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Le Texas interdit l’aide médicale aux mineurs transgenres

WASHINGTON – Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a promulgué vendredi une loi interdisant d’apporter une aide médicale aux mineurs transgenres. Il élargit ainsi encore aux Etats-Unis les restrictions d’accès aux traitements pour les jeunes concernés.

Greg Abbott s’aligne ainsi sur une position déjà adoptée par le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, également républicain, qui avait promulgué une législation similaire en mai. Le Texas et la Floride sont les deuxième et troisième Etats les plus peuplés des Etats-Unis.

La loi adoptée au Texas interdit aux professionnels de la santé de prescrire des médicaments bloquant les hormones ou d’effectuer des actes de chirurgie pour modifier la sexualité de toute personne de moins de 18 ans. Elle entrera en vigueur le 1er septembre.

La législation inclut une exception pour les enfants mineurs recevant déjà des médicaments bloquant les hormones ou bénéficiant d’une thérapie hormonale. Mais elle exige dans ce cas un sevrage médical sur une période de temps appropriée.

Le Texas interdit l'aide médicale aux mineurs transgenres

Procédure judiciaire

Les démocrates ont dénoncé des atteintes aux droits fondamentaux et vendredi l’organisation American Civil Liberties Union of Texas a annoncé une procédure judiciaire contre la nouvelle loi.

Le gouverneur “Abbott ne peut pas empêcher les jeunes trans de s’épanouir au Texas – et nous allons le poursuivre en justice pour nous en assurer”, a indiqué sur Twitter cette organisation.

Une dizaine d’Etats américains dirigés par un républicain ont décidé de restrictions contre les mineurs transgenres. En mars, le président démocrate Joe Biden avait estimé que de telles “attaques” contre les droits des transgenres étaient “non américaines et devaient cesser”.

Selon un sondage réalisé pour l’organisme Trevor Project, “les jeunes LGBTQ ne sont pas plus vulnérables au suicide en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, mais plutôt exposés à un risque plus élevé en raison de la façon dont ils sont maltraités et stigmatisés dans la société”.

Le 3 juin 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Eglise catholique – L’auteure féministe du code de conduite quitte l’évêché de Coire

COIRE – L’auteure du code de conduite du diocèse de Coire contre les abus sexuels et les discriminations claque la porte. L’experte Karin Iten invoque ses principes féministes et critique un milieu qui “ignore l’égalité des chances”.

“En tant que femme d’orientation féministe, je ne peux guère concilier l’exclusion systématique des femmes de la fonction ecclésiale avec mon sens de la justice”, estime la principale intéressée, citée jeudi (01.06.2023) dans un communiqué de l’évêché de Coire. Il est donc temps pour elle de continuer à travailler en dehors de l’Eglise catholique après l’introduction réussie du code de conduite.

Une voix “franche” et “compétente”

Dans le communiqué, la présidente du conseil synodal Franziska Driessen-Reding salue l’engagement “courageux” et “imperturbable” de Karin Iten qui “a nommé les causes profondes des abus dans l’Eglise par leur nom”. Et d’ajouter que “sa voix franche va nous manquer amèrement en tant qu’Eglise”. L’évêque Joseph Maria Bonnemain souligne que la privation de ses compétences va laisser “un grand vide”.

Le code de conduite, conçu par Karin Iten en collaboration avec la base ecclésiale et un autre spécialiste de la prévention pour l’Eglise catholique zurichoise, vise à empêcher des abus sexuels et des abus spirituels au sein du diocèse. Il est contraignant pour tous les prêtres, les collaborateurs et les cadres du diocèse et des Eglises cantonales rattachées à l’évêché de Coire.

Eglise catholique – L’auteure féministe du code de conduite quitte l’évêché de Coire

Code de conduite entretemps établi

Parmi ses quelque 150 consignes, idées-forces et règles de comportement dans des situations concrètes, les représentants de l’Eglise catholique doivent notamment mettre en contact avec un autre prêtre les personnes qui les attirent sentimentalement ou sexuellement. Par ailleurs, des séances d’aumônerie avec des adultes ne doivent jamais se dérouler dans une pièce fermée à clef. L’accès extérieur doit être possible en tout temps.

Face aux paroissiens mineurs, toute invitation à la maison et toute activité commune privée sont interdites. En outre, tout entretien avec des enfants ou des adolescents doit être mené dans des espaces publics, à la vue de tous. Le code de conduite exclut aussi toute discrimination liée à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre.

Après la présentation de ce code de conduite, il y a un an, des prêtres conservateurs du diocèse ont refusé d’abord de le signer, notamment en raison de son esprit de tolérance face à l’homosexualité. Des voix traditionalistes se sont aussi élevées contre le texte ailleurs en Suisse et à l’étranger. Entretemps, le code de conduite s’est imposé et a aussi inspiré d’autres diocèses.

Le 1 juin 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Homicide – Thônex: un homme de 18 ans décède suite à un coup de couteau

THONEX GE – Un homme de 18 ans est décédé à Thônex (GE) après avoir reçu un coup de couteau, a indiqué lundi le Ministère public. Il avait été pris à partie par un groupe d’individus dimanche vers 23h45. Six personnes ont été interpellées, toutes mineures.

Homicide - Thônex: un homme de 18 ans décède suite à un coup de couteau

La victime a reçu un coup de couteau avant de rentrer à son domicile, non loin du lieu de l’altercation, précise le ministère. Les secours ont constaté son décès peu après minuit.

Les personnes interpellées étant mineures, la procédure a été reprise par le Tribunal des mineurs.

Le 29 mai 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Maisons de jeu – Il n’y aura pas de grand casino en ville de Lausanne

LAUSANNE – Des trois candidats en lice pour un nouveau grand casino dans la région lausannoise, il n’en reste plus que deux. La ville de Lausanne a mis son veto au projet prévu au centre-ville, ce qui suscite la colère et l’incompréhension du groupe Partouche, qui a ficelé le projet.

Après plusieurs rencontres avec le syndic, et même une présentation du dossier devant toute la municipalité, le couperet est tombé: c’est niet. La ville s’oppose au casino et l’a annoncé fin mars à la Commission fédérale des maisons de jeu. Ce qui enterre le projet du Flon, car l’accord de la commune d’implantation est indispensable.

D’emblée, dès l’annonce du dépôt de dossier, le syndic Grégoire Junod avait fait part de ses réticences, craignant pour la clientèle jeune et nocturne du quartier du Flon. Plusieurs études montrent que les jeunes sont plus à risque de développer des pratiques de jeux problématiques ou des dépendances, expliquait en outre la municipalité dans sa réponse à une interpellation au législatif.

Frustré et en colère

Ce refus final fait bondir le porteur de projet qui avoue avoir eu “la naïveté de croire qu’il pouvait convaincre:” “je suis extrêmement frustré et en colère”, déclare à Keystone-ATS Fabrice Paire, président du Directoire du groupe français Partouche.

“Nous avons beaucoup écouté les préoccupations de la ville qui avait des craintes d’addiction – de l’ordre de la vue de l’esprit – pour les jeunes qui fêtent au Flon. C’est un sujet particulièrement bien traité par les autorités suisses qui régulent les casinos”.

Maisons de jeu - Il n'y aura pas de grand casino en ville de Lausanne

Position dogmatique

Pour y répondre, le groupe explique avoir pris des mesures supplémentaires: il a développé son concept de prévention et proposé un projet de fondation inédit avec le joueur de tennis Stan Wawrinka, pour soutenir et coacher des initiatives de jeunes.

“Nous étions prêts à mettre 1 million de francs par an, pendant 20 ans. Mais tout a été balayé d’un revers de la main pour des raisons dogmatiques. Je trouve ça navrant”, se désole celui qui exploite une quarantaine de casinos en France, en Suisse (à Meyrin, près de Genève) et en Belgique. Y compris dans des villes de gauche.

Décision cet automne

Deux dossiers restent en lice pour l’implantation d’un grand casino dans la région lausannoise. Celui du groupe Kursaal Berne à Romanel-sur-Lausanne et celui du groupe Tranchant à Prilly-Malley, à proximité du centre sportif de la Vaudoise Arena. “Tout près du territoire lausannois, sur le trottoir d’en face et à quelques minutes du centre-ville”, souligne M. Paire.

Contrairement à la situation lausannoise, les municipalités de Romanel et de Prilly soutiennent les deux projets, qui devraient leur rapporter des retombées financières significatives. Le Conseil fédéral devrait trancher cet automne.

Le 27 mai 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Polémique – Les gendarmes vaudois portent plainte contre une députée

LAUSANNE – L’Association professionnelle des gendarmes vaudois (APGV) a décidé de porter plainte contre la députée qui s’est affichée sur les réseaux sociaux avec le slogan anti-policier ACAB. Cet acronyme est un “appel à la haine”, écrivent-ils.

Sur une publication Instagram de mars retirée depuis, Mathilde Marendaz (Ensemble à Gauche – POP) posait avec une pancarte dénonçant l’industrie du béton et comprenant, en plus petit, l’inscription ACAB (“All cops are bastards”), soit “tous les flics sont des bâtards (ou des salauds). Choqués, les gendarmes expliquent que les mots leur manquent “devant un tel irrespect de la part d’une élue qui soutient les attaques contre notre institution”.

Polémique - Les gendarmes vaudois portent plainte contre une députée

Indigne et injurieux

Avec ce message “hostile”, “Mme Marendaz dégrade le travail quotidien des policiers qui assurent la sécurité collective de la population”. L’arborer est une “pratique indigne et injurieuse” qui porte préjudice au canton et à ses institutions, notent-ils estimant que l’élue de la gauche radicale “viole son serment de députée”.

L’association des gendarmes regrette, qu’interrogée dans la presse, l’élue “ne démontre aucun remords, rétorquant qu’il ne s’agit que d’un slogan, faisant fi du symbole extrémiste”. Outre le dépôt d’une plainte pénale, l’APGV a envoyé une lettre ouverte à la présidente du Grand Conseil vaudois pour lui demander de se positionner et de donner “la suite qu’elle jugera nécessaire à cette affaire”.

Députés choqués

Mardi en séance du Parlement, plusieurs députés se sont dits “choqués” par cette publication. L’un d’entre eux a demandé au Bureau du Grand Conseil d’examiner la situation et de rappeler l’élue à ses obligations.

Absente ce jour-là des débats mais interpellée par les médias, Mathilde Marendaz a réfuté tout appel “à la haine des policiers en tant qu’individus”. Elle a expliqué qu’elle critiquait en revanche “l’institution policière et les violences dont celle-ci se rend coupable”.

Pour la députée yverdonnoise, la droite ferait mieux de s’attaquer “au problème de fond des violences policières” plutôt que de “s’insurger pour un slogan”. Elle ajoute que “quatre personnes ont été tuées par la police” dans le canton de Vaud entre 2016 et 2022.

Le 27 mai 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

EDITORIAL – Violences en Suisse romande, les médias mainstream ne s’y intéressent pas

Cette fin du mois de mai 2023 est assez horribilis concernant les cas de violence en Suisse romande, il y a eu 2 féminicides à Lausanne et Vevey, sans compter un meurtre dans le canton de Genève d’un jeune de 18 ans. L’émission Forum (RTS La Première) n’a consacré aucune minute à traiter ces cas de violence dans son émission du 29 mai 2023 (Lundi de Pentecôte). Le site 24 Heures en parle mais sans vraiment en faire sa une, noyé entre des news sur des caves ouvertes ou Roland-Garros. Il faut dire que le site Internet du 24 Heures est très médiocre, probablement pour ne pas faire de l’ombre à son journal papier qui a plutôt une bonne structure.

Le journal Le Temps semble toujours intéressé par les grands thèmes internationaux que les “faits divers” de Suisse romande. Bref, les journalistes suisses abandonnent à tort ces tristes faits divers. De plus, si on prend le train comme votre serviteur, on voit toujours des trafiquants de drogue opérer dans les gares de Vevey et Yverdon-les-Bains qui semblent agir sans trop de problème.

A quand des médias et politiciens qui reprennent un peu le sujet de la violence en Suisse romande ? Il est facile de critiquer l’UDC, mais ce parti a au moins le mérite de poser certains problèmes sur la table. Mais dans un monde complexe, d’autres partis devraient se positionner pour lutter sérieusement contre cette vague de violence.

Le 29 mai 2023. Par Xavier Gruffat

Faillites en Suisse – La hausse des faillites d’entreprises s’est poursuivie en avril (2023)

ZURICH – Les faillites ont poursuivi leur bond en avant en avril, à un rythme cependant moins élevé que les mois précédents. Après quatre mois en 2023, pas moins de 1753 entreprises ont déposé le bilan, 21% de plus qu’au cours de la période correspondante de l’an dernier, observe jeudi le cabinet de conseil Dun & Bradstreet dans son pointage périodique.

Faillites en Suisse - La hausse des faillites d'entreprises s'est poursuivie en avril (2023)

Sur le seul mois d’avril, 344 entreprises ont fait l’objet d’une procédure d’insolvabilité, un chiffre en hausse de 6% en variation annuelle. Après quatre mois, le croissance de dépôts de bilan s’est révélée la plus forte au Tessin, le nombre de faillites ayant décollé de 36% outre-Gothard, devant l’Espace Mittelland (+27%) et la Suisse du Nord-Ouest (+23%).

A Zurich, le nombre de faillites a augmenté de 19%. Suivent la Suisse du Sud-Ouest (y compris Suisse romande) et la Suisse centrale, toutes deux affichant une progression de 18%. La Suisse orientale a quant à elle présenté la hausse la plus faible, les ouvertures de procédures d’insolvabilité y ayant chuté de 15%.

Dans le même temps, les créations d’entreprises ont enregistré une légère hausse, 17’323 nouvelles firmes ayant été inscrites au registre du commerce en Suisse, soit une augmentation de 4%. La situation s’est toutefois révélée nettement moins favorable en avril, mois durant lequel 3725 nouvelles inscriptions au registre du commerce ont été recensées, soit un tassement de 6%.

Pour mémoire, les faillites ont bondi en Suisse de plus d’un tiers (+36%) en rythme annuel au cours des trois premiers mois de 2023, atteignant un record pour un premier trimestre depuis 2018. La cause première de cette hausse du nombre de faillites est la dégradation de l’environnement conjoncturel.

Le 25 mai 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Sondage – Le 75% des Suisses ne s’intéressent pas au langage inclusif (non sexiste)

ZURICH – Seul un quart de la population suisse estime que le débat sur le langage non sexiste est important. De même, peu de gens y font attention au quotidien. Parallèlement, des termes comme “tête de nègre” sont toujours largement répandus.

La question de l’égalité des sexes et le débat autour des notions de “cancel culture” et de “woke” ne semblent intéresser qu’une petite minorité de personnes en Suisse. Selon un sondage publié lundi par Tamedia et 20 Minuten, ces thèmes sont loin de faire partie des problèmes les plus urgents pour la majorité des Helvètes.

Seuls 18% des personnes interrogées considèrent l’égalité comme le problème le plus important et seulement 13% pour le sujet de la “culture de l’effacement” et du “woke”. En revanche, les coûts de la santé, la prévoyance vieillesse ou les changements climatiques figurent en haut du tableau des préoccupations. A 28%, les femmes considèrent l’égalité comme plus urgente que les hommes (10%).

Sondage - Le 75% des Suisses ne s'intéressent pas au langage inclusif (non sexiste)

Langage non sexiste peu accepté

Le débat sur le langage non sexiste ne fait pas non plus partie des priorités des personnes vivant en Suisse. Il s’agit de l’utilisation de formes d’écriture qui incluent également les femmes et les personnes non binaires.

Seuls 23% les considèrent comme importantes ou plutôt importantes. Ici aussi, les femmes (27%) sont nettement plus nombreuses que les hommes (14%) à se préoccuper de cette thématique. En résumé, une petite minorité des personnes interrogées (24%) veille à un langage respectueux des genres. Les trois quarts ne s’en préoccupent pas ou plutôt pas.

L’utilisation d’un langage respectueux de l’égalité des sexes dans les médias ou lors d’interventions publiques est mieux acceptée: 30% y sont tout à fait ou plutôt favorables. Mais 68% des Suisses rejettent totalement ou partiellement un langage respectueux de l’égalité des sexes, dans ce domaine également.

Le masculin générique priorisé

La situation est pratiquement la même dans le monde du travail et dans la vie quotidienne privée: seuls 22% sont favorables à l’utilisation d’expressions non sexistes, 75% les rejettent partiellement ou complètement.

La moitié des personnes interrogées utilisent toujours ou souvent le masculin générique, c’est-à-dire la forme masculine pour désigner des personnes ou des professions, même s’il ne s’agit pas uniquement d’hommes. Même chez les femmes, ce chiffre s’élève à 45% (54% chez les hommes). Cette forme est rarement ou jamais utilisée chez 25% des femmes et 15% des hommes.

“Mademoiselle” de moins en moins usité

Parallèlement, des termes problématiques sont loin d’avoir disparu du langage courant. 46% des personnes interrogées disent encore souvent parler de “tête de nègre” et considèrent que ce terme n’est pas problématique. Le 18% des sondés n’utilisent ce mot que dans un contexte particulier.

L’expression “pays du tiers-monde” ne choque pas le 60% des personnes interrogées. Idem à 74% pour le mot “infirmière” et à 73% pour “hôtesse de l’air”, deux termes désignant des professions encore considérées comme “féminines”.

En revanche, le terme “Mademoiselle” n’est plus utilisé que par un quart des sondés et celui de “yougo” que par 19% de la population helvétique.

Selon l’enquête, les hommes utilisent en général plus souvent ces expressions et les considèrent comme moins polémiques que les femmes. Ces termes font moins débat à la campagne que dans les villes, précise l’étude.

L’enquête a été réalisée fin mars en collaboration avec l’institut Leewas auprès de 30’754 personnes de toute la Suisse, avec une marge d’erreur de +/- 1 point de pourcentage.

Le 22 mai 2023. Source : Keystone-ATS (Romanvie.ch est client de l’agence). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay

Paris sportifs en ligne : un caractère addictif passé sous silence

Les paris sportifs en ligne a le vent en poupe depuis 20151. Avec la prolifération des plateformes de jeux, l’accès facilité par le progrès de la technologie, l’influence de la publicité, le nombre d’États à leur accordé un cadre légal, la multiplicité des offres toujours plus alléchantes, les paris sportifs gagnent en popularité et les joueurs ont tendance à miser de plus en plus gros. Au Brésil, les paris sportifs semblent envahir la société avec de très nombreuses publicités dans les médias. Le gouvernement Lula cherche désormais à taxer ces plateformes, toutes basées hors du Brésil, mais peut-on réellement freiner l’engouement pour les paris sportifs en ligne au risque de compromettre les gains d’une industrie mondiale florissante et des revenus qui profitent aux États qui leur ont conféré un statut légal ?

Aux Etats-Unis, les sites de paris sportifs prennent en moyenne une commission de 5% sur un pari simple. Par exemple, si un joueur mise 1000 francs, en moyenne le joueur reçoit 950 francs et le site 50 francs. Ce taux peut fortement baisser lors de paris multiples. Rappelons que les loteries d’État prennent souvent une commission de 50%, en général sous forme d’impôt déguisé.

Une véritable drogue

Chez de nombreux joueurs, les paris sportifs ont dépassé le stade du loisir pour devenir une véritable drogue. Certaines données2 font état de plus en plus de pratiques “excessives” chez un profil de joueurs possédant le plus souvent plusieurs comptes avec différents opérateurs, qui parient et dépensent plus d’argent et qui sont plus sensibles aux incitations des publicités. Ces personnes au comportement impulsives présentent, pour la plupart, une addiction à l’alcool et une plus grande difficulté à réguler leurs émotions et leur faculté à juger leurs chances réelles de remporter des paris.

La force des publicités

Aux États-Unis, même les ligues sportives professionnelles, autrefois farouchement opposés aux paris sportifs, ont désormais fini par céder face aux profits des revenus publicitaires et aux intérêts générés par les partenariats de paris3. Assimilé aux opioïdes dont la prescription était fortement encouragée par les industries pharmaceutiques et les médecins, la pratique des paris sportifs en ligne est incitée par l’industrie et les gouvernements qui les supportent. Afin de séduire les joueurs, les publicités inondent la toile, les applications et les ondes du câble. L’idée est de faire savoir qu’il est facile de gagner, et implicitement de perdre, beaucoup d’argent grâce aux jeux.

D’énormes profits en jeu

Les jeux d’argent offrent un marché prospère et en pleine expansion. Les pays où les paris sportifs en ligne sont légaux n’ignorent pas que les parieurs perdent de l’argent et que beaucoup perdent le contrôle, mais ils préfèrent souvent mettre plutôt l’accent sur les revenus que perçoit l’État à travers cette industrie.

Au New Jersey, où les parieurs ont misé près de 35 milliards de dollars depuis juin 2018, l’État a engrangé 309 millions de dollars de recettes. En Pennsylvanie, les parieurs ont misé 19,6 milliards de dollars, générant plus de 380 millions de dollars de recettes. Au Kansas, où les paris sportifs sont devenus légaux, les parieurs ont déjà misé 1,1 milliard de dollars, et l’État a collecté près de 2,7 millions de dollars4.

Paris sportifs en ligne : un caractère addictif passé sous silence

Augmentation du jeu pathologique

Le jeu pathologique, aussi nommé jeu compulsif, jeu excessif ou ludomanie, est une forte addiction compulsive aux jeux et paris5. Aux États-Unis, si la proportion d’Américains diagnostiqués avec un « jeu pathologique » s’est maintenue à moins de 1 %, selon le Centre international pour le jeu responsable, avec 7 millions d’Américains qui souffriraient d’une dépendance au jeu à un « coût social » annuel de 7 milliards de dollars, les chiffres ont augmenté de 2021 à 2022. Une augmentation de 45% du nombre d’appels, de SMS et de messages à la ligne d’assistance nationale sur le jeu problématique a été enregistrée6. Rien que dans le New Jersey, la ligne d’assistance aurait connu une augmentation de 200% au cours des quatre dernières années et pourtant cela ne semble pas encore alerter les autorités pour mettre en place des programmes contre la dépendance aux jeux.

Des retombées affectant tous les aspects de la vie

Chez les joueurs pris d’addiction, les impacts touchent autant les parieurs que son entourage. Selon les spécialistes, au moins 5 autres personnes, dont les partenaires, les enfants, les familles et les employeurs, sont concernées par les retombées négatives de la dépendance au jeu. Malheureusement, contrairement à d’autres problèmes comme la toxicomanie ou encore la dépendance à la pornographie, la dépendance aux paris sportifs en ligne est plus complexe, car les parieurs pensent être capables de résoudre eux-mêmes leurs problèmes de dette en gagnant. La recherche d’un traitement ne constitue ainsi pas une préoccupation majeure, car ils ont en permanence l’impression qu’ils ne sont plus qu’à un pari de tout remettre en ordre alors que dans l’attente de cette grande victoire qui ne viendra jamais, ils sont déjà pris au piège dans un cycle sans fin d’endettement.

Le 11 mai 2023. Sources : Folha de S.Paulo, Estado de S.Paulo, The Free Press (https://www.thefp.com/), Observatoire français des drogues et des tendances addictives, Wikipédia, National Council on Problem Gambling

5 points importants à connaître sur l’inflation

L’inflation est un concept absolument essentiel à connaître en économie, surtout depuis la guerre en Ukraine début 2022. Prenons un exemple simple, si vous avez 1000 francs début janvier 2023 et que l’inflation est de 3%, à la fin décembre 2023 ces mêmes 1000 francs vaudront ou devraient valoir 1030 francs pour garder le même niveau de richesse. Pour acheter les mêmes biens et services avec un billet de 1000 francs à la fin 2023 vous devrez rajouter un billet de 10 et 20 francs. Un corolaire est que si vous n’avez pas plus de 1030 francs fin 2023 dans cet exemple, vous perdez de l’argent. Voici quelques informations utiles à connaître sur l’inflation. Rappelons que l’Argentine est championne du monde en football masculin (fin 2022) mais a malheureusement un taux d’inflation d’environ 100% sur un an (chiffres pour 2022). En mars 2023, l’inflation suisse sur un an – appelée indice des prix à la consommation (IPC), était d’environ 3%, selon l’OFS.

1. L’inflation favorise surtout les actifs, un danger pour les retraités et la classe moyenne. En Suisse, les retraites sont un mélange de 1er pilier (AVS) et 2ème pilier (fonds de pension). En général les retraites suivent l’inflation, mais pour autant que l’inflation soit correctement calculée, ce qui n’est presque jamais le cas (voir point 2). Par conséquent des retraités ou personnes avec bas revenu – locataires notamment – peuvent se retrouver en grande difficulté en perdant clairement du pouvoir d’achat.

2. Les gouvernements mentent souvent sur la vraie inflation. Imaginez un panier dans les années 1980 de plusieurs biens et services mesurant l’inflation. Si après plusieurs années ce panier moyen augmente trop vite, vous pouvez changer les produits qui s’y trouvent à l’intérieur. Par exemple en Suisse, les caisses maladie qui augmentent presque chaque année plus que l’inflation officielle ne sont pas prises en compte dans l’indice des prix suisses. Il est intéressant d’étudier l’indice des prix à la consommation (IPC).

3. L’inflation est un impôt déguisé. Comme les gouvernements à travers leur banque centrale (ex. Fed aux Etats-Unis) peuvent imprimer de l’argent, ils inondent le marché de cash, ce qui logiquement augmente les prix – concept d’offre et de demande. Ainsi au lieu d’augmenter les impôts ou de diminuer les dépenses, les gouvernements en imprimant de l’argent (planche à billets) réduisent la valeur intrinsèque de l’argent. C’est bien sûr très négatif pour les épargnants.

4. Compte épargne. Quand il y a de l’inflation comme c’est le cas actuellement dans presque tous les pays du monde, il est très important de mettre ses réserves sur un compte épargne et pas un compte courant. En général les comptes épargne suivent un peu l’inflation, au moins légèrement.

5. Les Etats-Unis ont 100 trillions de dette en tout genre. Le PIB américain est d’environ 25 trillions de dollars, le gouvernement a une dette d’environ 32 trillions, mais les Américains sont endettés au total pour 100 trillions de dollars. La France a 3 trillions de dette, assez proche du ratio américain comme la France est une économie presque 10 fois plus petite que les Etats-Unis. Cela devrait diminuer la valeur du dollar (USD) face au franc suisse par exemple.

Le 9 mai 2023. Par Xavier Gruffat (dipl. MBA). Source principale : vidéo YouTube