusieurs années une moyenne de plus de 30’000 homicides par an, environ 80 par jour.

Les 3/4 des homicides sont liés à des affrontements entre groupes criminels pour le contrôle des marchés locaux de la drogue, affirme l’actuel président Andrés Manuel López Obrador.

Plusieurs cartels se disputent le contrôle de l’acheminement de la drogue vers les Etats-Unis (Jalisco Nueva Generación, Sinaloa, Golfo).

La violence est devenue exponentielle à partir de décembre 2006, à la prise de fonction de l’ex-président Felipe Calderon (2006-2012) qui a lancé une offensive contre les cartels avec la participation des militaires.

Depuis, le Mexique a enregistré quelque 450’000 homicides et 100’000 disparitions.

“Nous conduirons le Mexique sur le chemin de la paix et de la sécurité”, a déclaré la présidente élue.

Zéro impunité

Elle a promis de s’attaquer aux causes de la violence, de renforcer la Garde nationale, et d’aller vers une politique du “zéro impunité” face à la violence.

Pour sa victoire, Mme Sheinbaum a pu s’appuyer sur la popularité d’Andres Manuel Lopez Obrador qu’elle a qualifié “d’homme exceptionnel”, “qui a transformé en bien l’histoire de notre pays”.

Elle a pu également s’appuyer sur l’ancrage du parti au pouvoir Morena, qui a conquis en dix ans d’existence avec ses alliés la présidence, la majorité parlementaire, ainsi qu’une vingtaine des 32 Etats.

Mme Sheinbaum a indiqué que Morena et ses alliés conservait la “majorité qualifiée” au Congrès et sans doute au Sénat.

Les électeurs étaient également appelés à renouveler le Congrès et le Sénat, à choisir les gouverneurs dans neuf des 32 Etats et à désigner des députés locaux et maires.

File d’attente et violences

Au total 98,3 millions d’électeurs étaient inscrits sur les listes électorales. De Tijuana à Mexico en passant par Guadalajara, la journée a été marquée par de longues files d’attente devant les bureaux de vote sous un soleil de plomb, d’après des photographes de l’AFP. Et aussi par la violence en certains endroits.

Deux personnes ont été tuées dans deux attaques contre des bureaux de vote dimanche dans l’Etat de Puebla (centre), selon une source de sécurité du gouvernement local.

Un candidat aux élections locales avait déjà été tué dans cet Etat vendredi. Un autre candidat à un mandat mineur a été tué dans la nuit quelques heures avant l’ouverture des bureaux de vote, dans l’Ouest, d’après le parquet.

Au moins 25 candidats ont été assassinés pendant la campagne, d’après le comptage de l’AFP arrêté samedi.

Le 3 juin 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Prix des médicaments: la Suisse pénalisée par la force du franc

BERNE – Les prix des médicaments en Suisse restent en moyenne plus chers que dans les pays européens. L’écart s’est même creusé pour les médicaments brevetés en raison, notamment, de la force du franc, selon une étude périodique de santésuisse et Interpharma présentée vendredi.

Prix des médicaments: la Suisse pénalisée par la force du franc

L’association faîtière de l’assurance-maladie et l’association des entreprises pharmaceutiques suisses pratiquant la recherche ont présenté les résultats de leur analyse comparative des prix des médicaments entre la Suisse et neuf pays européens (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, Pays-Bas et Suède) lors d’une conférence de presse conjointe vendredi à Berne.

Il en est ressorti que les prix des médicaments protégés par un brevet étaient en moyenne 8,9% plus chers en Suisse que chez nos voisins en 2023. L’écart de prix s’est même creusé de 3,5% par rapport à 2022. Quant aux traitements originaux dont le brevet a expiré, ils étaient 14,3% meilleur marché à l’étranger.

Les différences de prix demeurent particulièrement importantes sur les génériques et les biosimilaires: dans les pays européens, les génériques étaient l’an dernier presque moitié moins chers (45,3%) et les biosimilaires coûtaient 29,9% de moins.

Potentiel d’économies avec les génériques

Les médicaments représentent une part importantes des coûts dans l’assurance-maladie de base. Lors de la conférence de presse, la directrice de Santésuisse Verena Nold a expliqué, chiffres à l’appui, comment ils faisaient grimper les coûts de la santé. “Les médicaments destinés aux traitements ambulatoires ont coûté 8,9 milliards de francs en 2023. La progression est de 5,3% par rapport à l’année précédente”, a-t-elle déclaré. Ce sont les médicaments contre le cancer qui ont connu la plus forte croissance.

Autre raison pour la hausse des coûts de la santé: les prix des médicaments génériques sont bien trop élevés par rapport à l’étranger. “Les génériques représentent une part de marché de 1,4 milliard de francs en Suisse. En abaissant les prix au niveau moyen des pays de référence (55%), au moins 370 millions de francs seraient économisés immédiatement et sans perte de qualité”, a soutenu Verena Nold.

La directrice de Santésuisse voit également un potentiel d’économies avec les biosimilaires: “En abaissant leurs prix au niveau moyen des pays de référence (70%), au moins 50 millions de francs pourraient être économisés de suite.”

Verena Nold ne voit toutefois pas seulement des économies en termes de réductions des prix. Elle évoque, entre autres, une réduction des marges de distribution, une vérification des prix des médicaments chaque année au lieu de tous les trois ans et un droit de recours et de réclamation pour les assureurs maladie.

De son côté, René Buholzer, directeur et délégué du comité directeur d’Interpharma, a souligné que, sans tenir compte de la force du franc, les prix des médicaments protégés par un brevet en Suisse rejoignaient presque ceux de l’étranger. “A taux de change constants, l’écart de prix n’est que de deux points de pourcentage”, a-t-il indiqué, ajoutant que les différences entre les prix des médicaments brevetés étaient en comparaison européenne plutôt faibles par rapport à d’autres biens. Les marchandises et services sont en effet de 30 à 47% plus chers en Suisse que dans d’autres pays européens.

Le directeur d’Interpharma a par ailleurs affirmé que les mesures prises afin de maîtriser les coûts ont porté leurs fruits. Parmi elles, les contrôles réguliers des prix aboutissent chaque année à des économies de 1,5 milliard de francs. Selon lui, les médicaments innovants font partie des solutions pour réduire les coûts de la santé. “En 2019, les innovations pharmaceutiques ont permis de réduire les jours d’hospitalisation de 17,3%, soit des économies d’environ 3 milliards de francs”, a-t-il déclaré.

Le 31 mai 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Etats-Unis – Plainte pour avoir dû travailler sous un drapeau LGBT+

LOS ANGELES – Un secouriste de plage de Californie qui avait refusé de travailler sur un poste où était hissé un drapeau des fiertés LGBT+, a lancé des poursuites contre ses employeurs pour discrimination religieuse.

Jeffrey Little, employé du comté de Los Angeles pendant plus de deux décennies et de confession chrétienne évangélique, a porté plainte devant un tribunal fédéral le 24 mai, affirmant que le drapeau représentait des valeurs non conformes à ses croyances.

“Les opinions communément associées (au drapeau LGBT+) sur le mariage, le sexe et la famille, sont en conflit direct avec les croyances religieuses réelles et sincères du capitaine Little”, affirme la plainte.

Des responsables du comté de Los Angeles ont adopté l’an dernier une mesure pour que le drapeau en question (qui inclut également des portions représentant les personnes de couleur, transgenres, et non-binaires) flotte sur les bâtiments publics durant le mois de juin, mois traditionnel des fiertés LGBT+, y compris sur des postes de secours sur les plages.

Jeffrey Little avait déclaré à sa hiérarchie l’an dernier qu’il souhaitait être exempt de cette exigence de faire flotter ce drapeau, et la plainte affirme que ses supérieurs l’avait affecté à des plages où il n’était pas possible que le drapeau soit hissé.

Etats-Unis - Plainte pour avoir dû travailler sous un drapeau LGBT+

Détresse émotionnelle

Mais une fois arrivé sur place, le secouriste a constaté que trois bâtiments à proximité faisaient flotter la bannière en question.

Il a décidé ensuite de descendre les trois drapeaux, suscitant une réponse de son supérieur qui lui a donné l’ordre direct de s’assurer que les drapeaux flotteraient bien tout au long du mois des fiertés.

Les poursuites réclament des dommages non-spécifiés pour détresse émotionnelle et demandent au tribunal d’ordonner au comté de Los Angeles de conférer une exception à Jeffrey Little afin qu’il n’ait pas à hisser le drapeau.

Le secouriste est défendu par des avocats de la Thomas More Society, un groupe de juristes conservateurs dont le site web revendique plusieurs poursuites pour remettre en question les droits à l’avortement et au mariage homosexuel.

Le 29 mai 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Transport aérien – Easyjet se renforce avant un été qu’elle espère record

LUTON – Un centre de contrôle flambant neuf, de l’intelligence artificielle et des effectifs renforcés: après deux étés marqués par des retards et annulations, la compagnie aérienne britannique Easyjet assure être prête pour transporter 300’000 passagers par jour pour un pic estival qu’elle espère “record”.

Le “Centre de contrôle intégré” (ICC), près de l’aéroport de Luton au Nord de Londres, est en quelque sorte la tour de contrôle de la compagnie. Gestion des équipages, planification des vols, surveillance technique des avions et information des passagers, il est chargé d’articuler les opérations et de gérer les crises.

“Nous avons plus que doublé nos effectifs” à l’ICC ces deux dernières années, assure Gill Baudot, directrice du contrôle du réseau chez Easyjet. Derrière elle, plus de 250 employés se relayent nuit et jour, les yeux rivés sur des ordinateurs aux larges écrans courbes.

Lorsqu’un avion ne peut décoller comme prévu, en raison d’un problème technique ou de la météo par exemple, ce sont eux qui sont chargés de réorganiser les vols et les équipages, d’envoyer si nécessaire un appareil de remplacement, de retarder ou, dans le pire des cas, d’annuler.

Transport aérien - Easyjet se renforce avant un été qu'elle espère record

300’000 passagers par jour

Le redémarrage des voyages après la pandémie avait été terni il y a deux ans par de nombreuses annulations, en particulier chez Easyjet, dans un secteur qui peinait à recruter. L’an dernier, des restrictions liées au contrôle du trafic aérien en Europe avaient conduit à de nouvelles annulations.

Cela n’a pas empêché la compagnie low cost d’engranger des recettes historiques en juillet et août dernier, et la compagnie espère assister cette année encore à une saison estivale “record”.

“Au cours des prochains mois, nous assurerons près de 2000 vols quotidiens et transporterons 300.000 passagers par jour”, a indiqué Mme Baudot.

Par une grande baie vitrée se dessine, au loin, la piste de l’aéroport de Luton. Un appareil de la compagnie au logo orange s’élance dans les airs, survole le bâtiment avant de disparaître dans un grondement étouffé.

“Je pense que les gens manquaient de pratique lorsqu’ils sont revenus” au travail après la période du Covid, mais les difficultés ont été constatées “à l’échelle du secteur”, reprend la directrice.

Easyjet n’est pas seule à attendre avec impatience le pic estival: ses concurrentes Wizz Air et Ryanair, comme tout le secteur, s’y préparent activement.

Enfants privilégiés

Outre les embauches, Easyjet “a également investi massivement dans la technologie, l’automatisation et l’intelligence artificielle” (IA), poursuit Mme Baudot.

Le nouveau centre intègre ainsi un nouvel outil d’IA qui aide les agents à sélectionner plus rapidement les meilleures options parmi les 340 avions, dont 14 sont des appareils de secours, ou les équipages de réserve répartis dans toute l’Europe.

Si elle n’exclut pas que l’IA puisse un jour décider seule d’affecter les avions et les équipages à un trajet, ce n’est pas pour tout de suite, assure Mme Baudot: “A l’heure actuelle, nous pensons que l’être humain prendra toujours la décision” finale.

La technologie permet aussi de “prédire exactement de quelle nourriture et boisson nous avons besoin pour certaines routes tout en minimisant le gaspillage”, a ajouté le directeur général Johan Lundgren dans un communiqué.

Sur l’une des consoles, Mark Garrett, responsable “perturbations clients”, guette les vols susceptibles de subir des retards. Il en informe directement les passagers affectés, qui reçoivent une notification sur leur téléphone.

Lorsque la compagnie doit choisir quel vol privilégier et quel avion retarder ou annuler, “ce n’est pas toujours les vols les moins remplis” qui sont pénalisés, explique-t-il: une priorité plus grande est par exemple accordée s’il y a des enfants à bord, ou des voyages de groupe.

Dans la salle d’à côté, des ingénieurs surveillent en temps réel la santé technique des avions, que ce soit pour des toilettes en panne ou des composants plus critiques.

Chaque nuit, les équipes techniques de la compagnie totalisent 8000 heures d’entretien sur les appareils qui en ont besoin, pour avoir un maximum d’avion prêts au départ le matin suivant.

Le 27 mai 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Marché du travail – Moins de postes vacants annoncés en 2023 avec le recul du chômage

BERNE – Le nombre de postes vacants annoncés en 2023 a nettement baissé par rapport à l’année précédente. En cause: le recul du chômage en 2022 a entraîné une réduction des genres de professions soumis à l’obligation d’annonce en 2023.

L’obligation d’annoncer les postes vacants a été mise en œuvre de manière conforme à la loi et avec efficacité en 2023, comme les années passées, indique le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) dans son cinquième rapport de monitorage publié vendredi. Il a aussi vérifié l’organisation et le système de contrôle interne dans deux cantons-pilotes, Saint-Gall et Lucerne. Ils remplissent tous deux les tâches qui leur sont confiées de manière appropriée.

Au niveau national, alors qu’en 2022, 476’597 postes vacants ont été annoncés, ce chiffre était de 287’671 l’an dernier. Comme les années précédentes, les trois branches qui ont fait l’objet du plus grand nombre d’annonces étaient l’industrie, la construction et la restauration.

En 2021 et 2022, la liste des genres de professions soumis à l’obligation d’annonce avait dû être élargie en raison d’une augmentation du chômage. Renversement de tendance en 2023: la part de postes soumis à l’obligation d’annonce parmi l’ensemble des postes à pourvoir s’élevait à 8,2%, contre 19,8% un an auparavant.

Marché du travail - Moins de postes vacants annoncés en 2023 avec le recul du chômage

Tendance à la baisse en 2024

Ce taux chute à 3,2% en 2024, le taux de chômage demeurant faible. Le Seco s’attend donc à ce que le nombre d’annonces de postes vacants baisse encore pour cette année.

Et de préciser que, par exemple, les aides de ménage et de nettoyage dans les bureaux, hôtels et autres établissements, avec un total de 80’000 personnes actives, ne sont plus soumises à l’obligation d’annonce depuis cette année. Même scénario pour deux genres de professions rattachées à la restauration: les auxiliaires de restauration et les chefs de service.

Plateforme

Pour 2023, les offices régionaux de placement (ORP) ont procédé à des propositions de placement pour environ la moitié des annonces. Ce sont 4111 personnes qui ont pu être placées avec succès. Proportionnellement, ces chiffres sont comparables à ceux de l’année précédente, relève le Seco.

La plateforme “Job-Room” permet aux demandeurs d’emploi de consulter en priorité les postes annoncés et de postuler directement. Depuis l’introduction de l’obligation d’annoncer les postes vacants, la part de demandeurs d’emploi enregistrés a fortement augmenté, pour s’élever à près de 70% fin 2023.

De leur côté, les employeurs peuvent annoncer leurs postes vacants aux ORP. Ils reçoivent ensuite gratuitement des propositions de candidates et candidats adéquats et peuvent directement prendre contact avec eux via la plateforme. Contrairement aux placements effectués directement par les ORP, ces placements individuels directs entre demandeurs d’emploi et employeurs ne sont pas pris en compte dans les statistiques.

Après l’entrée en vigueur de l’obligation d’annoncer les postes vacants, les annonces ont fortement augmenté, tout comme le nombre d’entreprises ayant pris contact avec les ORP. Pour le Seco, cela montre que la collaboration entre les ORP et les employeurs s’est renforcée, au-delà même de l’obligation d’annonce. Un sondage révèle que 60% des entreprises ont l’intention d’annoncer leurs postes vacants aux ORP pour le recrutement.

Le 24 mai 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Numérique – La Suisse aura son “cloud” souverain

BERNE – L’administration fédérale aura son propre service en nuage souverain. Le Conseil fédéral a demandé mercredi un crédit de 246,9 millions de francs pour ce “Swiss Governement Cloud” (SGC).

Numérique - La Suisse aura son "cloud" souverain

La transformation numérique de l’administration publique entraîne une hausse des besoins en outils numériques et requiert des infrastructures informatiques qui répondent à des exigences accrues en matière de performance, de fiabilité et de sécurité, écrit le gouvernement dans un communiqué.

La Confédération a déjà acquis des services d’informatique en nuage auprès de cinq fournisseurs étrangers. La décision avait suscité la controverse et des voix appelaient à la création d’un “cloud” souverain.

Le SGC et les nuages externes se complèteront dans une infrastructure hybride, qui devra respecter la protection des données et la sécurité de l’information. Les cantons, villes et communes pourront l’utiliser. Aucun service ne sera toutefois fourni au secteur privé au moyen du SGC.

Le 22 mai 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Criminalité – Deux bancomats attaqués à l’explosif en Ajoie

DELEMONT – Deux distributeurs de billets ont été attaqués à l’explosif simultanément lundi à l’aube en Ajoie (JU), à Porrentruy et à Alle. Dans les deux cas, les voleurs ont pris la fuite à bord de plusieurs véhicules.

Criminalité - Deux bancomats attaqués à l'explosif en Ajoie

Les dégâts aux bâtiments concernés sont conséquents, annonce la police cantonale. Des immeubles voisins ont également été touchés. Personne n’a été blessé. A ce stade de l’enquête, les montants emportés sont inconnus.

Les services de la police jurassienne (gendarmerie, police judiciaire, service de l’identité) ainsi que la procureure de permanence se sont déplacés sur les lieux, avec l’appui de la police municipale de Porrentruy, de l’office fédéral des douanes et de la police militaire.

Les services spéciaux du BEX (déminage de Berne), du FOR (service scientifique de la police zurichoise) et le service technique imagerie de la police neuchâteloise “sont également intervenus au vu de la particularité des événements”, indique la police, sans préciser cette particularité. La police fédérale fedpol s’est également rendue sur place. Les attaques ont eu lieu vers 05h00.

Le Ministère public de la Confédération prendra en charge l’enquête en raison de sa compétence pour les infractions liées aux explosifs.

Le 20 mai 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Grande-Bretagne – L’identité de genre ne doit pas être enseignée, selon Londres

LONDRES – L’identité de genre, “une théorie contestée”, ne doit pas être enseignée dans les établissements scolaires anglais, a dit jeudi le gouvernement conservateur britannique. Ce dernier veut par ailleurs bannir l’éducation sexuelle pour les élèves de moins de 9 ans.

Ces propositions du gouvernement, annoncées quelques mois avant des élections législatives, représentent la première révision majeure en cinq ans sur l’éducation sexuelle dans les établissements scolaires, un sujet qui fait régulièrement polémique au Royaume-Uni. Elles doivent être soumises à consultation avant d’entrer en vigueur.

“Les écoles ne doivent pas enseigner le concept d’identité de genre”, écrit le gouvernement dans un communiqué, parlant d’une “théorie contestée”. “Il y a beaucoup de points de vue contestés dans ce domaine (…) de l’identité de genre, de l’idéologie de genre”, a dit la ministre de l’Education Gillian Keegan sur la télévision Sky News.

A partir du collège, il y aura cependant des cours sur l’orientation sexuelle, lors desquels le changement de genre pourra être évoqué. Mais “il est important que les écoles adoptent une approche prudente dans l’enseignement de ce sujet sensible et qu’elles n’utilisent pas de matériel présentant des opinions contestées comme des faits”, insiste le gouvernement.

Grande-Bretagne - L'identité de genre ne doit pas être enseignée, selon Londres

Pas avant 9 ans

Par ailleurs, l’éducation sexuelle “ne sera pas enseignée” avant l’âge de 9 ans, et ensuite, elle le sera “d’un point de vue purement scientifique”, indique le gouvernement.

Le gouvernement veut “s’assurer que les enfants n’apprennent pas de choses trop complexes ou trop sensibles pour être comprises à l’école primaire”, a expliqué la ministère de l’Education.

Avec les nouvelles directives, “les enfants seront protégés d’un enseignement inapproprié sur des sujets sensibles”, a affirmé le gouvernement. Les parents pourront avoir accès aux supports étudiés en classe, dans un objectif de “transparence”.

“Les parents sont convaincus que lorsqu’ils envoient leurs enfants à l’école, ceux-ci sont en sécurité et ne sont pas exposés à des contenus dérangeants qui ne sont pas adaptés à leur âge”, déclare le Premier ministre Rishi Sunak, cité dans le communiqué. Il dit avoir été “horrifié” par certains documents ayant pu être présentés à des enfants.

Inquiétudes

Des professionnels de l’éducation ont partagé leurs inquiétudes après ces annonces. “Nous n’avons pas vu de preuves claires montrant que les écoles exposent actuellement les élèves à des contenus inappropriés”, a réagi Elizabeth West, directrice générale d’un regroupement de 17 écoles.

“Ces limites rigides” sur l’éducation sexuelle pourraient amener des enfants “à rechercher des informations auprès de sources moins fiables”, s’est inquiété Paul Whiteman, secrétaire général du syndicat des chefs d’établissement National Association of Head Teachers.

Le 16 mai 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Belgique – Interdire les signes religieux aux élèves ne viole pas leurs droits (cour européenne)

STRASBOURG – Interdire aux élèves les signes religieux n’enfreint pas leurs droits, a tranché jeudi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). L’instance judiciaire était saisie par trois jeunes Belges musulmanes interdites de porter le voile dans leur établissement scolaire.

Les trois jeunes femmes étaient scolarisées dans des établissements secondaires relevant de l’enseignement public organisé par la Communauté flamande, qui a décidé en 2009 d’étendre à l’ensemble de son réseau l’interdiction du port de signes religieux visibles.

Les parents des requérantes avaient demandé sans succès aux juridictions belges de déclarer illégale cette interdiction, estimant que la mesure était contraire à la liberté de religion. Une requête avait été introduite à la CEDH en novembre 2020.

Devant la Cour, les requérantes aujourd’hui âgées d’une vingtaine d’années, ont soutenu que cette interdiction portait atteinte à leurs droits garantis par les articles 8 (droit au respect de la vie privée et familiale), 9 (liberté de pensée, de conscience et de religion), 10 (liberté d’expression) de la Convention européenne des droits de l’homme, ainsi que l’article 2 du protocole numéro 1 (droit à l’instruction) et l’article 14 (interdiction de la discrimination).

Belgique - Interdire les signes religieux aux élèves ne viole pas leurs droits (cour européenne)

Neutralité de l’enseignement

La Cour a estimé que “la conception de la neutralité de l’enseignement (…) entendue comme interdisant, de manière générale, le port de signes religieux visibles par les élèves, ne heurte pas en soi” la liberté de religion.

Elle note que l’interdiction contestée par les requérantes ne vise pas uniquement le voile islamique mais tout signe religieux visible et que les requérantes avaient été informées au préalable des règles applicables dans les établissements concernés et avaient accepté de s’y conformer.

La Cour juge le reste de leur requête irrecevable car elles n’ont pas épuisé toutes les voies de recours possibles dans leur pays avant de se tourner vers la CEDH.

Pas une première

La Cour, qui siège à Strasbourg, s’est déjà exprimée sur le sujet des signes religieux à l’école. En juin 2009, elle avait déclaré irrecevable la requête contre la France de six élèves exclus de leurs établissements en raison du port de signes ostensibles d’appartenance religieuse, en l’occurrence le voile islamique et le “keski”, sous-turban porté par les sikhs.

La CEDH avait dit que l’interdiction ne visait pas l’appartenance des enfants à une religion mais poursuivait le but légitime de la protection des droits et libertés d’autrui et de l’ordre public.

Le 16 mai 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).